Adrien MARQUET, né le 5 août 1893 à Ougrée, mort le 26 décembre 1971 à Bruxelles
Ingénieur civil des Mines et électricien, Adrien Marquet appartient à cette génération de cadres techniques dont les compétences (organisation, transmissions, logistique) sont particulièrement recherchées dans la guerre clandestine. Sa trajectoire attestée dans les dossiers belges le situe ensuite à Charleroi comme lieu de résidence de référence dans l’après-guerre.
Engagement dans la Résistance
Il est identifié comme agent de renseignement lié à la Résistance belge et reconnu dans les archives des Services de Renseignements et d’Action (SRA) de la Sûreté de l’État. Son entrée dans l’action clandestine est directement liée à une mission de création et de structuration d’un service de renseignement, au profit des Alliés, en Belgique occupée.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Adrien Marquet est le fondateur et chef du service de renseignement « Mill », classé comme réseau/mission de renseignement en Belgique, rattaché aux loyautés belge et britannique. La date de fondation du service Mill est fixée au 1er septembre 1941 dans la base d’autorité belge consacrée à la Résistance.
Missions et actions
Les sources belges de référence le décrivent comme parachuté en Belgique en août 1941 et comme l’homme qui met sur pied Mill puis le dirige jusqu’à la Libération.
Le réseau est un outil de renseignement clandestin, organisé pour collecter des informations militaires et les transmettre à Londres, en lien avec les structures belges et britanniques de la guerre secrète.
Une chronologie publique belge rappelle que le réseau, créé après son parachutage dans la nuit du 12 au 13 août 1941, s’appuie ensuite sur des relais et coopérations, notamment avec le Mouvement National Belge, qui contribue à relayer la collecte.
Dans l’historiographie savante sur Tégal, Marquet apparaît comme l’exemple d’un chef de service de renseignement (SRA/ARA) capable de soutenir, par ses moyens, d’autres réseaux belges, ce qui éclaire la place structurante de Mill dans l’écosystème du renseignement allié en Belgique.
NOTA : Tégal est reconnu comme l’un des principaux services de renseignement de la Résistance belge, organisé par Paul Collard. Le réseau a joué un rôle clé dans la collecte et la transmission d’informations sur l’appareil logistique et militaire allemand en Belgique occupée, fournissant ainsi un flux précieux aux Alliés. Sa structuration, ses méthodes et sa répression ont été étudiées en détail, notamment à partir des archives du CegeSoma (Centre d’études et de documentation Guerre et Sociétés contemporaines), où sont conservés des fonds spécifiques à Tégal pour la période 1940-1947
Arrestation / évasion / déportation (si applicable)
Aucune arrestation, évasion ou déportation n’est documentée pour Adrien Marquet dans les bases officielles consultées et exploitées ici. Les sources retenues le présentent comme survivant de la guerre.
Camarades de combat
Dans l’appareil de direction de Mill figurent, parmi les responsables cités, René Clippe et Raoul Botte, ainsi que d’autres cadres du service (Jules Rutten, Adelson Dehon, Georges Otlet, Marcel Futvoye) tels qu’indexés par la base belge « Resistance in Belgium ».
La coopération avec Tégal, attestée par les inventaires d’archives du fonds Collard, place aussi Marquet dans un réseau de relations opérationnelles avec les dirigeants et secteurs de Tégal.
Retour à la vie civile
Il est attesté qu’Adrien Marquet survit au conflit. Les bases consultées ne fournissent pas, à ce stade, un récit détaillé de sa carrière civile d’après-guerre ; elles fixent en revanche son décès à Bruxelles en décembre 1971.
Décorations
Aucune décoration française (Compagnon de la Libération, Médaille de la Résistance, Légion d’honneur) n’a été retrouvée à son nom dans les bases françaises obligatoires consultées pour cette recherche. Les sources belges consultées mettent en avant un statut/reconnaissance d’agent du renseignement et un grade (major) dans le cadre ARA/SRA, ce qui relève de la reconnaissance et de la structuration militaire belge, sans constituer en soi une décoration française.
Lieux de mémoire
Aucun lieu de mémoire nominatif (rue, place, établissement) n’a été retrouvé dans les bases officielles consultées. En revanche, son nom est durablement indexé dans les bases belges d’autorité et d’inventaires relatives à la Résistance et aux SRA.
Références bibliographiques
C’était Tégal. Un réseau de renseignements en Belgique occupée (1940-1944), Emmanuel Debruyne, Labor, 2003. Ouvrage de référence pour comprendre la logique des réseaux belges de renseignement, leurs secteurs, leurs méthodes de transmission, et leurs liens avec Londres. Utile pour situer Mill dans l’environnement des services alliés et apprécier les coopérations entre réseaux. Le livre éclaire aussi la culture organisationnelle et les contraintes opérationnelles (cloisonnement, liaisons, risques policiers) dans lesquels s’inscrit l’action d’Adrien Marquet.
