Claudine MARTIN (épouse Martin-Vallas), née le 19 avril 1924 à Lyon (France), morte le 17 mai 2017 à Clamart (France)
Claudine Martin grandit à Lyon dans une famille sensibilisée aux questions sociales. Au début de l’Occupation, elle est encore étudiante mais décide rapidement de ne pas rester spectatrice des événements. Son caractère déterminé et sa mobilité la poussent vers l’action clandestine dès l’âge de 18 ans.
Elle entre en résistance active en 1942. Son engagement est d’abord motivé par le refus du STO pour ses camarades et par la volonté de structurer une aide logistique aux premiers réfractaires qui gagnent les zones rurales et montagneuses.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Elle intègre les Mouvements Unis de la Résistance (MUR) et plus particulièrement les services de liaison du maquis. Elle est connue sous le pseudonyme de « Mistralette », un nom de code qui souligne sa rapidité et son efficacité dans les déplacements. Elle opère principalement dans la zone sud, entre Lyon, l’Ardèche et la Drôme.
Missions et actions
En tant qu’agent de liaison et responsable logistique, « Mistralette » assure le ravitaillement critique des groupes de maquis isolés. Sa mission principale consiste à transporter des messages, des fonds pour l’achat de vivres, et parfois du petit équipement militaire ou des postes émetteurs. Elle utilise souvent son vélo pour franchir les barrages de la police de Vichy ou de la Feldgendarmerie, jouant de sa jeunesse pour détourner les soupçons. Elle joue un rôle clé dans la coordination entre les cadres des MUR à Lyon et les chefs de maquis en Ardèche, dont Michel Bancilhon. Son action permet de maintenir opérationnelles des unités qui, sans cet approvisionnement régulier, auraient été contraintes à la dispersion.
Arrestation / évasion / déportation
Bien que très exposée par ses fréquents allers-retours entre ville et maquis, Claudine Martin parvient à échapper aux arrestations jusqu’à la Libération, changeant régulièrement d’identité et de lieux de chute.
Camarades de combat
Elle travaille en étroite collaboration avec les responsables des MUR régionaux et les chefs de secteurs de l’Armée Secrète. Elle est un contact régulier pour les maquisards du secteur sud, assurant le lien vital avec les centres de décision urbains.
Retour à la vie civile
Après la guerre, elle épouse Pierre Martin-Vallas, également résistant. Elle mène une vie civile discrète mais s’investit longuement dans les associations mémorielles pour témoigner du rôle crucial des femmes dans la logistique de la Résistance.
Décorations
- Légion d’honneur : Chevalier par décret du 13 juillet 2004 (Source : Légifrance).
- Médaille de la Résistance : (Décret du 15 juin 1946).ne se retrouve pas sur le site de l’ordre de la Libération.
- Croix de Guerre 1939-1945.
Lieux de mémoire
Son témoignage oral est conservé au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD) de Lyon.
Références bibliographiques
Les femmes dans la Résistance en France, Margaret L. Rossiter, Grasset, 1989. Cet ouvrage mentionne le rôle des agents de liaison comme Claudine Martin dans la survie des maquis de la zone sud.
Maquis de l’Ardèche, Raoul Galataud, Éditions de la Drôme, 1992. Ce livre détaille l’organisation du ravitaillement et cite les courriers qui ont permis les liaisons avec Lyon.
Références internet
Mémoire des Hommes Base des médaillés de la Résistance et des militaires. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Le Maitron Notice biographique sur l’engagement militant et résistant. https://maitron.fr/
Dossier d’homologation consulté : oui – cote SHD : GR 16 P 393976
Observations L’orthographe du pseudonyme « Mistralette » est parfois orthographiée « Mistralet » dans certains rapports de liaison locaux, mais la forme féminine est celle retenue par l’intéressée dans ses mémoires.