La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

LIPPMANN Jean Gustave Raphaël Léon alias Chrono II, Lorrain,

Jean Gustave Raphaël Léon LIPPMANN, alias « Chrono II » puis « Lorrain », né en 1890, mort pour la France le 30 juillet 1944 à Prads-Haute-Bléone (Basses-Alpes, aujourd’hui Alpes-de-Haute-Provence), français.

Jeunesse et formation

Juriste de formation, licencié en droit, Jean Lippmann exerce comme avocat puis huissier de justice à Nice.

Ancien officier d’artillerie de la Première Guerre mondiale, il est chevalier de la Légion d’honneur et titulaire de la Croix de guerre.

Il appartient à une famille juive française et pratique assidûment la montagne avec ses enfants. Remobilisé en 1939, il est fait prisonnier puis revient à Nice en décembre 1940.

Engagement dans la Résistance

Après son retour de captivité, il entre dans la Résistance. Les sources le rattachent d’abord au renseignement sur la Côte d’Azur, notamment au réseau Tartane-Masséna, où il utilise le pseudonyme « Chrono II » et assume des responsabilités dans le secteur niçois. La prise de contrôle de l’ancienne zone italienne par les Allemands en septembre 1943 accroît simultanément le danger lié à son activité résistante et aux persécutions antisémites. Recherché, il quitte Nice avec plusieurs de ses enfants.

Appartenance à un réseau ou mouvement

À l’automne 1943, Jean Lippmann et son groupe familial gagnent le Laverq. Le noyau devient un maquis progressivement renforcé par des proches, des réfractaires au STO et des résistants locaux. Le groupe est intégré à l’Organisation de Résistance de l’Armée. Jean prend le pseudonyme « Lorrain », qui donne son nom au maquis puis à la compagnie. En mars 1944, il rejoint l’état-major régional de l’ORA en région R2, tandis que Jacques assume plus directement le commandement du groupe.

Missions et actions

Jean Lippmann organise le maquis, son ravitaillement, son entraînement et ses liaisons. Il participe à l’insertion du groupe dans le dispositif ORA de l’Ubaye et du Haut-Verdon et joue un rôle dans les relations avec la Résistance italienne. Après les combats de juin 1944 et le repli de l’Ubaye, il poursuit ses responsabilités régionales. Fin juillet, il se rend avec Jacques à une réunion de responsables aux Eaux-Chaudes, dans la haute Bléone.

Arrestation / évasion / déportation

Dans la nuit du 29 au 30 juillet 1944, l’opération allemande contre le rassemblement des Eaux-Chaudes surprend les responsables résistants. Jacques parvient à s’échapper, mais Jean Lippmann est capturé.

Le Maitron et la documentation commémorative locale fixent son exécution au 30 juillet 1944 ; le Musée de la Résistance en ligne donne le 31 juillet. La date du 30 juillet est retenue.

Camarades de combat

Ses enfants Jacques, Claude et Eva appartiennent au noyau du maquis. Son neveu Georges Abraham et Raymond Baby figurent également parmi les proches engagés. Dans l’organisation ORA régionale, Jean travaille notamment avec Jacques Lécuyer, alias « Sapin ».

Retour à la vie civile

Jean Lippmann est exécuté avant la Libération et ne connaît pas de retour à la vie civile.

Décorations

  • Chevalier de la Légion d’honneur
  • Croix de guerre au titre de la Première Guerre mondiale.

Un acte judiciaire niçois de 1942 le qualifie explicitement de « Chevalier de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre ».

  • Médaillé avec rosette à titre posthume par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 . Source Ordre de la Libération Côte du dossier : 1O39502

Lieux de mémoire

Une plaque aux Eaux-Chaudes rappelle l’attaque allemande, son arrestation et son exécution. Le Laverq conserve une plaque dédiée au maquis formé autour de la famille Lippmann. La mémoire du groupe est également entretenue à Colmars-les-Alpes, dans l’Ubaye et dans les Alpes-Maritimes.

Références bibliographiques

Gérard GUERRIER, Résister. Vie et mort d’un maquis de montagne. Guérin-Paulsen, 2017, 308 p. Enquête fondée sur archives familiales, témoignages et recherches de terrain, directement consacrée à Jean Lippmann, ses enfants et au maquis du Laverq.

Mireille LIPPMANN-PROVANSAL, Du ghetto au maquis, 1705-1944. Éditions Ovadia, 2018, 236 p. Histoire familiale donnant un éclairage de première importance sur la trajectoire des Lippmann et leur engagement clandestin.

Jacques LÉCUYER, Méfiez-vous du Toréador. AGPM, 1987. Témoignage du chef régional ORA de R2, utile pour replacer le groupe Lorrain dans l’organisation militaire régionale.

Jean-Louis PANICACCI, Les Alpes-Maritimes de 1939 à 1945. Serre Éditeur, 1989. Synthèse régionale de référence sur l’Occupation, la Résistance et la Libération.

Amicale des maquisards et résistants du secteur Ubaye, Journal de marche de la Résistance en Ubaye. Imprimerie départementale administrative, 1979. Source mémorielle essentielle sur l’organisation de la Résistance ubayenne et les combats de juin 1944.

