François Jules Marie Antonin de GUILLEBON, né le 7 mai 1901 à Amiens (Somme), mort le 10 avril 1945 au kommando de Klinkerwerk dépendant du camp de concentration de Sachsenhausen, près d’Oranienburg (Brandebourg, Allemagne), français.
Jeunesse et formation
François de Guillebon était le fils de Pierre Marie Antoine de Guillebon, officier de cavalerie, et de Marie Louise Aimée de Coussemaker. Il grandit dans une famille où la carrière militaire occupait une place importante. Ses frères Christian et Jacques de Guillebon devinrent également officiers ; Jacques rejoignit les Forces françaises libres et fut notamment chef d’état-major du général Leclerc.
Après des études secondaires effectuées, selon les renseignements familiaux, au collège Saint-Pierre-Fourier de Lunéville, au lycée de la Providence d’Amiens puis au lycée Sainte-Geneviève, François de Guillebon entra à l’École polytechnique avec la promotion de 1920. Sa formation scientifique le conduisit vers une carrière d’ingénieur, tandis que son passage par l’artillerie lui valut d’être nommé sous-lieutenant le 1er octobre 1922, puis lieutenant de réserve.
Entre 1923 et 1927, il travailla dans la Sarre. Ce séjour, complété par des voyages professionnels en Allemagne, lui permit d’acquérir une excellente connaissance de la langue allemande et des milieux industriels d’outre-Rhin. Ces compétences linguistiques et professionnelles furent déterminantes dans son activité ultérieure de renseignement.
Le 17 septembre 1924, il épousa civilement à Santes (Nord) Louise Céline Gabrielle Bernard, née en 1901 et morte en 1980. Leur mariage religieux fut célébré le lendemain, 18 septembre 1924, en l’église du Sacré-Cœur de Santes. Cinq enfants, deux garçons et trois filles, naquirent de cette union.Philippe (né en 1925), Jacqueline (née en 1930, madame de Monteville), Geneviève (née en 1934, madame Amaudric du Chaffaut), Marc (né en 1938) et Anne (née en 1942, madame Bosquillon de Jenlis).
Revenu dans le Nord, François de Guillebon dirigea la Manufacture lilloise de chaînes, entreprise métallurgique établie à La Madeleine. Les archives familiales le présentent comme président-directeur général de cette société, président de la Chambre syndicale de la métallurgie de Lille, conseiller municipal de La Madeleine et responsable de l’Action catholique indépendante. Son engagement dans le catholicisme social semble avoir profondément marqué sa conception de l’autorité, des relations professionnelles et de la responsabilité envers ses ouvriers.
Engagement dans la Résistance
Avant même la guerre, François de Guillebon fut recruté comme « honorable correspondant » des services de renseignement militaire. La documentation familiale fixe le début de cette collaboration à 1936, tandis que la notice de l’Association des anciens des services spéciaux de la Défense nationale indique 1938.
Le 1er juin 1939, il fut affecté aux services spéciaux de la 1re région militaire, à Lille, comme agent P2. Cette catégorie désignait les agents permanents ou particulièrement engagés des Forces françaises combattantes. Rappelé à l’activité le 29 août 1939, il servit dans le renseignement pendant la campagne de 1939-1940.
Après la défaite, il reprit ses fonctions industrielles tout en maintenant ses relations avec les anciens services spéciaux. Ceux-ci poursuivaient clandestinement leurs missions sous différentes couvertures, notamment celle des Travaux ruraux. Sa connaissance de l’Allemagne, sa maîtrise de la langue allemande, ses déplacements professionnels et ses contacts dans les milieux industriels faisaient de lui un informateur particulièrement précieux.
À partir du milieu de l’année 1943, son engagement prit une forme plus structurée. Il devint l’adjoint du commandant Louis Christiaens, responsable régional du réseau clandestin dans le Nord. Sous l’autorité du colonel Henri Navarre, il participa à l’établissement d’un bureau clandestin de sécurité militaire à Lille.
Appartenance à un réseau ou mouvement
François de Guillebon appartenait au réseau du Service de sécurité militaire français-Travaux ruraux, généralement désigné par le sigle SSMF-TR. Son appartenance à ce réseau de renseignement est confirmée par les archives du Service historique de la Défense, l’Association des anciens des services spéciaux de la Défense nationale et les documents conservés par l’École polytechnique.
