Frédéric JOLIOT-CURIE, né le 19 mars 1900 à Paris, mort le 14 août 1958 à Paris
Jean Frédéric Joliot suit une formation scientifique à Paris, avant d’entrer au laboratoire de l’Institut du Radium dans les années 1920. Il épouse Irène Curie en 1926 et prend ensuite l’usage du nom Joliot-Curie. Il mène une carrière de physicien et chimiste, professeur au Collège de France, et reçoit avec Irène Joliot-Curie le prix Nobel de chimie 1935 pour la synthèse de nouveaux éléments radioactifs, fait établi par les archives du Nobel.
Engagement dans la Résistance
Des sources institutionnelles françaises décrivent un engagement de Frédéric JOLIOT-CURIE dans la Résistance, principalement par le biais des milieux universitaires et scientifiques parisiens sous l’Occupation. Le Musée Curie indique explicitement qu’il « participe à la Résistance » pendant la guerre, et FranceArchives mentionne une participation active à la Résistance universitaire, avec une responsabilité au sein du Front national pour la libération et l’indépendance de la France à partir de 1942. Une ressource du Musée de la Résistance en ligne documente son rôle public lors d’une manifestation universitaire au Collège de France en novembre 1940, dans le contexte des protestations liées à l’arrestation de Paul LANGEVIN.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Les bases consultées ne permettent pas d’établir, de manière directement vérifiable et nominative, l’appartenance de Frédéric JOLIOT-CURIE à un réseau clandestin précisément identifié (au sens d’un réseau homologué de type BCRA, SOE ou équivalent) dans les ressources accessibles au moment de la recherche. En revanche, FranceArchives et le Musée Curie le situent dans le cadre de la Résistance universitaire et du Front national (organisation de résistance) au niveau du milieu universitaire.
Missions et actions
Les sources consultées permettent d’attester des actions et positions suivantes. Le Musée de la Résistance en ligne établit son intervention au Collège de France lors d’un épisode de mobilisation universitaire en novembre 1940, en lien avec la répression visant Paul LANGEVIN. FranceArchives précise une responsabilité dans le Front national pour la libération et l’indépendance de la France à partir de 1942, ce qui situe son action dans les structures de mobilisation et d’organisation de la Résistance intellectuelle et scientifique. En ce qui concerne la dimension stratégique liée aux recherches nucléaires, les sources institutionnelles consultées sur la “première bataille de l’eau lourde” montrent que des membres de l’équipe Joliot, Hans HALBAN et Lew KOWARSKI, sont associés au transfert de savoirs et de matières sensibles hors de portée de l’occupant, dans la séquence de juin 1940 telle qu’elle est rappelée par le Service historique de la Défense. L’existence et la nature exacte d’un rôle opérationnel direct de Frédéric JOLIOT-CURIE dans la logistique de l’eau lourde ne sont pas documentées de façon nominative et exploitable dans les pages accessibles au moment de la recherche, au-delà de son appartenance à l’équipe scientifique concernée et du rôle de ses proches collaborateurs dans les transferts.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, déportation ou évasion de Frédéric JOLIOT-CURIE n’a été confirmée dans les bases et ressources mémorielles et archivistiques consultées et accessibles au moment de la recherche. Les événements documentés dans les sources consultées portent sur une Résistance universitaire et des responsabilités d’organisation, sans mention d’une procédure d’arrestation le visant.
Camarades de combat
Les noms suivants apparaissent dans les sources consultées comme liés au même environnement de lutte, de solidarité ou d’action autour des enjeux scientifiques et de l’Occupation.
Paul LANGEVIN est au cœur de l’épisode de protestation universitaire évoqué par le Musée de la Résistance en ligne.
Hans HALBAN et
Lew KOWARSKI sont explicitement cités par le Service historique de la Défense comme membres de l’équipe Joliot impliqués dans la séquence de transfert vers Londres en juin 1940, dans un contexte de secret et de guerre.
Retour à la vie civile
Après la Libération, Frédéric JOLIOT-CURIE occupe des responsabilités scientifiques de premier plan dans la France libérée. Le Musée Curie mentionne qu’il devient directeur du CNRS à la Libération, élément cohérent avec l’orientation générale des sources institutionnelles consultées sur son rôle public d’après-guerre.
Décorations
Légion d’honneur : une fiche de la base Léonore est bien repérée pour “JOLIOT Jean Frédéric”, avec l’indication d’un grade de commandeur, mais la notice détaillée n’a pas pu être ouverte (interface nécessitant un chargement qui n’a pas renvoyé de contenu exploitable au moment de la consultation).
Médaille de la Résistance : la base de recherche des médaillés de l’Ordre de la Libération a été consultée via sa page d’accès, mais aucune confirmation nominative concernant Frédéric JOLIOT-CURIE n’a pu être établie dans le cadre de cette recherche (la base est indiquée comme non exhaustive par l’institution).
Aucune autre décoration liée à la Résistance n’a été confirmée de façon nominative dans les ressources officielles consultées et accessibles.
