Sarah Suzanne LEVAN-REIFMAN, née REIFMAN, dite Suzanne LEVAN, née le 20 août 1907 à Sagani (Roumanie), morte le 15 avril 1944 à Auschwitz-Birkenau (Pologne), de nationalité roumaine.
Sarah Suzanne Reifman naît le 20 août 1907 à Sagani, en Roumanie, dans une famille juive composée de Moïse Reifman et d’Eva Levine. Son frère cadet, Léon Reifman, né en 1914, entreprend également des études de médecine. La famille quitte ultérieurement la Roumanie pour s’établir en France.
Après des études médicales, Sarah Suzanne Reifman obtient le diplôme de docteur en médecine. Les sources disponibles demeurent discrètes sur le détail de sa formation universitaire et sur les premières années de son exercice professionnel. Elle épouse un homme nommé Levan, dont elle conserve le nom d’usage. De cette union naît, le 11 juillet 1933 à Paris, un fils, Claude Levan-Reifman. Plusieurs sources précisent que le père de Claude est d’origine vietnamienne.
Engagement dans la Résistance
L’engagement de Sarah Suzanne Levan-Reifman relève principalement de la résistance civile et humanitaire.
Au cours de l’Occupation, elle met volontairement ses compétences médicales au service de l’Œuvre de secours aux enfants (OSE), organisation qui prend en charge des enfants juifs menacés par les persécutions antisémites. Son action consiste à protéger, soigner et accompagner des enfants réfugiés dans plusieurs maisons d’accueil successives.
Après avoir travaillé au home de Palavas-les-Flots puis au château de Campestre, elle rejoint la colonie d’enfants réfugiés d’Izieu le 22 juillet 1943 avec son fils Claude ainsi que ses parents Eva et Moïse Reifman. Son engagement participe directement à la politique de sauvetage des enfants juifs conduite par Sabine et Miron Zlatin.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Son activité est clairement rattachée à l’Œuvre de secours aux enfants (OSE), organisation humanitaire qui joue un rôle majeur dans le sauvetage des enfants juifs durant l’Occupation.
À partir de septembre 1943, elle exerce les fonctions de médecin de la Maison d’Izieu, établissement créé et dirigé par Sabine et Miron Zlatin afin de dissimuler des enfants juifs poursuivis par les autorités allemandes et le régime de Vichy.
Missions et actions
À Izieu, Sarah Suzanne Levan-Reifman succède à son frère Léon Reifman, contraint de quitter la colonie parce qu’il est recherché au titre du Service du travail obligatoire.
Elle assure désormais l’ensemble de la surveillance médicale des enfants accueillis dans la maison. Ses missions comprennent les consultations, les soins, la prévention sanitaire, le suivi des traitements et la prise en charge des maladies infantiles.
Les témoignages montrent qu’elle participe également à l’encadrement quotidien des enfants lorsque Sabine Zlatin doit s’absenter pour ses déplacements destinés à assurer le fonctionnement matériel de la colonie.
Son fils Claude, ses parents Eva et Moïse vivent avec elle au sein de la Maison d’Izieu.
La photographie officielle de l’été 1943 conservée par la Maison d’Izieu montre Sarah Suzanne Levan-Reifman aux côtés de Marcelle Ajzenberg et de Miron Zlatin, illustrant son intégration à l’équipe éducative permanente.
Arrestation / évasion / déportation
Le jeudi 6 avril 1944, la Gestapo de Lyon dirigée par Klaus Barbie procède à la rafle de la Maison d’Izieu.
Par un concours de circonstances, Léon Reifman est arrivé quelques instants auparavant pour rendre visite à sa famille.
Sarah Suzanne Levan-Reifman aperçoit les hommes de la Gestapo et comprend immédiatement la situation. Elle fait discrètement signe à son frère de prendre la fuite. Grâce à cet avertissement, celui-ci saute par une fenêtre et parvient à s’échapper ; il sera le seul adulte rescapé de la rafle. Son témoignage sera recueilli lors du procès de Klaus Barbie en 1987.
Sarah Suzanne Levan-Reifman est arrêtée avec son fils Claude, ses parents Eva et Moïse Reifman, les quarante-quatre enfants de la colonie et les autres membres du personnel.
Après un passage à Lyon, les prisonniers sont transférés à Drancy.
Le 13 avril 1944, ils sont déportés par le convoi n° 71 à destination d’Auschwitz-Birkenau.
Plusieurs sources concordantes rapportent que Sarah Suzanne Levan-Reifman est d’abord sélectionnée pour le travail à son arrivée au camp. Entendant son fils Claude appeler sa mère, elle quitte volontairement la file des personnes retenues pour le travail afin de le rejoindre. Tous deux sont immédiatement conduits vers les chambres à gaz. Ses parents sont assassinés dans le même convoi. La date de décès retenue par les principales institutions mémorielles est le 15 avril 1944, correspondant à l’arrivée du convoi à Auschwitz.