La guerre secrète des services de renseignements et d’action 1940-1944, Jacques Fosty, (éditeur non retrouvé dans les bases consultées), 1987. Travail classique sur l’architecture et les acteurs des services de renseignement et d’action belges pendant la guerre. Il permet d’élargir le contexte au-delà d’un seul réseau et d’identifier les articulations entre services, missions et structures de Londres. Il est particulièrement utile pour comprendre comment un service comme Mill peut devenir un nœud de liaisons et de transmissions.
Services de renseignements et société. Le cas du réseau Tégal, 1940-1944, Emmanuel Debruyne, Cahiers d’Histoire du Temps présent, n° 9, 2001. Article savant fondé sur archives, précieux pour ses notices prosopographiques et son analyse des structures. Il documente les fonctions, grades et rôles des chefs de réseau et précise l’environnement opérationnel dans lequel Mill intervient, notamment via l’appui radio à Tégal et l’activité des secteurs.
Références internet
Resistance in Belgium (Archives de l’État en Belgique / CegeSoma) – Fiche Adrien Marquet Base d’autorité belge donnant l’identité complète, les dates et lieux de naissance/décès, la profession, l’appartenance à Mill, ainsi que l’ancrage archivistique (SRA, AA1333). https://data.arch.be/wiki/Item:Q6722
Resistance in Belgium – Fiche « Mill » Notice-réseau précisant la nature (renseignement), la date de fondation (1er septembre 1941) et les responsables, dont Adrien Marquet. https://data.arch.be/wiki/Item:Q4313
Belgium WWII – Ligne du temps Entrée chronologique mentionnant le parachutage d’Adrien Marquet (nuit du 12 au 13 août 1941) et le rôle de relais du MNB pour Mill. URL : https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/ligne-du-temps.html
Mémoire Vive de la Résistance – « Le réseau Mill (Belgique) » Page de synthèse associative (non institutionnelle) consacrée au réseau Mill ; il s’agit d’une fiche de réseau/mouvement. Elle récapitule les missions (renseignement, liaisons avec Londres), et cite explicitement les responsables et coopérations avec Tégal. URL : https://mvr.asso.fr/le-reseau-mill-belgique/
Dossier d’homologation consulté : oui/non – cote SHD
Non. Aucune cote SHD nominative relative à Adrien Marquet n’a été identifiée dans la recherche menée. En revanche, une référence archivistique belge structurante est disponible : SRA/Sûreté de l’État, fonds BE-A0547_2674_AA1333, numéro d’inventaire 35242.
Homonymie majeure : il existe un Adrien Marquet (1884-1955), personnalité politique française associée à la période de Vichy, largement indexée par FranceArchives ; il ne s’agit pas de l’ingénieur belge (1893-1971) chef du réseau Mill. Cette confusion est explicitement évitée ici par l’appui sur les bases belges nominatives (naissance à Ougrée, décès à Bruxelles).
Sources consultées le 14 février 2026
- Maitron Résistance : absence confirmée après consultation (aucune notice pertinente trouvée pour l’ingénieur belge chef de Mill).
- Fondation de la Résistance : absence confirmée après consultation (aucune notice dédiée identifiée).
- Musée de la Résistance en ligne : absence confirmée après consultation (aucune notice dédiée identifiée).
- Mémoire des Hommes / site Mémoire des Hommes : absence confirmée après consultation (profil non retrouvé dans les bases françaises nominatives consultées).
- Musée de la Résistance de Champigny-sur-Marne / site du musée : absence confirmée après consultation (aucune notice dédiée identifiée).
- Ordre de la Libération : absence confirmée après consultation (aucune notice de Compagnon ou Médaille de la Résistance nominative identifiée à ce nom dans les pages consultées).
- Base Léonore (Légion d’honneur) : absence confirmée après consultation (aucun dossier nominatif identifié).
- Gallica BnF : absence confirmée après consultation (aucun résultat probant retenu).
- SHD : absence confirmée après consultation (aucune cote SHD nominative identifiée dans la recherche menée).
- Légifrance : absence confirmée après consultation (aucun décret nominatif retenu).
- Resistance in Belgium (Archives de l’État en Belgique / CegeSoma) : identification et validation des données d’état civil, de l’appartenance à Mill et de l’ancrage archivistique AA1333.
- Belgium WWII : confirmation contextuelle du parachutage d’août 1941 et de la coopération avec le MNB.
- Journal of Belgian History (article Debruyne, PDF) : confirmation de la fonction de fondateur/chef de Mill et contextualisation savante des réseaux.
- Mémoire Vive de la Résistance : fiche de réseau (non institutionnelle) utilisée uniquement comme synthèse secondaire, non pour l’état civil.