Il fut homologué au titre des Forces françaises combattantes FFC et reconnu comme agent P2. Son dossier de résistance est conservé au Service historique de la Défense sous la cote GR 16 P 165801.
Les Travaux ruraux constituaient la couverture clandestine d’une partie des anciens services français de contre-espionnage. Après la dissolution de l’armée d’armistice et l’occupation de la zone sud en novembre 1942, ces structures poursuivirent leurs activités contre les services allemands, tout en transmettant des renseignements aux autorités françaises établies en Afrique du Nord.
Missions et actions
Les premières activités de François de Guillebon reposaient vraisemblablement sur la collecte de renseignements économiques, industriels et militaires. Ses relations professionnelles, ses voyages et sa connaissance des milieux industriels allemands lui permettaient d’observer des informations difficilement accessibles à d’autres agents.
En 1939-1940, il servit officiellement dans les services spéciaux de la 1re région militaire. Après la défaite, il continua à fournir des renseignements au réseau clandestin reconstitué par les anciens responsables du renseignement militaire.
En 1943, sa principale mission fut de participer à l’organisation du bureau clandestin de sécurité militaire de Lille, aux côtés du commandant Louis Christiaens. Ce service devait rechercher les agents ennemis, protéger les organisations clandestines, recueillir des renseignements sur les forces d’occupation et préparer le rétablissement d’une autorité militaire française lors de la Libération.
François de Guillebon exerçait ces activités tout en conservant la direction de son entreprise et ses responsabilités familiales. Cette couverture professionnelle lui permettait de maintenir de nombreux contacts, mais elle l’exposait également à une surveillance étroite des services allemands.
Arrestation / évasion / déportation
Le commandant Louis Christiaens fut arrêté par les Allemands au début du mois de décembre 1943. François de Guillebon fut appréhendé quelques jours plus tard dans les bureaux de son usine de La Madeleine.
La date la plus vraisemblable de cette arrestation est le samedi 11 décembre 1943. L’Association des anciens des services spéciaux retient cette date, qui correspond effectivement à un samedi. Un témoignage familial situe l’événement au « samedi 12 décembre 1943 », mais le 12 décembre 1943 était un dimanche. La date du 10 décembre figurant dans certains documents militaires correspond vraisemblablement au point de départ administratif de la période d’internement et de déportation reconnue après-guerre.
Une ancienne secrétaire de la Manufacture lilloise de chaînes a laissé un récit détaillé de l’arrestation. Deux hommes parlant allemand arrivèrent à l’usine peu avant midi et montèrent dans le bureau de la direction. François de Guillebon, qui parlait couramment allemand, conserva son calme, remit à la secrétaire le courrier qu’il devait poster, puis descendit l’escalier entre les deux agents. Ce témoignage décrit un homme « très digne, très maître de lui ».
Il fut d’abord incarcéré à la prison de Loos, puis transféré à Fresnes et au camp de Royallieu à Compiègne. Le 27 avril 1944, il quitta Compiègne dans le convoi I.206, connu sous le nom de « convoi des Tatoués ». Environ 1 700 hommes furent entassés dans les wagons de ce convoi à destination d’Auschwitz-Birkenau, où ils arrivèrent le 30 avril 1944.
François de Guillebon reçut à Auschwitz le matricule 185398. Il fut transféré à Buchenwald au milieu du mois de mai 1944. Son dossier individuel conservé par les Arolsen Archives confirme son passage dans le système concentrationnaire de Buchenwald. Il fut ensuite envoyé, en juillet 1944, à Sachsenhausen-Oranienburg et affecté au kommando de Klinkerwerk.
Le Klinkerwerk était à l’origine une gigantesque briqueterie construite par les détenus de Sachsenhausen. À partir de 1943, le site fut largement consacré à la production d’armement. Les détenus y accomplissaient des travaux épuisants dans des conditions meurtrières.
François de Guillebon fut affecté au travail de nuit. Sa connaissance de l’allemand lui permettait d’intervenir comme interprète auprès des gardiens et des responsables de l’usine. Plusieurs de ses compagnons rapportèrent qu’il traduisait également les communiqués allemands et transmettait les informations sur l’avancée des armées alliées, contribuant ainsi à soutenir le moral des détenus.
