Jean Marcellin de la Olla, né le 24 mars 1905 à Alger (Algérie), mort le 9 novembre 1990 à Nice (Alpes-Maritimes).
Né à Alger, Jean Marcellin de la Olla s’installe ensuite en métropole. Avant d’entrer dans la clandestinité, il exerce comme comptable, compétence qu’il mettra à profit lorsqu’il est employé à la prison/camp de Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard) à l’été 1941.
Cette fonction lui donne une connaissance précise des rouages internes et des mouvements de détenus, qui nourrira ses engagements clandestins ultérieurs.
Il rejoint dès 1941 la ligne d’évasion britannique dite “Pat Line” (SOE/MI9), d’abord autour de Saint-Hippolyte-du-Fort, puis plus largement.
Il appartient au réseau/ligne d’évasion Pat O’Leary.
Après les arrestations et trahisons de l’hiver 1941 (Harold “Paul” Cole), il contribue à reconstruire le secteur Nord (Lille–Pas-de-Calais, Tournai) au début de 1942, en lien avec des relais comme Norbert Fillerin, Gaston Berthe et d’autres.
De la Olla organise hébergements, faux papiers et convoyages vers Marseille et la frontière espagnole pour pilotes et soldats alliés. Au printemps-été 1942, il réactive les circuits du Nord, puis effectue lui-même des passages de groupes vers la zone non occupée. Un témoignage familial publié par la Fondation de la Résistance situe un de ces convoyages au 26 novembre 1942, de la région de Saint-Omer/Arras vers le Sud, sous sa conduite.
Arrestation / évasion / déportation
Arrêté à Paris le 5 mars 1943 lors d’un rendez-vous piégé par l’agent double Roger Le Neveu, il est incarcéré à Fresnes puis déporté le 22 janvier 1944 par le convoi I.172 de Compiègne vers Buchenwald, transféré à Flossenbürg et au kommando de Hradischko (près de Prague).
Libéré le 8 mai 1945, il revient très affaibli (perte d’un poumon après pneumonectomie, invalidités lourdes)..
Camarades de combat
Dans le Nord, il travaille avec Norbert Fillerin et des relais paroissiaux et civils ; à Marseille, avec les cadres de la Pat Line, notamment Albert Guérisse (Pat O’Leary) et Louis Nouveau. Après sa chute, plusieurs de ces acteurs sont arrêtés dans la même séquence. Ces liens apparaissent dans les notices et corpus consacrés au réseau.
Retour à la vie civile
Revenu de déportation en 1945, il vit ensuite en métropole (Seine-et-Marne, puis Nice). Des sources secondaires évoquent des séquelles lourdes (invalidité, tuberculose) et une pension de l’État. Il décède à Nice le 9 novembre 1990.
Décorations
La Légion d’honneur est attestée par la presse officielle : promu “commandeur” dans la promotion du 9 mai 1987 (publication de presse de référence récapitulant les nominations du ministère de la Défense).
Les dossiers individuels d’archives en ligne confirment par ailleurs une homologation Résistance (cotes SHD ci-dessous).
Aucune Médaille de la Résistance ni décoration spécifique SOE n’a pu être confirmée dans les bases officielles consultées en ligne
Lieux de mémoire
La présence d’une rue Roland-de-la-Olla à Joué-lès-Tours, dédiée à son fils (mort pour la France) et érigée “en l’honneur de son père Jean de la Olla, rescapé des camps”, est signalée dans la notice familiale ; elle atteste un ancrage mémoriel local pour la famille et, indirectement, pour Jean.
Références bibliographiques
- Safe Houses are Dangerous, Helen Long, (sans éditeur FR), s.d. — Ouvrage de référence sur la Pat Line ; replace l’action de Jean de la Olla dans l’appareil de convoyage, la reconstruction du Nord après la trahison Cole et les méthodes de filière.
- Silent Heroes: Downed Airmen and the French Underground, Sherri Greene Ottis, University Press of Kentucky, 2001. — Étude universitaire sur les filières d’évasion ; mentions circonstancielles de l’action de de la Olla et des séquelles de sa déportation.
- Des capitaines par milliers, Louis Nouveau, (extrait Numilog). — Mémorial de réseau incluant des portraits d’acteurs ; évoque la place de de la Olla dans l’organisation.
Références internet
- Musée de la Résistance en ligne — Dossiers “Pat O’Leary” et ressources biographiques ; précisions sur la reconstruction du secteur Nord par Jean de la Olla. Consulter
URL : https://www.museedelaresistanceenligne.org/media5990-Couverture-de-louvrage-i-Safe-Houses-are-Dangerous-i-de-Helen-Long - Fondation pour la Mémoire de la Déportation (BDDM) — Fiche convoi I.172 du 22 janvier 1944 avec mention DE LA OLLA, Jean, itinéraire Buchenwald–Flossenbürg–Hradischko, libéré le 8 mai 1945. Consulter
URL : https://www.bddm.org/liv/details.php?id=I.172. - Les Français Libres — Notice “Jean Marcellin de la Olla” (identité, dates, parcours dans la Pat Line ; éléments familiaux). Consulter
URL : https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=64055 - Le Monde (Archives) — Liste de promotions Légion d’honneur (9 mai 1987) mentionnant Jean de La Olla parmi les commandeurs (rubrique Ministère de la Défense). Consulter
URL : https://www.lemonde.fr/archives/article/1987/05/09/legion-d-honneur-ministere-de-la-defense_4061004_1819218.html - SHD — Répertoire “Réseau Pat O’Leary” (cotes GR 28 P 4 272-276) listant Jean DE LA OLLA (16 P 167970) et Marie DE LA OLLA (16 P 167971). Consulter (PDF)