Charles Auguste GONARD, alias « Morlot », né le 11 octobre 1921 à Paris (Seine), mort le 12 juin 2016 à Vence (Alpes-Maritimes), français.
Charles Gonard est le fils d’un ingénieur civil des mines, ancien élève de l’École polytechnique. Encore lycéen au début de la guerre, il souhaite s’engager en 1939, mais une pleurésie l’en empêche. Après l’appel du 18 juin 1940, il tente de rejoindre l’Angleterre sans y parvenir. Revenu à Lyon, il forme un noyau gaulliste dans son lycée.
Il part ensuite à Marseille, où il étudie le droit et prépare l’École coloniale.
Engagement dans la Résistance
En novembre 1941, il entre au mouvement Combat. Il commence comme agent de liaison et participe à la diffusion de tracts et de journaux clandestins. Il s’oriente ensuite vers l’action armée et les groupes francs.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Il agit d’abord au sein de Combat, puis dans les structures des Mouvements unis de la Résistance et des groupes francs. En février 1944, il rejoint Paris et reçoit la responsabilité de la formation des groupes francs nationaux des Forces françaises de l’intérieur dépendant du COMAC et de l’état-major national.
Missions et actions
Dans le Sud-Est, Gonard participe à des sabotages et à diverses opérations clandestines.
Après son arrivée à Paris en février 1944, il prend part à plusieurs opérations particulièrement importantes. L’Ordre de la Libération lui attribue personnellement la direction de la destruction par incendie du fichier du Service du travail obligatoire de Versailles.
Cette opération s’inscrit dans la campagne nationale de sabotage des fichiers permettant les réquisitions de main-d’œuvre. Une synthèse de la Fondation de la Résistance situe l’action de Versailles en mai 1944 et signale que la répression qui suit conduit à la déportation de douze agents du réseau Mithridate.
Gonard participe également à l’attaque à la grenade du repaire de la bande collaborationniste de François Spirito, rue Fontaine.
Le 12 juin 1944, il joue un rôle déterminant dans la libération de Jean-Pierre Lévy, chef de Franc-Tireur, lors de son transfert.
Le 28 juin 1944, il conduit le commando qui exécute Philippe Henriot, secrétaire d’État à l’Information et à la Propagande du gouvernement Laval.
Lors de l’insurrection parisienne d’août 1944, il est blessé en attaquant un convoi allemand.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune déportation de Charles Gonard n’est établie. Il échappe aux recherches consécutives aux opérations clandestines auxquelles il participe. Il est blessé pendant les combats de la Libération de Paris.
Camarades de combat
Son parcours le met notamment en relation avec Serge Ravanel, qui joue un rôle dans son orientation vers les groupes francs, et Jean-Pierre Lévy, dont il organise la libération. Il agit ensuite dans les structures du COMAC et des FFI.
Retour à la vie civile
Charles Gonard termine la guerre avec le grade de lieutenant-colonel FFI. Après la guerre, il séjourne plus de deux ans en Indochine comme capitaine de réserve d’infanterie coloniale. Il poursuit ensuite une carrière dans l’industrie, à Strasbourg, Paris puis pendant vingt-huit ans au Maroc.
Il est nommé membre du conseil de l’ordre de la Libération par décret du 16 mars 1995. Il meurt à Vence le 12 juin 2016.
Décorations
- Commandeur de la Légion d’honneur.
- Compagnon de la Libération, décret du 17 novembre 1945.
- Croix de guerre 1939-1945, avec cinq citations.
- Médaille de la Résistance française avec rosette. par décret du 31 Mars 1947 JO 23 Décembre 1948 source ordre de la Libération Côte du dossier : 1O27614
Lieux de mémoire
La mémoire de Charles Gonard est notamment conservée par le Musée de l’Ordre de la Libération, qui détient et diffuse son portrait et sa biographie institutionnelle.
Références bibliographiques
François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, 2006. Ouvrage de référence permettant de replacer le COMAC, les groupes francs, les MUR et l’insurrection parisienne dans leur contexte organisationnel.
Références internet
Ordre de la Libération. La notice officielle de Charles Gonard constitue la principale source institutionnelle utilisée. Elle fournit son état civil, son pseudonyme, sa formation, son entrée à Combat, ses responsabilités dans les groupes francs, la destruction du fichier STO de Versailles, l’évasion de Jean-Pierre Lévy, l’exécution de Philippe Henriot, son grade et ses décorations. Ordre de la Libération — Charles Gonard https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/charles-gonard?utm_source=chatgpt.com
Le Monde. La notice nécrologique publiée à sa mort apporte des précisions sur les opérations de son groupe et notamment sur l’évasion de Jean-Pierre Lévy et la destruction des fichiers de réquisition du STO. Le Monde — Le résistant Charles Gonard est mort https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2016/06/13/le-resistant-charles-gonard-est-mort_4948993_3382.html?utm_source=chatgpt.com
Fondation de la Résistance. Le dossier consacré à la résistance au STO replace l’opération de Versailles dans une campagne nationale de destruction des fichiers et la situe en mai 1944. Fondation de la Résistance — résistance au STO https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/LettreResistance096.pdf?utm_source=chatgpt.com
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote SHD GR 16 P individuelle suffisamment certaine n’a été retrouvée dans les ressources ouvertes consultées.
Observations
La participation de Charles Gonard à l’opération de Versailles est solidement établie par l’Ordre de la Libération. Les sources ouvertes consultées permettent de la situer en mai 1944, mais n’ont pas fourni ici une date journalière suffisamment sûre pour être affirmée.
Indice de fiabilité de la notice
Niveau A — Fiabilité excellente. L’identité, le parcours résistant, les responsabilités dans les groupes francs, l’opération de Versailles et les principales actions de 1944 sont documentés par la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération et corroborés par d’autres sources.
Chronologie
| Date | Événement |
| 11 octobre 1921 | Naissance à Paris |
| 1940 | Tentative de rejoindre l’Angleterre |
| novembre 1941 | Entrée à Combat |
| 1942-1943 | Activité dans les groupes francs du Sud-Est |
| février 1944 | Arrivée à Paris ; responsabilité dans les groupes francs nationaux |
| mai 1944 | Destruction du fichier du STO à Versailles |
| 12 juin 1944 | Libération de Jean-Pierre Lévy |
| 28 juin 1944 | Exécution de Philippe Henriot |
| août 1944 | Blessé pendant l’insurrection parisienne |
| 17 novembre 1945 | Compagnon de la Libération |
| 12 juin 2016 | Mort à Vence |
Sources consultées
Ordre de la Libération. Notice officielle « Charles GONARD ». Source institutionnelle principale pour son état civil, son parcours dans Combat et les groupes francs, l’opération de Versailles, l’évasion de Jean-Pierre Lévy, l’exécution de Philippe Henriot, son grade et ses décorations. Ordre de la Libération — Charles GONARD https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/charles-gonard?utm_source=chatgpt.com
Le Monde. Benoît Hopquin, « Le résistant Charles Gonard est mort », 13 juin 2016. Cette notice nécrologique apporte un récit complémentaire de son engagement et de plusieurs opérations clandestines. Le Monde — Charles Gonard https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2016/06/13/le-resistant-charles-gonard-est-mort_4948993_3382.html?utm_source=chatgpt.com
Fondation de la Résistance. Dossier consacré à la résistance au Service du travail obligatoire. Il permet de situer l’action de Versailles dans l’ensemble des opérations de destruction de fichiers conduites en France. Fondation de la Résistance — dossier STO https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/LettreResistance096.pdf?utm_source=chatgpt.com