Dans une lettre adressée le 9 septembre 1945 à l’abbé Charles Dutoo, son compagnon de déportation F. de Montis évoqua son calme, son attention aux autres détenus et les secours qu’il lui avait personnellement apportés lorsqu’il était malade. Il souligna aussi la volonté de François de Guillebon de comprendre les ouvriers et les hommes de différentes nationalités avec lesquels il partageait la captivité.
Le 10 avril 1945, le kommando de Klinkerwerk fut presque entièrement détruit par un bombardement aérien allié. De nombreux détenus furent tués. F. de Montis rapporta avoir vu François de Guillebon pour la dernière fois vers 14 h 15, au moment où celui-ci, qui travaillait la nuit, allait se coucher. Le bombardement commença environ une demi-heure plus tard. Son corps ne fut pas retrouvé.
La mention « Mort en déportation » fut officiellement portée sur son acte de décès par arrêté du 6 mai 1994. Le lieu de décès administratif retenu est Sachsenhausen et la date, le 10 avril 1945.
Camarades de combat
Parmi les responsables avec lesquels François de Guillebon travailla figurent le colonel Henri Navarre, responsable du réseau clandestin de sécurité militaire, le commandant Louis Christiaens, chef du poste de Lille, et le lieutenant Léon Lheureux, également engagé dans les services clandestins du Nord.
Louis Christiaens, arrêté quelques jours avant lui, fut déporté à Buchenwald mais survécut à la guerre. Il devint ensuite député du Nord et secrétaire d’État aux Forces armées.
Pendant sa déportation, François de Guillebon fut notamment lié à F. de Montis, qui laissa après-guerre un témoignage particulièrement précis sur son comportement à Compiègne, pendant le transport vers Auschwitz, puis à Klinkerwerk.
Retour à la vie civile
François de Guillebon ne revint pas de déportation. Son décès, survenu moins de deux semaines avant l’évacuation et la libération du camp de Sachsenhausen, mit fin à un parcours associant responsabilités industrielles, engagement catholique, service militaire et activité clandestine de renseignement.
Après-guerre, ses services dans la Résistance, son internement et sa déportation furent officiellement reconnus. Il reçut à titre posthume le grade d’assimilation de capitaine, avec prise de rang au 1er juin 1944. La période allant du 10 décembre 1943 au 10 avril 1945 fut validée au titre de son internement et de sa déportation. Une majoration d’un an fut ajoutée à ses états de services en raison de sa mort en déportation.
Il fut déclaré « Mort pour la France » et « Mort en déportation ».
Décorations
- Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume — Décret du 19 novembre 1945. La citation le présente comme un officier de réserve entré volontairement dans une organisation de Résistance en territoire occupé, ayant fourni d’importants renseignements à un réseau clandestin de contre-espionnage.
- Médaille de la Résistance française avec rosette, à titre posthume — Décret du 3 janvier 1946 — Journal officiel du 13 janvier 1946 — Dossier de la médaille conservé sous la cote 1O29342. Source : base officielle des médaillés de la Résistance de l’Ordre de la Libération.
- Croix de guerre 1939-1945 avec palme — Attribution liée à sa citation pour la Légion d’honneur. Source : archives militaires et documentation familiale.
- Croix des services militaires volontaires — Attribution datée de décembre 1938 dans les archives familiales ; le texte réglementaire individuel n’a pas été retrouvé en ligne lors des présentes recherches.
Lieux de mémoire
À La Madeleine, une rue François-de-Guillebon perpétue son souvenir. Sa dénomination fut autorisée par un arrêté préfectoral du 20 septembre 1946. Son nom figure également sur le monument aux morts et sur le monument consacré aux déportés de la commune.
Il est inscrit sur le monument aux morts de l’École polytechnique à Palaiseau, inauguré le 8 octobre 2014, ainsi que sur le monument aux morts de Salperwick (Pas-de-Calais).
Une plaque commémorative lui est consacrée dans le cimetière de Santes, commune où il s’était marié. Son nom figure également sur le Mémorial national des services spéciaux de la Défense nationale à Ramatuelle (Var), inauguré le 3 mai 1959.
