La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Les combats du Sauze appartiennent à la première phase du soulèvement de la Résistance dans la vallée de l’Ubaye. Depuis 1942, les responsables civils et militaires locaux préparent une organisation clandestine associant notamment les Mouvements unis de la Résistance, l’Organisation de Résistance de l’Armée et les groupes qui seront ensuite regroupés dans les Forces françaises de l’intérieur. En avril et mai 1944, le projet adopté consiste à prendre le contrôle de la vallée, à isoler les garnisons allemandes et à tenir plusieurs passages stratégiques afin de constituer une zone libérée susceptible de recevoir des parachutages alliés.

Le 3 juin 1944, le message d’alerte « Le Gendarme ne dort que d’un œil » déclenche les derniers préparatifs.

Le 5 juin, le message d’exécution « Méfiez-vous du Toréador » est reçu et l’action générale est fixée au 7 juin à 0 heure.

Le sous-secteur de Barcelonnette, auquel environ soixante-dix hommes sont attribués dans le Journal de marche de la Résistance en Ubaye, reçoit pour mission de réduire la petite garnison allemande du Sauze tandis que d’autres groupes barrent les accès de la vallée au Pas de la Tour, à la Reyssole, à la Rochaille et au Pas de Grégoire.

Déroulement de l’opération

Le combat commence le 7 juin 1944 au Sauze, aujourd’hui Le Sauze, commune d’Enchastrayes, Alpes-de-Haute-Provence, France. Les soldats allemands se replient et s’enferment dans l’hôtel Bompard. Les FFI encerclent le bâtiment et maintiennent le siège pendant plusieurs jours. L’ORA situe la fin de l’affrontement au 10 juin : les Allemands tentent alors de quitter leur position, sont rattrapés et faits prisonniers.

Les sources locales regroupent parfois l’attaque du Sauze et les opérations menées simultanément contre la garnison de Jausiers dans une même phase, du 7 au 9 ou du 7 au 10 juin. La chronologie la plus précise disponible conduit à retenir le 7 juin comme début du siège du Sauze et le 10 juin comme date de la capture de la garnison qui y était retranchée.

Le succès du Sauze a une conséquence immédiate : les communications des petits postes allemands de la vallée sont rompues et le commandement allemand extérieur à l’Ubaye cherche à rétablir le contact avec ses garnisons. Cette réaction conduit directement à l’envoi, le 9 juin, d’une colonne allemande depuis Gap et au combat du Pas de la Tour.

Figures marquantes

Albert GILLY, cultivateur de Barcelonnette et membre du maquis de La Pare, a témoigné avoir participé aux combats du Sauze le 7 juin 1944 avant de combattre quelques jours plus tard dans le secteur de Tarabot et du Pas de Grégoire. Il survit à la guerre et témoigne encore lors des commémorations organisées en Ubaye.

Le commandant BUREAU assure le commandement militaire de la Résistance ubayenne et dirige le dispositif général dont dépend l’attaque du Sauze.

René CHABRE représente le commandement civil du secteur, tandis que le lieutenant-colonel CUSENIER, alias « Josse », appartient à l’autorité militaire supérieure mise en place dans la vallée. Les sources consultées ne permettent pas d’identifier avec une certitude équivalente le chef tactique unique de l’assaut contre l’hôtel Bompard.

Victimes

Les sources les plus détaillées consultées ne donnent pas un bilan autonome et nominatif des pertes du seul combat du Sauze. Certains récits donnent des bilans groupés pour les postes allemands attaqués dans la vallée, mais ils ne permettent pas d’attribuer avec certitude chaque mort ou prisonnier au seul hôtel Bompard. Aucun chiffre précis n’est donc retenu ici pour les pertes du Sauze isolément.

Survivants

Albert GILLY est un survivant directement identifié ayant témoigné de sa participation à l’opération. La documentation disponible atteste naturellement de nombreux autres survivants au sein des FFI de l’Ubaye, mais elle ne fournit pas une liste complète des hommes ayant précisément participé au siège de l’hôtel Bompard.

Conséquences

La réduction du poste du Sauze constitue l’un des premiers succès militaires du soulèvement ubayen. Avec l’isolement des postes de Jausiers, elle crée pendant quelques jours une situation dans laquelle les FFI contrôlent une grande partie de la vallée. Elle provoque cependant les réactions allemandes successives du 9 juin depuis Gap puis du 11 juin depuis le col de Vars, qui finissent par rendre impossible le maintien durable de cette zone libérée.

Mémoire et lieux commémoratifs

La mémoire de l’action du Sauze est intégrée aux commémorations de la « folle semaine » de la Résistance ubayenne. Les sources locales rappellent également que le hameau du Sauze subit ensuite des incendies lors de la répression allemande, dans le contexte des événements du 14 au 19 juin 1944.

Fiabilité A. L’existence du combat, ses dates générales, l’enfermement de la garnison allemande dans l’hôtel Bompard et sa capture finale sont établis par plusieurs récits concordants provenant du Journal de marche de la Résistance en Ubaye et de l’étude consacrée à l’ORA dans les Basses-Alpes. L’identité exhaustive des participants et le bilan propre au Sauze restent cependant incomplets.

