Robert HERVÉ, né le 10 septembre 1910 à Marseille (Bouches-du-Rhône, France), mort le 5 août 1999 à Papeete (Polynésie française, France)
Fils de négociant, Robert Hervé suit des études supérieures à Aix et à Marseille. Il est licencié en droit de la faculté d’Aix et diplômé de l’École supérieure de commerce de Marseille. Il accomplit ensuite son service militaire au 9e bataillon de chasseurs, où il termine sergent breveté chef de section.
Mobilisé en septembre 1939 à la Compagnie autonome d’infanterie coloniale de Tahiti, il refuse la défaite après l’appel du 18 Juin et se met à la disposition du délégué du Comité national français en Océanie. Il participe activement à la formation du corps expéditionnaire du Pacifique à Tahiti.
Les unités d’appartenance explicitement indiquées sont le Bataillon d’infanterie de marine et du Pacifique et le Bataillon du Pacifique. Aucun réseau clandestin intérieur précis n’a été confirmé dans les sources retenues.
Missions et actions
Robert Hervé commande une compagnie tahitienne du Bataillon du Pacifique. Blessé à Bir-Hakeim le 9 juin 1942 puis à nouveau dans la nuit du 10 au 11 juin 1942, il est fait prisonnier avant de s’évader d’Italie en septembre 1943 et de rejoindre les Forces françaises libres en Afrique du Nord.
Il participe ensuite à la campagne d’Italie, débarque en Provence le 15 août 1944 et assure, dans des conditions périlleuses, des missions de liaison sous le feu des forts de Toulon. Il poursuit la campagne dans la vallée du Rhône, en Haute-Saône, à Belfort, dans les Vosges, en Alsace, à l’Authion jusqu’en mai 1945.
Arrestation / évasion / déportation
À l’issue des combats de Bir-Hakeim en juin 1942, il est fait prisonnier par les forces germano-italiennes. Interné dans un camp de prisonniers de guerre en Italie, il parvient à s’évader en septembre 1943 et rejoint ensuite les forces françaises libres. Aucune déportation dans un camp de concentration ou de travail en Allemagne n’est mentionnée dans les sources consultées.
Camarades de combat
La documentation retenue le rattache au Bataillon du Pacifique et au BIMP, mais sans livrer dans cette recherche une liste sûre de camarades nommément identifiés. Cette rubrique demeure donc non développée.
Retour à la vie civile
Après la guerre, Robert Hervé exerce en Polynésie des fonctions économiques et consulaires importantes. Il est négociant, assureur maritime, directeur de sociétés, conseiller privé, conseiller du commerce extérieur, président de la chambre de commerce et d’industrie, président du conseil d’administration du port autonome de Papeete, membre du conseil de surveillance de l’Institut d’émission et consul du Danemark.
Décorations
- Compagnon de la Libération — décret du 16 octobre 1945
- Médaille de la Résistance avec rosette — décret du 24 avril 1946 — Journal officiel du 17 mai 1946
- Légion d’honneur — Commandeur — décret exact non retrouvé dans cette recherche
- Croix de guerre 1939-1945 avec palme
- Médaille des Évadés
- Croix du combattant volontaire 1939-1945
- Médaille coloniale — agrafes « Libye 42 » et « Bir-Hakeim »
- Mérite agricole — Chevalier
- Chevalier de l’ordre du Danebrog (Danemark)
Lieux de mémoire
Aucun lieu de mémoire nominatif portant son nom n’a été confirmé avec sécurité dans cette recherche.
Références bibliographiques
Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Tallandier, 2010.
Cet ouvrage permet de replacer Robert Hervé dans le cadre général de la France libre, du Bataillon du Pacifique et des combats de Bir-Hakeim. Il éclaire utilement son parcours militaire et le contexte dans lequel s’inscrit sa distinction parmi les Compagnons de la Libération.
Dictionnaire historique de la Résistance, sous la direction de François Marcot, Robert Laffont, 2006.Cet ouvrage de référence permet de contextualiser les formes d’engagement, les structures combattantes et les distinctions de la France libre. Il est particulièrement utile pour situer la trajectoire de Robert Hervé dans l’histoire plus large de la Résistance et de la France combattante.
Références internet
Ordre de la Libération Notice officielle contenant l’état civil, le parcours de guerre, les unités d’appartenance et la liste des décorations. Il s’agit de la source principale de la présente fiche.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/robert-herve
Base des médaillés de la Résistance française Cette base officielle permet de confirmer le décret de Médaille de la Résistance, la parution au Journal officiel et la cote de dossier. Elle sécurise la décoration demandée dans l’objet de recherche.https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies
Observations Une contradiction importante existe sur la date de naissance. L’en-tête de la notice officielle donne le 9 septembre 1910 alors que le corps de la biographie indique le 10 septembre 1910. La date du 10 septembre 1910 a été retenue ici, car elle concorde avec votre donnée de départ et avec le texte biographique officiel, mais cette divergence doit être signalée. Le risque d’homonymie est réel pour le patronyme Hervé ; seules les informations rattachées avec certitude à la notice nominative officielle ont donc été retenues.