Une plaque en hommage aux détenus français morts lors du bombardement du Klinkerwerk a été inaugurée au mémorial de Sachsenhausen le 10 avril 2012.
À Amiens, François et Jacques de Guillebon sont associés sur une stèle commémorative inaugurée le 2 septembre 2018 dans le square Saint-Denis. L’un des frères symbolise la Résistance intérieure et le sacrifice de la déportation, l’autre le combat des Forces françaises libres et de la 2e division blindée.
Références bibliographiques
Le Service de renseignements, 1871-1944, Henri Navarre et un groupe d’anciens membres du Service de renseignement, Paris, Plon, 1978, notamment p. 276. Cet ouvrage replace François de Guillebon dans l’histoire des services spéciaux français et apporte des renseignements sur son recrutement, son activité dans le Nord et son rôle auprès du poste clandestin de Lille.
Bulletin de l’Association des anciens des services spéciaux de la Défense nationale, no 153, p. 24. Cette publication mémorielle présente son activité d’« honorable correspondant », son engagement dans le réseau clandestin de sécurité militaire et les circonstances de son arrestation.
La Guerre, mon père, Marie Gatard, Saint-Pourçain-sur-Sioule, Bleu autour, 2000, 126 p. L’ouvrage est accompagné de documents et de notices consacrés à plusieurs polytechniciens résistants, parmi lesquels François de Guillebon.
D’un enfer à l’autre : ils étaient d’un convoi pour Auschwitz, André Bessière, préface de Jacques Chaban-Delmas, Paris, Buchet-Chastel, 1997, 428 p. Ce témoignage retrace le parcours du convoi parti de Compiègne le 27 avril 1944 et apporte le contexte historique nécessaire à la compréhension de la déportation de François de Guillebon.
François Jules Marie Antonin de Guillebon, Essertaux XIV, 1901-1945, officier d’artillerie, Grégoire de Guillebon, document familial, 2023, 7 p. Ce dossier rassemble des éléments d’état civil, des renseignements militaires, les décorations, le récit de l’arrestation, la lettre de F. de Montis et la liste des principaux lieux de mémoire.
Références internet
Ministère des Armées – Les services secrets de Vichy. Cette étude présente le fonctionnement des services spéciaux militaires, leur maintien clandestin sous la couverture des Travaux ruraux et leur transformation après novembre 1942. https://www.defense.gouv.fr/chemins-memoire/histoire-memoires/ressources-historiques/seconde-guerre-mondiale/loccupation-collaboration-8
Amicale des Déportés Tatoués du 27 avril 1944. Le site présente l’histoire et la mémoire du convoi I.206 parti de Compiègne le 27 avril 1944, dans lequel François de Guillebon fut déporté. https://27avril44.org/
Fondation pour la mémoire de la Déportation – Transport parti de Compiègne le 27 avril 1944. Cette ressource décrit le convoi des Tatoués, son départ, son arrivée à Auschwitz-Birkenau et les transferts ultérieurs de ses détenus. https://www.bddm.org/liv/details.php?id=I.206.
MémorialGenWeb – Mémorial national des services spéciaux de Ramatuelle. Le relevé confirme l’inscription de François de Guillebon parmi les membres des services de renseignement et de contre-espionnage morts pendant la guerre. https://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=45686
École polytechnique – Fonds X-Résistance. L’inventaire signale les documents relatifs à François de Guillebon et son appartenance à la promotion de 1920. https://x-resistance.polytechnique.org/fondsxr/index.html
Dossier d’homologation consulté
Le dossier relatif aux titres, homologations et services pour faits de Résistance de François Jules Marie Antoine de Guillebon est conservé au Service historique de la Défense à Vincennes sous la cote GR 16 P 165801. La cote a été identifiée dans les instruments de recherche, mais le dossier original n’a pas été directement consulté au cours des présentes recherches.
Un dossier individuel de personnel militaire au nom de Guillebon-de, François Jules, né le 7 mai 1901 à Amiens, est également signalé par le Service historique de la Défense.
Le dossier de la Médaille de la Résistance française est conservé par l’Ordre de la Libération sous la cote 1O29342.
Les Arolsen Archives conservent sous la cote 01010503 001.171.275 un dossier individuel de quatre documents provenant du camp de concentration de Buchenwald.
