François Henri DUJARIER, né le16 Mars 1898en un lieu non retrouvés lors des présentes recherches, mort à une date et en un lieu non retrouvés, français.
L’état civil d’Henri Dujarier n’a pas pu être établi avec certitude. Les sources institutionnelles et mémorielles accessibles ne précisent ni sa date et son lieu de naissance, ni sa filiation, ni sa formation, ni sa profession avant la Seconde Guerre mondiale.
Cette lacune interdit de lui attribuer une identité relevée dans les fichiers civils sur la seule base du patronyme. Aucun rapprochement avec un homonyme ne peut être retenu sans document nominatif mentionnant simultanément son appartenance au réseau de Michel Hollard.
Engagement dans la Résistance
Henri Dujarier appartint à l’organisation clandestine constituée par Michel Hollard pour recueillir et transmettre au Secret Intelligence Service britannique des renseignements militaires sur les forces allemandes et, à partir de 1943, sur les installations liées aux armes V. Le nom de « réseau AGIR » fut surtout employé après la guerre ; pendant l’Occupation, Michel Hollard était identifié par les Britanniques sous le code Z 165 et son organisation ne portait pas nécessairement cette désignation dans l’usage quotidien.
La plaque commémorative du 176, rue du Faubourg-Saint-Denis, à Paris, qualifie Henri Dujarier de « chargé de mission » du réseau. Cette fonction indique qu’il appartenait à l’encadrement opérationnel proche de Michel Hollard, mais les sources publiques consultées ne définissent pas précisément son secteur, ses contacts, ses itinéraires ou la nature habituelle de ses missions.
Son engagement est donc certain, mais son entrée dans le réseau, ses éventuels pseudonymes et ses premières activités clandestines demeurent inconnus.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Henri Dujarier appartenait au réseau de renseignement dirigé par Michel Hollard, communément appelé réseau AGIR. Cette organisation travaillait directement pour le renseignement britannique et fonctionnait largement par relations personnelles, sans recourir systématiquement à la radio ou au téléphone, jugés trop dangereux par Hollard. Elle collectait des informations sur les unités allemandes, les transports militaires, les ouvrages défensifs et les installations de lancement des bombes volantes V1.
Dujarier faisait partie du groupe rapproché de chargés de mission autour de Hollard. Il est cité avec Joseph Legendre et Jules Mailly parmi les agents présents lors de l’arrestation collective du 5 février 1944. Les sources ne permettent toutefois pas de déterminer s’il possédait un grade homologué, s’il dirigeait un secteur territorial ou s’il intervenait principalement comme agent de liaison.
Missions et actions
Les missions individuelles d’Henri Dujarier ne sont pas décrites dans les ressources institutionnelles consultées. Son titre de chargé de mission laisse supposer une activité de confiance impliquant des liaisons, des rendez-vous, la transmission de renseignements ou la coordination d’agents, mais aucune de ces fonctions particulières ne doit être affirmée sans pièce nominative.
Le contexte général du réseau est, en revanche, bien établi. AGIR recueillit des renseignements sur de nombreuses installations allemandes, notamment les sites de lancement de V1 aménagés dans le nord de la France. Ces informations furent acheminées vers les Britanniques en Suisse et contribuèrent à l’identification puis au bombardement des installations dans le cadre des opérations alliées contre les armes V.
Henri Dujarier appartenait donc à une organisation dont l’activité eut une importance stratégique reconnue, sans qu’il soit possible, dans l’état actuel de la documentation accessible, d’attribuer personnellement à Dujarier la reconnaissance d’un site, la collecte d’un plan ou le transport d’un rapport déterminé.
Arrestation / évasion / déportation
Henri Dujarier fut arrêté par la Gestapo le 5 février 1944 au Café des Chasseurs, situé au 176, rue du Faubourg-Saint-Denis, dans le 10e arrondissement de Paris. Michel Hollard, Joseph Legendre et Jules Mailly furent arrêtés au même rendez-vous. Madeleine Boulanger, Lucien François et Robert Rubenach échappèrent au coup de filet parce qu’ils arrivèrent avec quelques minutes de retard.
