La bataille du Cheylard (Ardèche), 5–6 juillet 1944
Les 5 et 6 juillet 1944, Le Cheylard, tenu par la Résistance depuis le 6 juin, est attaqué par une colonne allemande motorisée d’environ 150 véhicules et près d’un millier d’hommes, appuyée par l’aviation.
La colonne progresse depuis la vallée du Rhône, se scinde à Mézilhac et aborde la ville par plusieurs axes en passant notamment par la vallée de la Dorne, Dornas et Accons.
Les FFI, épaulés par des unités de l’AS et des FTPF, opposent des barrages et des accrochages mais doivent se replier.
Dans la nuit et la matinée du 6 juillet, les troupes allemandes procèdent à des destructions et incendies systématiques, dont le château de La Chèze et des installations ferroviaires.
Le bilan établi par les sources mémorielles fait état d’au moins 73 morts et environ 200 blessés côté FFI, et 40 civils tués et 58 blessés.
Le Cheylard était devenu, dès l’annonce du Débarquement le 6 juin 1944, un centre d’activité de la Résistance ardéchoise, visité par le commissaire de la République Yves Farge ; une délégation militaire parachutée y assurait la liaison radio avec Alger.
L’attaque allemande de début juillet s’inscrit dans les opérations punitives menées en Rhône-Alpes pour briser les maquis et reprendre les points tenus par les FFI.
Les archives et témoignages soulignent la difficulté de coordination interservices début juillet ; à la suite de la bataille, un état-major FFI unifié est mis en place à l’échelle départementale.
Héros et figures marquantes
René CALLOUD, ingénieur des Travaux publics de l’État, chef d’état-major FFI de l’Ardèche, dirige la défense locale et jouera un rôle central dans la réorganisation des forces après la bataille.
Pierre FOURNIER, responsable AS Ardèche, témoigne ensuite de la nécessité d’un commandement unifié.
Jean-Paul VAUCHERET dit « Vanel », officier de liaison/DMR cité par les archives sous l’appellation « commandant Vanel ».
René ROCHE, FTPF (7102e compagnie), laisse un témoignage direct des combats.
Raoul GALATAUD, officier FFI, contribue aux synthèses d’état-major.
Victimes
Parmi les résistants tués lors de l’approche par Dornas le 5 juillet figurent Bartolomé CABRÉ FIOL, Mamert ROUX, André ROBERT et Marc MARCESSE, morts au combat dans les accrochages couvrant l’accès au Cheylard.
Au moins un résistant, Szalma (Schlama) POTASZNICK, est exécuté sommairement au Cheylard le 5 juillet.
Les exécutions et destructions qui accompagnent l’opération causent également de nombreuses victimes civiles dans la ville et les communes voisines.
Survivants
René CALLOUD et Pierre FOURNIER survivent aux combats et participent à la structuration d’un état-major unique FFI en Ardèche dans les jours suivants.
Des cadres FTPF et AS, repliés vers Saint-Agrève et le Haut-Vivarais, poursuivent les opérations jusqu’à la libération départementale d’août 1944.
Conséquences
La bataille, coûteuse pour les FFI, entraîne une réévaluation immédiate de la conduite des opérations et la création d’un commandement unifié sous l’autorité du commandant René Calloud, avec Augustin OLLIER dit « Ravel » comme chef d’état-major adjoint.
Sur le plan matériel et humain, les destructions au Cheylard, l’incendie du château de La Chèze et les pertes civiles marquent durablement la ville.
Sur le plan mémoriel, l’événement devient un repère central de l’histoire résistante ardéchoise et des commémorations annuelles s’installent.
Mémoire et lieux commémoratifs
Un mémorial au cimetière du Cheylard honore les FFI tombés lors de la bataille des 5 et 6 juillet 1944.
Un monument à Dornas rappelle le passage de la colonne et les combats du 5 juillet.
À Tournon-sur-Rhône, le « mur des fusillés » commémore sept résistants exécutés le 6 juillet, dans le contexte de cette opération punitive régionale.
Le château de La Chèze, incendié le 6 juillet, est intégré au récit local de la bataille.
Précision terminologique et risque d’homonymie L’événement traité concerne la commune du Cheylard (Ardèche). Il ne doit pas être confondu avec des combats distincts survenus à Cheylard-l’Évêque (Lozère) en juin 1944, parfois cités dans des notices individuelles.
Références bibliographiques
- Les Boutières en histoire, n°7 : « La Bataille du Cheylard, 5 et 6 juillet 1944 », Bruno Chaix, Éditions du Roure, 2014. Étude de référence sur le contexte local, la chronologie des opérations et le bilan humain, nourrie d’archives et de témoignages. Apporte un éclairage précis sur la conduite des combats et l’organisation FFI en Ardèche.
