La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

25 août 1944

La libération de Clermont-Ferrand, chef-lieu du Puy-de-Dôme et cœur stratégique du Massif central, s’inscrit dans la vaste opération de reconquête du territoire français par les Forces françaises de l’intérieur (FFI) et les Alliés, à l’été 1944.

Contexte militaire et politique

Après le Débarquement en Normandie (6 juin 1944), les maquis du Massif central reçoivent l’ordre du Commandement FFI de se tenir prêts à harceler les forces allemandes en retraite. La région d’Auvergne devient alors un territoire-clé dans la guerre de harcèlement que mènent les FFI pour entraver les colonnes allemandes fuyant le sud de la France.

Clermont-Ferrand est à la fois un centre administratif important, un nœud ferroviaire, et le siège régional de la Milice et de services collaborationnistes, ce qui en fait un symbole et un objectif majeur pour la Résistance locale.

Les forces en présence

  • Côté allemand : les troupes d’occupation présentes à Clermont-Ferrand sont en situation de repli. À l’approche de la mi-août, elles préparent leur départ. La garnison est composée d’éléments de la Wehrmacht et de la Gestapo, secondés par des membres de la Milice française et des collaborateurs.
  • Côté Résistance : les forces FFI sont principalement issues des maquis de la région. À leur tête, on trouve notamment le colonel Henri GILBERT, alias “Philippe”, chef régional FFI, et le commandant Pierre DUMAS, alias “Commandant Max”. La Résistance locale bénéficie également du soutien de cheminots, d’étudiants, de membres du personnel municipal, et d’une partie de la population civile.

Les événements

Dès le 20 août 1944, les mouvements de troupes allemandes s’accélèrent. Des convois quittent la ville, tandis que les maquisards multiplient les embuscades autour de Clermont (notamment à Orcines, Royat, et dans la plaine de la Limagne). Les ponts sont minés, les axes routiers coupés.

Le 23 août, les premières unités FFI entrent dans les faubourgs de la ville. La tension monte : des coups de feu sont échangés dans le quartier de Montferrand. Cependant, les Allemands ont déjà commencé à évacuer leurs positions, et les dernières unités de la Wehrmacht quittent la ville dans la nuit du 24 au 25 août.

Le 25 août au matin, les FFI investissent pacifiquement le centre-ville. La population, informée par la rumeur et les affiches clandestines, descend dans les rues pour célébrer la libération. Le drapeau tricolore est hissé sur la mairie, la préfecture, la cathédrale.

Des scènes de liesse populaire éclatent : les cloches sonnent, les résistants sont acclamés. Cependant, les heures qui suivent sont aussi marquées par des règlements de comptes : des collaborateurs présumés sont arrêtés, certains sommairement exécutés. Des femmes accusées de « collaboration horizontale » sont tondues publiquement.

Les figures marquantes

  • Henri GILBERT, commandant régional FFI, supervise les opérations militaires et prend le contrôle administratif temporaire de la ville.
  • Pierre DUMAS, responsable du secteur Clermont, est chargé de maintenir l’ordre en coordination avec la Résistance intérieure.
  • Le maire nommé par Vichy est remplacé dans les jours qui suivent par une délégation municipale issue de la Résistance.

Enjeux et conséquences

La libération de Clermont-Ferrand marque la fin d’une longue période d’occupation et d’oppression. Elle symbolise aussi le retour de la République, avec l’installation de structures issues de la Résistance (Comités de Libération, mairies provisoires, tribunaux populaires).

La ville devient un centre régional de réorganisation républicaine. De nombreux résistants de la région sont ensuite envoyés en renfort sur d’autres fronts ou intégrés dans les Forces françaises de l’Intérieur, puis dans l’armée régulière reconstituée.

Mémoire et commémoration

Aujourd’hui, la libération de Clermont-Ferrand est commémorée chaque 25 août, avec des dépôts de gerbes, des cérémonies au Monument aux Morts, et des hommages aux figures de la Résistance locale. Le Musée de la Résistance de Clermont-Ferrand abrite de nombreux documents et objets relatifs à ces journées cruciales.

Références bibliographiques

  1. “Clermont-Ferrand, 1939-1945 : Une ville dans la guerre”Auteur : Julien BOUCHET
    Éditeur : Presses Universitaires Blaise Pascal
    Cet ouvrage étudie la vie quotidienne à Clermont-Ferrand durant la Seconde Guerre mondiale, avec un chapitre détaillé sur les journées de la libération, les mouvements de troupes et le rôle de la Résistance locale.
  2. “La Libération désirée, tome 2 : Massif central 1940 – printemps 1945”
    Auteur : Manuel RISPAL, Éditeur : Éditions Authrefois
    Analyse des opérations militaires et civiles autour de la libération dans la région, avec un récit précis de la libération de Clermont-Ferrand et des forces en présence.
  3. “Résister à Clermont-Ferrand”, Auteur : Jean-Michel STEG, Éditeur : Éditions de Borée
    L’ouvrage revient sur les réseaux de résistance clermontois, les actions menées, les figures locales, et se termine par une description de la libération en août 1944.
  4. “Les Auvergnats dans la guerre 1939-1945”, Auteur : Pierre MAURY, Éditeur : De Borée.Livre synthétique avec une section spécifique sur la libération de Clermont-Ferrand et l’organisation des FFI dans le Puy-de-Dôme.

Références internet

  1. Musée de la Résistance, de l’internement et de la déportation de Clermont-Ferrand
    Ce site présente une synthèse des événements de la Seconde Guerre mondiale dans la ville, avec une partie consacrée à la libération, aux maquis, et aux figures de la Résistance clermontoise. Il offre également un aperçu des objets, témoignages et documents exposés au musée.
     https://www.clermontmetropole.eu/bouger-se-divertir/le-dynamisme-culturel/les-musees-de-clermont-auvergne-metropole/musee-de-la-resistance-de-linternement-et-de-la-deportation
  2. Les Boucles de la Mémoire, Projet de valorisation du patrimoine mémoriel en Auvergne. Le site propose des expositions numériques sur la Résistance et la Libération à Clermont-Ferrand, ainsi que des témoignages d’habitants et de résistants.
    Lien : https://lesbouclesdelamemoire.com/exposition
  3. Xaintrie-Passions – Embuscades et guérilla en R6,Ce site détaille les combats, sabotages et embuscades dans la région R6 (Auvergne), avec un passage spécifique sur l’encerclement de Clermont-Ferrand et les actions des FFI en août 1944.
    Lien : https://www.xaintrie-passions.com/embuscades-et-gu%C3%A9rilla-en-r-6-auvergne
  4. Wikipédia – Résistance en Auvergne, Une page de synthèse sur les mouvements de résistance en Auvergne, dont une section est dédiée à la libération de Clermont-Ferrand et à ses principaux acteurs. https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9sistance_int%C3%A9rieure_fran%C3%A7aise

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