Les usines Michelin à Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme, France, sont durant la guerre une cible prioritaire pour les Alliés en raison de la production de pneumatiques indispensables aux véhicules de la Wehrmacht.
Pour éviter un bombardement aérien massif qui détruirait la ville et ferait des milliers de victimes civiles, un accord tacite et des pressions sont exercés pour que la Résistance intérieure procède elle-même à la neutralisation de l’outil de production.
La mission est d’une importance capitale pour préserver le patrimoine industriel local tout en servant les objectifs militaires alliés.
L’opération principale se déroule dans la nuit du 10 au 11 mars 1944 à l’usine de Cataroux, Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme, France.
Un groupe de choc composé de résistants locaux, bénéficiant de complicités internes, s’introduit dans les bâtiments abritant les compresseurs géants. Ces machines, essentielles au fonctionnement des presses à pneus, sont détruites par des charges explosives précisément placées.
Le 20 avril 1944, une seconde action cible les transformateurs électriques. Le bilan immédiat est l’arrêt total de la production de pneus lourds pour plusieurs mois, sans qu’une seule bombe n’ait été lâchée par l’aviation alliée sur le centre-ville.
Figures marquantes
Jean COSTE est le responsable du groupe de sabotage ayant mené l’action contre les compresseurs. Agent de liaison efficace, il coordonne l’infiltration du commando. Il survit à la guerre et reçoit la Croix de la Libération pour son audace.
Maurice PRADELLE, ingénieur au sein de l’usine, fournit les plans techniques permettant de localiser les points vitaux de la machinerie. Il évite l’arrestation en rejoignant le maquis après l’opération.
Victimes
Il n’y a aucune victime immédiate lors de l’explosion des compresseurs, le site ayant été évacué par les ouvriers complices. Cependant, la répression allemande entraîne l’arrestation et la déportation de plusieurs cadres de l’entreprise soupçonnés de passivité.
Survivants
Jean COSTE survit au conflit et devient une figure respectée de la résistance auvergnate. La direction de l’entreprise Michelin a également traversé cette période, ayant dû naviguer entre les exigences de l’occupant et le soutien occulte à certaines actions de neutralisation.
Conséquences
L’opération est citée comme un modèle de sabotage industriel réussi.
Elle a permis d’épargner Clermont-Ferrand d’un sort similaire à celui d’autres villes industrielles françaises dévastées par les bombes. La réaction allemande a été marquée par une surveillance policière permanente de l’usine.
Sur le plan militaire, la pénurie de pneus a directement affecté la mobilité des divisions allemandes lors de la bataille de Normandie.
Mémoire et lieux commémoratifs
Mémorial de la Résistance et de la Déportation situé à Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme, France. Plaque commémorative apposée sur le site de l’usine de Cataroux rappelant le sabotage de 1944, Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme, France.
Références bibliographiques
Michelin sous l’Occupation Collectif, Histoire et Collections, 2005. Cet ouvrage documente la gestion de l’entreprise durant le conflit et détaille les circonstances exactes des sabotages de Cataroux.
La Résistance en Auvergne Gilles LÉVY, Lavauzelle, 1993. Un ouvrage exhaustif sur les mouvements de résistance dans le Puy-de-Dôme, incluant les actions de guérilla urbaine et industrielle.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne Propose des dossiers sur le sabotage industriel et le cas particulier de Clermont-Ferrand. http://www.museedelaresistanceenligne.org/
Sources consultées : Maitron Résistance. https://fusilles-40-44.maitron.fr/ 26 avril 2026. Musée de la Résistance en ligne. http://www.museedelaresistanceenligne.org/ 26 avril 2026. Fondation de la Résistance. https://www.fondationresistance.org/ 26 avril 2026. Archives départementales du Puy-de-Dôme. https://www.archivesdepartementales.puy-de-dome.fr/ 26 avril 2026.