Yvonne JOSPA, alias Hava Groisman, née le 3 février 1910 à Pâncești, Moldavie, morte le 18 janvier 2000 à Bruxelles, Belgique.
Issue d’une famille juive de Bessarabie, Hava Groisman arrive en Belgique en 1928 pour entreprendre des études supérieures. Elle s’inscrit à l’Université libre de Bruxelles où elle obtient un diplôme d’assistante sociale. Elle épouse Hertz Jospa en 1933. Militante de gauche, elle s’engage très tôt dans les mouvements de solidarité et de lutte contre le fascisme durant l’entre-deux-guerres.
Dès le début de l’occupation de la Belgique, elle entre dans la clandestinité avec son époux. En septembre 1942, elle participe activement à la fondation du Comité de défense des Juifs, une organisation unique en Europe occupée par sa structure pluraliste et son rattachement au Front de l’Indépendance, le principal mouvement de résistance belge.
Elle dirige la section Enfance du Comité de défense des Juifs. Sa mission consiste à organiser le placement d’enfants juifs dans des familles d’accueil non juives ou des institutions religieuses et laïques pour les soustraire aux déportations.
Sous sa direction, et grâce à un réseau de travailleuses sociales et de convoyeurs, environ 2 500 enfants sont sauvés. Elle assure le suivi de ces enfants, la distribution des allocations pour leur subsistance et le maintien de dossiers codés pour permettre les retrouvailles après la guerre.
Arrestation / évasion / déportation
Les sources consultées n’indiquent aucune arrestation pour Yvonne Jospa, qui parvient à échapper à la répression durant toute la durée de l’occupation, contrairement à son mari qui est déporté à Buchenwald.
Camarades de combat
Elle travaille étroitement avec son époux Hertz Jospa, ainsi qu’avec des figures telles qu’Andrée Geulen, Ida Sterno et Maurice Heiber au sein du Comité de défense des Juifs.
Retour à la vie civile
Après la Libération, elle se consacre à la recherche des familles des enfants cachés. Elle cofonde en 1964 l’Union des anciens résistants juifs de Belgique et milite activement contre le racisme et l’antisémitisme au sein du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, organisation qu’elle préside pendant de nombreuses années.
Décorations
Aucune décoration trouvée dans les bases consultées
Lieux de mémoire
Une rue porte son nom à Bruxelles, Belgique. Une plaque commémorative est apposée sur son ancien domicile à Bruxelles, Belgique.
Références bibliographiques
Yvonne Jospa : une femme libre. Cet ouvrage biographique retrace le parcours de la fondatrice du Comité de défense des Juifs et son rôle crucial dans le sauvetage des enfants en Belgique.
Le Comité de défense des Juifs en Belgique. Ce livre analyse l’organisation et l’action du mouvement clandestin auquel Yvonne Jospa a consacré son engagement résistant.
Références internet
Maitron Belgique. Notice biographique détaillée présentant l’engagement politique et résistant d’Yvonne Jospa au sein du Front de l’Indépendance et du Comité de défense des Juifs. https://maitron.fr/spip.php?article165034
Fondation de la Mémoire de la Shoah. Article consacré au sauvetage des enfants juifs en Belgique soulignant l’action de la section enfance dirigée par Yvonne Jospa. https://www.fondationshoah.org
Dossier non répertorié au Service historique de la Défense (France), l’activité ayant eu lieu exclusivement en Belgique.
Observations La notice est établie sur la base des archives belges et des travaux du Centre d’Étude Guerre et Société.