La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

CROS Ginette Fernande Alias Simone Martin, Andrée Lambert,

Ginette Fernande CROS, née le 26 janvier 1921 à Paris (18e arrondissement, Seine), morte le 31 août 2002 à Névez (Finistère), française.

Ginette Cros grandit dans une famille de sensibilité de gauche. Son père, Paul Cros, est ingénieur électricien et pratique le cinéma amateur ; sa mère est Marguerite Delabre. Elle effectue une partie de ses études secondaires au lycée Jules-Ferry puis au lycée Rollin. Dès 1938-1939, elle milite dans les milieux lycéens communistes parisiens.

Pendant la « drôle de guerre », une partie des élèves et étudiants est repliée à Rennes. Ginette Cros y poursuit son activité militante avec d’autres jeunes communistes. Revenue à Paris, elle poursuit des études supérieures d’histoire et obtient plusieurs certificats universitaires en 1940 et 1941.

Engagement dans la Résistance

Son activité clandestine commence très tôt. Durant l’été 1940, elle participe à des actions illégales avec l’Union des étudiants communistes. Après les manifestations étudiantes de novembre 1940 et l’intensification de la répression, elle entre progressivement dans une clandestinité complète. Elle change fréquemment d’identité et de domicile afin d’échapper à la police.

Elle utilise notamment plusieurs fausses identités, dont « Simone Martin » en 1942 et « Andrée Lambert » en 1943. Ses activités se concentrent sur l’organisation clandestine de la jeunesse et des étudiants, la propagande, les actions de masse et la coordination des mouvements de jeunesse résistants.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Ginette Cros appartient à la résistance communiste de jeunesse. Elle est liée à l’Union des étudiants communistes, au Front national étudiant ou Front des étudiants patriotiques FEP, au Front patriotique de la jeunesse FPJ  et au Front national.

Elle devient secrétaire générale du Front patriotique de la jeunesse. Lorsque les organisations de jeunesse résistantes se rapprochent et donnent naissance aux Forces unies de la jeunesse patriotique (FUJP) en 1943, elle en devient l’une des responsables. Les sources la placent notamment aux côtés de Jean Pronteau dans la direction de cette organisation.

Elle est également membre du Comité directeur du Front national, où elle représente le Front patriotique de la jeunesse.

Missions et actions

Ginette Cros participe activement à la propagande clandestine et à la mobilisation de la jeunesse. Elle contribue en 1942 à la création du périodique clandestin Le Jeune Patriote, destiné à la jeunesse. Elle figure parmi les responsables de cette publication.

Elle intervient également dans les actions de protestation menées dans les milieux étudiants. Son témoignage évoque notamment des manifestations contre l’imposition de l’étoile jaune, au cours desquelles des jeunes résistants arborent des étoiles fantaisistes afin d’exprimer publiquement leur opposition aux mesures antisémites.

En 1943, elle participe à l’organisation de l’Union des étudiants et lycéens français et assume des responsabilités croissantes au sein des structures communistes de jeunesse. Après l’arrestation de René Thuillier, elle le remplace dans le triangle de direction de la Jeunesse communiste clandestine.

Elle échappe de peu à une arrestation en 1944 rue Hélène à Paris. Prévenue de la présence policière, elle parvient à fuir et se cache plusieurs jours dans la forêt de Saint-Germain. Elle participe ensuite à l’opération permettant l’évasion de Juliette Renucci et de trois autres internées de la caserne des Tourelles.

Arrestation / évasion / déportation

Ginette Cros ne semble pas avoir été déportée. Sa clandestinité est cependant marquée par une surveillance policière constante, des changements d’identité et plusieurs situations où elle échappe de peu à l’arrestation.

L’épisode de 1944 rue Hélène est particulièrement documenté : suivie par les Brigades spéciales, elle est avertie à temps de la présence de policiers dans un appartement qu’elle devait rejoindre et réussit à s’échapper.

Camarades de combat

Son parcours la met en relation avec de nombreux militants et résistants de jeunesse, parmi lesquels Olivier Souef, Jeanne Brunschwig, Pierre Daix, Jean Suret-Canale, Pierre Kast, Jean Poperen, Jacques Chambaz, René Thuillier, Robert Mension, Henri Kesterman et Jean Pronteau.

René Thuillier joue un rôle particulièrement important dans son parcours clandestin. Après son arrestation, Ginette Cros reprend certaines de ses responsabilités. Elle l’épouse après la guerre.

Retour à la vie civile

Après la Libération, Ginette Cros reprend ses études. Elle obtient un certificat de géographie générale en 1948, complétant les certificats universitaires obtenus avant et pendant la guerre, puis devient licenciée ès lettres. En 1949, elle est reçue à l’agrégation d’histoire et géographie.

Elle enseigne notamment à Château-Thierry, Épernay puis au lycée de Montgeron. Elle poursuit ensuite une carrière dans l’enseignement. À sa retraite en 1981, elle se consacre particulièrement à la photographie et aux voyages. Elle constitue une importante collection photographique et publie plusieurs ouvrages consacrés notamment au Maroc et à la Sardaigne.

Elle meurt subitement le 31 août 2002 à Névez (Finistère), au cours d’une baignade.

Décorations

Médaille de la Résistance française — les travaux consacrés à Ginette Cros et les recherches mémorielles du lycée Jules-Ferry indiquent une attribution par décret du 23 octobre 1945. Non retrouvée sur le site de l’ordre de la Libération.

