Jean-Marie Eugène CORLU, né le 8 août 1912 à Saint-Donat-sur-l’Herbasse (Drôme), mort le 30 août 1944 à Bobigny (Seine, aujourd’hui Seine-Saint-Denis), Français, officier des troupes coloniales, commandant du Régiment de marche du Tchad, combattant de Koufra, de la campagne du Fezzan et de la Libération de Paris, Compagnon de la Libération, mort des suites de blessures reçues au combat.
Origines familiales et formation
Jean-Marie Corlu naît à Saint-Donat-sur-l’Herbasse, dans la Drôme, le 8 août 1912.
Son père, ancien militaire de carrière ayant participé à la Première Guerre mondiale, appartient à l’administration des Postes, télégraphes et téléphones.
Le jeune Jean-Marie grandit dans un environnement familial marqué par la tradition militaire et le service de l’État.
Il choisit très tôt la carrière des armes.
Le 1er octobre 1931, il entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, où il appartient à la promotion du Tafilalet.
À sa sortie de l’école, en 1933, il est affecté au 24e Régiment de tirailleurs sénégalais.
Il devient instructeur des troupes sénégalaises à Perpignan, où il acquiert une première expérience de l’encadrement des soldats coloniaux.
En août 1934, il est désigné pour servir en Afrique occidentale française.
Il rejoint le 7e Régiment de tirailleurs sénégalais, au sein duquel ses supérieurs apprécient ses qualités militaires.
Il est promu lieutenant en octobre 1935.
L’année suivante, il reçoit une affectation au Groupe nomade d’Akjoujt, en Mauritanie.
Cette unité méhariste assure des missions de surveillance, de reconnaissance et de contrôle territorial dans les régions sahariennes.
Le service dans ces formations exige une grande résistance physique, une bonne connaissance du désert et la capacité de commander des détachements relativement autonomes.
En 1937, Jean-Marie Corlu doit regagner la métropole.
Il est affecté au 8e Bataillon de tirailleurs sénégalais, à Toulon.
Retour en Afrique occidentale — 1939
En 1939, Jean-Marie Corlu repart en Afrique occidentale française.
Il reçoit le commandement du Groupe méhariste d’Agadès, au Niger.
Cette formation est chargée de surveiller une vaste région désertique, où les déplacements s’effectuent principalement à dos de chameau.
Le commandement d’un tel groupe nécessite une connaissance approfondie des itinéraires sahariens, des points d’eau et des conditions de déplacement dans le désert.
Lorsque la guerre éclate en septembre 1939, Jean-Marie Corlu se trouve donc éloigné du théâtre européen.
Il poursuit ses missions de surveillance territoriale dans une région stratégique, située aux confins des possessions françaises et britanniques.
Refus de l’armistice et départ du Niger — Août 1940
La défaite française de juin 1940 et la signature de l’armistice provoquent chez Jean-Marie Corlu une rupture avec les autorités demeurées fidèles au gouvernement de Vichy.
Il refuse de renoncer au combat.
Le Niger restant placé sous l’autorité de Vichy, il décide de quitter clandestinement son unité afin de rejoindre les territoires ou les forces poursuivant la guerre contre l’Allemagne.
Le 8 août 1940, jour de son vingt-huitième anniversaire, il met son projet à exécution.
Officiellement envoyé en reconnaissance de pâturages vers le nord, il emprunte en réalité un itinéraire conduisant vers le sud.
Accompagné de deux goumiers, il traverse le désert à dos de chameau.
Les autorités militaires de Vichy, découvrant sa disparition, diffusent des messages ordonnant son arrestation.
Malgré les recherches entreprises, il échappe aux patrouilles.
En dix jours, il parcourt environ 700 kilomètres.
Avant de franchir la frontière du Nigeria britannique, il renvoie ses deux accompagnateurs vers Agadès.
Il leur confie un message destiné aux officiers français qui souhaiteraient également rejoindre la lutte, en leur indiquant l’itinéraire à suivre.
Il atteint finalement Sokoto, où les autorités britanniques lui réservent un accueil favorable.
Cette traversée constitue son premier acte personnel d’engagement dans la France libre.