Références internet

Maitron. Notice Jean Lippmann : parcours et exécution le 30 juillet 1944. https://maitron.fr/lippmann-jean-gustave-raphael-leon-pseudonymes-dans-la-resistance-chrono-ii-lorrain/

Vie-publique.fr. Extrait d’une décision judiciaire de Nice de 1942 mentionnant Jean Lippmann comme licencié en droit, chevalier de la Légion d’honneur et Croix de guerre.

Musée de la Résistance en ligne. Notice photographique sur Jacques Lippmann à Colmars, avec synthèse de la création du maquis Lorrain et de sa progression jusqu’à Nice. https://www.museedelaresistanceenligne.org/media1464-Prise-de-parole-de-Jacques-Lippman-du-maquis-Lorrain-de-lORA

Association du Laverq. Documentation locale issue notamment des archives familiales Lippmann et consacrée à la vie du maquis, à Claude et à Eva. https://www.laverq.net/

Gérard Guerrier. Présentation documentée de l’enquête Résister et du parcours de la famille Lippmann. https://www.gerard-guerrier.com/resister

Mémoire Vive de la Résistance. Notices thématiques sur le maquis du Laverq et la compagnie Lorrain, utiles pour le contexte, l’organisation et les opérations. https://mvr.asso.fr/le-maquis-lorrain-maquis-du-laverq/

Dossier d’homologation consulté

Le répertoire GR 16 P comporte une entrée « LIPPMAN, Jean », cote GR 16 P 373753, sans éléments d’état civil ni homologation affichés dans le répertoire public. Le SHD conserve en outre un dossier d’officier GR 8 YE 44307, « LIPPMANN, Jean Gustave », capitaine d’artillerie, clos au 30 juillet 1944.

Observations

Les sources ouvertes donnent 1890 comme année de naissance, sans qu’une date complète suffisamment sûre ait été établie dans les bases institutionnelles consultées. Une source de cimetière numérisée contient manifestement une date de naissance incohérente et n’a pas été retenue. La date de mort présente une divergence d’un jour entre sources.

Indice de fiabilité de la notice

Niveau A — Fiabilité excellente pour l’identité, les pseudonymes, les responsabilités dans Tartane et l’ORA, la création du maquis Lorrain, la capture et l’exécution ; prudence maintenue pour la date complète de naissance et le détail des décorations posthumes.

Chronologie

DateÉvénement
1890Naissance, année donnée par les travaux consacrés à la famille.
1914-1918Officier d’artillerie ; décoré de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre.
Décembre 1940Retour à Nice après captivité.
1941-1943Engagement dans le renseignement résistant sur la Côte d’Azur ; réseau Tartane-Masséna.
Septembre-octobre 1943Départ de Nice et constitution du noyau du maquis du Laverq.
Mars 1944Rejoint l’état-major régional de l’ORA.
Juin 1944Le groupe Lorrain participe aux opérations de l’Ubaye puis se replie vers le Haut-Verdon.
29-30 juillet 1944Réunion aux Eaux-Chaudes, attaque allemande, capture.
30 juillet 1944Exécution à Prads-Haute-Bléone, date retenue.

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSource / version 1Source / version 2Décision retenue
Date d’exécutionMaitron et plaque des Eaux-Chaudes : 30 juillet 1944Musée de la Résistance en ligne : 31 juillet 194430 juillet 1944 retenu, avec divergence signalée.

Sources consultées

Maitron. Notice Jean Lippmann : parcours et exécution le 30 juillet 1944. https://maitron.fr/lippmann-jean-gustave-raphael-leon-pseudonymes-dans-la-resistance-chrono-ii-lorrain/

Vie-publique.fr. Extrait d’une décision judiciaire de Nice de 1942 mentionnant Jean Lippmann comme licencié en droit, chevalier de la Légion d’honneur et Croix de guerre.

Musée de la Résistance en ligne. Notice photographique sur Jacques Lippmann à Colmars, avec synthèse de la création du maquis Lorrain et de sa progression jusqu’à Nice. https://www.museedelaresistanceenligne.org/media1464-Prise-de-parole-de-Jacques-Lippman-du-maquis-Lorrain-de-lORA

Association du Laverq. Documentation locale issue notamment des archives familiales Lippmann et consacrée à la vie du maquis, à Claude et à Eva. https://www.laverq.net/

Gérard Guerrier. Présentation documentée de l’enquête Résister et du parcours de la famille Lippmann. https://www.gerard-guerrier.com/resister

Mémoire Vive de la Résistance. Notices thématiques sur le maquis du Laverq et la compagnie Lorrain, utiles pour le contexte, l’organisation et les opérations. https://mvr.asso.fr/le-maquis-lorrain-maquis-du-laverq/

Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne. Répertoire public GR 16 P, lettre L, consulté pour le contrôle des dossiers individuels et des homologations.

Service historique de la Défense. Répertoire GR 8 YE des dossiers d’officiers, consulté pour Jean et Jacques Lippmann.

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