Les prisonniers furent interrogés puis détenus à la prison de Fresnes. Une source secondaire détaillée consacrée à Michel Hollard affirme qu’Henri Dujarier et Joseph Legendre obtinrent leur libération environ trois mois après leur arrestation. Cette information est reprise par plusieurs synthèses, mais aucun registre d’écrou, dossier judiciaire ou document policier nominatif n’a été retrouvé dans les sources institutionnelles accessibles au cours des présentes recherches. Elle est donc retenue avec réserve.
Henri Dujarier ne figure pas sur la plaque parisienne comme mort en déportation, contrairement à Jules Mailly. La documentation mémorielle permet en outre d’établir qu’il était vivant après la guerre : il aurait fait apposer dès 1946 une première plaque commémorative à l’ancien poste de commandement du réseau, au 207, rue de Bercy.
Aucune déportation d’Henri Dujarier n’est donc établie. Son parcours entre sa libération présumée et la Libération de Paris n’a pas été retrouvé.
Camarades de combat
Michel Hollard fut le fondateur et le chef de l’organisation. Il centralisait les renseignements recueillis par ses agents et les transmettait aux Britanniques au cours de passages clandestins en Suisse. Arrêté le même jour qu’Henri Dujarier, il fut détenu à Fresnes puis déporté à Neuengamme.
Joseph Legendre, également présenté comme chargé de mission, fut arrêté avec Dujarier et Hollard. Une source secondaire indique qu’il aurait été libéré dans les mêmes conditions que Dujarier environ trois mois plus tard.
Jules Mailly appartenait au même groupe. Arrêté lors du rendez-vous du 5 février 1944, il fut déporté et mourut à Mauthausen le 1er juin 1944, fait expressément rappelé par la plaque du Café des Chasseurs.
Madeleine Boulanger, Lucien François et Robert Rubenach devaient également participer au rendez-vous, mais évitèrent l’arrestation en raison de leur retard.
Olivier Giran fut un autre cadre important du réseau. Arrêté puis exécuté en 1943, il compte parmi les agents morts au service de l’organisation.
Retour à la vie civile
La présence d’Henri Dujarier lors de l’installation d’une première plaque commémorative en 1946 permet de conclure qu’il survécut à l’Occupation. Cette initiative mémorielle concernait l’ancien poste de commandement du réseau situé au 207, rue de Bercy, à Paris, et les agents morts entre 1943 et 1945.
Aucun renseignement fiable n’a été retrouvé sur sa profession après-guerre, son domicile, ses responsabilités associatives, sa situation familiale ou la date de son décès. Il est possible qu’il ait participé aux activités mémorielles ou à la liquidation administrative du réseau, mais aucune source nominative accessible ne permet de le confirmer au-delà de l’initiative commémorative de 1946.
Décorations
Médaille de la Résistance par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 Source Ordre de la Libération Côte du dossier : 1O20700
Aucune autre décoration attribuée nominativement à Henri Dujarier n’a été retrouvée dans les sources institutionnelles consultées.
Aucune décoration ne doit donc lui être attribuée sans consultation d’un décret, d’un dossier d’homologation, d’un état de services ou d’un diplôme nominatif.
Lieux de mémoire
Le 176, rue du Faubourg-Saint-Denis, à Paris, constitue le principal lieu de mémoire directement associé à Henri Dujarier. Une plaque apposée à l’emplacement de l’ancien Café des Chasseurs rappelle l’arrestation, le 5 février 1944, de Michel Hollard, Joseph Legendre, Henri Dujarier et Jules Mailly.
Le 207, rue de Bercy, à Paris, correspond à l’ancien poste de commandement du réseau. Une plaque y commémore les membres d’AGIR morts pendant la guerre. Une première plaque aurait été mise en place dès 1946 à l’initiative d’Henri Dujarier.
La prison de Fresnes est liée à sa détention après l’arrestation du 5 février 1944. Aucun lieu d’internement ultérieur n’a été identifié.
Aucune rue, place ou institution portant spécifiquement son nom n’a été retrouvée. Aucune photographie individuelle authentifiée n’a été identifiée dans les bases consultées.
Références bibliographiques
George Martelli, The Man Who Saved London: The Story of Michel Hollard, D.S.O., Croix de Guerre, Londres, Hodder and Stoughton, 1961. Cette biographie de Michel Hollard constitue l’un des principaux récits consacrés à la formation, aux agents et aux opérations du réseau. Elle apporte le contexte général nécessaire à l’étude d’Henri Dujarier, même si celui-ci n’y fait pas l’objet d’une biographie autonome.
