Le 28 septembre 1943, l’assassinat du colonel SS Julius Ritter par le groupe FTP-MOI à Paris constitue l’un des actes de résistance les plus marquants contre l’occupant nazi et le Service du Travail Obligatoire (STO).
Déroulement de l’événement
Julius Ritter, colonel SS et adjoint de Fritz Sauckel, était chargé de superviser le STO en France, qui contraignait des centaines de milliers de jeunes Français à travailler en Allemagne pour soutenir l’effort de guerre nazi.
Le 28 septembre 1943, vers 9 heures du matin, une équipe des FTP-MOI, composée de Marcel Rajman, Celestino Alfonso et Leo Kneler, tend une embuscade à Ritter devant son domicile au 18 rue Pétrarque, dans le 16e arrondissement de Paris.
Alors que Ritter monte dans sa voiture, Celestino Alfonso tire plusieurs coups de feu, amortis par la vitre.
Tentant de s’échapper, Ritter se retrouve face à Marcel Rajman, qui l’achève de trois balles.
Les FTP-MOI ne découvriront l’identité de leur cible que quelques jours plus tard, en lisant la presse.
Circonstances et conséquences
L’assassinat de Ritter a un retentissement considérable. Les autorités allemandes organisent des funérailles officielles en l’église de la Madeleine, précédées d’une chapelle ardente au musée de l’Orangerie.
En représailles, Heinrich Himmler ordonne une répression sévère. Les fusillades d’otages, interrompues depuis l’automne 1942, reprennent.
Le 2 octobre 1943, cinquante otages sont exécutés au Mont-Valérien, dont plusieurs résistants du Limousin et quatorze membres du réseau Alliance.
Cette action renforce la détermination des résistants et symbolise la lutte contre la déportation des jeunes Français.
Héros impliqués
- Marcel Rajman : Né en 1923 à Varsovie, il rejoint les FTP-MOI et participe à plusieurs actions de résistance, dont l’assassinat de Ritter. Il est arrêté en novembre 1943 et fusillé au Mont-Valérien le 21 février 1944.
- Celestino Alfonso : Espagnol réfugié en France, il s’engage dans les FTP-MOI et participe à l’attentat contre Ritter. Arrêté, il est également fusillé le 21 février 1944.
- Leo Kneler : Membre du commando, il est arrêté et fusillé avec ses camarades.
Leur engagement est immortalisé par l’« Affiche rouge », une campagne de propagande nazie visant à discréditer la Résistance, qui aura l’effet inverse en suscitant l’admiration de la population.
Lieux de mémoire
- Rue Pétrarque (Paris 16e) : Lieu de l’attentat contre Julius Ritter.
- Square Marcel-Rajman (Paris 11e) : Créé en 1994 en hommage à Marcel Rajman, un buste du résistant y est inauguré en 2015.
- Cimetière du Père-Lachaise (Paris 20e) : Un monument rend hommage aux résistants du groupe FTP-MOI, inauguré en mai 1989.
- Mont-Valérien (Suresnes) : Lieu d’exécution de nombreux résistants, dont les membres du groupe Manouchian.
Références bibliographiques
L’Affiche rouge, par Philippe Ganier-Raymond, Éditions Robert Laffont, 1975.
Cet ouvrage retrace l’histoire des combattants des FTP-MOI du groupe Manouchian, fusillés le 21 février 1944. Il consacre un chapitre à l’assassinat de Julius Ritter, détaillant les préparatifs, l’exécution et les conséquences de cette action.
Les Parias de la Résistance, par Claude Lévy, Éditions Maspero, 1970.
L’auteur met en lumière le rôle des résistants étrangers et juifs dans la lutte contre l’occupant, souvent marginalisés dans les récits officiels. Il évoque notamment l’attentat contre Julius Ritter, soulignant l’efficacité et le courage des FTP-MOI.
La Gestapo Sadorski, par Romain Slocombe, Éditions Robert Laffont, 2016.
Ce roman historique met en scène l’enquête menée par la police française après l’assassinat de Julius Ritter, offrant une plongée dans le Paris occupé et les mécanismes de la collaboration.
Références internet
Lumni – L’exécution du colonel Julius Ritter le 28 septembre 1943
https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000005891/l-execution-du-colonel-julius-ritter-le-28-septembre-1943.html
Ce site éducatif présente une fiche pédagogique illustrée par une vidéo expliquant les circonstances de l’assassinat de Julius Ritter, les acteurs de l’opération (FTP-MOI) et les conséquences de cette action sur la répression allemande.
Musée de la Libération de Paris – La traque de l’Affiche rouge
https://www.museeliberation-leclerc-moulin.paris.fr/fr/decouvrir/le-groupe-manouchian-et-laffiche-rouge
Le musée consacre une exposition à l’histoire du groupe Manouchian. On y trouve des documents d’archives, photos, témoignages et objets ayant appartenu aux résistants, retraçant notamment l’attentat contre Julius Ritter.
Ville de Paris – Atlas des plaques commémoratives
https://www.paris.fr/pages/atlas-des-plaques-commemoratives-5981
Ce site de la Ville de Paris permet de localiser les plaques commémoratives liées à la Seconde Guerre mondiale, dont celles dédiées aux FTP-MOI et aux résistants comme Marcel Rajman, en lien avec l’attentat contre Julius Ritter.
Fortitude – Les fusillés du groupe Manouchian (FTP-MOI)
https://fortitude-ww2.fr/resistants-groupe-manouchian-fusilles-21-fevrier-1944
Ce site spécialisé en histoire militaire détaille les biographies des membres du groupe FTP-MOI. Il consacre une section à leur action contre Julius Ritter et à leur exécution au Mont-Valérien.
Tenou’a – Étrangers dans la Résistance
https://tenoua.org/2024/02/20/etrangers-dans-la-resistance
Article traitant du rôle des étrangers, notamment les juifs et les immigrés communistes dans les FTP-MOI. L’assassinat de Ritter y est présenté comme un exemple emblématique de leur engagement.