Aucune cote certaine de dossier de déporté-résistant conservé au Service historique de la Défense à Caen n’a pu être retrouvée dans les instruments de recherche librement accessibles.
Observations
Les sources présentent trois variantes du dernier prénom : « Antonin » dans la documentation familiale, « Antoine » dans les dossiers relatifs à la Résistance et « Octave » dans l’indexation du registre matricule des Archives départementales de la Somme. La forme « Antonin », transmise par la famille et placée dans le titre du dossier familial, a été retenue dans la première ligne, mais la consultation directe de l’acte de naissance permettrait de résoudre définitivement cette divergence.
La date d’arrestation varie entre les 10, 11 et 12 décembre 1943. Le 11 décembre a été retenu comme date la plus probable : cette date est donnée par l’Association des anciens des services spéciaux et correspond à un samedi, conformément au témoignage de la secrétaire présente dans l’usine. Le 10 décembre paraît correspondre au début administratif de la période de services homologuée ; le « samedi 12 décembre » résulte vraisemblablement d’une erreur de datation du témoignage.
Le document ancien conservé dans le fonds X-Résistance mentionne quatre enfants, tandis que la documentation familiale et la version développée de la notice de l’Association des anciens des services spéciaux en mentionnent cinq. La seconde indication, plus précise et issue de la famille, a été retenue.
L’affirmation selon laquelle François de Guillebon aurait été tué alors qu’il tentait de dégager un camarade apparaît dans la tradition familiale, mais n’est pas établie par le témoignage direct de F. de Montis. Celui-ci atteste seulement l’avoir vu rejoindre son couchage peu avant le bombardement. La circonstance du secours porté à un camarade n’a donc pas été présentée comme un fait certain.
Indice de fiabilité de la notice
Niveau A — L’identité, l’engagement résistant, l’appartenance au réseau SSMF-TR, la qualité d’agent P2, l’arrestation, la déportation, le décès et la Médaille de la Résistance avec rosette sont établis par plusieurs sources concordantes, dont des bases institutionnelles, des archives militaires, les Arolsen Archives et des témoignages familiaux. Les divergences secondaires sont explicitement signalées.
Chronologie
| Date | Événement |
| 7 mai 1901 | Naissance à Amiens (Somme). |
| 1er octobre 1920 | Entrée à l’École polytechnique, promotion 1920. |
| 1er octobre 1922 | Nomination comme sous-lieutenant. |
| 1923-1927 | Activité professionnelle dans la Sarre et acquisition d’une connaissance approfondie de l’Allemagne. |
| 17 septembre 1924 | Mariage civil avec Louise Céline Gabrielle Bernard à Santes (Nord). |
| 18 septembre 1924 | Mariage religieux en l’église du Sacré-Cœur de Santes. |
| Vers 1936-1938 | Recrutement comme « honorable correspondant » des services de renseignement. |
| Décembre 1938 | Attribution signalée de la Croix des services militaires volontaires. |
| 1er juin 1939 | Affectation aux services spéciaux de la 1re région militaire à Lille. |
| 29 août 1939 | Rappel à l’activité militaire. |
| 1939-1940 | Service dans le renseignement pendant la campagne de France. |
| Milieu de l’année 1943 | Adjoint du commandant Louis Christiaens au poste clandestin de Lille. |
| 11 décembre 1943 | Arrestation probable dans son usine de La Madeleine. |
| Décembre 1943-avril 1944 | Internement à Loos, puis à Fresnes et à Compiègne. |
| 27 avril 1944 | Départ de Compiègne dans le convoi I.206. |
| 30 avril 1944 | Arrivée à Auschwitz-Birkenau ; matricule 185398. |
| Mai 1944 | Transfert à Buchenwald. |
| Juillet 1944 | Transfert à Sachsenhausen et affectation au Klinkerwerk. |
| 10 avril 1945 | Mort lors du bombardement allié du Klinkerwerk. |
| 19 novembre 1945 | Nomination comme chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume. |
| 3 janvier 1946 | Attribution à titre posthume de la Médaille de la Résistance avec rosette. |
| 13 janvier 1946 | Publication de l’attribution au Journal officiel. |
| 20 septembre 1946 | Autorisation préfectorale de dénommer une rue François-de-Guillebon à La Madeleine. |
