La Résistance en Corse fut une réalité historique confirmée par les archives officielles .
- À partir de juillet 1940, des groupes spontanés s’organisent contre l’occupant italien
- Le 8 novembre 1942, suite au débarquement allié en Afrique du Nord, les réseaux se structurent (Front national) et amorcent l’action clandestine
- Du 9 septembre au 4 octobre 1943, l’île est libérée grâce à la conjugaison des patriotes corses, d’éléments italiens ralliés et de l’armée française
Selon Chemins de mémoire, la résistance corse déplore environ 170 tués et 300 blessés durant la libération .
VICTIMES (chefs significatifs morts pour la Résistance)
Jean NICOLI Instituteur, chef militaire du Front national à Ajaccio. Condamné par un tribunal militaire italien en août 1943, exécuté le 30 août 1943 .
Pierre GRIFFI Agent radio de l’opération « Pearl Harbour », juge à Bastia, condamné à mort et exécuté le 18 août 1943 .
Fred SCAMARONI (mentionné comme figure emblématique par timbre de 1958) . Présumé mort en 1943.
Jules MONDOLONI Membre du maquis corse, né à Petreto-Bicchisano, décédé le 17 juin 1943 à Ajaccio. Mentionné dans les archives du mouvement Résistance en Corse.
Jean–Simon CODACCIONI Résistant de Propriano, fusillé sans jugement par les Allemands le 10 septembre 1943 à Sartène.
Jean HELLIER Radio du réseau Action R2 Corse; torturé et exécuté le 14 juillet 1943, reconnu Mort pour la France.
Archange RAIMONDI – Membre du réseau R2 Corse, condamné à mort par contumace le 12 juillet 1943
SURVIVANTS (chefs significatifs toujours en vie ou revenus)
- Paul‑Hyacinthe ARRIGHI dit « Bébé » Capitaine FFI, acteur clé des premières actions à l’automne 1942, évasion spectaculaire de la prison Marbeuf (27 juillet 1943), commandant à Champlan le 10 septembre 1943, puis engagement en Provence .
- Simon‑Jean VINCIGUERRA Enseignant, chef de la Résistance dans le nord de la Corse dès 1941, auteur du chant des Maquisards Corses, participation active à la libération de Bastia le 9 septembre 1943 . Décédé après-guerre (date à préciser, Wikipédia indique décès à Bastia sans date complète).
- Léo MICHELI (Étienne‑Louis dit) – Membre clandestin du Parti communiste, auteur d’un tract daté du 1er mai 1943 en faveur de l’insurrection; survit à la guerre et décède à Paris le 31 août 2021 à 97 ans.
- Paul PARDI – Fondateur d’un groupe de résistance à Ajaccio dès 1940, héberge Fred Scamaroni en 1943, recruté par le SOE, capturé en France en 1944, transféré en camp (Gross‑Rosen/Silésie), décède en déportation le 19 mai 1944. Mort pour la France, décoré et commémoré en Corse et en Europe.
- la Résistance en Corse a vu émerger des réseaux et mouvements spécifiques, parfois autonomes, parfois en liaison directe avec la Résistance continentale, le BCRA, ou les services secrets alliés. Ces structures étaient adaptées aux réalités géographiques, politiques et sociales insulaires. Voici les principaux réseaux et mouvements de résistance spécifiquement actifs en Corse, avec vérification dans les archives officielles, musées, bases mémorielles et ouvrages spécialisés (consultation au 24 juillet 2025).
MOUVEMENTS SPÉCIFIQUES EN CORSE
Le Front National (FN) corse
Fondé fin 1941-début 1942 à Ajaccio, sur l’impulsion du PCF clandestin.
Principal mouvement de masse, il rassemblait ouvriers, fonctionnaires, agriculteurs, instituteurs. Dirigé notamment par Jean NICOLI (sud), Arthur GIOVONI (centre), Simon VINCIGUERRA (nord). Fonctionnait par comités clandestins de village. Il a joué un rôle essentiel dans l’organisation de l’insurrection de septembre 1943.
Armée secrète corse
Émanation locale de l’Armée secrète nationale. Présente principalement dans le Cap Corse, autour de Bastia. Certains officiers de réserve, anciens combattants ou gendarmes y furent affiliés. Coopéra avec les réseaux Pearl Harbour et Scamaroni.
- Groupes francs insulaires
Petites unités de sabotage et d’action directe organisées dès 1942.
Agissaient souvent sous l’égide du FN mais aussi en lien avec les services britanniques.
RÉSEAUX D’INFORMATION OU D’INFILTRATION SPÉCIFIQUES À LA CORSE
- Réseau R2-Corse (aussi appelé Réseau Scamaroni)
Créé début 1943 par Fred SCAMARONI, officier du BCRA. Mission : préparer un soulèvement coordonné avec un débarquement allié. Structure compartimentée, liaison directe avec Londres. – Recruta agents radio, agents de renseignement, saboteurs. Démantelé partiellement après l’arrestation de Scamaroni, certains membres se reconstituèrent en groupes autonomes.
- Réseau Pearl Harbour
Réseau SOE/BCRA, coordonné avec les Britanniques et le réseau Scamaroni.– Agents comme Pierre GRIFFI (radio), Yves LECA, Paul PARDI.– Objectif : préparer le terrain à un débarquement allié via infiltration, cartographie, contacts avec maquis.
- Réseau Action / BCRA – Délégation Corse
Opérationnel dès mi-1942, par envoi d’agents du BCRA depuis Alger. Coordination de missions de parachutages d’armes, sabotage d’installations italiennes. Interface entre les mouvements insulaires et l’état-major à Alger.
STRUCTURES DE COMMANDEMENT AUTOCHTONES
- Comité Départemental de Libération de la Corse (CDLC)
Formé clandestinement dès août 1943, rendu public après la libération le 4 octobre. Composé d’anciens résistants, syndicats et notables antifascistes. Arthur GIOVONI y joue un rôle central après l’insurrection.
STRUCTURE PARTICULIÈRES : LES MAQUIS VILLAGEOIS
Contrairement au maquis continental souvent isolé, les maquis corses étaient enracinés dans les villages, avec la complicité massive de la population. Ils agissaient depuis des hameaux montagneux : Zicavo, Vico, Niolo, Castagniccia, Ghisoni. Plusieurs villages (Porri, Soveria, Bocognano) sont devenus des « sanctuaires de la Résistance ».
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
- En Corse occupée, Toussaint Griffi & Laurent Preziosi, L’Harmattan, 1988 – récit des réseaux communistes en Corse.
- Et la Corse fut libérée, Paul Silvani, Editions Albiana, 2001 – chronique de la libération de l’île.
- Quatre dans l’ombre, Eric Piquet‑Wicks, 1957 – mention de Fred Scamaroni dans récits d’agents du BCRA.
RÉFÉRENCES INTERNET
- ANACR Corse 2A/2B – récits, hommages et biographies de résistants corses (ex. Jean Nicoli, Paulin Colonna d’Istria).
- Musée de la Résistance en ligne – fiches sur Arthur Giovoni, Paul Giacobbi, lieux-refuges à Porri WikipédiaRésistance Corse+4Wikipédia+4journaldelacorse.corsica+4Musée de la Résistance en Ligne+2Musée de la Résistance en Ligne+2Wikipédia+2.
- Chemins de Mémoire (Ministère de la Défense) – statistiques victimes libération Corse Wikipédia.
- Wikipédia – articles vérifiés sur les principaux résistants cités.