La forme « maquis du Laverq » est explicitement attestée par les sources relatives à la Résistance en Ubaye. Certaines sources utilisent également « maquis Lorrain » ou « troupe Lorrain », en référence au pseudonyme de son chef Jean LIPPMANN puis de son fils Jacques. Les deux appellations sont liées à la même formation, mais « maquis du Laverq » correspond à sa localisation initiale.
Création du Maquis
Une divergence chronologique doit être signalée. La synthèse MVR situe la constitution du maquis du Laverq en septembre 1943, tandis que la documentation locale de la famille Lippmann situe l’installation effective au hameau de l’Abbaye, dans le vallon du Laverq, le 15 octobre 1943.
Ces deux indications peuvent correspondre respectivement au début de la constitution du groupe et à son installation matérielle, mais cette interprétation ne peut être retenue comme fait certain sans document primaire supplémentaire.
Le groupe se forme autour de Jean LIPPMANN, alias « Lorrain », avec plusieurs membres de sa famille et des réfractaires au Service du travail obligatoire. Une source locale évoque une dizaine de personnes lors de l’organisation initiale.
Organisation interne
Jean LIPPMANN, alias « Lorrain », dirige initialement le maquis en liaison avec l’Organisation de Résistance de l’Armée. Ses fils Jacques et Claude participent au groupe, Claude assurant notamment des fonctions médicales et de formation à la montagne. En mars 1944, Jean Lippmann est appelé à des fonctions au niveau régional de l’ORA et Jacques LIPPMANN prend la direction opérationnelle du maquis.
Le groupe compte environ une dizaine d’hommes dans sa première phase, une quinzaine au printemps 1944 puis plusieurs dizaines au moment des opérations de juin. Ces chiffres proviennent principalement de la documentation mémorielle locale et doivent être considérés comme des ordres de grandeur.
Actions menées pendant la Résistance
Le maquis assure l’entraînement des hommes, le ravitaillement, les liaisons et la préparation aux opérations armées. À partir de juin 1944, il participe aux combats de la Résistance ubayenne. Après la mobilisation consécutive au débarquement, les hommes du Laverq se portent notamment au Pas-de-la-Tour, dans le secteur du Lauzet-Ubaye, Alpes-de-Haute-Provence, France. Le 12 juin 1944, ils participent à un engagement permettant de contenir momentanément une attaque allemande.
L’ensemble de la Résistance en Ubaye est alors fortement intégré. Les maquis du Laverq, de la Pare et d’autres formations locales agissent dans un dispositif coordonné, avec Barcelonnette comme centre de commandement et de liaison.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le maquis du Laverq est rattaché à l’ORA. Les sources MVR soulignent également l’unification très poussée des différentes composantes de la Résistance en Ubaye. Le groupe entretient des relations avec René CHABRE, Ernest CHABRE, le commandant BUREAU et le lieutenant-colonel CUSENIER.
Jean Lippmann et les responsables ubayens prennent également part aux contacts avec la Résistance italienne qui conduisent aux accords de Saretto en mai 1944. Son rôle exact lors de la signature finale fait toutefois l’objet de divergences entre sources françaises et italiennes ; il convient donc de le présenter comme participant aux contacts et officier de liaison plutôt que comme signataire principal certain.
Jean LIPPMANN, alias « Lorrain », fonde et commande initialement le maquis. Officier de réserve et membre de l’ORA, il est ensuite appelé à des responsabilités plus larges et participe aux liaisons avec la Résistance italienne. Il est tué le 31 juillet 1944 dans le contexte de la répression allemande dans le Haut-Verdon.
Jacques LIPPMANN prend le commandement du groupe après le départ de son père vers les structures régionales. Après la mort de Jean Lippmann, il dirige la troupe Lorrain et participe aux opérations conduisant notamment à la libération de Levens puis à l’entrée dans Nice, Alpes-Maritimes, France, le 29 août 1944.
Eva LIPPMANN rejoint le maquis en 1943 avec son père et ses frères. Son témoignage constitue une source importante sur la vie quotidienne, le ravitaillement et les conditions de clandestinité dans le vallon.
Claude LIPPMANN participe au maquis et exerce notamment des fonctions médicales et d’instruction à la montagne.
Victimes et morts
Jean LIPPMANN est la victime la plus directement associée à l’histoire du maquis dans les sources consultées. Les résultats disponibles ne permettent pas d’établir ici une liste exhaustive de tous les membres du Laverq morts pendant les combats ou la répression.
Survivants identifiés
Jacques LIPPMANN et Eva LIPPMANN survivent à la guerre. Le témoignage d’Eva et les interventions mémorielles de Jacques ont contribué à la conservation de l’histoire du groupe.
Fin du réseau
Le maquis du Laverq cesse progressivement d’exister comme formation localisée dans son vallon initial lorsque les combats de juin 1944 conduisent au déplacement des groupes et à leur intégration dans des unités mobiles plus larges.
