Phyllis LATOUR DOYLE, née le 8 avril 1921 à Durban (Afrique du Sud), morte le 7 octobre 2023 à West Auckland (Nouvelle-Zélande)
Phyllis Ada Latour naît à Durban, en Afrique du Sud. Son père, Philippe Latour, est présenté comme médecin français, et sa mère, Louise Bennett, comme citoyenne britannique. Elle passe une partie de son enfance en Afrique (notamment en Afrique centrale selon plusieurs récits biographiques) avant d’être envoyée en pensionnat au Kenya, puis de gagner l’Angleterre à la veille de la guerre.
Ces éléments sont connus surtout par des récits biographiques contemporains et des synthèses de presse ; ils ne sont pas documentés, pour cette fiche, par un dossier nominatif d’archives françaises.
Engagement dans la Résistance
Installée en Angleterre, elle rejoint la Women’s Auxiliary Air Force (WAAF) en novembre 1941. Recrutée ensuite par le Special Operations Executive (SOE), section F, en raison notamment de sa maîtrise du français, elle est formée comme agente clandestine.
Son engagement opérationnel en France occupée est attesté par des sources britanniques (London Gazette) et par des traces dans un instrument de recherche du Service historique de la Défense mentionnant son identité et un alias.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Elle est rattachée au SOE (section F) et opère dans le cadre du circuit généralement désigné comme SCIENTIST, aux côtés de Claude de Baissac (organisateur) et, selon les récits, en lien avec des responsables locaux de la Résistance dans le secteur Mayenne–Sarthe. Le site “Mémoire et Espoirs de la Résistance” (M.E.R) liste le SOE parmi ses catégories.
Missions et actions
Elle est parachutée en France dans la nuit du 1er au 2 mai 1944 (selon les récits biographiques) afin d’exercer la fonction d’opératrice radio clandestine. Plusieurs sources convergent sur un parachutage dans le secteur de Hardanges (Mayenne) et sur son emploi comme radio auprès de Claude de Baissac jusqu’à la Libération du secteur.
Un inventaire d’archives conservées au SHD (fonds BCRA, messages) mentionne “Phyllis LATOUR”, associée à un nom de code (“Plus Fours”) et donne une date de naissance (8 mai 1921) et un lieu (“Ponton”), informations qui ne concordent pas avec les notices biographiques publiques (8 avril 1921, Durban).
Cette divergence empêche de reprendre “Ponton” comme lieu de naissance certain dans l’en-tête, mais elle constitue un indice d’alias / d’identification dans les transmissions.
Sur le terrain, elle se déplace en général à bicyclette et dissimule son matériel et ses codes ; les récits biographiques insistent sur l’usage d’objets de couture (aiguille à tricoter, soie, tricot) pour masquer des éléments de chiffrement. Son rôle principal consiste à recevoir, chiffrer et transmettre des messages radio vers Londres au profit du réseau, dans une période critique précédant et suivant immédiatement le Débarquement. Les synthèses disponibles attribuent à ses transmissions une contribution au renseignement et au guidage d’actions alliées (notamment par l’envoi de messages codés), mais je ne retiens ici que ce qui est rapporté de façon stable par plusieurs sources biographiques, faute de dossier nominatif d’archives françaises consulté décrivant précisément, message par message, le contenu opérationnel.
Suivi de recherche (origine des informations reprises pour cette partie) : les éléments narratifs détaillés proviennent principalement de Wikipédia (signalé comme tel), complétés et recadrés par un inventaire SHD (preuve d’existence dans des séries de messages) et par un document d’archives locales (mention du parachutage et de sa fonction de radio auprès de Claude de Baissac).
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation suivie de déportation n’a été retrouvée dans les bases obligatoires consultées pour cette fiche. Les récits biographiques mentionnent des contrôles et fouilles, ainsi que des situations de danger, mais sans trace d’incarcération durable ni de déportation ; je ne retiens donc pas de parcours répressif documenté au sens strict (arrestation–jugement–déportation).
