Le maquis de Lamure-sur-Azergues appartient à l’ensemble des « maquis de l’Azergues » constitués au printemps–été 1943 dans la haute vallée de l’Azergues (Rhône).
Les premières formations regroupent des réfractaires au STO et des militants FTPF, bientôt rejoints par des Caladois et des Lyonnais traqués.
Des camps sont attestés dès 1943, notamment le camp Vendémiaire (secteur de Claveisolles) et le camp Desthieux (secteur de Chamelet), ce dernier baptisé en hommage à André DESTHIEUX, fusillé en 1943.
La commune de Lamure-sur-Azergues sert de point d’appui logistique et de relais, au cœur d’un dispositif de maquis qui s’étend sur le Beaujolais vert.
Le maquis fonctionne selon l’organisation FTPF en groupes mobiles, faiblement dotés en encadrement, regroupés en camps et, à partir de l’été 1944, intégrés dans des formations plus larges comme le « bataillon 14 Juillet ».
La structure est souple, avec des déplacements fréquents des camps, des liaisons assurées par des agents locaux, et des appuis dans les villages (hébergement, ravitaillement, renseignements).
La gendarmerie de Lamure compte des résistants à partir de décembre 1943, ce qui facilite certains replis.
L’articulation avec les autres composantes FFI se renforce à l’approche de la Libération de Lyon, sans que le maquis perde sa spécificité FTP de harcèlement et de sabotage.
Les actions attestées relèvent d’abord du sabotage ferroviaire et routier, de la récupération d’armes et de la désorganisation des mouvements ennemis.
Des combats marquants sont documentés : le 19 mars 1944, au vallon du Magat (Montchal, Loire), un détachement issu du camp Desthieux est surpris à l’aube et subit de lourdes pertes après un accrochage avec des forces de Vichy ; le 23 août 1944, cinq FTP du camp de Lamure sont arrêtés dans le secteur d’Anse (Rhône) et exécutés sommairement par des troupes allemandes.
Parallèlement, le ravitaillement des camps et les opérations de repli à travers la vallée témoignent d’une activité soutenue au printemps–été 1944.
Le maquis s’inscrit dans la nébuleuse FTPF du Rhône et du Beaujolais, coopérant localement avec d’autres maquis et, à partir de l’été 1944, avec les FFI pour la préparation des actions de Libération. La mise sous une bannière commune « bataillon 14 Juillet » traduit la volonté d’unification tactique à l’échelon départemental, tout en conservant les ancrages locaux de Lamure et de la haute vallée d’Azergues.
Chefs et figures marquantes
Roger CHAVANET dit « Guérin » joue un rôle organisateur déterminant en 1943 dans la mise en place et l’animation des maquis de l’Azergues, en particulier du camp Desthieux. Dans la phase 1944, le commandement opérationnel sur certains secteurs est confié à des responsables FTP locaux, tels le commandant DESROCHES cité dans la documentation pour la période d’août 1944. Des figures de maquisards attachées à Lamure ou à son secteur apparaissent dans les bases mémorielles, par exemple Hugues PERCET, Maurice REY, Jean CLAVARON et Marius GAY, liés aux événements d’août 1944.
Victimes / morts
Le 19 mars 1944 au Magat, neuf maquisards du camp Desthieux sont tués pendant l’attaque ou exécutés les jours suivants ; d’autres, capturés, seront fusillés au fort de la Duchère (Lyon). Le 23 août 1944, à Anse, cinq FTP du camp de Lamure sont exécutés par les Allemands.
Les noms des victimes sont établis par les bases mémorielles et les recherches d’associations d’anciens, et figurent sur les monuments et stèles commémoratives du secteur.
À la fin août–début septembre 1944, l’ensemble des maquis de l’Azergues, y compris le camp de Lamure, est engagé dans les opérations de Libération de Lyon et des communes du Beaujolais. Les groupes sont dissous ou versés dans les formations FFI, puis démobilisés.
Survivants identifiés
Plusieurs maquisards de l’Azergues, passés par Lamure, survivent et contribuent après-guerre à l’Amicale des anciens des maquis de l’Azergues fondée en 1964, à l’érection de stèles et à la transmission des témoignages.
Des acteurs locaux (familles, commerçants, gendarmes résistants) jouent un rôle dans la sauvegarde et le récit mémoriel, nourri de récits publiés et d’archives.
La liquidation administrative et la reconnaissance officielle des services sont traitées dans les années qui suivent.
Conséquences et mémoire
L’impact militaire du maquis se mesure à ses actions de sabotage et de harcèlement ayant contribué à désorganiser l’occupant dans le nord-ouest lyonnais en 1944.
La répression a été forte au printemps et à l’été 1944, avec des opérations menées par des unités de Vichy et des forces allemandes. La mémoire est entretenue par des stèles (notamment pour les cinq FTP fusillés le 23 août 1944), par des cérémonies annuelles et par un travail historien et associatif continu, relayé par des institutions mémorielles et des services d’archives départementales.
