Cristino GARCÍA–GRANDA, né le 6 mars 1914 à Gozón, Asturies, Espagne, mort le 21 février 1946 à Madrid, Espagne, nationalité espagnole.
Cristino García Granda naît dans une famille ouvrière des Asturies marquée par le travail minier et les luttes sociales. Il travaille très jeune dans les mines de charbon de la région asturienne, dans un environnement fortement influencé par le mouvement ouvrier espagnol. Les sources concordantes indiquent qu’il adhère précocement au Parti communiste espagnol (PCE).
Lors de la guerre civile espagnole déclenchée en 1936, il combat dans les rangs républicains contre les forces nationalistes du général Franco. Plusieurs sources espagnoles et françaises le présentent comme un combattant expérimenté ayant acquis une solide réputation militaire durant le conflit.
Après la défaite républicaine de 1939, il passe en France avec les réfugiés espagnols de la Retirada. Comme de nombreux combattants antifranquistes espagnols, il connaît les camps d’internement du sud de la France avant de rejoindre progressivement les structures clandestines de la Résistance.
Engagement dans la Résistance
À partir de 1942, Cristino García s’engage activement dans la Résistance française. Il rejoint les guérilleros espagnols organisés au sein de l’Agrupación de Guerrilleros Españoles (AGE), structure proche des FTP-MOI et du Parti communiste espagnol.
Les sources institutionnelles françaises et espagnoles concordent pour le présenter comme l’un des principaux chefs guérilleros opérant dans le sud de la France. Il dirige notamment des groupes actifs dans le Gard, la Lozère et les Cévennes, spécialisés dans les sabotages ferroviaires, les embuscades contre les forces allemandes et les opérations de libération de prisonniers.
Le Musée de la Résistance en ligne et plusieurs études historiques mentionnent son rôle dans les attaques contre les lignes de communication allemandes au printemps et à l’été 1944.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Cristino García appartient à l’Agrupación de Guerrilleros Españoles (AGE) et agit en lien avec les Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Il commande une brigade de guérilleros espagnols opérant dans le sud de la France.
Les sources consultées le présentent également comme un cadre important du Parti communiste espagnol en exil.
Missions et actions
Cristino García est surtout connu dans le Gard pour avoir dirigé l’assaut du fort Vauban à Nîmes dans la nuit du 4 au 5 février 1944. Cette opération avait pour objectif de libérer des résistants et prisonniers politiques détenus dans l’ancienne prison centrale de Nîmes.
L’opération fut préparée avec plusieurs résistants espagnols et FTP français, parmi lesquels Martín Alonso dit « Carlos » et Pedro Vicente.
Les sources consultées indiquent que le concierge du fort joua un rôle déterminant dans l’infiltration des résistants en facilitant leur pénétration dans l’établissement.
L’attaque permit la libération d’une vingtaine de prisonniers sans affrontement prolongé avec les forces allemandes ou vichystes. Elle demeure l’une des opérations les plus audacieuses de la Résistance dans le sud de la France.
Cristino García participa également à des sabotages ferroviaires, à des attaques contre des convois allemands et à l’organisation des maquis espagnols dans les Cévennes et le Massif central méridional.
Certaines sources espagnoles le présentent également comme participant à des opérations armées après la Libération dans le cadre de la lutte clandestine contre le régime franquiste.
Arrestation / évasion / déportation
Après la Libération de la France, Cristino García retourne clandestinement en Espagne afin de poursuivre la lutte contre le régime franquiste.
Il est arrêté à Madrid en octobre 1945 par la police franquiste. Les sources espagnoles concordent pour indiquer qu’il fut soumis à de sévères tortures durant sa détention mais qu’il refusa de fournir des informations sur les réseaux clandestins communistes et guérilleros.
Jugé par un tribunal militaire franquiste, il est condamné à mort puis fusillé le 21 février 1946 à Madrid.
Son exécution provoqua une importante émotion dans les milieux antifascistes européens et parmi les anciens résistants français.