Conséquences et mémoire
L’histoire du Laverq est étroitement intégrée à celle de la Résistance en Ubaye. Les Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence conservent le fonds 054 J de l’Association des maquisards et résistants du secteur Ubaye, qui comprend des documents sur l’organisation de la Résistance, les combattants et les opérations. Un fichier de 1 465 fiches individuelles de résistants ubayens constitue également une source majeure pour approfondir les effectifs et parcours individuels.
Références bibliographiques
Journal de marche de la Résistance en Ubaye, Amicale des maquisards et résistants du secteur Ubaye, Imprimerie départementale administrative, 1979. Source mémorielle essentielle construite à partir de comptes rendus, souvenirs et documents des anciens résistants de la vallée. Elle traite de l’organisation clandestine, des maquis, des combats de juin 1944 et du repli ultérieur.
Une vallée frontière dans la Seconde Guerre mondiale : Histoires vécues en Ubaye, 1939-1945, Sabença de la Valèia–Connaissance de la vallée, 1990. Ouvrage collectif fondé sur des témoignages locaux permettant de restituer l’occupation italienne puis allemande, les organisations de Résistance et les combats de la Libération.
La Seconde Guerre mondiale dans les Hautes-Alpes et l’Ubaye, Henri Béraud, Société d’études des Hautes-Alpes, 1990. Étude régionale de référence sur les occupations, les maquis et les opérations militaires des vallées alpines.
Mémorial de la Résistance et des combats de la Seconde Guerre mondiale dans les Basses-Alpes, Comité départemental d’histoire de la Seconde Guerre mondiale, Digne-les-Bains, 1992. Ouvrage départemental permettant de replacer le Laverq dans l’ensemble des maquis des Basses-Alpes.
Un « trésor d’histoire » sur la Résistance en Ubaye, Hubert Tassel et Jehan Landé, Association des anciens résistants de la vallée de l’Ubaye, familles et amis, 2022. Travail reposant sur les 1 465 fiches FFI établies après la Libération et permettant une étude nominative des combattants.
Références internet
Mémoire Vive de la Résistance – La Résistance en Ubaye présente la formation du maquis du Laverq, son chef Lippmann, les autres maquis de la vallée et leur coordination. https://mvr.asso.fr/la-resistance-en-ubaye/
Mémoire Vive de la Résistance – L’ORA dans les Basses-Alpes confirme explicitement que le capitaine Lippmann commande le maquis du Laverq et replace celui-ci dans l’organisation régionale de l’ORA. https://mvr.asso.fr/lora-dans-les-basses-alpes-par-boris-de-gueyer/
Association Laverq propose une étude documentée consacrée à Eva Lippmann et au maquis, reposant notamment sur des archives familiales et les souvenirs de la résistante. https://www.laverq.net/actualites/eva-lippmann-une-jeune-fille-au-maquis
Musée de la Résistance en ligne présente Jacques Lippmann et la troupe Lorrain, son rôle dans les combats du Haut-Verdon et sa participation à la libération des Alpes-Maritimes. https://museedelaresistanceenligne.org/media1464-Prise-de-parole-de-Jacques-Lippman-du-maquis-Lorrain-de-lORA
Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence Répertoire du fonds 054 J de l’Association des maquisards et résistants du secteur Ubaye, source archivistique essentielle pour approfondir la composition et les opérations du maquis. https://www.archives04.fr/fichier/109554/42
Fiabilité A pour l’existence du maquis, son rattachement à l’ORA, le commandement de Jean puis Jacques Lippmann et son rôle dans la Résistance ubayenne. Fiabilité B pour la date exacte de création et les effectifs successifs, les sources présentant des nuances entre septembre et octobre 1943 et des chiffres évolutifs.
Sources consultées –
Mémoire Vive de la Résistance : résultats positifs multiples. https://mvr.asso.fr/la-resistance-en-ubaye/
Maitron Résistance : recherche effectuée ; documentation individuelle repérée mais aucune fiche collective autonome du maquis identifiée. https://maitron.fr/
Fondation de la Résistance : recherche effectuée ; documentation générale sur l’ORA et la Résistance alpine. https://www.fondationresistance.org/
Musée de la Résistance en ligne : résultat positif sur Jacques Lippmann et la troupe Lorrain. https://museedelaresistanceenligne.org/media1464-Prise-de-parole-de-Jacques-Lippman-du-maquis-Lorrain-de-lORA
Mémoire des Hommes : recherche effectuée ; aucun dossier collectif du maquis identifié. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Ordre de la Libération : recherche effectuée pour les responsables régionaux ; aucune fiche collective du Laverq identifiée. https://www.ordredelaliberation.fr/
Gallica-BnF : recherche bibliographique effectuée. https://gallica.bnf.fr/
Service historique de la Défense : recherche effectuée dans les fonds ORA/FFI. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/
Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence : résultat positif, fonds 054 J. https://www.archives04.fr/fichier/109554/42
Association Laverq : résultat positif. https://www.laverq.net/