Yves Pierre Paul Marie LE CROM-HUBERT, alias Yvonne, Claude YVONNEC, né en 1910 à Lumes (Ardennes) selon les sources biographiques secondaires consultées, mort en 1982 à Sanary-sur-Mer (Var) selon ces mêmes sources, médecin, Français.
Les dates complètes de naissance et de décès doivent encore être contrôlées dans l’état civil ou le dossier GR 16 P avant une édition définitive ; les données 1910-1982 ne sont donc retenues ici qu’avec cette réserve.
Jeunesse et formation
Yves Le Crom-Hubert exerce la profession de médecin. Son parcours de formation médicale reste à documenter plus précisément.
Il est déjà implanté en Bretagne au début de l’Occupation. Des témoignages concernant le réseau de renseignement de la région de Lorient montrent qu’il participe très tôt à la collecte d’informations militaires au profit de la Confrérie Notre-Dame, dirigée par Gilbert Renault, dit Rémy.
Engagement dans la Résistance
Le Crom-Hubert appartient aux premiers agents de la Confrérie Notre-Dame. Dans le secteur lorientais, il fournit des renseignements sur les défenses côtières, les cantonnements allemands et l’activité militaire autour de Lorient.
Recherché par les Allemands, il quitte ensuite la Bretagne et passe en zone non occupée. Son expérience du renseignement clandestin conduit le BCRA à l’employer dans la constitution d’un nouveau dispositif méditerranéen.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Yves Le Crom-Hubert appartient d’abord à la Confrérie Notre-Dame, puis devient le fondateur et premier responsable du réseau de renseignement Tartane, rattaché à la centrale Phratrie et au BCRA.
Tartane est créé à Nice à la fin de 1942 pour recueillir des renseignements militaires sur les forces italiennes puis allemandes du littoral méditerranéen. Les sources décrivent un ensemble couvrant notamment Nice, Cannes, Toulon et Marseille.
Son pseudonyme principal dans ce dispositif est « Yvonne ».
Missions et actions
Le Crom-Hubert organise les implantations territoriales de Tartane, recrute les responsables locaux et fait centraliser les rapports transmis par les agents.
Le réseau recueille notamment des renseignements sur les mouvements des forces d’occupation, les installations portuaires, défenses côtières, aérodromes et dispositifs militaires. Les questionnaires et demandes de renseignement proviennent de Londres par l’intermédiaire de Phratrie.
Sous sa direction, Tartane comprend notamment un secteur niçois, un secteur toulonnais confié à Robert Le Planquais et des sous-secteurs marseillais dont l’un est confié à Roger Taillefer.
Arrestation / évasion / déportation
Les sources consultées indiquent qu’il est recherché par les autorités allemandes au cours de son activité dans la Confrérie Notre-Dame, ce qui contribue à son départ de Bretagne.
Il n’est pas documenté comme déporté.
En 1943, il quitte la France pour Londres. La direction opérationnelle de Tartane passe alors à Arnaud de Regnauld de la Soudière.
Camarades de combat
Son parcours croise notamment Gilbert Renault dit Rémy, Jacques Robert-Rewez, Jacques Lippmann, Georges Fluchaire, Robert Le Planquais, Roger Taillefer, François Crucy et les agents de Phratrie et de Tartane.
Retour à la vie civile
Yves Le Crom-Hubert survit à la guerre. Son parcours professionnel et familial après 1945 reste à reconstituer à partir de son dossier administratif et de l’état civil.
Décorations
Médaille de la résistance française par décret du 06 Avril 1944 Source ordre de la Libération Côte du dossier : 1O64127
Aucune liste de décorations n’a pu être confirmée par des actes réglementaires individuels lors des présentes recherches. Cela ne signifie pas qu’Yves Le Crom-Hubert n’ait reçu aucune distinction, mais seulement qu’aucune liste suffisamment sûre n’a été établie ici.
Lieux de mémoire
Son parcours est principalement associé à Lorient, à la Confrérie Notre-Dame, puis à Nice et à la Côte d’Azur, où il constitue Tartane.
Références bibliographiques
La Résistance dans le Var, 1940-1944, Victor Masson, Association des Mouvements unis de la Résistance et des Maquis du Var, ouvrage de contexte sur les réseaux de renseignement du Sud-Est.
Services secrets de la France libre, Sébastien Albertelli, étude de référence pour le BCRA, la Confrérie Notre-Dame et les réseaux de renseignement issus de la France libre.
Références internet
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne — Inventaire GR 28 P 4. Apport : dossier individuel Yves Le Crom-Hubert, cote GR 28 P 4 36/216, renvoi GR 16 P 295499. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/196.pdf
Mémoire Vive de la Résistance — La Résistance en Provence. Apport : replace Tartane-Masséna parmi les réseaux gaullistes actifs en R2. https://mvr.asso.fr/la-resistance-en-provence-par-jm-guillon/
Mémoire Vive de la Résistance — Paul Schmierer. Apport : confirme le rattachement de Tartane-Masséna au BCRA dans le Sud-Est. https://mvr.asso.fr/schmierer/
CND-Castille — mémoire universitaire consacré à la Confrérie Notre-Dame. Apport : passage de Le Crom-Hubert de la CND au BCRA puis création de Tartane sous le pseudonyme Yvonne. https://www.cnd-castille.org/wp-content/uploads/2021/12/Memoire_de_maitrise_CND_CASTILLE.pdf
Dossier d’homologation consulté
L’inventaire du Service historique de la Défense a été contrôlé visuellement : GR 28 P 4 36/216 — dossier individuel d’Yves LE CROM-HUBERT, 1943-1960 ; voir aussi GR 16 P 295499. Le dossier physique n’a pas été consulté.
Observations
Le rôle d’Yves Le Crom-Hubert comme fondateur de Tartane est solidement établi. Il faut en revanche éviter de confondre Tartane avec d’autres organisations portant le nom « Masséna » dans certaines sources postérieures : l’inventaire SHD et les sources contemporaines doivent primer pour déterminer les contours organiques exacts.
Les dates et lieux complets de naissance et de décès doivent être confirmés par une source d’état civil avant une publication biographique définitive.
Indice de fiabilité de la notice Niveau B — excellent pour l’activité résistante et les cotes archivistiques ; état civil encore à consolider.
Chronologie
1941 — Activité dans la Confrérie Notre-Dame autour de Lorient.
1941-1942 — Renseignement militaire et départ de Bretagne après les recherches allemandes.
1942 — Passage par les structures du BCRA.
Fin 1942 — Création de Tartane à Nice.
1943 — Développement des secteurs de Nice, Cannes, Toulon et Marseille.
1943 — Départ pour Londres et transmission de la direction de Tartane.
Sources consultées
Service historique de la Défense / Musée de la Résistance en ligne — inventaire GR 28 P 4. Vérification du dossier GR 28 P 4 36/216 et du renvoi GR 16 P 295499. https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/196.pdf
Mémoire Vive de la Résistance — La Résistance en Provence. Vérification du contexte Tartane-Masséna et BCRA en Provence. https://mvr.asso.fr/la-resistance-en-provence-par-jm-guillon/
Mémoire Vive de la Résistance — Paul Schmierer. Vérification indirecte du réseau Tartane-Masséna. https://mvr.asso.fr/schmierer/
CND-Castille — étude sur la Confrérie Notre-Dame. Parcours de Le Crom-Hubert entre CND, BCRA et Tartane. https://www.cnd-castille.org/wp-content/uploads/2021/12/Memoire_de_maitrise_CND_CASTILLE.pdf