Références bibliographiques
- Histoire vécue des maquis de l’Azergues Roger CHAVANET (dit « Guérin »), Imprimerie Vaudrey, 1982. Témoignage et synthèse locale fondés sur des documents et récits de participants, l’ouvrage retrace la constitution des camps (Vendémiaire, Desthieux), les liaisons, les déplacements et les principaux engagements du secteur, dont les événements de mars–août 1944. Il éclaire la dynamique des maquis FTP de la vallée et la place de Lamure dans ce dispositif.
- Chroniques de la Résistance en Beaujolais Christophe GALLET, Châtillon-sur-Chalaronne, 2005. Ouvrage documentaire fondé sur archives et témoignages, il traite de la Résistance en Beaujolais et consacre des développements aux maquis de l’Azergues (chefs des maquis, entreprises locales, sociologie). Il offre un cadre territorial et thématique pour situer Lamure dans l’ensemble des opérations régionales.
- Montagnes en résistance. Réflexions sur des exemples en France
Ouvrage collectif (dir. PUR), Presses universitaires de Rennes, 2000. Un chapitre évoque explicitement la formation des camps Vendémiaire (mars 1943) et Desthieux (octobre 1943) dans les « montagnes » de l’Azergues, permettant de contextualiser les pratiques de maquis et leur évolution en 1943–1944.
Références internet
- Musée de la Résistance en ligne – « Stèle à la mémoire des 5 FTP fusillés le 23 août 1944 (Anse, Rhône) ». Résumé : notice illustrée sur l’exécution sommaire de cinq maquisards du camp de Lamure et sur la construction mémorielle de l’événement, avec éléments d’enquête d’après-guerre. https://museedelaresistanceenligne.org/media9573-Stle-la-mmoire-des-5-FTP-fusills-le-23-aot-1944-Anse-Rhne
- Maitron – « Anse (Rhône), lieu-dit la Fontaine, 23 août 1944 ». Résumé : notice évènementielle du Dictionnaire des fusillés 1940–1944 établissant l’exécution de cinq maquisards FTP du camp de Lamure par des troupes allemandes, avec identités, circonstances et sources.: https://fusilles-40-44.maitron.fr/anse-rhone-lieu-dit-la-fontaine-23-aout-1944/
- Mémoire Vive de la Résistance (MVR) – « Maquis de l’Azergues ». Résumé : synthèse historique récente sur les maquis de l’Azergues ; rappelle le rôle des camps Vendémiaire et Desthieux, dresse la liste des victimes du Magat (19 mars 1944) et situe Lamure dans le dispositif de vallée. https://mvr.asso.fr/maquis-de-lazergues/
- Mémoire Vive de la Résistance (MVR) – « Combats du Magat à Montchal ». Résumé : notice sur l’attaque du 19 mars 1944 contre un groupe issu du camp Desthieux, avec précisions sur les unités de répression et les conséquences humaineshttps://mvr.asso.fr/combats-du-magat-a-montchal/
- Maitron – « Montchal (Loire), 19 mars 1944 ». Résumé : notice détaillant l’attaque du camp Desthieux au vallon du Magat, présentant les victimes identifiées et les sources, utile pour la chronologie précise et l’attribution des responsabilités. https://fusilles-40-44.maitron.fr/montchal-loire-19-mars-1944/
- Archives départementales du Rhône – « Fonds Marcel RUBY : mentions Desthieux, Bataillon 14 Juillet ». Résumé : répertoire d’archives (cotes de travail) signalant des dossiers sur le camp Desthieux et le bataillon 14 Juillet, utile pour préparer des recherches archivistiques ciblées. https://archives.rhone.fr/media/fce0b164-ad4f-4506-813d-82809a9857c1.pdf
- Site de la commune de Lamure-sur-Azergues – « Historique ». Résumé : page municipale rappelant la formation, en 1943, des « maquis de l’Azergues » et le rôle local de la commune dans l’accueil et le soutien aux résistants. https://lamuresurazergues.com/historique/
- Amicale des anciens des maquis de l’Azergues – « Combats du Magat (dossier PDF) ». Résumé : synthèse associative étayée sur sources imprimées et orales, restituant la journée du 19 mars 1944 (bilan, identités, suites), utile pour croiser témoignages et notices officielles.
Notes de vérification et terminologie Le maquis est désigné indifféremment comme « maquis de Lamure-sur-Azergues » et, plus largement, « maquis de l’Azergues », expressions qui recouvrent un même ensemble de camps et de groupes FTP agissant dans la haute vallée, Lamure étant l’un des points d’appui.
L’existence du camp Desthieux (octobre 1943), du camp Vendémiaire (printemps 1943), des pertes du 19 mars 1944 au Magat et des cinq fusillés du 23 août 1944 à Anse est confirmée par les notices croisées du Musée de la Résistance en ligne, du Maitron et de Mémoire Vive, ainsi que par des répertoires d’archives départementales. Archives du Rhône+7Musée de la Résistance en Ligne+7fusilles-40-44.maitron.fr+7
Avertissement critique Les effectifs globaux attribués aux maquis du secteur, ainsi que certaines attributions ponctuelles d’actions isolées, varient selon les sources secondaires et ne sont pas toujours confirmés par les bases officielles ; ces éléments ne sont pas retenus ici. Le présent texte se limite aux faits recoupés par les notices et répertoires précités.