Camarades de combat
Son action est associée, dans les récits biographiques, à Claude de Baissac et à Lise de Baissac (SOE), ainsi qu’à des relais et groupes locaux de la zone Mayenne–Sarthe cités comme présents lors de parachutages ou impliqués dans l’accueil. Dans l’état des vérifications effectuées, je conserve uniquement les noms explicitement stabilisés par des sources biographiques de synthèse et par la documentation locale sur les parachutages : Claude de Baissac figure comme responsable direct auprès duquel elle sert comme opératrice radio.
Retour à la vie civile
Après la guerre, elle se marie et vit en Afrique de l’Est puis dans le Pacifique, avant de s’installer durablement en Nouvelle-Zélande (Auckland). Plusieurs sources concordent sur le fait qu’elle a longtemps gardé le silence sur ses missions et que son entourage n’en a pris connaissance que tardivement, à la faveur d’articles et d’identifications publiques. Elle meurt en octobre 2023 en Nouvelle-Zélande.
Décorations
La nomination comme Member of the Order of the British Empire (MBE) est confirmée par la London Gazette, supplément du 4 septembre 1945, qui cite “Section Officer (Honorary) Phyllis Latour, Women’s Auxiliary Air Force”, dans une liste d’“Additional Members of the Civil Division of the Most Excellent Order of the British Empire” pour services en France durant l’occupation.
La Croix de guerre et la Légion d’honneur apparaissent dans des sources de presse et sur Wikipédia, mais je n’ai pas trouvé, dans les bases françaises obligatoires consultées (Léonore / Légifrance notamment via recherche nominative accessible), de décret nominatif aisément vérifiable à partir des outils de consultation utilisés ici. Information trouvée sur Wikipédia et reprise par la presse, non confirmée dans les sites officiels français consultés.
Lieux de mémoire
Aucun lieu de mémoire (rue, établissement, plaque, etc.) explicitement au nom de Phyllis Latour Doyle n’a été identifié avec certitude dans les bases obligatoires consultées pour cette fiche.
Références bibliographiques
The Last Secret Agent, Pippa Latour, Allen & Unwin, 2024.
Ouvrage présenté comme un récit personnel tardif, utile pour comprendre la construction d’un silence d’après-guerre et la manière dont l’agente décrit ses propres méthodes (couverture, clandestinité, contraintes psychologiques). À lire en gardant en tête la distance temporelle entre les faits et la rédaction, mais précieux pour éclairer la mémoire de mission telle qu’elle est revendiquée par l’actrice elle-même.
Mission Improbable: A salute to the RAF women of SOE in wartime France, Beryl E. Escott, Patrick Stephens Limited, 1991.Travail de référence centré sur les femmes du SOE et leurs statuts militaires/auxiliaires, qui aide à replacer Latour dans un ensemble (formation, emplois, risques, reconnaissance). Utile pour contextualiser le rôle particulier des opératrices radio et la place institutionnelle de la WAAF dans le dispositif clandestin.
Mission France: The True History of the Women of SOE, Kate Vigurs, Yale University Press, 2021.Synthèse historique fondée sur des archives et une historiographie renouvelée, qui permet de situer une trajectoire individuelle dans l’ensemble des opérations de la section F. Particulièrement utile pour comprendre la doctrine, les circuits, les contraintes de terrain et les débats sur la reconnaissance des agentes.
Références internet
The London Gazette Publication officielle britannique. Le supplément du 4 septembre 1945 permet de confirmer nominativement la distinction MBE de Phyllis Latour et son statut (Section Officer (Honorary), WAAF), avec la mention des services rendus en France durant l’occupation.
Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense (instrument de recherche) PDF décrivant le fonds GR 28 P 5 (BCRA) et listant des noms/alias présents dans des messages, dont “Phyllis LATOUR” associée à un alias. Source utile pour attester une présence dans des séries documentaires conservées au SHD, même si elle ne constitue pas un dossier biographique nominatif complet.
Radio New Zealand (RNZ) Émission/entretien de 2024 revenant sur le parcours et la redécouverte tardive de son histoire. Utile pour la réception mémorielle en Nouvelle-Zélande et pour des repères biographiques de fin de vie, à croiser avec des sources officielles lorsque possible.
