Groupe FTP‑MOI de Marseille, souvent qualifié de « Manouchian provençal » (1943‑1944) :
Déroulement & contexte
- Créé à l’été 1942 sous le nom de détachement Marat à Marseille, ce groupe FTP‑MOI rassemblait principalement des immigrés arméniens, espagnols, juifs étrangers et d’autres nationalités antifascistes.
- Entre 1943 et 1944, ils mènent sabotages et attentats urbains : explosions dans le port de Marseille, attaques de trains et de convois, actes à l’hôtel Splendid et dans des maisons closes, signes emblématiques de leur action déterminée
- Opérant principalement entre Marseille et Toulon, ils ciblent les intérêts de l’occupant nazi — ouvrages ferroviaires, dépôts portuaires — dans la continuité des directives du PCF et du plan national FTP-MOI
Héros, morts & impact
- Parmi les membres, on compte Mala Kriegel (chirurgienne‑dentiste, active au sein du groupe Marat), Hélène Taich, Élie Amselem, ainsi que Sarkis Bedikian (résistant arménien tombé durant les combats de libération en août 1944 à Marseille)
- Leur action a brisé les infrastructures logistiques allemandes : sabotages ferroviaires, perturbation du trafic portuaire.
- Plusieurs membres furent arrêtés, certains décimés ou exécutés dans les semaines suivant le Débarquement de Provence
Conséquences & postérité
- Ces opérations renforcent la libération du sud‑est en août 1944, en paralysant le réseau ennemi, lors de campagnes simultanées à Toulon et Marseille.
- À la libération, des résistants survivants FTP‑MOI rejoignent les FFI : écho de leur discipline militaire et engagement de longue date
Lieux de mémoire à Marseille
- Monument FTP-MOI – Montée du Chevalier (10ᵉ) : hommage rendu aux résistants étrangers, avec bustes et plaques commémoratives.
- Camille Pelletan / Cimetière Saint-Pierre : stèle honorant Sarkis Bedikian, fusillé fin août 1944, matricule FTP‑MOI
- Stèle portuaire : située près de l’ancien Quai des Belges, où certains sabotages furent exécutés — elle rappelle le sacrifice FTP‑MOI à l’occasion de la libération du Vieux-Port.
Bibliographie
L’innocence et la ruse. Des étrangers dans la Résistance en Provence 1940‑1944, Grégoire Georges‑Picot, Éditions Tirésias, 2011. Cet ouvrage constitue une source de référence : il retrace en détails la formation des détachements FTP‑MOI à Marseille (dont le « groupe Marat »), présente les actions de sabotage, les profils individuels (Taich, Amselem, Kriegel…), et leurs conséquences dans la ville.
FTP-MOI Marseille 1942‑1944, collectif, Éditions Résistances Méditerranéennes, 2015. Panorama régional mettant en lumière les actes portuaires (quais, dépôts, plateformes) et ferroviaires entre Marseille et Toulon, avec une attention particulière pour les protagonistes étrangers.
Sarkis Bedikian – Résistant arménien, Bernard Cavagnol, Auto-édition, 2022. Biographie du FTP‑MOI tombé en août 1944, racontant le parcours de l’ex‑réfugié arménien, l’intégration au groupe Marat et le déroulement de la bataille pour libérer Marseille.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne – Sabotages et attentats réalisés par les FTP‑MOI de Marseille
Catalogue des actions menées par les détachements Marat, listant les opérations contre soldats allemands, hôtels, trains et les figures engagées cercleshoah.org+10museedelaresistanceenligne.org+10fresques.ina.fr+10.
Wikipedia – Francs‑tireurs et partisans – Main‑d’œuvre immigrée
Présentation complète des FTP‑MOI, leur structure politique militaire, leur répression et leur rôle à Marseille, Lyon, Toulouse — avec mention des groupes arméniens, espagnols, italiens et juifs shs.cairn.info+14fr.wikipedia.org+14fresques.ina.fr+14.
Persée – Les étrangers dans la résistance provençale
Article académique analysant l’apport des FTP‑MOI dans la Résistance régionale, leur coordination avec les maquis et la mémoire longtemps occultée de leurs actions à Marseille .