Le réseau CARTE, fondé par André GIRARD en 1941, fut l’une des premières tentatives d’organisation de la Résistance en zone sud de la France occupée.
Son histoire illustre les défis complexes auxquels étaient confrontés les réseaux clandestins durant la Seconde Guerre mondiale.
Création et organisation
André GIRARD, artiste peintre et affichiste renommé, établit le réseau CARTE à Antibes en 1941.
Son objectif était de constituer une armée secrète de 300 000 hommes, principalement composée d’officiers de l’armée d’armistice, pour préparer une insurrection contre l’occupant nazi.
Le réseau se structura autour de fiches détaillées recensant les futurs résistants, incluant noms, adresses et affectations militaires.
Cette approche, bien que ambitieuse, manquait de mesures de sécurité adéquates, ce qui s’avéra préjudiciable par la suite.
Le réseau attira l’attention du Special Operations Executive (SOE) britannique.
Des agents tels que Francis Basin et Peter Churchill furent envoyés pour évaluer le potentiel de CARTE.
En juillet 1942, Nicolas Bodington, adjoint de Maurice Buckmaster, chef de la section F du SOE, confirma l’intérêt stratégique du réseau.
Le SOE fournit alors des ressources, des armes et des opérateurs radio pour soutenir les opérations de CARTE.
Actions et missions
CARTE se concentra sur le recrutement et la préparation d’une insurrection armée.
Cependant, des divergences internes, notamment entre GIRARD et son adjoint Henri FRAGER, affaiblirent la cohésion du réseau.
En novembre 1942, une mallette contenant une liste de plus de 200 membres fut dérobée par l’Abwehr (service de renseignement allemand) après que l’agent André Marsac l’eut égarée dans un train.
Bien que cette perte n’ait pas immédiatement conduit à des arrestations, elle compromit gravement la sécurité du réseau.
La situation se détériora davantage avec l’occupation de la zone libre par les Allemands en novembre 1942.
Les tensions entre GIRARD et FRAGER culminèrent en janvier 1943, menant à une scission. FRAGER, soutenu par le SOE, créa le réseau “Jean-Marie” (ou “Donkeyman”), tandis que GIRARD fut évacué vers Londres en février 1943.
Le SOE choisit de ne pas le renvoyer en France, préférant collaborer avec FRAGER.
Fin du réseau
Le réseau CARTE fut progressivement démantelé par les forces allemandes.
Des membres clés, dont Peter Churchill et Odette Sansom, furent arrêtés en avril 1943 suite à des opérations d’infiltration menées par l’Abwehr.
Henri FRAGER, devenu chef du réseau “Jean-Marie”, fut trahi par un agent double, Roger Bardet, et arrêté en juillet 1944.
Il fut déporté au camp de Buchenwald, où il fut exécuté en octobre 1944.
Références bibliographiques
Le réseau Carte : Histoire d’un réseau de la Résistance antiallemand, antigaulliste, anticommuniste et anticollaborationniste, par Thomas Rabino, Éditions Perrin, Paris, 2008.
Cet ouvrage offre une analyse approfondie du réseau CARTE, de sa création à sa dissolution, en mettant en lumière les ambitions d’André GIRARD, les relations complexes avec le SOE et les défis internes qui ont conduit à son effondrement.
Références internet
Fondation de la Résistance : https://www.fondationresistance.org/pages/rech_doc/seau-carte-histoire-seau-sistance-antiallemand-antigaulliste-anticommuniste_cr_lecture74.htmWikipédia+4fondationresistance.org+4Mabib+4
Ce site propose une présentation détaillée du réseau CARTE, de ses objectifs, de son organisation et des raisons de son échec, accompagnée d’une critique de l’ouvrage de Thomas Rabino.
Académie de Reims – Enseigner la mémoire : https://pedagogie.ac-reims.fr/memoire/enseigner/memoire_reseaux/carte.htmPédagogie Académie de Reims+1Pédagogie Académie de Reims+1
Cette page pédagogique fournit des informations sur le réseau CARTE, son fondateur André GIRARD, et son rôle dans la Résistance, destinées à un public scolaire et éducatif.