La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Dès le mois de juin 1940, à la suite de l’entrée des troupes allemandes dans la capitale, l’hôtel Meurice, situé au 228 rue de Rivoli dans le 1er arrondissement de Paris, est réquisitionné par les autorités d’occupation.

Il devient le siège officiel du commandement militaire du Grand Paris, la Kommandantur von Gross-Paris. Durant quatre années, l’établissement abrite les services administratifs et de commandement qui gèrent la présence militaire allemande et la surveillance de la ville.

Les officiers de la Wehrmacht y installent leurs bureaux dans les salons et les chambres de prestige, transformant ce palace en un centre névralgique de l’Occupation.

En août 1944, l’hôtel devient le poste de commandement du général Dietrich von CHOLTITZ, nommé gouverneur militaire de Paris par Adolf Hitler avec l’ordre de détruire la ville.

Le 25 août 1944, après d’intenses combats dans le quartier de la rue de Rivoli et des Tuileries, les forces de la Résistance intérieure et les troupes de la 2e Division Blindée encerclent l’édifice. Le bilan immédiat de l’assaut final est la reddition sans condition du général allemand et de son état-major, marquant symboliquement la fin de l’autorité allemande sur la capitale française.

Circonstances

La réquisition du Meurice s’inscrit dans la stratégie allemande consistant à occuper les lieux de pouvoir et de prestige situés sur l’axe central de Paris, à proximité de la place de la Concorde et du jardin des Tuileries.

La situation géographique de l’hôtel permettait un contrôle direct sur les communications et les axes majeurs de la rive droite. L’intérêt stratégique de ce site pour l’occupant était de centraliser le commandement militaire urbain dans un périmètre sécurisé, tout en bénéficiant de l’infrastructure de communication moderne du palace.

Le rôle de l’hôtel Meurice évolue au fil du conflit, passant d’un centre administratif de gestion de la zone occupée à un dernier bastion militaire lors de l’insurrection parisienne d’août 1944, sous la pression constante des services de renseignement de la France Libre et des réseaux de sabotage locaux.

Figures marquantes

Le général Dietrich von CHOLTITZ occupe une place centrale en tant que dernier gouverneur militaire allemand du Grand Paris, ayant fait le choix de ne pas exécuter les ordres de destruction massive avant de se rendre.

Le colonel Henri ROL-TANGUY, chef régional des Forces Françaises de l’Intérieur, coordonne l’insurrection qui mène à l’encerclement de l’hôtel.

Le lieutenant Henri KARCH, appartenant à la 2e Division Blindée du général LECLERC, est le premier officier français à pénétrer dans le bureau du général allemand pour exiger sa reddition.

Le résistant Pierre de LA FUYE participe activement aux combats de rue menant à la prise de l’hôtel, tout comme de nombreux membres des groupes FFI du 1er arrondissement.

Le capitaine Pierre LAPIE figure également parmi les officiers alliés ayant facilité les premiers contacts diplomatiques et militaires pour obtenir la capitulation de la garnison du Meurice.

Victimes

Lors de l’assaut final du 25 août 1944, plusieurs combattants des Forces Françaises de l’Intérieur et des soldats de la 2e DB perdent la vie sous les tirs des nids de mitrailleuses allemandes disposés sur les balcons de la rue de Rivoli.

Parmi eux, de jeunes résistants parisiens dont les noms figurent aujourd’hui sur les plaques commémoratives du quartier, tombés pour la libération du centre historique de Paris.

Les pertes allemandes lors de l’escarmouche finale sont également notables, bien que la majorité de la garnison ait choisi de se rendre après la capture de leur chef.

survivants

Le général Dietrich von CHOLTITZ survit à sa reddition et est emmené en captivité en Angleterre puis aux États-Unis, avant de témoigner après-guerre sur ses motivations et son refus de raser Paris.

Les officiers français Henri KARCH et Pierre LAPIE poursuivent leurs carrières militaires ou politiques après le conflit, contribuant largement à la documentation historique des dernières heures de l’occupation au Meurice.

De nombreux membres du personnel de l’hôtel, ayant travaillé sous la contrainte pendant quatre ans, ont témoigné de l’organisation interne des services allemands et des tensions régnant au sein de l’état-major ennemi à l’approche de la Libération.

Conséquences

La prise de l’hôtel Meurice et la reddition de Dietrich von CHOLTITZ entraînent l’effondrement immédiat de la structure de commandement allemande dans toute la région parisienne. La portée symbolique de cette opération est immense, car elle officialise la libération de la capitale française aux yeux du monde entier.

La réaction allemande est marquée par une débandade générale des troupes encore présentes en banlieue et le repli vers l’Est. Sur le plan politique, cela permet au Gouvernement Provisoire de la République Française de s’installer rapidement et d’affirmer sa légitimité face aux Alliés.

L’hôtel Meurice, après un nettoyage et une remise en état, retrouve sa fonction hôtelière mais demeure un lieu de pèlerinage historique pour l’histoire de la Résistance et de la Libération.

Mémoire et lieux commémoratifs

Plusieurs éléments de mémoire sont aujourd’hui visibles autour de l’édifice pour rappeler ces événements historiques.

Une plaque commémorative apposée sur la façade de l’hôtel Meurice, au 228 rue de Rivoli dans le 1er arrondissement de Paris, relate la reddition du général von CHOLTITZ aux troupes du général LECLERC le 25 août 1944.

