La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme la plus courante dans les sources consultées est réseau Agir. Une variante archivistique explicite apparaît au Service historique de la Défense sous la forme « Réseau Agir ou Jacques Plouche ». Plusieurs sources mémorielles indiquent en outre que l’appellation Agir est surtout celle retenue après-guerre lors de l’homologation du réseau. La catégorie historiquement la mieux attestée est celle de réseau de renseignement.

Création du réseau

Le réseau est créé en 1941 par Michel Hollard. Les sources mémorielles consultées situent la genèse du réseau dans le prolongement direct du voyage clandestin de Hollard à Berne, Suisse, où il est reçu à l’ambassade britannique le 22 mai 1941 puis chargé d’une mission de renseignement sur les unités ennemies en zone occupée. De retour à Paris, France, il constitue progressivement une organisation clandestine de collecte d’informations militaires qui prendra après-guerre le nom d’AGIR.

Organisation interne

Le fonctionnement attesté est celui d’un réseau clandestin de renseignement centré sur Michel Hollard. Les agents collectent des renseignements dans plusieurs centres urbains ; Hollard centralise ensuite ces informations et les transporte lui-même vers Berne, Suisse. Le réseau ne dispose pas de liaison radio selon les sources mémorielles consultées ; son chef assure donc personnellement la transmission vers les Britanniques, d’abord par l’ambassade britannique à Berne, puis, à partir de la fin de l’année 1942, pour le compte de l’Intelligence Service. Le SHD conserve par ailleurs des dossiers d’agents classés par catégories 0, P1 et P2, ce qui confirme une structuration administrative et hiérarchisée au moment de l’homologation.

Actions menées pendant la Résistance

L’activité principale attestée est le renseignement militaire. Le réseau recueille des informations sur les unités allemandes, leurs déplacements et certaines installations stratégiques.

En 1943, AGIR joue un rôle majeur dans l’identification de nombreux chantiers allemands qui se révèlent être des sites de lancement de V1.

La Fondation de la Résistance rappelle que les renseignements fournis par Michel Hollard et son réseau sur les sites orientés vers l’Angleterre permettent leur bombardement systématique par la RAF dans le cadre de l’opération Crossbow à partir de la fin de décembre 1943. Un agent identifié, Simone Boirel, transmet par exemple des renseignements sur les déplacements allemands le long de la nationale 7 depuis Pierrelatte, Drôme, France.

 Les sources relatives à Robert Desnos confirment également qu’il fournit des renseignements et aide des personnes en danger au sein d’AGIR ; une autre source de la Fondation de la Résistance précise qu’il y fabrique notamment de faux papiers.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le lien principal attesté est celui avec les services britanniques. Le réseau naît du contact de Michel Hollard avec l’ambassade britannique à Berne, Suisse, puis travaille pour l’Intelligence Service à partir de la fin de 1942.

La documentation du SHD classe AGIR parmi les réseaux relevant des services britanniques. En revanche, les sources consultées n’ont pas permis d’établir avec certitude une coordination organique durable avec un mouvement français unifié de type MUR ou FFI avant le démantèlement de 1944.

Une source mémorielle signale seulement, à titre individuel, que Robert Desnos agit parallèlement avec un groupe lié à Combat, ce qui ne suffit pas à prouver une fusion ou une subordination du réseau AGIR à ce mouvement.

Chefs et figures marquantes

Michel Hollard fonde et dirige le réseau. Il organise la collecte des renseignements, assure lui-même leurs transmissions vers Berne, Suisse, puis vers les Britanniques, et consacre une large part de son activité de 1943 à la localisation des sites de V1. Arrêté le 5 février 1944 à Paris, France, torturé puis emprisonné à Fresnes, il est déporté à Neuengamme, Allemagne, survit à la déportation et meurt le 16 juillet 1993 à Gorniès, Hérault, France.

Simone Boirel est identifiée comme agent P2 et chef de service pour missions spéciales. Depuis Pierrelatte, Drôme, France, elle observe les déplacements allemands et transmet ses renseignements à Michel Hollard. Arrêtée le 21 novembre 1943, détenue à Limoges, Haute-Vienne, France, elle est libérée par les FFI le 22 août 1944.

Robert Desnos appartient au réseau AGIR et y fournit des renseignements ; les sources consultées lui attribuent aussi des activités de secours et, selon la Fondation de la Résistance, de fabrication de faux papiers. Il est arrêté le 22 février 1944, déporté, puis meurt du typhus le 8 juin 1945 à Terezín, Tchécoslovaquie.

Olivier Giran est présenté par le Maitron comme l’adjoint de Michel Hollard. Une source du Musée de la Résistance en ligne le désigne comme membre du réseau AGIR, abattu par la Gestapo à Angers, Maine-et-Loire, France, le 16 avril 1943.

Joseph Legendre et Henri Dujarier apparaissent dans la mémoire publique du réseau comme des chargés de mission arrêtés avec Michel Hollard le 5 février 1944 à Paris, France.

Jules Mailly est associé au même épisode ; la plaque mémorielle consultée précise qu’il est déporté et meurt à Mauthausen, Autriche, le 1 juin 1944.

Victimes et morts

Les sources consultées attestent plusieurs pertes certaines.

Olivier Giran est abattu par la Gestapo à Angers, Maine-et-Loire, France, le 16 avril 1943.

Jules Mailly meurt en déportation à Mauthausen, Autriche, le 1 juin 1944.

Robert Desnos meurt du typhus à Terezín, Tchécoslovaquie, le 8 juin 1945. Le Musée de la Résistance en ligne signale en outre une stèle au 207, rue de Bercy, Paris, France, en mémoire de l’ancien poste de commandement et des membres du réseau AGIR morts en déportation, sans que la liste complète des noms soit fournie dans la source consultée.

