Le sabotage de l’usine Hispano-Suiza de Tarbes en 1944 constitue l’une des opérations les plus audacieuses de la Résistance industrielle française durant la Seconde Guerre mondiale.
Menée par le Corps Franc Pommiès (CFP), cette action visait à neutraliser une infrastructure stratégique de production de moteurs d’avion destinés à la Luftwaffe, tout en évitant un bombardement allié qui aurait pu causer de lourdes pertes civiles.
Déroulement de l’événement
Dans la nuit du 14 au 15 avril 1944, 22 résistants du CFP, sous la direction du lieutenant Francis Pottier, infiltrèrent l’usine Hispano-Suiza située à Soues, près de Tarbes.
Grâce à la complicité d’ouvriers engagés dans la Résistance, ils placèrent des charges explosives sur des équipements clés, notamment les machines-outils et les transformateurs électriques.
L’explosion détruisit une partie significative de l’infrastructure, paralysant la production de moteurs d’avion pour plusieurs semaines.
Cette opération permit d’éviter un bombardement allié de l’usine, qui aurait pu causer de nombreuses victimes parmi la population civile environnante .
Circonstances, héros et conséquences
Le sabotage fut rendu possible grâce à la coordination entre différents groupes de la Résistance, notamment le CFP, les FTP-MOI et l’Armée Secrète.
Parmi les figures marquantes de cette opération figurent Francis Pottier, qui dirigea le commando, et André Breyer, surnommé “Radio”, responsable des transmissions et acteur clé dans la préparation de l’action.
Les conséquences furent significatives : la production de moteurs d’avion pour la Luftwaffe fut interrompue, retardant l’acheminement de matériel vers le front.
De plus, l’opération renforça le moral des résistants et de la population locale, tout en démontrant l’efficacité des actions de sabotage ciblées .
Lieux de mémoire
Plusieurs lieux commémorent cette action héroïque :
- Plaque commémorative à Soues : Située sur le site de l’ancienne usine Hispano-Suiza, elle rend hommage aux résistants du “Commando Hispano” et rappelle leur action du 14 avril 1944.
- Stèle à Séméac : Inaugurée en avril 2024 devant l’entrée historique de l’usine Alstom, elle honore les 23 membres du commando ayant participé au sabotage.
- Mémorial et musée du Corps Franc Pommiès à Castelnau-Magnoac : Ce musée retrace l’histoire du CFP et de ses actions, dont le sabotage de l’usine Hispano-Suiza.
Références bibliographiques
Soldats bleus dans l’ombre – Le commandant Guillaudot et ses gendarmes dans la Résistance, par Gilbert Charles, Éditions du Cercle d’or, Paris, 1978.Cet ouvrage retrace l’engagement de Maurice Guillaudot et de ses hommes dans la Résistance, mettant en lumière leur courage et leur détermination.
Le Corps Franc Pommiès : Une épopée de la Résistance, par Jean-Pierre Besse, Éditions Tirésias, Paris, 2004.Ce livre détaille l’histoire du CFP, de sa création à ses actions majeures, incluant le sabotage de l’usine Hispano-Suiza.
Références internet
Chemins de mémoire : https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/memorial-et-musee-du-corps-franc-pommies Ce site officiel présente le mémorial et musée du Corps Franc Pommiès, détaillant ses actions durant la Seconde Guerre mondiale, notamment le sabotage de l’usine Hispano-Suiza.
La Semaine des Pyrénées : https://www.lasemainedespyrenees.fr/1944-ces-22-resistants-qui-sauverent-tarbes/Article relatant l’opération du 14 avril 1944, mettant en avant le courage des 22 résistants ayant saboté l’usine pour sauver la ville de Tarbes d’un bombardement.
Ville de Tarbes : Témoignage de Gabriel Pelot, ouvrier à l’usine Hispano-Suiza et membre du commando ayant participé au sabotage, offrant un regard personnel sur l’événement.
