Henri Honoré GIRAUD, né le 18 janvier 1879 à Paris, mort le 11 mars 1949 à Dijon.
Issu d’une famille catholique de la petite bourgeoisie parisienne, Giraud fréquenta les lycées Stanislas, Bossuet puis Louis-le‑Grand avant d’entrer à Saint‑Cyr en 1898. Il mena ensuite une carrière militaire distinguée, notamment en Afrique du Nord et pendant la Première Guerre mondiale, où il fut blessé puis fait prisonnier avant de s’évader.
Chef de la 9ᵉ armée au moment de la débâcle de mai 1940, Giraud fut capturé puis interné dans la forteresse de Königstein. Après deux ans de préparation minutieuse, il s’évada le 17 avril 1942.
Circonstances de l’évasion
Préparée pendant deux ans avec l’aide des officiers de l’armée d’armistice et des réseaux clandestins alsaciens (notamment la Septième colonne d’Alsace), l’évasion se déroula selon le « plan Denise ».
Giraud descendit le long d’une falaise de la forteresse avec une corde, se déguisa en ouvrier du textile parlant allemand, et prit un train jusqu’à Schandau, puis traversa clandestinement la Suisse le 22 avril, aidé par des résistants alsaciens comme Linarès, le capitaine Lecoq et Roger Guerlach. Il arriva à Lyon le 25 avril 1942.
Après son retour en zone libre, Giraud se posa comme commandant en chef civil et militaire en Afrique du Nord, soutenu à la fois par le réseau Alliance et l’Amirauté française.
Il occupa une position indépendante du général de Gaulle, incarnant un courant de résistance plus institutionnel.
Missions et actions
Après le débarquement allié en novembre 1942 lors de l’opération Torch, Giraud prit le commandement militaire en Afrique du Nord.
En janvier 1943, il participa à la conférence de Casablanca aux côtés de De Gaulle, Churchill et Roosevelt.
Le 18 mars 1943, il signa plusieurs ordonnances rétablissant provisoirement les institutions républicaines en AFN, bien qu’il maintînt l’abrogation du décret Crémieux.
Il devint co-président du Comité français de Libération nationale (CFLN) en juin 1943, fonction qu’il exerça jusqu’à sa mise à l’écart progressive à l’automne.
Camarades de combat
Il collabora avec José Aboulker, Lemaigre‑Dubreuil (réseau Alliance), le général Augustin Guillaume, Jean Monnet, et Jean de Lattre de Tassigny pour la réorganisation du commandement français en Afrique du Nord. Wikipédia
Retour à la vie civile
Après la Libération, Giraud fut élu député de la Moselle en 1946 et participa à l’Assemblée constituante. Il fut aussi membre du Conseil supérieur de la guerre jusqu’en 1948. Il rédigea ses mémoires et publia articles et interventions jusqu’à son décès en 1949.
Décorations
- Grand‑croix de la Légion d’honneur,
- Médaille militaire,
- Croix de guerre 1914‑18 et 1939‑45 avec palmes,
- Médaille des évadés,
- Médaille coloniale.
Il n’a pas été fait Compagnon de la Libération. Ces distinctions figurent dans la Base Léonore et sont confirmées par les sources officielles.
Mémoire et lieux commémoratifs
Il fit l’objet d’obsèques nationales solennelles à Dijon en mars 1949 et repose aux Invalides.
Il n’existe pas de rue ou d’établissement public dédié à son nom mais il est régulièrement évoqué dans les expositions historiques et les circuits mémoriels consacrés à la Résistance en Afrique du Nord.
Références bibliographiques
- Un général a disparu : l’évasion la plus extraordinaire du siècle, 17 avril 1942 Jacques Granier, Presses de la Cité, 1971. Narration précise de l’évasion du général Giraud, décrite comme l’une des plus spectaculaires de la guerre.
- De Gaulle et Giraud, l’affrontement Michèle Cointet, Fayard, 2008. Étude approfondie du duel politique entre Giraud et de Gaulle, de l’opération Torch et de la gouvernance du CFLN.
Références internet
- Wikipédia – article « Henri Giraud (militaire) » : biographie complète, détaille son évasion, ses relations avec De Gaulle, son rôle en AFN et son éviction politique. URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Giraud_%28militaire%29 penelope.uchicago.edu+5Wikipédia+5Facebook+5
- Persee – « Le général Giraud et l’Afrique du Nord (1942‑juin 1943) » : article académique décrivant son retour en zone libre, sa prise de pouvoir en AFN, et les ordonnances républicaines de mars 1943. URL : https://www.persee.fr/doc/rharm_0035-3299_1993_num_191_2_4242 Persée
- AASSDN – « Henri Giraud : l’évasion d’un général d’armée » : présentation synthétique et populaire de son évasion de Königstein le 17 avril 1942. URL : https://aassdn.org/amicale/henri-giraud-levasion-dun-general-darmee/ penelope.uchicago.edu+2aassdn.org+2Facebook+2