La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Maquis du Jura – La Ferté (Jura)

La mention « La Ferté (39) – Maquis du Jura » renvoie à un lieu de mémoire communal lié à l’engagement de maquisards jurassiens, et plus précisément à une plaque au pied du monument aux morts rappelant des combattants tués le 9 septembre 1944 lors du combat de Jouhe, survenu à quelques kilomètres de Dole, le jour même de la libération de la ville.

Le Musée de la Résistance en ligne documente cet ensemble mémoriel ainsi que le contexte précis de la journée du 9 septembre 1944. Le Maitron (base « Fusillés et massacrés 1940-1944 ») consigne l’événement de Jouhe et le bilan de quinze maquisards tués « à quelques heures de la Libération ».

Ces ressources confirment l’existence effective d’un groupe de résistants relevant des formations FFI et de maquis jurassiens, sans constituer un « réseau » autonome intitulé « La Ferté » ; la terminologie correcte consiste à parler du « maquis (FFI) du Jura » et des groupes engagés ce jour-là, avec ancrage mémoriel à La Ferté.

Le cadre d’action est celui des maquis du Jura et de l’Ain-Haut-Jura structurés en 1943-1944 au sein de l’Armée secrète puis des FFI. À l’été 1944, plusieurs groupes jurassiens opèrent dans le secteur de Dole et de Poligny.

Le 9 septembre 1944 au matin, après l’évacuation allemande, des groupes FFI et FTP prennent le contrôle de Dole ; dans ce contexte, un groupe FFI circulant vers Jouhe est surpris par une colonne allemande en retraite, déclenchant l’affrontement.

La mémoire communale de La Ferté conserve les noms de plusieurs combattants domiciliés à La Ferté ou originaires de la commune, morts ce jour-là.

L’organisation relevait des structures FFI du district de Poligny et des maquis jurassiens, avec la présence ce 9 septembre d’éléments identifiés par leurs appellations de groupes : côté SOE/Section F, le groupe « Dubois » ; côté FTP, le groupe « Durandal » ; côté FFI, les groupes « Luc », « Boixeda » et « Fidèle ». La chaîne de commandement opérationnelle n’apparaît pas, dans les sources consultées, sous une appellation « La Ferté » ; elle renvoie aux cadres FFI et FTP locaux engagés dans la libération de Dole et les combats autour de Jouhe.

Le 9 septembre 1944, dans la foulée de la prise de Dole par les résistants, un véhicule FFI du groupe « Fidèle » tombe en panne à hauteur de Jouhe, au pied du Mont-Roland, au moment où une colonne allemande de quatorze camions-mitrailleuses rebrousse chemin pour tenter de surprendre la ville.

Croyant d’abord à l’arrivée d’alliés, des maquisards sont pris sous le feu ; quinze d’entre eux tombent, sept sont blessés. Les Allemands, ayant perdu l’effet de surprise, sont ensuite accrochés par des FFI à Moissey et se retirent.

Le monument de Jouhe commémore cet engagement ; la plaque de La Ferté rattache explicitement le souvenir communal à ces morts.

Les combattants impliqués relèvent des FFI du Jura, agissant de concert avec des groupes FTP et, pour certains, en liaison avec des éléments formés ou coordonnés par la Section F du SOE présents dans la zone doloise au moment de la libération. Ce mode de coopération, classique dans le Jura en 1944, se retrouve dans les notices et récits de la libération de Dole.

Chefs et figures marquantes

Les sources mémorielles relatives à La Ferté mettent en avant les noms des combattants tombés et leur appartenance aux formations locales plutôt que des chefs identifiés sous une bannière « La Ferté ».

Trois figures sont précisément documentées comme liées à la commune :

  • Édouard CLAIROTTE, maquisard de l’Armée secrète/FFI du district de Poligny, tué le 9 septembre 1944 à Jouhe et inhumé au cimetière communal de La Ferté
  • René VENNE, ouvrier agricole domicilié à La Ferté, FFI, tué le 9 septembre 1944 à Jouhe et inhumé dans le carré des corps restitués à La Ferté ;
  • Marcel OUTREY, cultivateur né à La Ferté, maquisard AS/FFI, tué le 9 septembre 1944 à Jouhe et inhumé à La Ferté.

Victimes / morts

Le Maitron et le Musée de la Résistance en ligne convergent sur un bilan de quinze maquisards tués lors du combat de Jouhe le 9 septembre 1944, « à quelques heures de la Libération ». L

a plaque communale de La Ferté et les notices associées identifient, parmi ces victimes, des combattants de la commune ou y étant domiciliés, notamment Édouard CLAIROTTE, René VENNE et Marcel OUTREY.

Survivants identifiés

Les ressources consultées pour la présente fiche ne livrent pas, à l’échelle de La Ferté, une liste nominative fiable de survivants spécifiquement rattachés au groupe engagé à Jouhe ; cette information est donc non documentée dans le corpus utilisé et n’est pas présentée ici pour éviter toute spéculation.

À l’échelle départementale, la libération de Dole le 9 septembre 1944 et les combats périphériques marquent la fin des opérations clandestines structurées des maquis jurassiens, intégrées dans les FFI puis, pour partie, versées à des unités régulières à mesure de l’avance alliée.

À l’échelle communale de La Ferté, la mémoire s’est cristallisée autour des morts du 9 septembre 1944.

Conséquences et mémoire

L’impact militaire local se lit dans la sécurisation de Dole et de ses alentours au terme de la journée du 9 septembre 1944, malgré la lourde perte de quinze maquisards à Jouhe.

La mémoire est entretenue par le monument de Jouhe dédié à la compagnie FFI décimée ce jour-là et par la plaque de La Ferté mentionnant explicitement les morts « le 9 septembre 1944 à Jouhe ».

Des commémorations ont lieu chaque année autour du 9 septembre, relayées par la municipalité de Dole et les associations mémorielles, ancrant durablement l’épisode dans la topographie mémorielle jurassienne.

Références bibliographiques

  • Les maquis de l’Ain Henri Romans-Petit, Hachette, 1974. Témoignage de l’organisateur et chef des maquis de l’Ain et du Haut-Jura ; l’ouvrage replace les actions de l’été 1944 et la libération des localités jurassiennes dans la dynamique FFI, utile pour contextualiser l’engagement des groupes autour de Dole.
  • Résistance et population (1940-1944). Études jurassiennes
    François Marcot (dir.), publication scientifique et dossiers en ligne du Musée de la Résistance en ligne, 2018. Contribution de référence sur les pratiques résistantes et l’ancrage local dans le Jura ; éclaire l’environnement social et les relais des groupes AS/FFI en 1944.
  • Jura 1940-1944. Territoires de Résistance
    André Robert, Cabédita, 2012. Synthèse historique départementale présentant acteurs, lieux et chronologie de la Résistance jurassienne ; fournit le cadre général dans lequel s’inscrit l’épisode de Jouhe et les mémoires communales comme celle de La Ferté.

Références internet

Précisions terminologiques: « La Ferté » est une commune du Jura ; d’autres communes homonymes existent en France. Les sources citées concernent explicitement La Ferté (département 39) et l’épisode du 9 septembre 1944 à Jouhe.

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