La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

L’expression « maquis du Haut-Verdon » désigne un ensemble de formations résistantes présentes ou repliées dans la haute vallée du Verdon, principalement autour de Colmars-les-Alpes et des secteurs montagneux voisins, dans les Basses-Alpes à l’époque, aujourd’hui Alpes-de-Haute-Provence, France.

Aucun élément consulté ne permet d’établir l’existence d’une organisation autonome unique ayant porté officiellement le nom de « maquis du Haut-Verdon ».

Parmi les formations attestées figure notamment la compagnie ou maquis Lorrain issue du maquis du Laverq, ainsi que des éléments FFI et ORA provenant de l’Ubaye après le repli de juin 1944.

Création des Maquis

Le Haut-Verdon devient une zone importante pour les maquis à partir de juin 1944. Après l’insurrection de l’Ubaye et la forte réaction allemande, le commandant BUREAU ordonne le 13 juin l’évacuation de Barcelonnette et de la vallée. Une partie des résistants se replie vers les maquis italiens et une autre vers la haute vallée du Verdon.

Jacques LÉCUYER transfère également son poste de commandement à Ratéry, près de Colmars-les-Alpes. Le secteur devient ainsi à la fois un espace de refuge, de réorganisation et de commandement.

Organisation interne

Les résistants présents dans le Haut-Verdon sont principalement rattachés à l’ORA et aux FFI des Basses-Alpes. Il ne s’agit pas d’une compagnie unique mais de formations mobiles issues de plusieurs secteurs, réorganisées après les combats de juin.

La compagnie Lorrain représente l’une des unités les mieux documentées. Issue du maquis créé par Jean LIPPMANN dans le Laverq, elle est commandée au cours de l’été 1944 par son fils Jacques LIPPMANN. Sa présence à Colmars-les-Alpes le 14 juillet 1944 est attestée par une photographie conservée au Musée de la Résistance en ligne.

Actions menées pendant la Résistance

Après le repli de l’Ubaye, les groupes profitent de la période comprise entre le 18 juin et le 17 juillet pour reconstituer leurs stocks, réorganiser les unités et reprendre pied dans les vallées alpines.

Le 14 juillet 1944, la compagnie Lorrain participe à une manifestation patriotique publique à Colmars-les-Alpes. Jacques LIPPMANN prend la parole devant le monument aux morts, démontrant le degré de contrôle exercé localement par les résistants.

À partir de la mi-juillet, les Allemands déclenchent une opération de grande ampleur contre les maquis des vallées alpines. Les vallées du Verdon, de l’Asse et de la Bléone sont attaquées simultanément. Les résistants appliquent une stratégie de guérilla : ils se replient devant les colonnes supérieures en nombre puis reprennent position après leur départ. Les combats durent environ dix jours.

Le Haut-Verdon sert aussi de trait d’union entre l’Ubaye et les Alpes-Maritimes. À la suite de la réorganisation de juillet, certains groupes gagnent le Haut-Var azuréen et renforcent le dispositif de Beuil-Valberg. La compagnie Lorrain poursuit ensuite son action vers Levens et Plan-du-Var après le débarquement de Provence.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Les formations du Haut-Verdon relèvent de l’ORA et des FFI de la région R2. Elles sont en liaison avec les maquis de l’Ubaye, de l’Asse et de la Bléone, ainsi qu’avec ceux des Alpes-Maritimes.

La liaison avec la Résistance italienne est également attestée. L’accord conclu au printemps 1944 permet à des maquisards français de trouver refuge en Italie après les combats de juin ; cette aide est réciproque lorsque des partisans italiens se replient en France en août.

Chefs et figures marquantes

Jacques LÉCUYER, alias « Sapin », chef régional ORA de R2, établit temporairement son poste de commandement à Ratéry, près de Colmars-les-Alpes, après l’évacuation de l’Ubaye. Il survit à la guerre.

Jean LIPPMANN, alias « Lorrain », est le fondateur du maquis du Laverq et l’un des responsables ORA de la région alpine. Il est capturé lors de l’opération allemande des Eaux-Chaudes et exécuté à Prads-Haute-Bléone le 30 juillet 1944 selon le Maitron.

Jacques LIPPMANN commande la compagnie Lorrain dans le Haut-Verdon. Sa prise de parole à Colmars-les-Alpes le 14 juillet 1944 est attestée photographiquement. Après la mort de son père, il conserve le commandement de la compagnie et poursuit les opérations vers les Alpes-Maritimes.

Victimes et morts

Les pertes enregistrées dans le Haut-Verdon appartiennent à plusieurs unités et ne permettent pas de constituer un bilan unique du « maquis du Haut-Verdon ». Les quatre gendarmes de Colmars-les-Alpes arrêtés et exécutés après avoir aidé la Résistance appartiennent à la répression qui suit les opérations du secteur, mais ils ne constituent pas à eux seuls les pertes d’une unité maquisarde déterminée.

Jean LIPPMANN, dont la compagnie opère dans ce cadre, est exécuté à la fin de juillet 1944 après son arrestation aux Eaux-Chaudes. Son décès appartient cependant à la répression régionale et non à un combat mené dans le Haut-Verdon même.

Survivants identifiés

Jacques LIPPMANN survit aux combats du Haut-Verdon et poursuit la guerre avec la compagnie Lorrain jusqu’aux Alpes-Maritimes. Jacques LÉCUYER survit également au conflit.