Elle détient également la carte de Combattant volontaire de la Résistance n° 096000 et la carte de combattant n° 654849, selon la documentation biographique consultée.

Lieux de mémoire

La mémoire de Ginette Cros est notamment associée au lycée Jules-Ferry de Paris, où son parcours d’ancienne élève et de résistante a fait l’objet de recherches historiques en vue de sa commémoration.

Les Archives départementales de la Vendée conservent par ailleurs le fonds Laudijois, comportant des films amateurs et des documents familiaux liés à Ginette Cros et à sa famille.

Références bibliographiques

Les jeunes dans la Résistance, 20 ans en 1940, Marie Granet, avec notamment Ginette Cros, Claude Lévy et Pierre Mermet, France-Empire, 1996. Ginette Cros participe elle-même à cet ouvrage consacré à l’expérience des jeunes engagés dans la Résistance.

Vaillant, 1942-1969, la véritable histoire d’un journal mythique, Hervé Cultru, Vaillant Collector, 2006. L’ouvrage permet de replacer Le Jeune Patriote, auquel Ginette Cros participe pendant la clandestinité, dans l’histoire de la presse de jeunesse issue de la Résistance.

Références internet

Le Maitron. La notice « CROS Ginette, Fernande » constitue une source biographique de référence pour son état civil, ses études, son militantisme et ses responsabilités dans la Résistance communiste de jeunesse. Le Maitron — Ginette Cros

Le convoi des otages communistes du 6 juillet 1942. L’étude biographique de Ginette Cros, établie par Claudine Cardon-Hamet et Pierre Cardon, utilise notamment des entretiens et documents familiaux. Elle apporte de nombreux détails sur ses fausses identités, son activité clandestine, les FUJP, Le Jeune Patriote et sa carrière après-guerre. Ginette Cros, résistante dès 1940

Wikipédia. La notice développée « Ginette Cros » a été consultée conformément au protocole et utilisée essentiellement comme outil de repérage et de recoupement avec les sources biographiques plus spécialisées. Wikipédia — Ginette Cros

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote nominative SHD GR 16 P attribuable avec certitude à Ginette Fernande Cros n’a été identifiée lors des présentes recherches. Aucun dossier d’homologation n’a donc été consulté directement.

Observations

Les sources concordent sur l’identification de Ginette Fernande Cros, née le 26 janvier 1921 à Paris et morte le 31 août 2002 à Névez. L’homonymie avec d’autres personnes portant le patronyme Cros impose cependant de conserver le prénom complet « Ginette Fernande » lors des recherches nominatives.

La documentation permet de confirmer son appartenance aux FUJP et son rôle de responsable de l’organisation ; elle permet également d’aller sensiblement au-delà d’une simple mention parmi les cadres nationaux en reconstituant son parcours depuis les mouvements étudiants communistes jusqu’au Front patriotique de la jeunesse et aux FUJP.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A —Plusieurs sources biographiques concordantes et des documents mémoriels institutionnels permettent d’établir l’identité, le parcours clandestin, les responsabilités au sein des organisations de jeunesse et la trajectoire après-guerre.

Chronologie

DateÉvénement
26 janvier 1921Naissance à Paris
1938-1939Militantisme parmi les lycéens communistes parisiens
1940Premières activités clandestines
novembre 1940Passage à une clandestinité renforcée
1941Activités dans les organisations étudiantes clandestines
1942Participation à la création du Jeune Patriote ; responsabilités au Front patriotique de la jeunesse
1943Responsabilités dans les organisations étudiantes et les FUJP
1944Échappe à une arrestation ; poursuite de l’action clandestine
11 novembre 1944Participation à un défilé des FUJP
23 octobre 1945Décret de Médaille de la Résistance selon la documentation consultée
25 décembre 1946Mariage avec René Thuillier
1949Réussite à l’agrégation d’histoire-géographie
1981Retraite
31 août 2002Décès à Névez

Sources consultées

Mémoire Vive de la Résistance. La notice « CROS Ginette Fernande » a été examinée dans le cadre de l’évaluation comparative. Elle fournit déjà une synthèse de son engagement étudiant, de ses responsabilités dans le Front patriotique de la jeunesse et les FUJP, de son activité autour du Jeune Patriote et de sa carrière après-guerre. https://mvr.asso.fr/cros/

Le Maitron. La notice « CROS Ginette, Fernande » a servi au contrôle de l’état civil, des études, de l’engagement militant et des responsabilités résistantes. https://maitron.fr/cros-ginette-fernande/

Le convoi des otages communistes du 6 juillet 1942. L’étude « Ginette Cros, résistante dès 1940 » a apporté des informations détaillées sur ses fausses identités, ses responsabilités au Front patriotique de la jeunesse, aux FUJP et dans la Jeunesse communiste clandestine, ses actions, ses cartes de combattante et sa carrière après-guerre. Ginette Cros, résistante dès 1940

Association historique du lycée Jules-Ferry. Les travaux consacrés aux anciennes élèves résistantes du lycée ont apporté un recoupement sur la scolarité de Ginette Cros et sur l’attribution de la Médaille de la Résistance par décret du 23 octobre 1945. Travaux historiques du lycée Jules-Ferry

Wikipédia. La notice biographique développée « Ginette Cros » a été consultée comme source secondaire et pour l’orientation vers le Maitron, les archives familiales et les sources relatives aux distinctions. Wikipédia — Ginette Cros

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