La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La Résistance en Bresse et dans le Bugey

La Résistance en Bresse et dans le Bugey émerge dès la fin de 1940, notamment autour de Bourg-en-Bresse, Oyonnax, Belley et Ambérieu-en-Bugey. Ces régions rurales sont propices à la clandestinité. On y trouve de nombreux cheminots, enseignants, prêtres, médecins et agriculteurs patriotes refusant l’armistice et les lois de Vichy. Les premiers groupes prennent forme autour de l’impression de tracts, du camouflage de réfractaires et de la collecte de renseignements.

À partir de 1942, avec l’arrivée des Allemands dans la zone sud, les maquis s’organisent et se militarisent. La Résistance devient plus structurée et active dans les deux zones.

Organisation

En Bresse comme dans le Bugey, les réseaux de Résistance sont reliés aux grandes structures nationales :

  • Combat, lié à la mouvance gaulliste.
  • Libération-Sud, très actif autour de Bourg-en-Bresse.
  • Franc-Tireur, fondé à Lyon mais étendu dans le Bugey.
  • Réseaux de renseignement comme Gallia ou Mithridate.

Les maquis FFI (Forces françaises de l’intérieur) se structurent autour de chefs locaux. La région devient un carrefour de circulation entre la zone alpine, le Lyonnais et la Suisse.

Actions

Les actions de la Résistance sont nombreuses et croissantes dès 1943 :

  • Sabotages de voies ferrées (notamment à Ambérieu, grand nœud ferroviaire).
  • Attaques contre des convois allemands et des casernes de miliciens.
  • Libérations de prisonniers ou d’otages.
  • Parachutages d’armes et de matériel sur le plateau d’Hauteville ou dans la plaine de Bresse.
  • Diffusion de journaux clandestins (notamment à Bourg-en-Bresse).
  • Soutien à l’évasion de Juifs, d’aviateurs alliés ou de réfractaires au STO.

La région voit aussi l’organisation d’importants défilés symboliques, comme celui du 11 novembre 1943 à Oyonnax, célébré par les maquisards de l’Ain, geste fort d’insoumission.

Réseaux

Plusieurs réseaux sont actifs localement :

  • Réseau SOE britannique, qui parachute des armes et des agents.
  • Réseaux d’exfiltration vers la Suisse.
  • Réseaux confessionnels organisés par des curés de campagne, des pasteurs, ou des institutions catholiques.

Des liaisons sont établies avec le maquis de l’Ain, les groupes de la Haute-Savoie et ceux de la région lyonnaise.

Chefs et figures marquantes

  • Henri ROMANS-PETIT, chef militaire des maquis de l’Ain, actif dans les deux zones.
  • Pierre GUILLAUME, instituteur à Ambérieu, chef du maquis de la Valbonne.
  • André MOULIN, alias “Capitaine André”, commandant des maquis du Bugey.
  • Marie-Louise GIRAUD, agente de liaison, active dans les maquis de Bresse.
  • Roger TAILLANDIER, fondateur d’un groupe de sabotages autour de Belley.
  • René PIOT, maquisard tué lors d’un assaut allemand dans le Bugey.

Héros et morts

La répression est sévère :

  • Exécutions à Bourg-en-Bresse, à Nantua, et dans les campagnes.
  • Déportations massives depuis Ambérieu, notamment après les rafles de 1944.
  • Le village de Cerdon est en partie incendié.
  • Albert LARDET, capturé et exécuté en 1944.
  • Henri NOËL, jeune chef de groupe tué dans une embuscade.
  • Plusieurs résistants fusillés à l’ancienne prison de Bourg ou au champ de tir d’Oyonnax.

Fin

La Résistance dans la Bresse et le Bugey culmine à l’été 1944, lors de la libération de Bourg-en-Bresse (1er septembre). Les maquisards participent ensuite à la libération d’Ambérieu, Belley et des vallées voisines. La région est entièrement libérée entre août et septembre 1944.

Les groupes FFI sont alors intégrés à la 1re armée française et à l’armée régulière pour poursuivre la guerre dans l’Est de la France et en Allemagne.

Références bibliographiques

  1. “La Résistance en Bresse et dans le Bugey”, Collectif, Éditions du Belvédère, 2000
    Recueil de témoignages locaux, documents d’archives, cartes et biographies de résistants.
  2. “Les Maquis de l’Ain et du Haut-Jura”, Henri ROMANS-PETIT, Éditions Hachette, 1962
    → Témoignage de l’un des grands chefs de la Résistance dans la région.
  3. “Combattants sans uniforme”, Jean MAÎTRE, Éditions Horvath, 1986,Ouvrage centré sur les actions de terrain en Bresse, illustré de nombreux récits personnels.
  4. “Résistants : portraits et parcours dans l’Ain”, Louis PERILLAT, Éditions Horvath, 1993
    → Études de figures individuelles de la Résistance locale, y compris les anonymes.
  5. “Le souffle des Justes”, Anne-Marie NOËL, Éditions du Belvédère, 2003, Hommage aux civils ayant sauvé des Juifs ou résistants, notamment dans la Bresse.

Références internet

  1. Musée de la Résistance de l’Ain – Nantua, Présente des expositions virtuelles sur les résistants de Bourg-en-Bresse, Ambérieu et Belley, ainsi que des objets, uniformes et cartes des réseaux actifs.
    Site : https://musees.ain.fr/musee-de-la-resistance-et-de-la-deportation-de-lain/
  2. Chemins de mémoire (Ministère des Armées) Dossiers thématiques sur les sabotages de voies ferrées en Bugey, les parachutages en Bresse, et les portraits de résistants morts dans les combats de libération.
    Site : https://www.cheminsdememoire.gouv.fr
  3. Archives départementales de l’Ain,Consultables en ligne : rapports de police, témoignages, listes de déportés, tracts clandestins imprimés à Bourg-en-Bresse.
    Site : https://archives.ain.fr
  4. Fondation de la Résistance – Mémoire des hommes, Fiches individuelles sur Henri ROMANS-PETIT, Pierre GUILLAUME, Marie-Louise GIRAUD. Archives photographiques et extraits de journaux clandestins.
    Site : https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

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