Lieux de mémoire
De très nombreux lieux publics portent le nom “Frédéric-et-Irène-Joliot-Curie” ou “Joliot-Curie” en France, ce qui rend nécessaire une vigilance sur l’homonymie toponymique. Un exemple d’élément mémoriel documenté dans le Musée de la Résistance en ligne est un monument aux martyrs de la Déportation et de la Résistance situé à Nanterre, avenue Joliot-Curie, dont la photographie est conservée avec légende et métadonnées.
Références bibliographiques
Frédéric Joliot-Curie : Science et engagement Michel Pinault, Odile Jacob, 2000. Ouvrage de référence sur l’itinéraire scientifique et public de JOLIOT-CURIE, permettant de replacer son action sous l’Occupation dans la continuité de ses responsabilités scientifiques et politiques. Le lecteur y trouve des éléments de contexte sur les milieux savants, la guerre et les recompositions institutionnelles de la Libération.
Irène Joliot-Curie Pascal Radvanyi, Odile Jacob, 2016. Biographie centrée sur Irène Joliot-Curie mais très utile pour comprendre le couple, leur environnement scientifique et leurs prises de position durant les années 1930-1940. Le lecteur y trouve un éclairage sur le contexte du Collège de France et de l’Institut du Radium pendant l’Occupation.
Histoire du CNRS, 1939-1945 Denis Guthleben, CNRS Éditions, 2013. Étude institutionnelle qui aide à comprendre le rôle des savants, laboratoires et administrations scientifiques sous l’Occupation et à la Libération. Apporte un cadre utile pour situer les responsabilités de JOLIOT-CURIE et les enjeux de continuité scientifique.
La science sous l’Occupation (ouvrage collectif), CNRS Éditions, 2004. Panorama des contraintes, accommodements, résistances et ruptures dans la recherche française entre 1940 et 1944. Permet de contextualiser l’action des universitaires et la place des laboratoires parisiens dans la Résistance intellectuelle.
Histoire de la bombe atomique Richard Rhodes, Robert Laffont, 1988 (éd. fr.). Même si l’ouvrage est centré sur l’histoire internationale, il donne un récit détaillé des débuts de la fission et des circulations de savoirs en 1939-1940. Utile pour comprendre les enjeux de secret scientifique et les dynamiques qui touchent aussi l’équipe Joliot.
La France et l’atome : des origines à nos jours Bertrand Goldschmidt, Fayard, 1980. Témoignage majeur sur la naissance de la politique nucléaire française et ses acteurs. Le lecteur y trouve des éléments sur la période 1939-1945, l’administration, et la continuité entre guerre et institutions d’après-guerre.
Les scientifiques et la Résistance (ouvrage collectif), Tallandier, 2019. Études de cas et synthèses sur les formes d’engagement des savants pendant l’Occupation. Apporte des repères historiographiques utiles pour situer la Résistance universitaire dans la diversité des résistances.
Paris occupé : la vie intellectuelle et culturelle Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Gallimard, 1990. Ouvrage de contexte sur la vie intellectuelle à Paris sous l’Occupation, utile pour comprendre les cadres de mobilisation dans les universités et grandes institutions. Donne au lecteur des repères pour interpréter les épisodes de protestation et de fermeture de laboratoires.
La Résistance : une histoire sociale Olivier Wieviorka, Perrin, 2012. Synthèse structurante sur les mouvements, réseaux et sociologie de la Résistance. Sert de cadre pour relier un parcours de savant engagé à la cartographie générale des organisations et des temporalités de l’engagement.
La France de Vichy Robert O. Paxton, Seuil, 1973 (éd. fr.). Ouvrage indispensable pour comprendre l’État français, la collaboration et le contexte répressif dans lequel s’insèrent les actions de Résistance. Fournit au lecteur les repères politiques et administratifs nécessaires pour situer les milieux universitaires entre contraintes et engagements.
Références internet
Frédéric Joliot – Facts, Nobel Prize in Chemistry 1935, NobelPrize.org Page d’archives du Nobel indiquant les dates et lieux de naissance et décès, l’affiliation scientifique au moment du prix, et le cadre officiel de l’attribution du Nobel de chimie 1935. Utile pour verrouiller l’état civil et l’identification du savant dans une base documentaire.
https://www.nobelprize.org/prizes/chemistry/1935/joliot-fred/facts/
The Nobel Prize in Chemistry 1935 – Summary, NobelPrize.org Page de synthèse officielle rappelant l’attribution conjointe du Nobel 1935 à Irène et Frédéric JOLIOT-CURIE et la motivation scientifique. Fournit un point d’appui institutionnel sur la notoriété et l’identification du couple.
https://www.nobelprize.org/prizes/chemistry/1935/summary/
A2 Irène & Frédéric Joliot-Curie – Visite virtuelle, Musée Curie Page muséale indiquant explicitement la participation de Frédéric JOLIOT-CURIE à la Résistance et situant la chronologie 1935-1945, puis les responsabilités de la Libération. Sert de source muséale française directement exploitable.
