Le maquis de la Tarentaise naît en 1943 autour de Moûtiers et dans les vallées affluentes, sur l’impulsion de Joseph BARDASSIER (avec son frère Pierre) et d’équipes issues des MUR.
En septembre 1943, Louis LUNGO est nommé chef MUR pour la Tarentaise ; le secteur, d’abord rattaché au 3e secteur (Beaufortain), devient autonome sous la dénomination de « 6e secteur » à l’automne 1943.
Les objectifs initiaux sont l’accueil et l’encadrement des réfractaires, la préparation d’actions armées en altitude et la coordination avec les missions alliées.
Le secteur est structuré en sizaines et compagnies sur les communes de Moûtiers, Les Allues, Bourg-Saint-Maurice, Haute-Tarentaise (Sainte-Foy, Séez, Val d’Isère).
Il coopère étroitement avec la mission « Union » et reçoit ses premiers parachutages au printemps 1944 (La Plagne, nuit du 10 au 11 mars).
Les FTP opèrent également sur le secteur et sont intégrés à l’effort FFI au printemps–été 1944.
Le commandement local associe des cadres civils et militaires (prêtre-résistant Marius HUDRY ; chefs de section Auguste MUDRY, Michel GÖETZ ; liens avec la Section Paganon).
Outre le renseignement et l’interdiction des axes, le maquis de Tarentaise prend part à des engagements importants à l’été 1944.
Après le parachutage massif au Saisies (1er août) qui renforce ses voisins du Beaufortain, la vallée est le théâtre d’affrontements contre la Wehrmacht.
Les 21–22 août 1944, les maquis de Tarentaise et du Beaufortain livrent le combat des Chapieux, verrouillant l’accès à la haute vallée et contribuant à la libération progressive de la Tarentaise.
Le secteur coopère avec le Beaufortain, le SAP, la mission « Union » (BCRA/SOE/OSS) et s’intègre dans les FFI de Savoie. Cette coopération aboutit fin août 1944 à la fusion opérationnelle avec les unités du Beaufortain dans le « Bataillon Bulle », qui tient la vallée et participe à la réouverture des axes vers l’Italie (col du Petit-Saint-Bernard).
Chefs et figures marquantes
- Joseph BARDASSIER, organisateur des premières sizaines et du premier maquis (Les Allues).
- Louis LUNGO, chef MUR du secteur puis FFI, échappe à une arrestation à Moûtiers le 3 mai 1944.
- Émile PAGANON, chef de la section de montagne, engagée aux Chapieux.
- Ulysse BOZONNET, chasseur alpin, témoin des opérations en Haute-Tarentaise.
- L’abbé Marius HUDRY, cadre de secteur et aumônier.
- Auguste MUDRY
- Michel GÖETZ, cadres FFI.
- Jean BULLE, dont l’autorité militaire et l’action conjointe influent directement sur la libération de la vallée.
Victimes / morts
Les combats et la répression de l’été 1944 causent des pertes dans les unités avec des morts en action et des fusillés lors d’opérations allemandes dans la vallée (ex. tués et déportés dans la séquence de juin–août 1944, notamment autour d’Albertville et de Bourg-Saint-Maurice).
Plusieurs victimes sont recensées individuellement dans les bases mémorielles.
La libération de la Tarentaise, amorcée fin août 1944, voit l’intégration des unités tarines au « Bataillon Bulle ». Le maquis, comme structure clandestine, est dissous de facto à l’automne 1944 par intégration FFI, tandis que la vallée demeure zone d’opérations contre des positions allemandes vers le Petit-Saint-Bernard.
Conséquences et mémoire
La contribution du maquis de la Tarentaise est déterminante pour empêcher la destruction d’infrastructures et accélérer l’évacuation allemande de la vallée. Des stèles et cérémonies (Chapieux ; commémorations de libération de la Tarentaise) perpétuent la mémoire ; des ouvrages et témoignages (dont Bozonnet) fixent l’histoire de la Section Paganon .
Références bibliographiques
- Section Paganon : dans les cimes pour la liberté. Chroniques des années 1930-1948 Ulysse Bozonnet, La Fontaine de Siloë, 2005
Témoignage d’un acteur majeur de la Haute-Tarentaise ; éclaire les pratiques de combat en altitude, la topographie, et la coopération avec les unités du Beaufortain durant l’été 1944. - Capitaine Jean Bulle (1913-1944). Résistance en Savoie 1940-1944
Jean d’Arbaumont, Dominique Guéniot, 1992 Ouvrage de référence pour recouper la chronologie tarine (parachutages de mars 1944 à La Plagne ; engagements d’août ; formation du « Bataillon Bulle ») et les liens avec le commandement FFI. - Alpes en guerre 1939-1945 : une mémoire en partage Gil Emprin & Jacques Loiseau, Le Dauphiné Libéré, 2003 Mise en contexte régionale et mémorielle des opérations en Tarentaise ; précise le rôle des missions alliées et les commémorations contemporaines.
Références internet
- Musée de la Résistance en ligne – Tarentaise (personnes et secteurs)
Notices de Joseph BARDASSIER et Louis LUNGO ; précisions sur la création des premières sizaines, l’autonomie du 6e secteur, les tentatives d’arrestation de mai 1944, et la montée en puissance à l’été 1944.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=31751 ; https://www.museedelaresistanceenligne.org/media2809-Louis-Lungo - Combat des Chapieux – notice de synthèse (recoupée avec sources imprimées) Résumé de l’engagement des maquis tarins et du Beaufortain (21–22 août 1944), avec bibliographie (d’Arbaumont ; Emprin ; Bozonnet). Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Combat_des_Chapieux —
- Maquis de Tarentaise – notice de synthèse (à croiser avec sources mémorielles) Rappel des composantes FFI (AS/ORA/FTP), de figures locales (BULLE, HUDRY, MUDRY, GÖETZ) et du rôle des parachutages.
Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Maquis_de_Tarentaise — - Mission « Union » en Savoie – notices officielles et compléments
Notice Ordre de la Libération (FOURCAUD) et compléments (ORTIZ) confirmant l’action interalliée et les dates-clés en Tarentaise au printemps-été 1944.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Julien_Ortiz https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/pierre-fourcaud ; https://fr.wikipedia.org/wiki/Peter_Julien_Ortiz Musée de l’Ordre de la Libération+1 - Souvenir Français (Savoie) – commémorations Tarentaise/Chapieux
Données mémorielles actuelles sur les cérémonies, contextualisant l’importance stratégique de la vallée et la transmission locale.
Lien : https://www.souvenir-francais-savoie.org — URL : page générale et articles sur Saisies/Chapieux. souvenir-francais-savoie.org
Risque d’homonymie : « Beaufortain » (Savoie) à ne pas confondre avec « canton de Beaufort » (Jura) dont certaines notices mémorielles existent ; j’ai écarté ces occurrences. Divergences mineures de dates entre certaines synthèses en ligne (journaux/médias locaux) et les notices mémorielles ; les dates retenues sont celles recoupées par le Musée de la Résistance en ligne, le Maitron et l’Ordre de la Libération. Les notices Wikipédia n’ont été utilisées qu’en complément, et toujours recoupées.