Maquis de Nistos-Esparros. Variantes observées : Maquis de Nistos, Maquis d’Esparros, Maquis de Nistos et d’Esparros. La catégorie retenue est celle de maquis FTPF, rattaché au secteur de la vallée d’Aure des FTPF des Hautes-Pyrénées ; le répertoire SHD GR 19 P mentionne explicitement « Groupe de Lannemezan et Arreau, Maquis de Nistos, Maquis d’Esparros, Maquis d’Arreau, Maquis de Tilhouse ».
Création du maquis
Le maquis de Nistos est attesté comme créé en juillet 1943 à Nistos, Hautes-Pyrénées, France. Les sources disponibles désignent Lucien Rumeau, son épouse, instituteurs à Haut-Nistos, et Joseph Plantat, boulanger à Saint-Laurent-de-Neste, comme fondateurs ou cofondateurs. Le maquis d’Esparros est mentionné comme créé auparavant, en mai 1943, puis fusionné avec celui de Nistos le 3 mars 1944.
Organisation interne
Le groupe initial est associé à Paul Chastellain, dit Popaul ou Dupont-Daniel selon les sources, qui déclare dans le Maitron avoir formé le maquis de Nistos en 1943. Le maquis devient la 3201e compagnie FTPF. Albert Cappicot, dit Maurice, est cité comme commandant de cette compagnie, puis Henri Magne, dit Tonin, est indiqué comme responsable après janvier 1944 et commandant de la 3201e compagnie à partir de la fin juin 1944.
Actions menées pendant la Résistance
Les actions les mieux attestées concernent les opérations armées et sabotages dans les Hautes-Pyrénées : attaque de Capvern, sabotages ferroviaires, actions contre des installations industrielles et participation aux combats de la Libération locale. La bataille de Capvern du 14 juin 1944 est confirmée par les notices mémorielles : Irénée Aubert y est mortellement blessé, lors d’un accrochage impliquant la 3201e compagnie FTPF et des guérilleros espagnols.
Crash du Halifax
Dans la nuit du 13 au 14 juillet 1944, un Halifax britannique affecté à une mission de parachutage d’armes et de matériel pour le maquis de Nistos-Esparros s’écrase au pic du Douly, à Nistos, Hautes-Pyrénées, France. Les sept membres d’équipage périssent. Ce point est confirmé par le site mémoriel du maquis, Aviation Safety Network et des notices locales.
Liens avec d’autres organisations
Le maquis appartient à l’ensemble FTPF des Hautes-Pyrénées. Il est associé aux guérilleros espagnols, mentionnés dans les opérations de Capvern et dans la mémoire locale. Le SHD rattache Nistos, Esparros, Arreau et Tilhouse au secteur FTPF de la vallée d’Aure.
Chefs et figures marquantes
Lucien Rumeau et son épouse jouent un rôle fondateur et d’appui local.
Joseph Plantat est attesté comme cofondateur ; il est tué le 2 août 1944 à Saint-Laurent-de-Neste avec Melcior Coca-Cane et Francisco Rejano.
Paul Chastellain participe à la formation du maquis.
Albert Cappicot commande la 3201e compagnie FTPF.
Henri Magne prend la responsabilité du maquis après le départ de Chastellain.
Irénée Aubert, né à Toulouse, Haute-Garonne, France, est mortellement blessé le 14 juin 1944 à Capvern, Hautes-Pyrénées, France.
André Riffaud, souvent orthographié Riffaut et dit Gabin, est confirmé par le Maitron comme lié au maquis de Nistos.
François Ader est confirmé par le Maitron comme ayant rejoint les maquis de Nistos et d’Esparros en 1944.
Victimes et morts
Les victimes vérifiées dans les sources consultées sont notamment Joseph Plantat, tué le 2 août 1944 ; Irénée Aubert, mortellement blessé à Capvern le 14 juin 1944 ; Thomas Artibao, mentionné parmi les morts de Tilhouse le 29 juin 1944 ; Melcior Coca-Cane et Francisco Rejano, abattus avec Plantat ; ainsi que les sept aviateurs du Halifax tombés au pic du Douly.
Survivants identifiés
René Cabau et Fernand Perebosch sont signalés dans la presse locale comme survivants et figures de la Résistance locale. André Teulé est attesté comme auteur d’un témoignage publié sur les maquis d’Esparros et de Nistos.
