Albert Ferdinand Marie Jean de SEGUIN de REYNIÈS est né le 24 août 1900 au château d’Arry, en Lorraine annexée (Moselle).
Il a disparu le 6 mai 1944 à Grenoble (Isère), après son arrestation par la Gestapo. Son corps n’a jamais été retrouvé.
Issu d’une famille noble et militaire, Albert de SEGUIN de REYNIÈS est le fils d’un officier de chasseurs alpins.
Son enfance se déroule dans diverses garnisons alpines, notamment à Nice et Grenoble. Il entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1918, dans la promotion dite « de la Victoire ».
À sa sortie, il est affecté aux troupes d’occupation en Allemagne, puis participe à des opérations au Maroc en 1923, où il est cité pour sa conduite au combat d’El Mers.
Il poursuit sa carrière militaire au sein des chasseurs alpins, notamment au 27e BCA à Annecy, et est admis à l’École supérieure de guerre en 1929.
Engagement dans la Résistance
Après la défaite de 1940, Albert de SEGUIN de REYNIÈS est affecté à la commission d’armistice de Wiesbaden.
En mars 1942, il prend le commandement du 6e bataillon de chasseurs alpins (BCA) à Grenoble.
Suite à la dissolution de l’armée d’armistice en novembre 1942, il incite ses hommes à rester en contact et commence à cacher du matériel militaire pour une reprise future du combat.
Il rejoint l’Organisation de résistance de l’armée (ORA) en mai 1943, puis l’Armée secrète (AS), devenant chef départemental de l’Isère en décembre 1943.
Sous les pseudonymes de « Roland » puis « Sylvain », Albert DE SEGUIN DE REYNIÈS coordonne les maquis de l’Isère, organise des caches d’armes et forme des unités combattantes.
Il établit le camp de Malleval dans le Vercors, destiné à reconstituer le 6e BCA. Ce camp est attaqué et détruit par les Allemands le 29 janvier 1944, entraînant de lourdes pertes.
Malgré cet échec, il continue à structurer la Résistance dans la région, préparant les maquis aux grandes manœuvres précédant la Libération.
Le 6 mai 1944, Albert DE SEGUIN DE REYNIÈS est arrêté à Grenoble, place Verdun, après avoir été dénoncé par René Tyrolle, un ancien du 6e BCA passé à la Milice.
Il est interrogé par la Sipo-SD à l’hôtel Gambetta. Les rapports d’interrogatoire retrouvés après la Libération indiquent qu’il n’a livré aucune information utile à l’ennemi. Il est déclaré mort dans sa cellule vers minuit, mais son corps n’a jamais été retrouvé.
Camarades de combat
Parmi ses camarades de combat figurent le général André Laffargue, le commandant Marcel Descour, le capitaine Alain Le Ray, le capitaine Pierre Tanant et le capitaine Hirschauer.
Décorations
Chevalier de la Légion d’honneur,
Croix de guerre 1939-1945
Médaille de la Résistance Française avec Rosette à titre posthume par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 source Ordre de la Libération
Côte du dossier : 1O57646
Rues ou lieux de mémoire
Une plaque lui est consacrée à la nécropole de Saint-Nizier-du-Moucherotte dans le Vercors (Isère), ainsi qu’à l’Hôtel des troupes de montagne, place de Verdun à Grenoble. La caserne militaire de Varces porte le nom de “Quartier CBA de Reyniès”.
Références bibliographiques
Le commandant Albert de Seguin de Reyniès, officier de France, par Pierre Belledonne, Imprimerie Prudhomme, Grenoble, 1950. Cet ouvrage retrace la vie et l’engagement d’Albert DE SEGUIN DE REYNIÈS, mettant en lumière son rôle dans la Résistance et son sacrifice.
Albert de Seguin de Reyniès. La patrie jusqu’au bout, par Ariane Pinauldt, Éditions du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, 2019. Ce livre offre une biographie détaillée d’Albert DE SEGUIN DE REYNIÈS, illustrée de documents d’archives et de témoignages, soulignant son engagement total pour la France.
Le commandant Albert de Seguin de Reyniès, un chef résistant disparaît, par Pierre Giolitto, Alzieu Éditions, 2007. L’auteur explore les circonstances de la disparition d’Albert DE SEGUIN DE REYNIÈS, analysant son rôle dans la Résistance et les enjeux de son arrestation.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne : https://museedelaresistanceenligne.org/media6315-Albert-de-Seguin-de-Reynis
Biographie et photographie d’Albert DE SEGUIN DE REYNIÈS, chef de l’Armée secrète unifiée de l’Isère jusqu’à sa disparition en mai 1944.
Theatrum Belli : https://theatrum-belli.com/in-memoriam-lieutenant-colonel-albert-de-seguin-de-reynies-decede-le-6-mai-1944/
Hommage au lieutenant-colonel Albert DE SEGUIN DE REYNIÈS, détaillant sa carrière militaire et son engagement dans la Résistance.
La Dépêche : https://www.ladepeche.fr/2024/05/12/tout-le-village-de-reynies-uni-pour-honorer-albert-de-seguin-11945313.php
Article sur la commémoration organisée par le village de Reyniès en l’honneur d’Albert DE SEGUIN DE REYNIÈS, 80 ans après sa disparition.
Albert DE SEGUIN DE REYNIÈS, chef de l’Armée secrète unifiée de l’Isère. Source : Musée de la Résistance en ligne