Survivants identifiés

Les survivants identifiés avec certitude dans les sources exploitées sont Michel Hollard, rescapé de Neuengamme et du naufrage du Cap Arcona, et Simone Boirel, libérée le 22 août 1944. Le corpus consulté permet aussi d’établir que d’autres agents ont survécu, mais sans toujours fournir un niveau de détail suffisant pour une identification nominative sûre dans le cadre de cette fiche.

Fin du réseau

Le réseau est gravement atteint au début de 1944. Les sources mémorielles évoquent un contexte d’infiltration à l’automne 1943, puis l’arrestation de Michel Hollard le 5 février 1944 et celle de Robert Desnos le 22 février 1944. Ces arrestations marquent le démantèlement opérationnel d’AGIR. Les archives du SHD montrent néanmoins que l’existence administrative du réseau se prolonge dans l’après-guerre au titre de l’homologation et de la liquidation, ce qui explique la présence de dossiers couvrant les années 1943-1947 ou 1940-1945 selon les inventaires consultés.

Conséquences et mémoire

L’impact stratégique du réseau est surtout lié au renseignement sur les V1. La Fondation de la Résistance souligne que les informations transmises par Michel Hollard et AGIR sur les sites de lancement ont permis les bombardements de l’opération Crossbow et qu’au début de 1944 une grande partie de ces rampes était déjà hors d’usage ; la même source rappelle qu’Eisenhower a considéré qu’Overlord aurait été compromis si ces armes avaient été pleinement opérationnelles.

La mémoire d’AGIR demeure matérialisée par une stèle au 207, rue de Bercy, Paris, France, à l’emplacement de l’ancien PC, et par une plaque rappelant l’arrestation du 5 février 1944 au 176, rue du Faubourg-Saint-Denis, Paris, France.

Références bibliographiques

George Martelli, L’Homme qui a sauvé Londres. Michel Hollard, le héros méconnu, Paris, Les Arènes, 2016. Cet ouvrage est explicitement cité dans la notice consacrée à Simone Boirel sur le Musée de la Résistance en ligne et éclaire à la fois le chef du réseau et plusieurs agents.

Emmanuel Debono, “Hollard Michel (1897-1993) et le réseau Agir”, in DVD-ROM La Résistance en Ile-de-France, AERI, 2004. Cette référence est directement mentionnée par le Musée de la Résistance en ligne dans les notices mémorielles consultées.

Marie-Claire Dumas, “Robert Desnos”, in DVD-ROM La Résistance en Ile-de-France, AERI, 2004-2005. La notice du Musée de la Résistance en ligne relative à Robert Desnos en reprend les éléments biographiques sur son engagement dans AGIR et son arrestation.

André Souyris-Rolland, Guide des ordres et décorations de la Résistance et de la Libération, Public-Réalisations, 1985. Cet ouvrage est cité dans une notice du Musée de la Résistance en ligne mobilisée ici pour un recoupement nominatif concernant Olivier Giran.

Maitron, notice d’organisation “réseau Agir”, base prosopographique en ligne, édition patrimoniale. La notice existe bien dans le Maitron et confirme l’existence historique du réseau.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne. Notice “Stèle en mémoire des membres du réseau Agir”, utilisée pour l’historique général du réseau, sa création, son fonctionnement, ses missions et sa mémoire.   https://museedelaresistanceenligne.org/media5113-Stle-en-mmoire-des-membres-du-rseau-Agir

Musée de la Résistance en ligne. Notice “Plaque en hommage à Michel Hollard, chef du réseau Agir”, utilisée pour les arrestations du 5 février 1944 et le décès de Jules Mailly.   https://museedelaresistanceenligne.org/media5092-Plaque-en-hommage-Michel-Hollard-chef-du-rseau-Agir

Musée de la Résistance en ligne. Notice nominative “Simone BOIREL”, utilisée pour l’organisation locale du réseau dans la Drôme et le parcours d’une agente P2.   https://www.museedelaresistanceenligne.org/personnedetail.php?id=14541

Fondation de la Résistance. Lettre de la Fondation de la Résistance n° 116, utilisée pour l’impact stratégique des renseignements d’AGIR sur les V1 et l’opération Crossbow.  https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/LettreResistance116.pdf

Service historique de la Défense. Inventaire “Réseaux Buckmaster” et notice “Réseau Agir ou Jacques Plouche”, utilisés pour la désignation archivistique et la typologie des dossiers conservés. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/35900 et https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/35897

Sources consultées vérification le 15 mars 2026,

Maitron Résistance, résultat exploitable : notice d’organisation “réseau Agir” et notices nominatives liées au réseau.

Fondation de la Résistance, résultats exploités pour le rôle stratégique du réseau et pour Robert Desnos.

Musée de la Résistance en ligne, résultats exploités pour l’histoire générale du réseau, sa mémoire et plusieurs parcours individuels.

Mémoire des Hommes, sans résultat directement exploitable dans les recherches en ligne effectuées sur le réseau lui-même.

Ordre de la Libération, sans notice exploitable directement consacrée au réseau AGIR ou à Michel Hollard dans les résultats retrouvés.

Gallica, sans résultat directement exploitable sur le réseau AGIR dans les recherches menées.

Service historique de la Défense, résultat exploitable : inventaires relatifs au “Réseau Agir ou Jacques Plouche”.

FranceArchives, résultats exploités pour le repérage de fonds et de témoignages relatifs au réseau AGIR.

Sites d’associations mémorielles locales, consultation ponctuelle non retenue dans la rédaction finale faute de niveau de recoupement suffisant au regard des sources principales.

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