Jean Marie Joseph Louis Quarré de Château-Regnault d’Aligny, dit Jean D’ALIGNY, est né le 17 novembre 1909 à Pau (Pyrénées-Atlantiques) et décédé le 15 janvier 1991 à Villefranche-de-Lauragais (Haute-Garonne). Il repose à Seyre, aux côtés de sa compagne Yvonne Lagrange.
Issu de la famille de Quarré, Jean D’ALIGNY perd sa mère à l’âge de 11 ans. Son oncle maternel, Pierre Lafond, diplomate, prend en charge son éducation, l’emmenant notamment en Tunisie et en Syrie. De retour en France à 19 ans, Jean effectue son service militaire. Dans les années 1930, son père lui cède le domaine d’Esquiré, près de Fonsorbes (Haute-Garonne), qu’il exploite alors en tant qu’agriculteur.
Engagement dans la Résistance
Dès 1940, Jean D’ALIGNY s’engage dans le service clandestin de camouflage du matériel (CDM), visant à dissimuler des armes et équipements militaires pour préparer une future armée française. Son domaine d’Esquiré devient un centre névralgique pour ces activités
En novembre 1942, il est recommandé par le CDM pour devenir l’adjoint civil d’André POMMIES, fondateur du Corps Franc Pommiès. Il participe ainsi à la structuration et aux opérations du CFP.
Parallèlement, il intègre le réseau PRUNUS du Special Operations Executive (SOE) britannique, où il met son domaine à disposition pour des activités de sabotage, de renseignement et de parachutages d’armes.
Missions et actions
Au sein du CDM, Jean D’ALIGNY supervise le camouflage de matériel militaire, notamment lors de l’« opération des 35 tonnes » entre fin 1942 et début 1943.
Dans le CFP, il joue un rôle clé en tant qu’adjoint civil, contribuant à la coordination des actions de résistance dans le Sud-Ouest de la France.
Avec le réseau PRUNUS, il héberge le radio Marcus Bloom et facilite les transmissions avec Londres, malgré les risques importants liés à ces opérations.
Arrestation et déportation
Le 12 avril 1943, Jean D’ALIGNY est arrêté par la Gestapo à son domaine d’Esquiré, en compagnie de Marcus Bloom et d’autres membres du réseau PRUNUS. Il est d’abord incarcéré à la prison de Fresnes, puis déporté successivement aux camps de Neue Bremm, Buchenwald, Natzweiler-Struthof et enfin Dachau, où il est libéré en mai 1945.
Camarades de combat
Jean D’ALIGNY collabore étroitement avec André POMMIES au sein du CFP. Il entretient également des relations avec des figures majeures de la Résistance telles que Marcel Taillandier, Émile Mollard, Marcel Petit, Robert Vuillemot et Maurice Pertschuk.
Retour à la vie civile
Après la guerre, Jean D’ALIGNY retourne vivre au domaine d’Esquiré avec sa compagne Yvonne Lagrange. Plus tard, il se retire à Toulouse, puis chez sa sœur à Seyre, où il décède en 1991
Décorations
- Chevalier de la Légion d’Honneur
- Croix de guerre 1939-1945 avec palmes.
Il n’a toutefois pas reçu la médaille de la Résistance.
Rues ou lieux de mémoire
- Un rond-point à Fonsorbes porte le nom de Jean D’ALIGNY
- Un monument à Fonsorbes honore les déportés de la commune, dont Jean D’ALIGNY.
- Une exposition permanente au collège de Cantelauze à Fonsorbes retrace son engagement dans la Résistance
Références bibliographiques
- Jean-André Pommiès, Le Corps Franc Pommiès – Une armée dans la Résistance, Éditions Privat, 2014.editions-privat.com+1bemalpa.com+1
- Dominique Lormier, Le Livre d’or de la Résistance dans le Sud-Ouest, Éditions Sud-Ouest, 2011.
Références internet
- Jean d’Aligny — Wikipédia : Biographie détaillée de Jean D’ALIGNY, couvrant son engagement dans la Résistance, son arrestation, sa déportation et sa vie après la guerre.