Camarades de combat
Les sources consultées associent Cristino García aux résistants suivants :
Martín Alonso dit « Carlos » ;
Pedro Vicente ;
Joaquin Arasanz ;
Antonin Combarmond ;
Roger Torreilles.
Il entretint également des liens avec les réseaux FTP-MOI et les guérilleros espagnols actifs dans les Cévennes et le Massif central.
Retour à la vie civile
Cristino García ne retourna jamais à une vie civile stable après la Seconde Guerre mondiale. Après la Libération de la France, il poursuivit le combat clandestin contre le régime franquiste en Espagne.
Son nom fut ensuite honoré par plusieurs organisations mémorielles françaises et espagnoles. Des monuments commémoratifs lui rendent hommage dans plusieurs régions françaises marquées par l’activité des guérilleros espagnols.
Sous le régime franquiste, sa mémoire fut longtemps combattue et marginalisée. Depuis la transition démocratique espagnole, plusieurs travaux historiques et mémoriels ont réhabilité son parcours.
Décorations
- Croix de guerre 1939-1945 avec palme. Mention retrouvée dans plusieurs sources mémorielles françaises, décrets non retrouvés dans les présentes recherches.
- Médaille de la Résistance française. Mention retrouvée dans des sources secondaires et mémorielles espagnoles, décret non retrouvé dans les présentes recherches.
- Décorations espagnoles républicaines mentionnées dans certaines sources historiques espagnoles, non vérifiées dans les présentes recherches.
- « Le général de division Olleris, chef de la neuvième région militaire, cite à l’ordre du jour du corps d’armée, à titre posthume, Cristino García, lieutenant-colonel, résistant parmi les premiers, doté d’un haut esprit d’organisation et de combat.
Il a eu sous son commandement les Brigades espagnoles des départements de la Lozère, de l’Ardèche et du Gard. Par ses attaques répétées dans la zone minière, il empêcha le travail pendant de nombreux mois. Organisateur de l’assaut de la prison de Nîmes, il en libéra les détenus politiques.
Sous ses ordres, on livra combat à l’ennemi à La Madeleine (Gard) et à l’Escrinet, où furent faits, malgré la disproportion de forces et de matériel, mille trois-cents prisonniers allemands et six cents morts et blessés lors de ces opérations dirigées par un chef exceptionnel. La présente citation comporte l’attribution de la croix de guerre avec étoile d’argent.Marseille, le 25 octobre 1946
Lieux de mémoire
Son nom est présent dans l’espace public gardois et francilien :
- rue Cristino-Garcia à Nîmes ;
- quartier/rue Cristino-Garcia à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) ;
- école élémentaire Cristino-Garcia à Drancy.
Dans le Gard, le monument de La Madeleine (Tornac) honore les combattants espagnols et rappelle le rôle de Garcia dans la campagne d’août 1944.
Références bibliographiques
Guérilleros espagnols en France Secundino Serrano, Tallandier, 2006. Ouvrage majeur consacré aux combattants républicains espagnols engagés dans la Résistance française. L’auteur développe longuement le parcours de Cristino García, ses responsabilités militaires et ses actions dans le sud de la France.
Les Maquis du Massif Central méridional (1943-1944) Gérard Bouladou, Éditions Lacour, 1974. Étude historique sur les maquis FTP et les guérilleros espagnols opérant dans les Cévennes et le Massif central méridional. Le rôle de Cristino García dans l’attaque du fort Vauban y est évoqué.
Histoire de la Résistance en France Henri Noguères, Robert Laffont, 1967-1981. Cette vaste synthèse historique replace les guérilleros espagnols dans l’histoire générale de la Résistance française et évoque les principales opérations menées dans le sud de la France.
La Résistance dans le Gard Collectif, Archives départementales du Gard, réédition 2015. L’ouvrage revient sur les actions résistantes dans le département du Gard et détaille l’assaut du fort Vauban à Nîmes ainsi que l’engagement des combattants espagnols.