| 26 avril 1948 | Attribution posthume du grade d’assimilation de capitaine, avec prise de rang au 1er juin 1944. |
| 6 mai 1994 | Arrêté portant attribution de la mention « Mort en déportation ». |
Tableau des divergences entre sources
| Élément biographique | Source 1 | Source 2 | Décision retenue |
| Dernier prénom | « Antonin » dans les archives familiales | « Antoine » dans les sources de la Résistance ; « Octave » dans l’indexation du registre matricule | Antonin retenu sous réserve de la consultation directe de l’acte de naissance. |
| Début comme honorable correspondant | 1936 dans le dossier familial | 1938 dans la notice de l’Association des anciens des services spéciaux | Période 1936-1938 indiquée comme incertaine. |
| Date d’arrestation | 10 décembre dans la période administrative homologuée ; 12 décembre dans un témoignage | 11 décembre 1943 dans la notice des services spéciaux | 11 décembre 1943 retenu comme date la plus probable. |
| Nombre d’enfants | Quatre dans un ancien document X-Résistance | Cinq dans les archives familiales et la notice développée des services spéciaux | Cinq enfants retenus. |
| Circonstances exactes du décès | Mort pendant le bombardement selon le témoin F. de Montis | Mort en tentant de secourir un camarade selon la tradition familiale | Seule la mort pendant le bombardement est présentée comme certaine. |
Sources consultées
Association des anciens des services spéciaux de la Défense nationale. La notice consacrée à François de Guillebon a fourni les renseignements relatifs à sa famille, sa formation, son activité professionnelle, son recrutement dans les services spéciaux, son appartenance au SSMF-TR, son arrestation, sa déportation et ses distinctions. https://www.aassdn.org/araMnbioGm-Gz.html
Ordre de la Libération. La base officielle des médaillés de la Résistance française confirme l’attribution à François Guillebon (de) de la Médaille de la Résistance avec rosette à titre posthume par décret du 3 janvier 1946, sa publication au Journal officiel du 13 janvier 1946 et la cote 1O29342. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles
Service historique de la Défense. La notice « Dossier individuel de personnel de Guillebon-de, François Jules » confirme la date et le lieu de naissance et l’existence d’un dossier militaire nominatif. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/118503
Arolsen Archives. Le dossier individuel « Guillebon de, François », né le 7 mai 1901, référence 01010503 001.171.275, confirme l’existence de documents d’incarcération provenant du camp de Buchenwald. https://collections.arolsen-archives.org/en/document/6035695
École polytechnique, fonds X-Résistance. Le document nominatif confirme la promotion 1920, le réseau SSMF-TR, la qualité d’agent P2, l’activité au poste de Lille, l’arrestation, la déportation et la mort à Sachsenhausen. https://x-resistance.polytechnique.org/fondsxr/Guillebon.pdf
Archives départementales de la Somme. L’instrument de recherche du registre matricule de la classe 1921 identifie François de Guillebon, né le 7 mai 1901 à Amiens, matricule 624 du bureau de recrutement d’Amiens, tout en présentant la variante de prénom « Octave ». https://archives.somme.fr/ark:/58483/h1kr0dw648nv
Légifrance. L’arrêté du 6 mai 1994 confirme l’apposition de la mention « Mort en déportation », avec décès fixé au 10 avril 1945 à Sachsenhausen. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000002164275
Mémorial et musée de Sachsenhausen. La présentation historique du kommando de Klinkerwerk confirme son utilisation pour le travail forcé et la production d’armement, ainsi que sa destruction presque complète par le bombardement allié du 10 avril 1945, au cours duquel de nombreux détenus furent tués. https://www.sachsenhausen-sbg.de/en/exhibitions/klinkerwerk-satellite-camp/
Grégoire de Guillebon, « François Jules Marie Antonin de Guillebon, Essertaux XIV, 1901-1945, officier d’artillerie », dossier familial communiqué en septembre 2026. Ce document a fourni les éléments familiaux, militaires et professionnels, les témoignages relatifs à l’arrestation et à la déportation, la lettre de F. de Montis, les citations et la liste des lieux de mémoire. Document familial sans adresse publique.
