Le 21 octobre 1941, un commando de jeunes résistants communistes bordelais (issus des premiers « Bataillons de la Jeunesse ») organise un attentat contre un haut responsable militaire allemand, le colonel Hans Reimers, commandant du Gross Paris (autorité militaire sur Bordeaux et sa région).
Reimers est abattu rue du Palais-Gallien, au cœur de Bordeaux. Cet attentat constitue l’un des premiers assassinats ciblés d’un officier allemand en France occupée, suivant la ligne offensive décidée par le Parti communiste clandestin après l’invasion de l’URSS (juin 1941).
Répression immédiate
La réaction allemande est implacable :
Trois résistants arrêtés, considérés comme complices, sont exécutés dès le lendemain, 22 octobre 1941, au Fort du Hâ (ancienne forteresse bordelaise utilisée comme prison par l’occupant). Surtout, les autorités nazies appliquent la politique des otages fusillés en représailles : cinquante otages sont exécutés le 24 octobre 1941 au camp de Souge (commune de Martignas-sur-Jalle, à l’ouest de Bordeaux). Ces otages sont pour la plupart des militants communistes, syndicalistes ou résistants déjà internés.
Conséquences
Cet épisode inaugure à Bordeaux le cycle tragique des exécutions massives d’otages : le camp de Souge deviendra l’un des hauts lieux de la répression nazie en France, avec près de 300 fusillés entre 1940 et 1944.
L’attentat et ses représailles marquent un tournant dans la Résistance locale : d’un côté, la volonté d’action armée s’affirme ; de l’autre, la population est frappée par la brutalité des représailles collectives. La mémoire de Souge reste associée à cet épisode fondateur du martyrologe girondin.
Mémoire
Aujourd’hui, le mémorial du camp de Souge honore les 300 fusillés. L’attentat contre Hans Reimers et les fusillés d’octobre 1941 y occupent une place centrale.
À Bordeaux même, plusieurs plaques rappellent l’attentat et l’exécution des trois résistants au Fort du Hâ. L’événement est devenu symbolique de l’entrée dans la lutte armée en France occupée et de la violence des représailles nazies.
Références bibliographiques
- Bordeaux sous l’Occupation — Dominique Lormier (Geste Éditions) Cet ouvrage offre une vue d’ensemble de Bordeaux occupée, y compris les actes de Résistance, les représailles nazies et les exécutions d’otages. L’attentat contre Reimers y est contextualisé parmi les premières actions armées communistes dans la ville.
- Bordeaux brûle-t-il ? : la libération de la Gironde, 1940-1945 — Dominique Lormier (Dossiers d’Aquitaine) Bien que plus centré sur la période de la Libération, ce livre rappelle les actes de répression et les réseaux résistants de Gironde, mentionnant les attentats de 1941 comme tournants dans la conscience collective régionale.
- Les fusillés du camp de Souge : mémoire et répression en Gironde (ouvrage collectif ou thèse documentaire) Ce type d’ouvrage, souvent issu d’archives départementales ou universitaires, contient des listes de fusillés, des contextes des représailles et des actes de résistance en Gironde — y compris ceux liés à l’attentat Reimers.
Références internet
- Réseau Canopé — « Avis d’exécution de 50 otages (octobre 1941) » Cette notice recadre l’attentat de Hans Reimers à Bordeaux (21 octobre 1941) et les représailles massives : l’arrestation de 50 otages selon une liste policière. Elle met en lumière la chaîne de cause à effet entre l’attentat et les exécutions. https://www.reseau-canope.fr/enseigner-la-resistance/D251
- Fusillés-Souge Association — « 1941, Le début de la résistance armée » La page présente le contexte de 1941 en Gironde, décrivant comment à Bordeaux, le 21 octobre, Pierre Rebière abat le conseiller militaire Reimers. Elle détaille aussi la politique des otages appliquée après l’assassinat, avec l’exécution de 50 otages le 24 octobre 1941. fusilles-souge.asso.fr https://www.fusilles-souge.asso.fr/1941-le-debut-de-la-resistance-armee/
- Archives de Mérignac — « Le sort des internés politiques et des otages »Cette page recense la chronologie de l’internement politique à Mérignac et mentionne que l’officier allemand Reimers est abattu à Bordeaux le 21 octobre 1941, entraînant l’arrestation de 50 otages. archives.merignac.comhttps://archives.merignac.com/le-camp-dinternement-de-merignac-1940-1944/le-sort-des-internes-politiques-et-des-otages/
- Wikipédia français — « Fusillés du camp de Souge »L’article retrace la série d’exécutions au camp de Souge, précisant que l’attentat contre le conseiller militaire Hans Reimers, perpétré par Pierre Rebière, est à l’origine de la fusillade de 50 otages le 24 octobre 1941. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fusill%C3%A9s_du_camp_de_Souge
- Wikipédia allemand — « Hans Gottfried Reimers »Notice biographique : Reimers est présenté comme Kriegsverwaltungsrat affecté à Bordeaux, abattu le 21 octobre 1941 à Bordeaux par Pierre Rebière. On y lit aussi les conséquences : les exécutions de représailles commandées par Otto von Stülpnagel. https://de.wikipedia.org/wiki/Hans_Gottfried_Reimers
- Wikipedia français — « Représailles après la mort de Karl Hotz » Cette page sur les représailles consécutives à l’assassinat de Karl Hotz à Nantes mentionne qu’« un autre militant de l’OS, Pierre Rebière, a abattu à Bordeaux le conseiller d’administration militaire Hans Reimers » le 21 octobre 1941, entraînant l’exécution le 24 de 50 otages à Souge. Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Repr%C3%A9sailles_apr%C3%A8s_la_mort_de_Karl_Hotz
- Joie de Vivre 33 / Histoire Bordeaux – « Résistance et Libération » (PDF) Le document relate qu’à Bordeaux, « le 21 octobre 1941, un attentat est dirigé contre le conseiller d’administration militaire (Kriegsverwaltungsrat) Hans Reimers ». Il indique que l’attentat est perpétré par Pierre Rebière, militant communiste, et mentionne les représailles : exécution de 50 otages au camp de Souge. histoire.joiedevivre33merignac.fr https://histoire.joiedevivre33merignac.fr/files/histoire_bordeaux/3_-_Resistance_et_Liberation.pdf