La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

GACHET Paul Alias Pierre Cannot

Paul GACHET, né le 26 février 1921 à Lyon (Rhône), mort fusillé le 26 mai 1943 à Dijon (Côte-d’Or) – Français

Fils de la classe 1921 et charcutier de métier, Paul Gachet grandit à Lyon dans un milieu populaire.

À l’été 1942, il s’engage clandestinement au Parti communiste français et aux Jeunesses communistes, au moment où la répression s’intensifie dans la région lyonnaise.

Très vite, il s’insère dans la sociabilité de quartier et les réseaux militants qui, à Lyon, nourrissent la Résistance de base. Le Maitron précise qu’il prend des responsabilités de fait dans son groupe, et qu’il est connu sous une identité d’emprunt pour ses actions.

Apprenti puis ouvrier charcutier, Gachet n’a pas de formation militaire spécifique avant 1942. La guerre et les politiques de Relève puis de Service du travail obligatoire créent, à Lyon, un contexte d’insoumission où son entrée au PCF clandestin l’entraîne vers l’action directe.

Les notices biographiques confirment l’ancrage lyonnais et l’engagement précoces d’un jeune ouvrier de 21 ans.

À partir de fin 1942, il rejoint un détachement FTPF des Jeunesses communistes actif à Lyon et dans la vallée de la Saône.

Sous la fausse identité de « Pierre Cannot », il loue une chambre et une cave au 82, rue Sully (Lyon 6e) pour servir de dépôt d’armes au groupe.

Les dépôts et liaisons qu’il organise s’inscrivent dans la stratégie des FTP de préparation d’actions armées et de sabotages.

Les sources concordantes rattachent Paul Gachet aux Francs-tireurs et partisans français (FTPF), au sein d’un détachement des Jeunesses communistes de Lyon.

Missions et actions

Dans la nuit du 10 janvier 1943, son groupe opère un vol de deux ronéos (23, rue du Bât-d’Argent) destiné à l’impression clandestine.

Le 12 janvier 1943, rue Villeroy (Lyon 3e), Gachet et son camarade André Desthieux abattent le soldat allemand Karl Sommerschuh ; l’épisode est documenté à la fois par les notices biographiques et par les dossiers d’archives des Archives départementales du Rhône et de la métropole de Lyon (plans des lieux, reconstitution).

Dans les nuits des 15–16 et 22–23 janvier 1943, ils mènent des sabotages ferroviaires sur les lignes Paris-Lyon et Lyon-Paris (Collonges-au-Mont-d’Or, puis secteur d’Anse/Pont-du-Diable).

Arrestation / évasion / déportation

Le 6 avril 1943, Paul Gachet est livré aux Allemands (avec André Desthieux) et transféré le 7 avril à la prison Montluc (Lyon).

Le tribunal de guerre allemand du « territoire militaire France Sud » les condamne à mort pour « assassinat du soldat Sommerschuh, deux attentats à la dynamite et mise en danger d’une exploitation de chemin de fer ».

Vers le 15 mai, ils sont transférés à Dijon ; Gachet est fusillé le 26 mai 1943 au stand de tir de Montmuzard, puis inhumé au cimetière des Péjoces (Dijon).

Camarades de combat

Le parcours de Gachet est étroitement lié à celui d’André DESTHIEUX (Villefranche-sur-Saône), compagnon d’armes exécuté le même jour à Dijon.

Les pièces conservées évoquent aussi la logistique partagée avec Bertin-Mourot autour du dépôt d’armes du 82, rue Sully.

Décorations

Médaille de la résistance à titre posthume par décret du 23 Février 1959

Aucune autre décoration n’a pu être confirmée dans les bases officielles consultées.

Lieux de mémoire

Une plaque commémorative honore Paul Gachet à Lyon (mémoire militante PCF/JC, activités et arrestation), rappelant son engagement et sa mort en 1943.

Dijon conserve la mémoire des fusillés du stand de Montmuzard et du carré militaire des Péjoces où furent inhumées les victimes des exécutions.

Références bibliographiques

  • Les Fusillés (1940-1944). Dictionnaire biographique des fusillés et exécutés par condamnation et comme otages et guillotinés en France pendant l’Occupation, dir. Claude Pennetier, Jean-Pierre Besse, Thomas Pouty, Delphine Leneveu, Éditions de l’Atelier, 2015. Ouvrage de référence, fruit d’une enquête collective, il rassemble des milliers de notices biographiques, contextualise les modes de répression (condamnations, otages, exécutions sommaires) et fournit pour chaque cas les sources primaires et secondaires mobilisées. Indispensable pour situer Paul Gachet parmi les fusillés de 1943.
  • Une ville dans la guerre. Lyon 1939-1945. Les collections du CHRD, CHRD/Éditions Fage, 2012. Catalogue de référence sur la guerre et la Résistance à Lyon : documents, objets, photos et témoignages éclairent les structures résistantes (FTPF, JC, réseaux), la répression (Montluc, Gestapo) et la topographie des actions en ville entre 1942 et 1944. Utile pour replacer les opérations du groupe Gachet-Desthieux dans l’espace lyonnais.
  • Résistance & déportation. Catalogue général de l’exposition permanente, Ville de Lyon – CHRD, 1997. Panorama des thématiques lyonnaises 1939-1945 : engagement politique, propagande clandestine, sabotages, prisons et exécutions. L’ouvrage fournit une lecture muséographique et documentaire des lieux, acteurs et temporalités des actions de la Résistance.

Références internet

Homonymes et risques de confusion signalés

À ne pas confondre avec Paul-Ferdinand Gachet (1828-1909), le médecin ami des impressionnistes, ni avec Paul Louis Lucien Gachet (1873-1962), son fils, tous deux présents dans les bases patrimoniales (BnF/Léonore).

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