La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Exécutions au « Bois du Roy » (Chevigny-Saint-Sauveur, août 1944)

À partir d’août 1944, les autorités d’occupation déplacent hors de la ville de Dijon une partie des exécutions capitales jusque-là pratiquées au stand de tir de Montmuzard.

Dans le bois dit « du Roy », sur le territoire de Chevigny-Saint-Sauveur, deux séquences sont formellement établies par les sources :

le 11 août 1944, les cheminots Julien Gogois et Pierre Souiller sont fusillés avec cinq hommes non identifiés ;

le 22 août 1944, le commandant FFI Gaston Portefaix et le capitaine Roger Jeannet sont exécutés.

Le Musée de la Résistance en ligne signale toutefois une divergence d’état civil pour Portefaix et Jeannet (date mentionnée au 20 ou 22 août 1944 selon les documents) ;

la stèle commémorative locale retient l’intervalle « du 11 au 22 août » et le chiffre de neuf patriotes exécutés. Les inhumations sont attestées au cimetière des Péjoces (Dijon), dans le carré des fusillés, après des dépôts provisoires.

Circonstances

L’été 1944 correspond en Côte-d’Or à un pic de répression alors que les maquis et les FFI se structurent en vue de la Libération.

La pratique des mises à mort hors du stand urbain de Montmuzard vise à dissimuler les exécutions et à les expédier en lisière de l’agglomération.

Le « Bois du Roy » s’inscrit dans cette logique d’août 1944, immédiatement antérieure à la libération de Dijon (11 septembre 1944).

Les victimes relèvent tant de l’action clandestine (cheminots résistants) que de l’encadrement FFI (état-major départemental), après arrestation à Dijon et garde à vue par les services allemands (Sipo-SD/Gestapo).

Acteurs et figures marquantes

Côté allemand, la police de sûreté (Sipo-SD, dite Gestapo) conduit les arrestations, interrogatoires et transferts ; l’exécution est opérée par des éléments allemands sur le site forestier.

Côté Résistance, sont identifiés :

  • Julien Gogois, cheminot-serrurier résistant,
  • Pierre Souiller, agent SNCF, fusillés le 11 août ;
  • Gaston Portefaix, chef FFI de la 6e région (Côte-d’Or et Saône-et-Loire),
  • Roger Jeannet, instituteur, officier FFI (« capitaine Brune »), fusillés le 22 août.

Les notices du Musée donnent pour chacun des quatre identifiés les renvois aux dossiers « Mort pour la France » du Service historique de la Défense (séries GR 16 P / AC 21 P).

Victimes

Le bilan localement stabilisé est de neuf exécutés entre le 11 et le 22 août 1944 : Julien Gogois (identifié, FFI/FTPF), Pierre Souiller (identifié, FFI/SNCF), cinq hommes non identifiés (11 août) et, le 22 août, Gaston Portefaix (chef FFI 6e région) et Roger Jeannet (capitaine « Brune », FFI).

Les éléments biographiques disponibles mentionnent pour Gogois et Souiller leur appartenance aux FFI et leur inhumation au carré des fusillés des Péjoces ; pour Portefaix et Jeannet, leur rôle d’encadrement FFI, la décision postérieure « Mort pour la France » et la persistance de variantes de date (20/22 août) selon les actes.

Survivants

L’événement est, par nature, une série d’exécutions sur site ; les « survivances » se lisent dans les parcours des proches et des témoins, ainsi que dans les dossiers de reconnaissance et de mentions honorifiques établis après-guerre, conservés en cotes GR/AC au SHD et rappelés par les notices muséales.

Conséquences

À court terme, ces exécutions participent d’une stratégie d’intimidation durant les semaines qui précèdent la libération du département ; elles n’entravent pas la montée en puissance des FFI.

À moyen terme, les dossiers de reconnaissance (statut « Mort pour la France ») et la construction mémorielle (stèle du Bois du Roy, inscriptions aux monuments communaux, carrés militaires) fixent l’événement dans la mémoire civique locale et départementale, aux côtés des exécutions de Montmuzard.

Mémoire et lieux commémoratifs

La stèle des fusillés, située à Chevigny-Saint-Sauveur (allée des Martyrs de la Résistance), rappelle la chronologie d’août 1944 et énumère les quatre identités connues, complétées par « 5 inconnus ».

Les parcours de mémoire municipaux et départementaux intègrent ce site avec Montmuzard et le carré des fusillés des Péjoces ; les synthèses locales et départementales de 2024-2025 (80e anniversaire) réaffirment la place du Bois du Roy dans les dernières semaines de l’Occupation.

Appellations et variantes

Les sources utilisent « Bois du Roy » (orthographe majoritaire) et, sur certains supports, « Bois du Roi » ; le lieu-dit « La Forêt » est indiqué dans les notices individuelles. Divergences de date relevées pour Gaston Portefaix et Roger Jeannet (20 août sur certaines pièces d’état civil, 22 août sur d’autres et dans les synthèses) : l’incertitude est signalée explicitement par le Musée de la Résistance en ligne ; la notice du Maitron retient pour l’ensemble « août 1944 ».

Références bibliographiques

  • Dictionnaire biographique des fusillés et exécutés (1940-1944), dir. Claude Pennetier, Jean-Pierre Besse, Thomas Pouty, Delphine Leneveu, Éditions de l’Atelier, 2015. Ouvrage collectif de référence qui articule notices biographiques et lieux d’exécution, avec adossement systématique aux côtes du SHD (GR 16 P / AC 21 P) et aux mémoriaux locaux ; cadre critique indispensable pour situer la séquence d’août 1944 en Côte-d’Or.
  • Côte-d’Or libérée !, Archives départementales de la Côte-d’Or (catalogue d’exposition), 2024-2025. Catalogue et dossier scientifique consacrés aux derniers mois de l’Occupation et à la Libération ; replacent les exécutions de l’été 1944 (dont Chevigny-Saint-Sauveur) dans la chronologie répressive et mémorielle départementale.
  • Patrimoine – Résistance et répression dans Dijon occupé (1940-1944), Ville de Dijon, 2024. Parcours historique et cartographique municipal ; situe les lieux de répression (Montmuzard, Péjoces) et les sites périphériques d’août 1944, utiles pour comprendre le déplacement des exécutions vers les bois environnants. calameo.com

Références internet

Divergences signalées

Dates d’exécution de Gaston Portefaix et Roger Jeannet : 20 août 1944 (sur certaines mentions d’état civil) versus 22 août 1944 (sur d’autres documents et sur les synthèses muséales). L’incertitude est conservée telle quelle par le Musée de la Résistance en ligne ; la stèle et le Maitron encadrent l’ensemble entre les 11 et 22 août 1944.

Avertissement sur homonymies
Les patronymes Portefaix/Jeannet sont courants en documentation locale ; l’identification repose ici sur les notices croisées (Musée de la Résistance en ligne) et leurs références SHD (GR/AC) pour éviter toute confusion.

Lettre d'information

Les derniers PDF

AG MVR 2025

Messe de la France Libre en Hommage au Général De Gaulle à l’occasion du 55eme anniversaire de sa mort

Cérémonie Commémorative LA CROIX VALMER – Square du Souvenir – 15 AOUT 2025

MARSEILLE-FETE-DU-14-JUILLET-2025

Commémoration de la Bataille de Bir Hakeim

CEREMONIE-COMMEMORATIVE-DU-8-MAI-1945-A-MARSEILLE

Appel à cotisation 2025

RAPPORT AG MVR 13 DECEMBRE 2024