George Martelli, L’Homme qui a sauvé Londres. Michel Hollard, le héros méconnu, Paris, Les Arènes, 2016. Traduction et réédition française de l’ouvrage consacré à Michel Hollard. Le livre retrace les passages en Suisse, la collecte des renseignements sur les V1, l’arrestation du 5 février 1944 et la déportation du chef du réseau.
Michel Hollard, Un homme traqué, Paris, Éditions du Seuil, 1968. Témoignage de Michel Hollard sur son activité clandestine, le fonctionnement de son organisation, les passages de frontière, les agents du réseau et la répression. Cet ouvrage constitue une source de première main, mais doit être confronté aux archives et aux travaux postérieurs.
Emmanuel Debono, « Hollard Michel et le réseau Agir », dans La Résistance en Île-de-France, Paris, Association pour des études sur la Résistance intérieure, DVD-ROM, 2004. Cette synthèse historique est citée par le Musée de la Résistance en ligne dans les notices relatives au réseau et à sa mémoire parisienne.
Jean-Pierre Azéma et François Bédarida, dir., La France des années noires, Paris, Éditions du Seuil, 1993, 2 volumes. Cet ouvrage collectif ne traite pas spécifiquement d’Henri Dujarier, mais il fournit le cadre historique du renseignement clandestin, de la répression allemande et des réseaux liés aux services britanniques.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne. La page « Plaque en hommage à Michel Hollard, chef du réseau Agir » reproduit et décrit la plaque du 176, rue du Faubourg-Saint-Denis. Elle identifie Henri Dujarier et Joseph Legendre comme chargés de mission arrêtés avec Michel Hollard le 5 février 1944 et rappelle le décès de Jules Mailly à Mauthausen.
https://museedelaresistanceenligne.org/media5092-Plaque-en-hommage-Michel-Hollard-chef-du-rseau-Agir
Mémoire Vive de la Résistance. La notice thématique « Réseau AGIR » replace Henri Dujarier dans l’organisation de Michel Hollard et confirme son arrestation du 5 février 1944. Elle apporte également le contexte général relatif aux agents, aux pertes et à la mémoire du réseau. https://mvr.asso.fr/reseau-agir/
Christian Ch. — Michel Hollard. Cette étude biographique consacrée à Michel Hollard fournit une synthèse détaillée de l’arrestation, de la détention des agents et de la mémoire du réseau. Elle indique qu’Henri Dujarier et Joseph Legendre auraient été libérés environ trois mois après leur arrestation et que Dujarier fit apposer une première plaque commémorative en 1946. Ces informations demeurent à recouper par des archives nominatives.
https://www.christianch.ch/index.php/geschichte/michel-hollard
Christian Ch. — plaque du Café des Chasseurs. Cette page reproduit la plaque commémorative parisienne rappelant l’arrestation de Michel Hollard, Joseph Legendre, Henri Dujarier et Jules Mailly.
https://www.christianch.ch/images/history/hollard/widerstand/mh_gedenktafel1_1.htm
Wikipédia anglophone — Réseau AGIR. Cette synthèse fournit une bibliographie de sources primaires et secondaires relatives à Michel Hollard et à son organisation, notamment les témoignages conservés aux Archives nationales. Les informations nominatives concernant Henri Dujarier ont été utilisées uniquement lorsqu’elles concordaient avec les sources mémorielles institutionnelles. https://en.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_AGIR
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote nominative de la sous-série SHD GR 16 P n’a été identifiée avec certitude pour Henri Dujarier lors des présentes recherches.
Aucun dossier individuel d’agent de renseignement et d’action, de membre des Forces françaises combattantes ou de combattant volontaire de la Résistance n’a pu être consulté directement.
L’organisation de Michel Hollard a fait l’objet d’une homologation et d’une liquidation administrative après la guerre. Les témoignages recueillis en 1949 et 1950 sur Michel Hollard et plusieurs agents sont conservés aux Archives nationales, mais aucune référence nominative propre à Henri Dujarier n’a été localisée dans les inventaires accessibles.
