L’attaque du fort Vauban à Nîmes, survenue le 4 février 1944, constitue l’une des opérations les plus audacieuses de la Résistance française durant la Seconde Guerre mondiale. Cette action visait à libérer 23 résistants emprisonnés et promis à la déportation.
Déroulement de l’événement
Le fort Vauban, édifié à la fin du XVIIe siècle, servait de prison centrale à Nîmes pendant l’Occupation. Le 4 février 1944, une opération conjointe des FTPF et des guérilleros espagnols de la 9e brigade, sous la direction de Cristino GARCÍA et Martín ALONSO (alias Carlos), fut lancée pour libérer des détenus résistants.
Grâce à la complicité du concierge de la prison, les assaillants purent pénétrer dans l’enceinte, désarmer les gardiens et libérer les prisonniers sans effusion de sang.
Cristino GARCÍA fut blessé à la jambe lors de l’opération et soigné par le docteur Cabouat.
Héros et participants
- Cristino GARCÍA : Chef charismatique de la 9e brigade de guérilleros espagnols, il dirigea l’opération malgré sa blessure.
- Martín ALONSO (alias Carlos) : Co-responsable de l’assaut, il joua un rôle clé dans la coordination de l’attaque.
- Pedro VICENTE : Officier chargé de la logistique, il loua un appartement à proximité de la prison pour préparer l’opération.
- Le concierge du fort Vauban : Dont la collaboration fut déterminante pour l’infiltration des résistants.
Conséquences
Cette action audacieuse permit la libération de 23 résistants, renforçant les rangs des maquis locaux.
Cependant, elle entraîna une répression sévère de la part des forces d’occupation. Le 2 mars 1944, en représailles, 18 résistants furent pendus publiquement à Nîmes.
Lieux de mémoire
- Fort Vauban : Ancienne prison, aujourd’hui site de l’Université de Nîmes, il conserve la mémoire de cet événement.
- Rue Georges Salan à Nîmes : Nommée en l’honneur de Georges SALAN, résistant et médecin à la prison de Nîmes.
Références bibliographiques
Les Maquis du Massif Central méridional (1943-1944), par Gérard Bouladou, Éditions Lacour, 1974.
Cet ouvrage détaille les actions des maquis dans le Massif Central, incluant l’attaque du fort Vauban, et met en lumière le rôle des guérilleros espagnols dans la Résistance française.
Le Maquis d’Ardaillès et sa part dans le rassemblement Aigoual-Cévennes, par Robert Poujol, 1984.
L’auteur retrace l’histoire du maquis d’Ardaillès et son implication dans les opérations de libération, notamment celle du fort Vauban.Musée de la Résistance en Ligne+3Wikipédia+3Archives départementales+3