Albin JOUBERT, secrétaire de mairie de Saint-Sauveur (Hautes-Alpes) et agriculteur à Combe-Brézès pendant l’Occupation ; état civil complet et dates de naissance et de décès non établis avec certitude lors des présentes recherches, Français.
Les sources consacrées au maquis de l’Embrunais présentent Albin Joubert comme secrétaire de mairie à Saint-Sauveur et agriculteur. Aucun document d’état civil permettant de déterminer avec certitude ses prénoms complets, sa date de naissance ou sa formation n’a été identifié au cours des présentes recherches. Un Albert Albin Joubert né en 1931 à Saint-Sauveur apparaît dans les données de décès, mais son âge exclut qu’il s’agisse du secrétaire de mairie actif en 1943. Cette homonymie doit donc être écartée.
Engagement dans la Résistance
Albin Joubert joue un rôle de soutien direct dans la naissance du groupe clandestin de Combe-Brézès. Après que René Philip, Roger Guion et Abel Fouret ont refusé le 12 mars 1943 de poursuivre leur départ pour le STO, Joubert leur fournit un refuge dans des bâtiments agricoles lui appartenant à Combe-Brézès. Ces locaux deviennent le camp de base des premiers réfractaires.
Son engagement appartient ainsi à la logistique civile de la Résistance : héberger clandestinement des réfractaires recherchés, leur procurer un lieu relativement isolé et faciliter leur implantation durable dans le secteur. Les sources disponibles permettent d’établir ce rôle avec assurance mais ne justifient pas de le qualifier de chef militaire ou de chef direct du maquis.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Aucune homologation précise dans un réseau ou mouvement n’a pu être retrouvée pour Albin Joubert. Le groupe qu’il soutient est progressivement intégré dans l’environnement des Mouvements unis de la Résistance avant de devenir le maquis des Orres. Son rôle documenté est celui d’un auxiliaire civil et logistique indispensable à la mise à l’abri des réfractaires.
Missions et actions
Son action principale consiste à mettre à disposition les bâtiments de Combe-Brézès. Ce choix donne aux premiers réfractaires un camp de base à partir duquel ils peuvent organiser leur ravitaillement, leurs travaux et leurs déplacements. Les témoignages recueillis localement montrent que le groupe reste en relation constante avec les fermes et les habitants de Saint-Sauveur ; nourriture, travaux agricoles et solidarité villageoise sont essentiels à sa survie.
L’importance du rôle de Joubert se mesure aussi à la permanence mémorielle du lieu : les bâtiments lui appartenant sont aujourd’hui explicitement associés à la naissance du maquis de Combe-Brézès et du futur maquis des Orres.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, évasion ou déportation d’Albin Joubert n’a été retrouvée dans les sources consultées.
Camarades de combat
Les personnes les plus directement liées à son action sont Roger Guion, René Philip et Abel Fouret, auxquels il procure le refuge de Combe-Brézès. Il se trouve également dans l’environnement du groupe qui sera ensuite encadré par Marcel Chevalier, Marcel André puis René Eymin.
Retour à la vie civile
Les sources accessibles ne permettent pas de reconstituer précisément la vie d’Albin Joubert après la Libération. Elles indiquent cependant qu’une controverse mémorielle opposa après-guerre Albin Joubert à Marcel Imbert, fondateur du maquis de Boscodon, sur la question de savoir lequel des deux maquis de l’Embrunais avait été constitué le premier. Les travaux locaux soulignent que Combe-Brézès et Boscodon apparaissent pratiquement simultanément en mars 1943 et relativisent la portée de cette querelle de préséance.
Décorations
Aucune décoration attribuée personnellement à Albin Joubert n’a été retrouvée dans les bases consultées. Cette absence de résultat ne signifie pas qu’il n’ait reçu aucune reconnaissance.
Lieux de mémoire
Les bâtiments de Combe-Brézès qu’il met à disposition des réfractaires constituent son principal lieu de mémoire. Une plaque a été apposée sur l’un de ces bâtiments pour rappeler l’installation du groupe clandestin. Les photographies contemporaines du site identifient explicitement ces constructions comme celles d’Albin Joubert.
