La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Maquis du Haut-Beaujolais (ferme Sainte-Marie, Saint-Étienne-la-Varenne)

Le maquis du Haut-Beaujolais se constitue au printemps 1944 autour de la ferme Sainte-Marie, vaste exploitation isolée sur la commune de Saint-Étienne-la-Varenne (Rhône).

Les premières semaines voient l’agrégation d’une trentaine de très jeunes réfractaires, peu armés et peu entraînés, réunis par l’urgence créée par le STO et la perspective d’une Libération proche.

 À l’été 1944, l’autorité d’un officier de carrière, Dominique Zannini, transforme ce noyau en un maquis structuré qui prend le nom de « bataillon Dominique ».

Les sources muséales précisent que le groupe atteint alors environ trois cents hommes, notamment des requis du STO et d’anciens des Chantiers de jeunesse.

Cette trajectoire est attestée par des fonds photographiques contemporains conservés au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD) de Lyon et par une notice éditoriale rédigée à partir de ces archives.

Le maquis s’organise autour d’un poste central à la ferme Sainte-Marie, avec des cantonnements dispersés sous tentes et dans les bois environnants.

La hiérarchie identifiée place Dominique Zannini à la tête du « bataillon Dominique », secondé par un ancien combattant de 14-18, le capitaine « Jale » (Jean-Aimé Lempereur, dit « Jal »), qui encadre l’instruction et la discipline.

Les clichés conservés et les inventaires du CHRD mentionnent explicitement un « Bataillon Dominique Zannini – secteur n°2 Rhône Nord (Haut-Beaujolais) », ce qui situe l’unité dans l’organigramme FFI régional. Les documents indiquent également l’écoute des émissions de Londres et l’usage de véhicules réquisitionnés pour les déplacements.

Au fil de l’été 1944, le maquis conduit des opérations de harcèlement local, de réception de parachutages et des actions armées ponctuelles sur les axes du Beaujolais.

Des témoignages locaux conservés par des associations mémorielles et des communes proches évoquent une embuscade contre une voiture de la Gestapo sur la route de Beaujeu et la récupération de documents, tandis que d’autres récits décrivent des replis temporaires vers la ferme Sainte-Marie après des combats dans la vallée de l’Azergues.

Les collections photographiques du CHRD montrent par ailleurs des prisonniers allemands escortés par des hommes du « bataillon Dominique » à l’été 1944, et inscrivent la présence du groupe dans la dynamique d’insurrection régionale.

Ces éléments, de nature différente, convergent pour attester l’activité opérationnelle du maquis au cours de juin-août 1944.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le « bataillon Dominique » relève du dispositif FFI du Rhône Nord (secteur n°2) et agit dans un contexte de montée en puissance coordonnée des maquis après l’unification FFI (février 1944).

Les ressources du CHRD et les expositions virtuelles de la Fondation de la Résistance/Musée de la Résistance en ligne replacent les maquis du Beaujolais dans l’appareil FFI régional, en articulation avec les états-majors de zone et les opérations alliées à l’été 1944.

Chefs et figures marquantes

Dominique Zannini dirige le maquis du Haut-Beaujolais et donne son nom au « bataillon Dominique » ; un officier vétéran de 14-18, le capitaine « Jale » (Jean-Aimé Lempereur, dit « Jal »), est son second identifié.

Les fonds du CHRD montrent des hommes du bataillon en activité à l’été 1944, dont le jeune « Bob Nant », figurant de la série de photographies conservées.

Victimes / morts

Le cycle répressif du printemps 1944 frappe la région.

Une stèle au col de la Sibérie (Jullié, Rhône) commémore trois résistants exécutés le 24 mai 1944, dans un contexte de ratissages touchant plusieurs points du Beaujolais.

 Ce lieu de mémoire, documenté par le Musée de la Résistance en ligne (Fondation de la Résistance), rappelle la vulnérabilité des maquis et des réfractaires dans cette phase, immédiatement antérieure à l’essor du « bataillon Dominique » à la ferme Sainte-Marie.

Survivants identifiés

Plusieurs acteurs du maquis ont témoigné après-guerre. Les collections du CHRD conservent des fonds iconographiques et privés provenant de Dominique Zannini et de Roger Zannelli/Zanelli ; ces dépôts et dons ont permis d’identifier des scènes de vie, des portraits de cadres et des moments d’opérations, constituant une mémoire structurée du groupe.

À la fin août et au début septembre 1944, le « bataillon Dominique » est engagé dans les opérations de libération du Rhône et de Lyon au sein des FFI.

La dissolution progressive intervient avec la Libération : les hommes sont démobilisés, s’engagent pour certains dans l’armée régulière, et la mémoire du maquis se fixe par la conservation d’archives privées et la diffusion d’images.

Des témoignages d’anciens de l’Azergues mentionnent explicitement l’engagement du bataillon à l’approche de la Libération de Lyon, ce qui inscrit la ferme Sainte-Marie dans le dernier acte de l’Occupation.

L’impact militaire du maquis du Haut-Beaujolais s’exprime à l’échelle locale : sécurisation de secteurs, harcèlement de forces ennemies en retraite et appui aux opérations de Libération.

La ferme Sainte-Marie est restée un repère mémoriel local, régulièrement citée par les collectivités et associations comme lieu d’implantation historique du maquis.

Avertissement sur les homonymies et divergences

Plusieurs lieux-dits « ferme Sainte-Marie » existent en France. Le combat de la « ferme Sainte-Marie » à Villotte-sur-Ource (Côte-d’Or) en octobre 1943 est sans rapport avec le présent maquis du Haut-Beaujolais : il relève d’un autre contexte géographique et d’un autre maquis (Valentin-Balzac).

Références bibliographiques

  • Prendre le maquis. Traces, histoires, mémoires, collectif, Éditions Libel, 2016.
    Ouvrage illustré adossé à des fonds photographiques d’époque, dont ceux relatifs au maquis du Haut-Beaujolais conservés au CHRD. Il éclaire la formation des maquis, leurs sociologies, leurs modes d’existence et la transmission mémorielle par l’image, avec des notices issues des collections Dominique Zannini.
  • Dictionnaire historique de la Résistance, dir. François Marcot, Robert Laffont, 2006. Référence de synthèse sur les structures, mouvements et maquis, utile pour situer le « bataillon Dominique » dans l’appareil FFI du Rhône Nord et pour croiser les contextes d’actions à l’été 1944.
  • Histoire de la Résistance en France, Olivier Wieviorka, Perrin, 2013.
    Analyse nationale de la montée en puissance des maquis en 1943-1944 et de leur intégration dans les FFI, précieuse pour comprendre l’articulation entre groupes locaux et Libération des grandes villes, dont Lyon.
  • La Résistance à Lyon. 1939-1945, Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation (catalogues et dossiers d’exposition), CHRD, diverses années.
    Publications et dossiers de médiation du CHRD, fondés sur collections et archives privées, contextualisant la place des maquis du Beaujolais dans la séquence de l’été 1944 et de la Libération de Lyon.

Références internet

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