Une liste exhaustive des maquisards présents dans la haute vallée entre juin et août 1944 n’a pas été retrouvée.

Fin du réseau

Les groupes du Haut-Verdon ne sont pas démantelés en tant qu’ensemble. Après les combats de juillet et surtout après le débarquement de Provence du 15 août 1944, ils quittent progressivement la clandestinité, participent aux opérations de Libération et sont intégrés aux FFI puis aux forces militaires régulières.

La compagnie Lorrain quitte notamment le Haut-Verdon pour rejoindre les opérations des Alpes-Maritimes, où elle combat autour de Levens, Saint-Martin-du-Var et Plan-du-Var.

Conséquences et mémoire

Le Haut-Verdon joue un rôle majeur comme zone de repli après l’échec de l’insurrection immédiate de l’Ubaye, puis comme espace permettant aux formations ORA de se reconstituer. Sa situation géographique assure également la continuité entre les maquis des Basses-Alpes et ceux du Haut-Pays niçois.

À Colmars-les-Alpes, la photographie de la compagnie Lorrain devant le monument aux morts le 14 juillet 1944 constitue un document particulièrement important de cette présence résistante.

Divergences et précautions

Il ne faut pas assimiler « les maquis du Haut-Verdon » à la seule compagnie Lorrain. Cette dernière constitue une formation nominativement identifiable présente dans la vallée, mais plusieurs autres éléments ORA-FFI y séjournent ou y transitent après juin 1944.

Il faut également distinguer le Haut-Verdon des formations établies plus au sud, notamment Fort-de-France autour de Saint-André-les-Alpes et les groupes du Verdon varois.

Fiabilité A pour le repli de juin 1944, le poste de commandement de LÉCUYER près de Colmars, la présence de la compagnie Lorrain et les opérations régionales de juillet.

Fiabilité B pour l’appellation générique « maquis du Haut-Verdon », qui rassemble plusieurs unités.

Références bibliographiques

De l’Armistice à la Libération dans les Alpes de Haute-Provence, 17 juin 1940-20 août 1944, Jean Garcin, Digne-les-Bains, 1983, réédition 1990. Étude départementale de référence sur les maquis, l’ORA et les combats de l’été 1944.

L’ORA dans la région R2, Boris de Gueyer, Paris, chez l’auteur, 1994. Source majeure pour le repli de l’Ubaye, le Haut-Verdon et les relations avec les Alpes-Maritimes.

Résister. Vie et mort d’un maquis de montagne, Gérard Guerrier, Guérin-Paulsen, 2017. Étude consacrée au maquis Lorrain et à la famille Lippmann, permettant de suivre le groupe du Laverq au Haut-Verdon puis vers les Alpes-Maritimes.

La Seconde Guerre mondiale dans les Hautes-Alpes et l’Ubaye, Henri Béraud, Société d’études des Hautes-Alpes, 1990. Synthèse sur les opérations alpines et les relations entre Ubaye, Haut-Verdon et Hautes-Alpes.

Trois mois de combats des maquisards du haut-pays, juin-juillet-août 1944, Musée de la Résistance Azuréenne, DTR n° 17. Étude reliant explicitement Ubaye, Verdon, Var, Tinée et Vésubie.

Références internet

Mémoire Vive de la Résistance – L’ORA dans les Basses-Alpes documente l’évacuation de l’Ubaye vers le Haut-Verdon et le transfert du poste de commandement de LÉCUYER à Ratéry. https://mvr.asso.fr/lora-dans-les-basses-alpes-par-boris-de-gueyer/

Mémoire Vive de la Résistance – L’ORA dans la région R2 présente la réorganisation des maquis après juin et les opérations allemandes contre le Verdon en juillet. https://mvr.asso.fr/lora-dans-la-region-r2-par-boris-de-gueyer/

Musée de la Résistance en ligne conserve la photographie de Jacques LIPPMANN et de la compagnie Lorrain à Colmars-les-Alpes le 14 juillet 1944. https://museedelaresistanceenligne.org/media1464-Prise-de-parole-de-Jacques-Lippman-du-maquis-Lorrain-de-lORA

Service historique de la Défense conserve l’étude de Boris de Gueyer dans le fonds de l’Amicale des anciens de l’ORA, GR 1 K 369. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/1486310

Musée de la Résistance Azuréenne répertorie une étude spécifique intitulée « Trois mois de combats des maquisards du haut-pays ». https://www.musee-resistance-azureenne.fr/publication/

Sources consultées —

MVR : résultats positifs dans les notices ORA région R2, Basses-Alpes et Résistance en Ubaye. https://mvr.asso.fr/

Maitron Résistance : recherches nominatives effectuées sur les résistants associés au secteur. https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance : documentation sur l’action militaire de la Résistance en région R2 consultée. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne : documentation positive pour la compagnie Lorrain et les opérations alpines. https://www.museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes : aucune notice autonome « maquis du Haut-Verdon » identifiée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération : aucune notice autonome sous cette appellation identifiée. https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica : recherche effectuée ; aucune monographie directement consacrée à une formation unique de ce nom identifiée. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense : fonds ORA GR 1 K 369 identifié. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/1486310

Musée de la Résistance Azuréenne : publication spécialisée sur les combats du Haut-Pays identifiée. https://www.musee-resistance-azureenne.fr/publication/

Wikipédia : consultation uniquement complémentaire ; aucune information historique déterminante n’a été retenue sans recoupement.

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