Références bibliographiques
Les maquis de l’Embrunais, secteur « G » de la Résistance des Hautes-Alpes. Sylvain Reynaud, mémoire de maîtrise, Aix-en-Provence, 1993. Travail historique de référence sur les groupes de réfractaires et maquis de l’Embrunais.
« La vie quotidienne de réfractaires dans l’Embrunais ». Sylvain Reynaud et Jean-Marie Guillon, Provence historique, tome 44, fascicule 178, 1994, p. 513-522. L’étude montre le rôle décisif des soutiens civils et ruraux dans la survie quotidienne du groupe de Combe-Brézès.
Références internet
Embrun en 1939-1945. La page « Le maquis de Combe-Brézès » identifie Albin Joubert comme secrétaire de mairie et agriculteur et précise qu’il met sa ferme à la disposition de René Philip, Roger Guion et Abel Fouret. Le maquis de Combe-Brézès
Embrun en 1939-1945. La page consacrée au maquis des Orres reproduit une photographie des bâtiments de Joubert et confirme leur utilisation comme refuge des réfractaires. Le maquis des Orres
Association de sauvegarde du patrimoine embrunais. La synthèse consacrée aux premiers maquis rappelle qu’Albin Joubert, secrétaire de mairie de Saint-Sauveur, procura à trois réfractaires le refuge de Combe-Brézès. Patrimoine embrunais — premiers maquis
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote SHD GR 16 P attribuable avec certitude à Albin Joubert, secrétaire de mairie de Saint-Sauveur pendant l’Occupation, n’a été retrouvée lors des présentes recherches.
Observations
Il convient de distinguer nettement le rôle de Joubert de celui des chefs successifs du groupe. Les sources établissent qu’il fournit matériellement le refuge initial et soutient les réfractaires ; elles ne permettent pas de lui attribuer le commandement du maquis. Par ailleurs, l’Albert Albin Joubert né à Saint-Sauveur en 1931 et mort en 2020 est nécessairement un homonyme, puisqu’il n’avait que douze ans en 1943.
Indice de fiabilité de la notice Niveau C — La fonction de secrétaire de mairie et d’agriculteur, l’aide apportée aux trois réfractaires et la mise à disposition des bâtiments de Combe-Brézès sont établies par plusieurs sources concordantes. L’absence d’état civil individualisé et de dossier administratif consultable ne permet toutefois pas d’atteindre le niveau B.
Chronologie
| Date | Événement |
| 12 mars 1943 | René Philip, Roger Guion et Abel Fouret refusent de poursuivre leur départ pour le STO. |
| mars 1943 | Albin Joubert leur procure un refuge dans ses bâtiments de Combe-Brézès. |
| printemps 1943 | Les bâtiments deviennent le camp de base d’un groupe croissant de réfractaires. |
| 1943-1944 | Soutien matériel au groupe dans le contexte de la clandestinité. |
| 1944 | Combe-Brézès évolue vers le maquis combattant des Orres sous René Eymin. |
| Après-guerre | Participe à la mémoire locale ; controverse avec Marcel Imbert sur l’antériorité respective de Combe-Brézès et Boscodon. |
Sources consultées
Embrun en 1939-1945. « Le maquis de Combe-Brézès ». Cette source a fourni la profession d’Albin Joubert, la mise à disposition de ses bâtiments et son rôle dans l’installation des trois premiers réfractaires. Le maquis de Combe-Brézès
Embrun en 1939-1945. « Le maquis des Orres ». La page confirme l’utilisation des maisons de Joubert par les réfractaires et leur place dans la genèse du futur maquis des Orres. Le maquis des Orres
Embrun en 1939-1945. Témoignage de Noël Bagagli-Roux. Le témoignage confirme de manière indépendante la présence de quatre ou cinq jeunes réfractaires dans les bâtiments de Combe-Brézès et leurs relations quotidiennes avec les habitants. Les souvenirs d’enfance de Noël Bagagli-Roux