Les réseaux sont nés d’un double mouvement convergent.
Le premier, consécutif à la défaite, est une réaction épidermique structurée par le refus qui émerge des sociétés occupées.
Des individus isolés s’efforcent de découvrir leurs semblables et les moyens de franchir les frontières, non pour s’enfuir, mais afin de trouver une manière de se battre.
Le second mouvement est impulsé par les Anglais et l’ensemble des gouvernements en exil ainsi que la France libre. Tous cherchent à reprendre pied sur le continent et sont confrontés à une situation militaire inédite.
Un simple bras de mer sépare l’Angleterre d’un territoire qu’il faut reconquérir, et sur lequel plus aucune armée régulière n’est en capacité de se battre. Le désastre militaire de 1940 oblige à une redéfinition des stratégies de défense.
Les réseaux en sont l’expression, apparaissant comme la dernière solution possible. La lutte clandestine, décriée, de sinistre réputation, que la plupart des généraux trouvent désuète ou contraire à l’honneur militaire, est le recours pour espérer une victoire, horizon d’attente et d’espérance lointain.