Wikipédia Notices biographiques détaillées, très pratiques pour retrouver les pseudonymes, circuits (SCIENTIST) et un fil narratif des missions, avec une bibliographie et des renvois de presse. Les informations reprises depuis Wikipédia dans cette fiche sont signalées comme telles dans le “Suivi de recherche” et n’ont été conservées que lorsqu’elles ne contredisaient pas les sources institutionnelles consultées.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Phyllis_Latour
Dossier d’homologation consulté : oui/non – cote SHD
Non. Aucun dossier d’homologation nominatif n’a été identifié et consulté dans le cadre de cette recherche. En revanche, une mention d’identification apparaît dans un instrument de recherche SHD relatif au fonds BCRA (GR 28 P 5).
Observations Le nom est rencontré sous plusieurs formes : “Phyllis Latour”, “Pippa Latour”, “Phyllis Latour Doyle”. La London Gazette atteste “Phyllis Latour” (sans “Doyle”) au moment de la distinction britannique de 1945.
Divergence importante : l’instrument de recherche SHD (GR 28 P 5) associe “Phyllis LATOUR” à une date de naissance “8 mai 1921” et un lieu “Ponton”, alors que les notices biographiques publiques donnent “8 avril 1921, Durban”. Faute de pièce nominative permettant de trancher, l’en-tête retient la date et le lieu les plus solidement corroborés par les notices biographiques et la presse, tout en signalant la discordance.
Concernant les décorations françaises (Croix de guerre, Légion d’honneur), elles sont rapportées par la presse et Wikipédia, mais je n’ai pas retrouvé de confirmation nominative exploitable dans les bases françaises obligatoires consultées (Léonore / Légifrance via recherche accessible). Elles sont donc conservées uniquement comme informations plausibles non confirmées officiellement dans le périmètre de cette recherche.
Vérification “Mémoire Vive de la Résistance” : aucune notice nominative “Phyllis Latour / Doyle” n’a été retrouvée via les recherches web accessibles ; en revanche, la base “Ne les oublions pas” de M.E.R (association des amis de la Fondation de la Résistance) a été consultée partiellement par navigation (pages extrêmes A… et T-Z…) sans résultat, la recherche interne n’étant pas interrogeable ici.
Sources consultées le 27 février 2026
- Mémoire et Espoirs de la Résistance (M.E.R), rubrique “Ne les oublions pas” : consultation par navigation des listes paginées, sans repérage nominatif “Latour / Doyle” dans les pages accessibles par ce mode ; recherche interne non interrogeable via l’outil.
- Musée de la Résistance en ligne : consultation d’un PDF d’instrument de recherche SHD (fonds BCRA, GR 28 P 5) mentionnant “Phyllis LATOUR” et un alias, utile pour attester une trace en archives.
- Service historique de la Défense (via instrument de recherche diffusé) : exploitation indirecte de la cote de fonds GR 28 P 5 (pas de dossier nominatif consulté).
- Légifrance : recherche nominative “Phyllis Latour” et variantes, sans résultat probant exploitable pour un décret nominatif lié à Latour.
- Base Léonore : recherche nominative “Latour / Doyle / Phyllis”, sans résultat probant retrouvé via les requêtes accessibles.
- Gallica (BnF) : recherches “Phyllis Latour”, résultats non pertinents (homonymies/occurrences littéraires), aucune source biographique directe retenue.
- Ordre de la Libération : recherche nominative, aucun résultat relatif à Phyllis Latour (pas de statut Compagnon ni Médaille de la Résistance identifié).
- Mémoire des Hommes : recherche nominative, aucun résultat retenu.
- Maitron (Résistance) : recherche nominative via requêtes web, aucune notice identifiée dans les résultats consultables.
- Fondation de la Résistance : recherche nominative via requêtes web, aucun résultat biographique retenu.
- Presse et synthèses biographiques (compléments) : RNZ, The Guardian, Wikipédia (signalé comme tel dans la fiche) pour compléter le récit et la chronologie de fin de vie.
- London Gazette : confirmation officielle britannique de la distinction MBE.