Le Mont Valérien est l’un des plus hauts lieux de mémoire nationale en France. Situé à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, à proximité de Paris, ce site est le principal lieu d’exécution de résistants et d’otages par les nazis pendant l’Occupation et constitue aujourd’hui un symbole fort de la Résistance française et de la mémoire nationale.
Origine et histoire du site
À l’origine, le Mont Valérien est un lieu religieux. Il abrite depuis le XVIIe siècle un ermitage fondé par les Pères de la congrégation de l’Oratoire. En 1841, le site est transformé en fort militaire dans le cadre du système défensif de Paris voulu par Adolphe Thiers.
Durant la guerre de 1870, puis la Commune de Paris (1871), le Mont Valérien est utilisé comme position militaire stratégique.
Le Mont Valérien pendant la Seconde Guerre mondiale
À partir de juin 1940, le Mont Valérien est réquisitionné par l’armée allemande. Le fort devient un lieu d’incarcération et surtout d’exécution de résistants, d’otages et de combattants antinazis. Entre 1941 et 1944, plus de 1 000 personnes y sont fusillées, dans une clairière du fort, souvent après avoir été transférées depuis la prison de Fresnes ou d’autres lieux de détention.
Les exécutions sont menées par l’occupant, avec la collaboration des autorités du régime de Vichy, dans un isolement total. La plupart des corps sont ensuite incinérés ou inhumés en secret, pour éviter toute mémoire ou culte.
Ses héros et ses morts
Parmi les personnes exécutées au Mont Valérien figurent :
- Honoré d’ESTIENNE D’ORVES, officier de marine et figure de la France libre, fusillé le 29 août 1941.
- Guy MÔQUET, jeune résistant communiste de 17 ans, fusillé le 22 octobre 1941 avec 26 camarades de Châteaubriant.
- Gilbert DRU, militant chrétien et résistant, exécuté en juillet 1944.
- Missak MANOUCHIAN et les membres du groupe FTP-MOI, arrêtés en 1943, exécutés le 21 février 1944, et immortalisés par l’Affiche rouge.
Des dizaines de nationalités différentes sont représentées parmi les fusillés, dont de nombreux étrangers combattant pour la liberté.
Le Mémorial et la Flamme
En 1945, le général Charles de GAULLE choisit le Mont Valérien pour y installer un Mémorial de la France combattante. Inauguré le 18 juin 1960, il est constitué de :
- Une croix de Lorraine de 12 mètres de haut, symbole de la France libre.
- Seize piliers portant les noms des principaux fronts de guerre de la France libre.
- Un tombeau du soldat inconnu de la Seconde Guerre mondiale, représentant les combattants morts sans sépulture.
- Une flamme du souvenir, ravivée régulièrement, à l’image de celle de l’Arc de Triomphe.
À l’intérieur du fort, la Clairière des fusillés a été conservée dans l’état le plus proche possible de celui qu’elle avait lors des exécutions.
Symbole et mémoire
Le Mont Valérien est aujourd’hui le principal site de commémoration de la Résistance en France. Chaque 18 juin, le président de la République ou un haut représentant y prononce un discours en hommage à l’appel du général de Gaulle et à la France libre.
Il est aussi un lieu d’éducation pour les jeunes générations sur la Seconde Guerre mondiale, la Résistance, la déportation, et le prix de la liberté.
Références bibliographiques
- Le Mont-Valérien, Haut lieu de la mémoire nationale
Antoine GRANIER, éditions du Patrimoine, Centre des monuments nationaux, 2007
Ouvrage richement illustré, retraçant l’histoire du site, des exécutions à la création du Mémorial. - Les Fusillés du Mont-Valérien 1940-1944
Alain MONOD, éditions Tallandier, 2012
Livre consacré aux hommes exécutés, avec documents d’archives, témoignages et photos. - L’Affiche rouge : Mémoires de résistants de la FTP-MOI
Collectif, éditions Le Temps des Cerises, 2013
Portraits des résistants étrangers fusillés au Mont Valérien, avec un focus sur Missak MANOUCHIAN.