Ralliement aux Forces françaises libres — Septembre 1940
Après avoir rejoint les Britanniques au Nigeria, Jean-Marie Corlu entreprend de gagner le Tchad.
Ce territoire s’est rallié au général de Gaulle le 26 août 1940, sous l’impulsion du gouverneur Félix Éboué et des responsables militaires locaux.
Le 6 septembre 1940, Corlu arrive à Fort-Lamy, aujourd’hui N’Djamena.
Il rejoint les Forces françaises libres.
Il est affecté au Groupe nomade du Tibesti, unité opérant dans les régions désertiques du nord du Tchad.
Ses compétences sahariennes attirent rapidement l’attention du colonel Philippe Leclerc de Hauteclocque.
Celui-ci prépare des opérations destinées à combattre les forces italiennes présentes dans les territoires de Libye voisins du Tchad.
Corlu reçoit une mission de reconnaissance particulièrement difficile.
Il doit accompagner des survivants d’une patrouille britannique se dirigeant vers le Soudan et vérifier si le poste italien d’El Aouenat demeure occupé.
Après avoir recueilli les renseignements nécessaires, il quitte la patrouille britannique et rejoint seul la colonne française pour rendre compte de sa mission.
Cette opération confirme ses qualités d’officier saharien, capable de conduire des reconnaissances à grande distance dans des territoires particulièrement difficiles.
Campagne de Koufra — Février-mars 1941
Jean-Marie Corlu participe ensuite à l’opération menée par le colonel Leclerc contre l’oasis fortifiée de Koufra, dans le sud-est de la Libye.
La conquête de cette position italienne constitue l’un des premiers objectifs offensifs importants de la France libre.
La colonne française doit progresser sur plusieurs centaines de kilomètres à travers le désert, avec des moyens matériels limités.
Les difficultés logistiques sont considérables : ravitaillement en eau, carburant, munitions et pièces mécaniques.
Le 25 février 1941, Jean-Marie Corlu participe à une action audacieuse avec le capitaine Louis Dio et quelques hommes.
Le petit détachement parvient à pénétrer dans un point d’appui italien, au-delà des défenses périphériques.
Malgré le feu des armes automatiques et les explosions de grenades, les Français réussissent à en chasser les occupants.
Au cours de l’engagement, Corlu est blessé aux jambes par des éclats de grenade.
Il demeure néanmoins à son poste et couvre le repli de ses hommes.
Son comportement lui vaut une citation à l’ordre de l’armée.
Le 1er mars 1941, date de la reddition de Koufra, il est promu capitaine.
Il doit ensuite être hospitalisé à Fort-Lamy, puis à Brazzaville, pour soigner ses blessures.
La prise de Koufra revêt une importance symbolique majeure : Leclerc et ses hommes y affirment leur volonté de poursuivre les combats jusqu’à la libération complète du territoire français.
Jean-Marie Corlu figure parmi les officiers qui ont personnellement contribué à cette première victoire de la France libre.
Commandement au Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad — 1941-1942
En juillet 1941, après sa convalescence, Jean-Marie Corlu rejoint le Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST), à Fort-Lamy.
En novembre, il reçoit le commandement de la 12e compagnie.
Il entreprend d’améliorer l’entraînement, la cohésion et la préparation opérationnelle de ses hommes.
Il transforme progressivement cette compagnie en une formation réputée pour sa discipline et sa valeur combattante.
Cependant, en juin 1942, une maladie grave l’oblige à interrompre son activité.
Il demeure immobilisé pendant plusieurs mois.
En octobre 1942, il reçoit une affectation au groupement de Chedra, au Tchad.
Cette période de repos relatif lui permet de retrouver progressivement ses capacités physiques.
Deuxième campagne du Fezzan — 1943
En février 1943, Jean-Marie Corlu reprend le commandement de la 12e compagnie portée du RTST.
Il participe avec cette unité à la deuxième campagne du Fezzan, menée par les forces du général Leclerc.
L’objectif est de poursuivre les opérations contre les positions italiennes du Sahara libyen et de contribuer à la jonction avec les forces alliées opérant depuis l’Égypte et la Libye.
La progression des colonnes françaises s’effectue dans des conditions difficiles.