Camarades de combat
Son action s’inscrit dans l’équipe qui assure le fonctionnement quotidien de la Maison d’Izieu autour de Sabine et Miron Zlatin.
Elle travaille notamment avec Léa Feldblum, Lucie Feiger, Mina Friedler, Marcelle Ajzenberg, Berthe Mehring, Philippe Dehan et son frère Léon Reifman avant le départ de celui-ci pour échapper au STO.
Retour à la vie civile
Sarah Suzanne Levan-Reifman ne survit pas à la déportation. Elle est assassinée à Auschwitz-Birkenau le 15 avril 1944 avec son fils Claude. Ses parents sont également exterminés lors de leur arrivée au camp.
Décorations
Aucune décoration retrouvée lors des présentes recherches dans les bases consultées ; cela ne signifie pas cependant que Sarah Suzanne Levan-Reifman n’ait reçu aucune distinction, mais seulement qu’aucune n’a pu être confirmée par les sources institutionnelles consultées.
Lieux de mémoire
Le nom de Sarah Suzanne Levan-Reifman figure au Mémorial des enfants d’Izieu, inauguré dans l’ancienne colonie où elle exerça comme médecin.
Elle est également présente dans les bases du Mémorial de la Shoah, de Yad Vashem et dans les travaux de Serge Klarsfeld consacrés à la déportation des Juifs de France.
Son histoire est régulièrement évoquée lors des commémorations de la rafle d’Izieu ainsi que dans les publications scientifiques consacrées au sauvetage des enfants juifs en France.
Références bibliographiques
KLARSFELD (Serge), Le Mémorial de la Déportation des Juifs de France, Paris, Association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France, plusieurs éditions.
Ouvrage de référence fondamental sur les convois de déportation partis de France. Il permet de confirmer l’inscription de Sarah Suzanne Levan-Reifman, de son fils Claude ainsi que de ses parents dans le convoi n° 71 du 13 avril 1944 à destination d’Auschwitz-Birkenau. Les listes nominatives constituent une source de première importance pour l’identification des victimes.
ZLATIN (Sabine), Mémoires de la Dame d’Izieu, Paris, Robert Laffont.
Témoignage de Sabine Zlatin, fondatrice de la Maison d’Izieu avec son époux Miron. L’ouvrage replace l’action de Sarah Suzanne Levan-Reifman dans la vie quotidienne de la colonie et apporte de nombreux éléments sur le fonctionnement de la maison jusqu’à la rafle du 6 avril 1944.
WIEVIORKA (Annette), Déportation et génocide. Entre la mémoire et l’oubli, Paris, Plon.
Étude historique consacrée à la déportation des Juifs de France et à la construction de la mémoire de la Shoah. L’ouvrage éclaire le contexte dans lequel s’inscrit la déportation des enfants d’Izieu et des adultes qui les encadraient.
BENSOUSSAN (Georges), Les Enfants d’Izieu, une tragédie juive, Paris, Fayard.
Ouvrage consacré à l’histoire de la Maison d’Izieu, aux enfants accueillis et aux adultes qui les protégeaient. Il constitue un complément utile aux archives mémorielles en replaçant les événements dans leur contexte historique.
KLARSFELD (Serge), Les Enfants d’Izieu. Une tragédie juive, Association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France.
Travail spécifiquement consacré aux victimes de la rafle d’Izieu. Il rassemble les informations biographiques disponibles sur les enfants et les adultes arrêtés ainsi que les circonstances de leur déportation.