Points à vérifier
Les rôles détaillés de Jean Bordes, Jean Duffo, Émilienne Rivière, Jean Laloubée, Julien Martinez, Robert Buge, Jean Lagrèze, José Cortes, Madame Dossat, Yves Nau et le docteur Baratgin n’ont pas été suffisamment recoupés dans les sources accessibles consultées. Ils ne sont donc pas intégrés comme faits établis dans cette fiche, sauf mention dans les références locales à approfondir.
Fin du maquis
Après l’été 1944 et la Libération locale, les maquisards sont intégrés aux formations FFI et, pour certains, au régiment de Bigorre engagé vers le front de l’Atlantique.
Conséquences et mémoire
La mémoire du maquis est entretenue par des stèles, cérémonies locales, expositions, commémorations du crash du Douly et hommages à Joseph Plantat, à Capvern, Nistos, Saint-Laurent-de-Neste et Tilhouse.
Références bibliographiques
Ceux du maquis de Nistos (Hautes-Pyrénées) Association nationale des FTPF, Paris, 1990. Ouvrage collectif rédigé dans une perspective mémorielle par d’anciens FTPF. Il rassemble témoignages directs, listes de combattants et descriptions d’actions locales. Il constitue une source importante pour l’histoire interne du maquis malgré une approche commémorative.
Ceux des maquis d’Esparros et de Nistos. Témoignage d’André Teulé Pyrénées Imprim’, Montréjeau, 1994. Témoignage direct d’un ancien résistant ayant participé aux activités des maquis locaux. Le récit apporte des détails concrets sur l’organisation, la vie quotidienne et les opérations. Il nécessite un recoupement avec d’autres sources en raison de sa nature subjective.
Résistance en Bigorre Maurice Bénézech, Les Éditions du Midi, 1984. Étude régionale consacrée à l’ensemble de la Résistance dans les Hautes-Pyrénées. L’ouvrage replace les maquis de Nistos et d’Esparros dans leur contexte départemental. Il propose une synthèse fondée sur archives et témoignages, utile pour une vision d’ensemble.
Les Hautes-Pyrénées dans la guerre. 1938-1948 José Cubero, Éditions Cairn, Pau, 2014. Travail historique récent couvrant la période de la guerre et de l’immédiat après-guerre. Il analyse les interactions entre occupation, collaboration et Résistance dans le département. Le maquis de Nistos y est abordé dans une perspective globale et contextualisée.
Tarbes et les Hautes-Pyrénées. Collaboration, Résistance, Libération José Cubero, Marie Fernandez, Thomas Ferrer, Éditions Cairn, Pau, 2015. Ouvrage collectif axé sur les dynamiques locales entre 1940 et 1944. Il met en lumière les réseaux, maquis et actions armées dans la région de Tarbes. Il complète les autres références en apportant des éléments sur la Libération et ses acteurs.
Références internet
Maitron / Fusillés 1940-1944 notices biographiques, notamment Irénée Aubert et André Riffaud/Riffaut : https://fusilles-40-44.maitron.fr/
Musée de la Résistance en ligne / SHD GR 19 P répertoire des maquis et FFI mentionnant les FTPF des Hautes-Pyrénées et les maquis de Nistos et d’Esparros : https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/192.pdf
Site mémoriel Maquis de Nistos-Esparros historique local, photographies et page sur le crash du Halifax : http://maquis-nistos-esparros.chez-alice.fr/histoire.php
Aviation Safety Network fiche du crash du Halifax JN888 au pic du Douly : https://aviation-safety.net/wikibase/163425
Sources consultées le 30 avril 2026
Mémoire Vive de la Résistance : https://mvr.asso.fr/
Maitron Résistance : https://maitron.fr/
Maitron des fusillés : https://fusilles-40-44.maitron.fr/
Musée de la Résistance en ligne : https://www.museedelaresistanceenligne.org/
Mémoire des Hommes : https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Ordre de la Libération : https://www.ordredelaliberation.fr/
Gallica : https://gallica.bnf.fr/
Service historique de la Défense, répertoire GR 19 P : https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/192.pdf
Site mémoriel Maquis de Nistos-Esparros : http://maquis-nistos-esparros.chez-alice.fr/