Une recherche archivistique complémentaire devrait porter sur les fonds de liquidation du réseau AGIR, les dossiers de la Direction générale des études et recherches, les archives de la prison de Fresnes et les dossiers des agents de renseignement et d’action.
Observations
L’identité civile d’Henri Dujarier demeure non résolue. Aucun prénom complémentaire, profession ou domicile n’a été retrouvé dans une source institutionnelle accessible.
Son titre de « chargé de mission » est attesté par la plaque commémorative. Il ne permet toutefois pas, à lui seul, de lui attribuer un grade militaire ou une fonction territoriale déterminée.
Son arrestation le 5 février 1944 est certaine. La détention à Fresnes et la libération environ trois mois plus tard sont mentionnées dans une étude biographique secondaire, mais demandent encore un contrôle par les registres pénitentiaires ou un dossier administratif.
La présence d’Henri Dujarier lors de la pose d’une première plaque en 1946 constitue l’indice le plus solide de sa survie. Aucun renseignement fiable n’a été retrouvé sur son devenir ultérieur.
Indice de fiabilité de la notice Niveau C —L’appartenance d’Henri Dujarier au réseau de Michel Hollard, sa qualité de chargé de mission, son arrestation le 5 février 1944 et sa survie après la guerre sont établies par plusieurs sources mémorielles concordantes. En revanche, son état civil, sa profession, ses missions personnelles, les circonstances documentées de sa libération, son dossier d’homologation et son parcours après 1946 n’ont pas été retrouvés.
Chronologie
| Date | Événement |
| Date non retrouvée | Naissance d’Henri Dujarier. |
| Avant février 1944 | Entrée dans l’organisation de Michel Hollard comme chargé de mission. |
| 1943-1944 | Activité au sein du réseau de renseignement travaillant pour le Secret Intelligence Service britannique. |
| 5 février 1944 | Arrestation au Café des Chasseurs, 176, rue du Faubourg-Saint-Denis à Paris, avec Michel Hollard, Joseph Legendre et Jules Mailly. |
| Février 1944 | Interrogatoire et détention à la prison de Fresnes. |
| Vers mai 1944 | Libération présumée avec Joseph Legendre, selon une source secondaire. |
| 1946 | Participation à la pose d’une première plaque au 207, rue de Bercy, ancien poste de commandement du réseau. |
| Après 1946 | Parcours non retrouvé. |
Sources consultées
Musée de la Résistance en ligne, « Plaque en hommage à Michel Hollard, chef du réseau Agir ». Cette source a confirmé la qualité de chargé de mission d’Henri Dujarier, son arrestation avec Michel Hollard et Joseph Legendre le 5 février 1944 et la présence de Jules Mailly lors du même épisode.
https://museedelaresistanceenligne.org/media5092-Plaque-en-hommage-Michel-Hollard-chef-du-rseau-Agir
Mémoire Vive de la Résistance, « Réseau AGIR ». Cette notice thématique a replacé Henri Dujarier dans l’histoire générale de l’organisation, confirmé son arrestation et fourni des renseignements sur la répression, les victimes et les lieux de mémoire du réseau. https://mvr.asso.fr/reseau-agir/
Christian Ch., « Michel Hollard ». Cette étude a fourni les informations relatives à la détention de Dujarier et Joseph Legendre, à leur libération présumée environ trois mois après l’arrestation et à l’installation d’une première plaque commémorative par Dujarier en 1946.
https://www.christianch.ch/index.php/geschichte/michel-hollard
Christian Ch., page consacrée à la plaque de l’ancien Café des Chasseurs. Cette source a reproduit l’inscription rappelant l’arrestation de Michel Hollard, Joseph Legendre, Henri Dujarier et Jules Mailly.
https://www.christianch.ch/images/history/hollard/widerstand/mh_gedenktafel1_1.htm
Wikipédia anglophone, « Réseau AGIR ». Cette synthèse a été utilisée pour repérer les témoignages de Michel Hollard et d’autres agents conservés aux Archives nationales, ainsi que pour le contexte général du fonctionnement du réseau. Les informations propres à Henri Dujarier n’ont été retenues que lorsqu’elles concordaient avec les sources mémorielles institutionnelles.
https://en.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_AGIR