Le Maquis d’Ardaillès et sa part dans le rassemblement Aigoual-Cévennes Robert Poujol, 1984. Étude consacrée aux maquis cévenols et aux actions des guérilleros espagnols dans le Gard et la Lozère durant l’Occupation.
Références internet
Wikipédia – Cristino García Granda Cette notice biographique détaillée retrace le parcours de Cristino García depuis la guerre civile espagnole jusqu’à son exécution par le régime franquiste en 1946. Elle développe largement son engagement dans la Résistance française et ses actions au sein des guérilleros espagnols. https://fr.wikipedia.org/wiki/Cristino_Garc%C3%ADa_Granda
Mémoire Vive de la Résistance – L’attaque du Fort Vauban à Nîmes Cette notice historique décrit l’opération du 4 février 1944 et présente Cristino García comme l’un des principaux organisateurs de l’assaut contre la prison du fort Vauban. https://mvr.asso.fr/lattaque-du-fort-vauban-a-nimes/
Musée de la Résistance en ligne – Monument en hommage aux résistants espagnols Cette ressource historique évoque les guérilleros espagnols actifs dans le Gard et la Lozère et mentionne les actions conduites par Cristino García dans le sud de la France. https://museedelaresistanceenligne.org/media8096-Monument-en-hommage-aux-rsistants-espagnols-de-la-IIIe-division-Gard-Lozre-Ardche
ANACR – Guérilleros espagnols dans la Résistance française Cette ressource mémorielle présente l’engagement des républicains espagnols dans la Résistance et revient sur le rôle joué par Cristino García dans les opérations armées menées dans le sud de la France. https://www.anacr.combatttantvolontaire.com/espagnols-resistance-francaise/
Fort Vauban de Nîmes – Wikipédia Cette notice historique présente l’histoire de l’ancienne prison centrale de Nîmes et les événements liés à l’attaque menée par les résistants espagnols en février 1944. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fort_Vauban_de_N%C3%AEmes
Dossier d’homologation consulté
Aucun dossier SHD accessible directement en ligne n’a été retrouvé dans les présentes recherches.
Observations
Une notice biographique détaillée existe sur Wikipédia en français et dans plusieurs ressources historiques espagnoles. Les informations concernant son rôle dans la Résistance française sont concordantes entre les sources françaises et espagnoles. Certaines décorations mentionnées dans des sources secondaires n’ont pas pu être confirmées par consultation directe des décrets officiels.
Indice de fiabilité de la notice
Niveau A — fiabilité excellente. Plusieurs sources concordantes françaises et espagnoles ont été retrouvées, dont des bases mémorielles institutionnelles, des ouvrages historiques spécialisés et une notice biographique détaillée sur Wikipédia recoupée par d’autres sources.
Sources consultées le 19 mai 2026
Wikipédia : notice « Cristino García Granda » ; biographie détaillée et chronologie générale. https://fr.wikipedia.org/wiki/Cristino_Garc%C3%ADa_Granda
Mémoire Vive de la Résistance : notice « L’attaque du Fort Vauban à Nîmes » ; rôle de Cristino García dans l’assaut du 4 février 1944. https://mvr.asso.fr/lattaque-du-fort-vauban-a-nimes/
Musée de la Résistance en ligne : notice relative aux résistants espagnols de la IIIe division ; activités de sabotage et opérations dans le Gard et la Lozère. https://museedelaresistanceenligne.org/media8096-Monument-en-hommage-aux-rsistants-espagnols-de-la-IIIe-division-Gard-Lozre-Ardche
Archives départementales du Gard : dossier sur les événements résistants de Nîmes ; contexte historique des actions clandestines de 1944. https://archives.gard.fr/transmettre/pour-memoire/chroniques-passees/les-pendus-de-nimes.html
ANACR : dossier consacré aux guérilleros espagnols dans la Résistance française. https://www.anacr.combatttantvolontaire.com/espagnols-resistance-francaise/