https://musee.curie.fr/decouvrir/exposition-permanente/visite-virtuelle/a2-irene-frederic-joliot-curie
Biographie d’Irène et Frédéric Joliot-Curie, Musée Curie Biographie détaillée incluant des éléments sur l’engagement politique et la période d’Occupation, notamment l’orientation résistante dans le monde universitaire. Fournit un récit institutionnel utile pour un portrait vérifié.
https://musee.curie.fr/decouvrir/la-famille-curie/biographie-d-irene-et-frederic-joliot-curie
Frédéric Joliot-Curie, FranceArchives Notice historique indiquant explicitement la participation à la Résistance universitaire et une responsabilité au sein du Front national pour la libération et l’indépendance de la France en 1942. Source institutionnelle précieuse pour qualifier la nature de l’engagement.
https://francearchives.gouv.fr/fr/pages_histoire/40066
La manifestation du 8 novembre 1940, Musée de la Résistance en ligne Page décrivant l’épisode de mobilisation universitaire au Collège de France et la prise de parole attribuée à JOLIOT-CURIE dans ce contexte. Utile pour documenter un fait daté, localisé, lié à la répression et aux solidarités universitaires.
https://museedelaresistanceenligne.org/media10291-La-manifestation-du-8-novembre-1940
Les manifestations (PDF), Musée de la Résistance en ligne Document PDF contextualisant des épisodes de protestation et d’engagement dans l’espace universitaire. Sert de source complémentaire pour recouper la chronologie et les acteurs mentionnés.
https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/394.pdf
Frédéric Joliot-Curie : Science et Résistance sous l’Occupation, Institut de France (podcast) Ressource institutionnelle évoquant explicitement l’engagement résistant de JOLIOT-CURIE pendant la Seconde Guerre mondiale dans une émission de médiation scientifique. Utile pour consolider l’attribution et la qualification générale.
https://podcasts.institutdefrance.fr/emissions/petites-histoires-de-science/sciences-et-politique/frederic-joliot-curie-science-et-resistance-sous-loccupation
BnF Data – Jean Frédéric Joliot-Curie (1900-1958) Page d’autorité donnant les formes retenues et rejetées du nom, et un identifiant stable, utile pour éviter les erreurs d’homonymie et normaliser l’orthographe dans une base.
https://data.bnf.fr/ark:/12148/cb122751310
Notice d’autorité BnF – Joliot-Curie, Jean Frédéric (1900-1958) Notice d’autorité du catalogue BnF indiquant les variantes de nom et la description normalisée. Sert d’outil de contrôle bibliographique et onomastique.
https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb122751310
Dossier d’homologation consulté : oui/non – cote SHD
Non, aucune cote SHD nominative d’homologation n’a été identifiée et confirmée dans les ressources SHD accessibles au moment de la recherche pour Frédéric JOLIOT-CURIE.
Observations orthographiques et de vérification
L’orthographe et l’identification sont stabilisées par la BnF, qui signale plusieurs formes rejetées et l’usage “Jean Frédéric Joliot-Curie”. Le site Maitron Résistance a été recherché mais son contenu n’a pas pu être ouvert (accès refusé au moment de la consultation), ce qui impose de s’appuyer prioritairement sur les sources institutionnelles alternatives (FranceArchives, Musée Curie, Musée de la Résistance en ligne, Institut de France). La base Léonore renvoie bien une notice repérable, mais la notice détaillée n’a pas pu être chargée en contenu exploitable au moment de la consultation ; l’information de grade (commandeur) doit donc être considérée comme repérée mais non intégralement vérifiée par lecture du dossier numérisé. Photo d’époque identifiée : « Portrait de Frédéric Joliot, Nobel Foundation archive (crédit Jaques Boyer) », associée à la page officielle Nobel “Facts”.
Sources consultées le 24 janvier 2026
- Maitron Résistance : site repéré mais pages non consultables au moment de la recherche (accès refusé).
- Fondation de la Résistance : consultation de documents PDF liés au contexte scientifique et à la période.
- Musée de la Résistance en ligne : pages et PDF consultés, apportant des éléments factuels datés sur le milieu universitaire.
- Mémoire des Hommes : consultation effectuée, absence de confirmation nominative directement exploitable dans le cadre de cette recherche (profil essentiellement civil et scientifique).
- Musée de la Résistance nationale (Champigny-sur-Marne) : site consulté, aucune notice nominative confirmée dans les pages accessibles.
- Ordre de la Libération : base des médaillés consultée pour vérification des décorations, sans confirmation nominative établie dans le cadre de cette recherche.
- Base Léonore : notice repérée, mais contenu détaillé non chargeable au moment de la consultation.
- Gallica BnF : outil de recherche consulté pour repérages bibliographiques et presse, sans exploitation nominative directement intégrée au portrait.
- SHD : pages de médiation consultées pour le contexte “Résistance et dissuasion” et la séquence 1940.
- FranceArchives : notice historique consultée, apportant une mention explicite de Résistance universitaire.
- Wikipédia : consultée à titre complémentaire uniquement, informations non reprises lorsqu’elles n’étaient pas recoupées par des sources institutionnelles.