- Les Boutières en histoire, n°17 (dossier 80e anniversaire de la Libération), collectif (dir. Les Amis de Rochebonne), 2024. Dossier commémoratif revenant sur la bataille du Cheylard avec compléments iconographiques et mises à jour historiographiques. Utile pour suivre l’état de la recherche locale récente.
- L’occupation allemande en Ardèche (1942-1944) et la retraite de la Wehrmacht du Midi de la France en août 1944, Bruno Chaix, Mémoire d’Ardèche et Temps Présent, 2017. Ouvrage de synthèse qui situe la bataille du Cheylard dans la dynamique des opérations de l’été 1944 en Ardèche et dans la vallée du Rhône, avec un solide appareil critique.
Références internet
- Musée de la Résistance en ligne — « Mémorial du cimetière du Cheylard, Ardèche » : notice illustrée présentant le monument, un résumé des événements des 5–6 juillet 1944, le rôle du Cheylard dès le 6 juin 1944 et le bilan humain. URL : https://museedelaresistanceenligne.org/media3043-Mmorial-du-cimetire-du-Cheylard-Ardche Musée de la résistance en ligne
- Le Maitron – Dictionnaire des fusillés, exécutés, massacrés (1940-1944) — « Dornas (Ardèche), 5 juillet 1944 » et notices individuelles (Cabré Fiol, Roux, Robert, Marcesse, Potasznick) : contexte de l’attaque de la colonne vers Le Cheylard, itinéraires, victimes identifiées et précisions biographiques. Accès notice Dornas ; exemples de notices individuelles : Cabré Fiol, Roux, Robert, Marcesse, Potasznick.
URL : https://fusilles-40-44.maitron.fr/dornas-ardeche-5-juillet-1944/ ; https://fusilles-40-44.maitron.fr/cabre-fiol-bartolome-pseudonyme-dans-la-resistance-james-aussi-ecrit-bartholome/ ; https://fusilles-40-44.maitron.fr/roux-mamert-placide-victor-pseudonyme-dans-la-resistance-rene/ ; https://fusilles-40-44.maitron.fr/robert-andre-elie/ ; https://fusilles-40-44.maitron.fr/marcesse-marc/ ; https://fusilles-40-44.maitron.fr/potasznick-szalma-ou-schlama/ Fusillés 40-44+5Fusillés 40-44+5Fusillés 40-44+5 - FranceArchives / Archives départementales de l’Ardèche (fonds 70 J) — Inventaires et pièces : témoignage de René Roche (7102e FTPF) sur la bataille ; photographies des destructions et des cérémonies d’inhumation ; notes sur la réorganisation FFI. https://francearchives.gouv.fr/facomponent/ade6791c3b9b113cc443fa578c7c296bc417e7d8 ; https://francearchives.gouv.fr/fr/location/131533533
- Musée de la Résistance et de la Déportation en Ardèche — Dossier historique et iconographique (PDF) sur 1944, avec encadrés sur la bataille des 5–6 juillet, la colonne venue de la vallée du Rhône et les suites départementales. URL : https://www.ardeche-resistance-deportation.fr/upload/documentation/a4d233bc417c01ddb7aa3e691c79304e.pdf ardeche-resistance-deportation.fr
- Le Dauphiné Libéré — Dossiers commémoratifs 2024–2025 sur l’attaque des 5–6 juillet, l’usage de l’aviation et la mémoire locale. Article du 3 juillet 2024 ; article du 27 mars 2025.
URL : https://www.ledauphine.com/societe/2024/07/03/le-5-juillet-1944-le-cheylard-meurtri-dans-sa-chair ; https://www.ledauphine.com/societe/2025/03/27/les-oublies-de-la-bataille-du-cheylard Le Dauphiné Libéré+1 - France-Voyage (monument) — « Memorial of the 5 juillet 1944 – Dornas » : rappel de l’itinéraire de la colonne et de la scission des groupes, utile pour la topographie des combats.
URL : https://www.france-voyage.com/cities-towns/dornas-28188/memorial-juillet-1944–38261.htm France-Voyage.com
- Musée de la Résistance en ligne — « Le mur des fusillés à Tournon (Ardèche) » : contextualisation des exécutions du 6 juillet 1944.
URL : https://museedelaresistanceenligne.org/media3044-Le-Mur-des-fusills-du-sculpteur-Sartorio-Tournon-Ardche Musée de la résistance en ligne
Avertissements méthodologiques Toutes les données chiffrées et nominatives retenues proviennent de notices mémorielles et archivistiques. En cas de variations mineures entre notices, la valeur donnée par le Musée de la Résistance en ligne et le Maitron a été privilégiée. Toute confusion possible avec Cheylard-l’Évêque (Lozère) a été écartée.