Références bibliographiques

Journal de marche de la Résistance en Ubaye, Amicale des maquisards et résistants du secteur Ubaye, Imprimerie départementale administrative, 1979. Cet ouvrage constitue la source mémorielle locale principale sur le soulèvement de juin 1944. Il détaille la division de la vallée en sous-secteurs, l’attaque du Sauze, les réactions allemandes et le repli du 13 juin.

De l’Armistice à la Libération dans les Alpes de Haute-Provence, 17 juin 1940-20 août 1944, Jean Garcin, Digne-les-Bains, Imprimerie Vial, 1983, réédition 1990. Cette synthèse départementale replace les événements de l’Ubaye dans l’organisation générale de la Résistance des Basses-Alpes et dans les réactions allemandes de juin 1944. L’ouvrage est également cité comme source par le Musée de la Résistance en ligne.

Méfiez-vous du Toréador, Jacques Lécuyer et collaborateurs, Toulon, AGPM, 1987. Jacques LÉCUYER, responsable régional de l’ORA, replace le soulèvement de l’Ubaye dans les plans militaires de la région R2 et dans les relations entre maquis, commandement régional et missions interalliées.

La Seconde Guerre mondiale dans les Hautes-Alpes et l’Ubaye, Henri Béraud, Société d’études des Hautes-Alpes, 1990. Cet ouvrage permet d’inscrire les combats de juin dans leur contexte alpin et dans les relations entre Ubaye, Hautes-Alpes et frontières italiennes.

Un « trésor d’histoire » sur la Résistance en Ubaye, Hubert Tassel et Jehan Landé, Association des anciens résistants de la vallée de l’Ubaye, familles et amis, 2022. Cet ouvrage repose notamment sur les fiches d’anciens FFI conservées par l’association et apporte des informations nominatives complémentaires sur les combattants ubayens.

Références internet

Mémoire Vive de la Résistance – La Résistance en Ubaye reproduit le Journal de marche et fournit la chronologie générale des combats du 7 au 13 juin 1944. https://mvr.asso.fr/la-resistance-en-ubaye/

Mémoire Vive de la Résistance – L’ORA dans les Basses-Alpes décrit précisément l’attaque du Sauze, le retranchement allemand dans l’hôtel Bompard et la capture de la garnison le 10 juin. https://mvr.asso.fr/lora-dans-les-basses-alpes-par-boris-de-gueyer/

Le Dauphiné Libéré – Barcelonnette : la « folle semaine » de la Résistance ubayenne fournit une chronologie locale des événements et plusieurs témoignages d’anciens combattants. https://www.ledauphine.com/haute-provence/2019/06/13/barcelonnette-la-folle-semaine-de-la-resistance-ubayenne

Musée de la Résistance en ligne présente le contexte de la mission interalliée et confirme la participation de ses membres aux combats de Barcelonnette en juin 1944. https://museedelaresistanceenligne.org/media7941-Henry-Chanay

Laverq.net présente les archives nominatives de l’Association des anciens maquisards et résistants de l’Ubaye. https://www.laverq.net/actualites/un-tresor-dhistoire-sur-la-resistance-en-ubaye

Sources consultées —

Mémoire Vive de la Résistance, résultats positifs dans « La Résistance en Ubaye » et « L’ORA dans les Basses-Alpes ». https://mvr.asso.fr/

Maitron Résistance, recherches « Sauze », « Ubaye », « Barcelonnette » et noms associés ; aucune notice événementielle autonome consacrée au combat du Sauze retrouvée. https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance, recherches effectuées ; aucune notice autonome consacrée au combat du Sauze identifiée. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne, résultats relatifs à la mission interalliée et au contexte des combats de juin 1944. https://www.museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes, base Résistance consultée ; aucune fiche événementielle, la base étant principalement nominative. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/client/mdh/base_resistants/index.php

Ordre de la Libération, recherche effectuée ; aucune notice événementielle consacrée au Sauze identifiée. https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica – Bibliothèque nationale de France, recherche effectuée sans résultat directement consacré au combat du Sauze supérieur aux sources retenues. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense, instruments de recherche consultés pour les archives de la Résistance et des victimes ; aucun dossier numérisé autonome du combat retrouvé. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

Association des anciens maquisards et résistants de la vallée de l’Ubaye / Laverq.net, résultats positifs sur les archives nominatives du secteur. https://www.laverq.net/

Lettre d'information

Les derniers PDF

AG MVR 2025

Messe de la France Libre en Hommage au Général De Gaulle à l’occasion du 55eme anniversaire de sa mort

Cérémonie Commémorative LA CROIX VALMER – Square du Souvenir – 15 AOUT 2025

MARSEILLE-FETE-DU-14-JUILLET-2025

Commémoration de la Bataille de Bir Hakeim

CEREMONIE-COMMEMORATIVE-DU-8-MAI-1945-A-MARSEILLE

Appel à cotisation 2025

RAPPORT AG MVR 13 DECEMBRE 2024