À quelques mètres, sur les piliers des arcades de la rue de Rivoli, d’autres plaques rendent hommage aux résistants FFI tués lors de l’assaut du palace.

Le musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin, situé place Denfert-Rochereau, conserve de nombreux documents et objets liés à la prise du commandement allemand au Meurice.

Références bibliographiques

Paris brûle-t-il ? Dominique Lapierre et Larry Collins, Éditions Robert Laffont, 1964. Ce livre de référence offre une reconstitution minutieuse des journées d’août 1944 à Paris, avec une attention particulière portée aux événements se déroulant à l’intérieur de l’hôtel Meurice. Les auteurs décrivent les échanges entre le général von Choltitz et ses officiers, ainsi que les négociations secrètes menant à la reddition. L’ouvrage s’appuie sur de nombreux témoignages directs de survivants et d’acteurs de la Libération.

La Libération de Paris Jean-Pierre Azéma, Éditions Perrin, 1994. L’historien analyse dans cet ouvrage les enjeux politiques et militaires de la prise des centres de pouvoir allemands dans la capitale. Une section importante est consacrée au rôle de la Kommandantur installée au Meurice et à l’impact de sa chute sur le moral des troupes d’occupation. Ce livre permet de comprendre l’articulation entre l’action des résistants et l’arrivée des troupes régulières de la 2e DB.

…Et Paris ne fut pas détruit Dietrich von Choltitz, Éditions Le cherche midi, 1964. Dans ses mémoires, l’ancien gouverneur militaire de Paris livre sa version des faits concernant son séjour à l’hôtel Meurice et les pressions subies de la part de l’état-major hitlérien. Bien que le récit doive être lu avec recul, il fournit des détails techniques sur l’organisation des services allemands dans l’hôtel. L’auteur explique les circonstances de sa reddition finale aux forces françaises.

Dictionnaire historique de la Résistance François Marcot (dir.), Éditions Robert Laffont, 2006. Ce dictionnaire thématique propose des notices sur les lieux de pouvoir occupés à Paris et les groupes de résistance ayant opéré dans le centre de la ville. Il documente précisément les structures de commandement de la Wehrmacht basées au Meurice et les actions de renseignement menées à leur encontre. C’est un outil essentiel pour vérifier les dates et l’appartenance des différents réseaux de résistants impliqués.

Les Parisiens sous l’Occupation Richard Cobb, Éditions Seuil, 1985. Cet ouvrage explore la vie quotidienne et l’administration de Paris durant la Seconde Guerre mondiale, mentionnant l’impact visuel et symbolique de la présence allemande dans les grands hôtels. L’auteur décrit comment le Meurice est devenu un symbole de l’oppression allemande pour les habitants du quartier. Le livre analyse également la période de transition entre l’occupation militaire et la reprise du contrôle par les autorités françaises.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne Ce site web spécialisé propose des fiches détaillées sur les lieux emblématiques de l’Occupation et de la Libération à Paris, incluant l’hôtel Meurice comme siège du commandement allemand. On y trouve des photographies d’époque montrant les barricades et les impacts de balles sur la façade de l’hôtel lors des combats de 1944. Les dossiers pédagogiques permettent de situer l’action du Meurice dans le cadre global de la bataille pour la capitale. https://museedelaresistanceenligne.org

Ordre de la Libération Le site officiel de l’Ordre de la Libération fournit des biographies complètes des compagnons de la Libération ayant participé à la prise de l’hôtel Meurice. Les récits de combat mentionnent les manœuvres de la 2e Division Blindée rue de Rivoli et l’arrestation de l’état-major allemand. Les archives numérisées permettent de retracer le parcours des officiers ayant reçu la reddition de Dietrich von Choltitz. https://www.ordredelaliberation.fr

Fondation de la Résistance Cette plateforme offre des ressources archivistiques et des articles de fond sur l’organisation administrative du Grand Paris sous occupation allemande. Le site détaille les fonctions de la Kommandantur et les réseaux de renseignement français qui ont réussi à infiltrer ou surveiller les activités du Meurice. Des cartes interactives permettent de localiser les points de résistance actifs lors des derniers jours de combat. https://www.fondationresistance.org

Chemins de mémoire Ce portail du ministère des Armées documente les lieux de mémoire liés au conflit, avec une notice spécifique sur l’hôtel Meurice et la libération de Paris. Il explique la signification des plaques commémoratives posées sur le bâtiment et l’importance des cérémonies annuelles qui s’y déroulent. Le site propose également des liens vers des ressources documentaires sur le gouverneur militaire von Choltitz. https://www.cheminsdememoire.gouv.fr

Archives de Paris Le site des archives municipales permet de consulter des rapports de police et des documents administratifs d’époque concernant les réquisitions allemandes et les combats de la Libération. Les registres mentionnent les interventions des pompiers et des services civils autour de l’hôtel Meurice lors de l’assaut final de 1944. Des témoignages de parisiens recueillis après la guerre y sont également archivés. https://archives.paris.fr

Sources consultées

Sources consultées : Maitron Résistance, SHD, Fondation de la Résistance, Gallica BnF, Ordre de la Libération, Musée de la Résistance en ligne, Wikipédia (recoupée), Chemins de mémoire.

L’occupation de Paris par les autorités allemandes entre juin 1940 et août 1944 s’est traduite par une réquisition systématique des centres de pouvoir, des palaces et des bâtiments administratifs du centre de la capitale, principalement sur la rive droite.

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