Références internet
Maison d’Izieu – Mémorial des enfants juifs exterminés. La notice consacrée aux adultes de la colonie fournit les renseignements les plus complets sur la présence de Sarah Suzanne Levan-Reifman à Izieu, ses fonctions de médecin, son arrivée avec sa famille, son remplacement de son frère Léon Reifman et son arrestation le 6 avril 1944. https://www.memorializieu.eu/histoire/la-maison-refuge-de-la-colonie-en-1943-44/portraits-des-adultes/
AJPN – Anonymes, Justes et Persécutés durant la période nazie. Cette notice biographique apporte des précisions sur son parcours, son activité au sein de l’Œuvre de secours aux enfants, les circonstances de la rafle ainsi que les éléments relatifs à son fils Claude et à sa famille. https://www.ajpn.org/personne-Suzanne-Levan-15282.html
Mémorial de la Shoah. Les bases documentaires du Mémorial confirment l’identité de Sarah Suzanne Levan-Reifman, sa déportation et son assassinat à Auschwitz-Birkenau. Elles constituent une source institutionnelle de référence pour les victimes de la Shoah. https://www.memorialdelashoah.org
Yad Vashem. La base centrale des victimes de la Shoah confirme les principales données d’état civil ainsi que les circonstances de la disparition de Sarah Suzanne Levan-Reifman. https://www.yadvashem.org
Mémorial de la Déportation des Juifs de France. Les listes établies par Serge Klarsfeld permettent de vérifier le départ du convoi n° 71 du 13 avril 1944 et l’inscription nominative de Sarah Suzanne Levan-Reifman et des membres de sa famille. https://www.ffdjf.org
Wikipédia. Une notice développée consacrée à Sarah Suzanne Levan-Reifman a été consultée puis recoupée avec les principales sources institutionnelles. Certaines informations narratives, notamment concernant son arrivée à Auschwitz, proviennent de cette notice et sont concordantes avec les travaux historiques disponibles. https://fr.wikipedia.org/wiki/Sarah_Levan-Reifman
Dossier d’homologation
Aucune cote de dossier d’homologation du Service historique de la Défense (GR 16 P), aucun dossier FFC, FFI, DIR, CVR ou Déporté-Résistant n’a été retrouvé lors des présentes recherches.
Observations
Les sources consultées sont largement concordantes sur l’identité de Sarah Suzanne Levan-Reifman, son activité à la Maison d’Izieu et les circonstances générales de son arrestation et de sa déportation.
Quelques variantes apparaissent dans la présentation de son identité. Certaines sources utilisent le prénom Suzanne, d’autres Sarah Suzanne, tandis que le nom d’usage est parfois réduit à Levan ou présenté sous la forme Levan-Reifman.
Le récit selon lequel elle quitte volontairement la file des personnes sélectionnées pour le travail afin de rejoindre son fils Claude est repris par plusieurs travaux historiques et mémoriels. Les circonstances exactes de cette scène ne peuvent toutefois être vérifiées par une source primaire contemporaine des faits.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — Plusieurs sources institutionnelles et mémorielles concordantes, complétées par des travaux historiques de référence, permettent d’établir avec certitude son identité, son engagement au sein de l’Œuvre de secours aux enfants, son activité à la Maison d’Izieu, son arrestation lors de la rafle du 6 avril 1944, sa déportation par le convoi n° 71 et son assassinat à Auschwitz-Birkenau.
Chronologie
| Date | Événement |
| 20 août 1907 | Naissance à Sagani (Roumanie). |
| 11 juillet 1933 | Naissance de son fils Claude à Paris. |
| 1940-1943 | Activité médicale dans plusieurs maisons d’enfants de l’Œuvre de secours aux enfants. |
| 22 juillet 1943 | Arrivée à la Maison d’Izieu avec son fils et ses parents. |
| Septembre 1943 | Devient médecin de la colonie en remplacement de Léon Reifman. |
| 6 avril 1944 | Arrestation lors de la rafle d’Izieu. |
| 13 avril 1944 | Déportation par le convoi n° 71 au départ de Drancy. |
| 15 avril 1944 | Assassinée à Auschwitz-Birkenau avec son fils Claude. |
Sources consultées
Maison d’Izieu – Mémorial des enfants juifs exterminés. La notice consacrée aux adultes de la colonie a fourni les renseignements relatifs à l’arrivée de Sarah Suzanne Levan-Reifman à Izieu, à ses fonctions de médecin, à son remplacement de Léon Reifman et aux circonstances de son arrestation. https://www.memorializieu.eu/histoire/la-maison-refuge-de-la-colonie-en-1943-44/portraits-des-adultes/
AJPN – Anonymes, Justes et Persécutés durant la période nazie. La notice biographique a permis de compléter le parcours familial, l’engagement auprès de l’OSE ainsi que les circonstances de la rafle et de la déportation. https://www.ajpn.org/personne-Suzanne-Levan-15282.html
Mémorial de la Shoah. Les bases documentaires ont été consultées afin de confirmer les éléments d’état civil et les données relatives à la déportation. https://www.memorialdelashoah.org
Yad Vashem. La base centrale des victimes de la Shoah a confirmé l’identité de Sarah Suzanne Levan-Reifman et son assassinat à Auschwitz-Birkenau. https://www.yadvashem.org
Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Les ressources documentaires ont été consultées pour le contexte historique de la Maison d’Izieu et de la déportation des enfants juifs. https://www.fondationshoah.org
Wikipédia. La notice « Sarah Levan-Reifman » a été utilisée comme source secondaire pour orienter les recherches et a été recoupée avec les sources institutionnelles avant toute utilisation des informations. https://fr.wikipedia.org/wiki/Sarah_Levan-Reifman