Les détachements motorisés doivent parcourir de très grandes distances, souvent loin de leurs bases de ravitaillement.
Leur efficacité repose sur la mobilité, la surprise et l’initiative de leurs commandants.
Jean-Marie Corlu met à profit son expérience des unités nomades et des opérations sahariennes.
Deuxième blessure — 27 février 1943
Le 27 février 1943, au cours d’une mission de liaison dans le secteur de Ksar Rhilane, en Tunisie, Jean-Marie Corlu est victime de l’explosion d’une mine.
Il est de nouveau blessé.
Son état nécessite une évacuation sanitaire vers l’Égypte.
Il ne peut rejoindre immédiatement son unité.
Après plusieurs semaines de soins, il retrouve la division en mai 1943.
À cette époque, les forces de Leclerc participent à la réorganisation des unités françaises destinées à poursuivre la guerre aux côtés des Alliés.
Jean-Marie Corlu est promu chef de bataillon.
Âgé de 31 ans, il figure parmi les plus jeunes commandants de cette formation.
Intégration à la 2e Division blindée — 1943-1944
Au cours de l’année 1943, les forces du général Leclerc sont progressivement réorganisées pour constituer la 2e Division blindée.
Le Régiment de marche du Tchad (RMT) devient l’une des principales unités d’infanterie mécanisée de cette division.
Jean-Marie Corlu rejoint l’état-major du RMT, sous les ordres du colonel Louis Dio.
Il participe à la préparation des unités appelées à combattre en Europe.
Avant le départ de la division du Maroc vers la Grande-Bretagne, il est nommé officier adjoint du 1er bataillon du RMT.
Cette fonction le place au cœur de la préparation tactique du bataillon.
La 2e DB, équipée et entraînée selon les méthodes américaines, doit participer aux opérations de libération de la France.
Pour Jean-Marie Corlu, après quatre années passées principalement sur les théâtres africains, l’objectif est désormais de combattre sur le territoire national.
Débarquement en Normandie — Août 1944
Le 4 août 1944, Jean-Marie Corlu débarque en Normandie avec la 2e Division blindée.
La division rejoint les forces alliées engagées dans la bataille de Normandie.
Son intervention s’inscrit dans la phase de progression des armées alliées après la percée d’Avranches.
Le Régiment de marche du Tchad participe aux opérations offensives en direction d’Alençon et d’Argentan.
Jean-Marie Corlu prend part à ces combats avec le 1er bataillon.
Les unités de la division doivent progresser rapidement tout en faisant face à des résistances allemandes parfois importantes.
L’infanterie portée joue un rôle essentiel pour accompagner les chars, reconnaître les positions adverses et réduire les points de résistance.
Les combats nécessitent une coopération étroite entre les fantassins, les blindés et l’artillerie.
Corlu met à profit son expérience du commandement et des opérations mobiles acquise en Afrique.
Libération de Paris — 25 août 1944
À la fin du mois d’août 1944, la 2e DB reçoit l’ordre de marcher sur Paris.
La capitale est alors le théâtre d’une insurrection menée par les organisations de la Résistance intérieure.
Le 25 août 1944, Jean-Marie Corlu entre dans Paris à la tête du 1er bataillon du Régiment de marche du Tchad.
Il participe ainsi à la libération de la capitale.
Cette journée constitue l’aboutissement de son engagement commencé quatre ans plus tôt, lorsqu’il avait quitté clandestinement le Niger pour poursuivre la guerre.
Cependant, les combats ne sont pas terminés.
Les forces allemandes conservent encore des positions dans plusieurs secteurs de la région parisienne.
Les unités de la 2e DB poursuivent leurs opérations vers le nord et le nord-est de la capitale.
Combats du Bourget et de Dugny — 27 août 1944
Le 27 août 1944, Jean-Marie Corlu participe aux opérations conduites dans le secteur du Bourget.
Accompagné du capitaine Sammarcelli, il part en jeep pour reconnaître un itinéraire destiné aux véhicules et aux chars.
Les deux officiers s’engagent sur le terrain d’aviation de Dugny.
Alors qu’ils progressent sur le terrain, des soldats allemands ouvrent le feu.
Jean-Marie Corlu est grièvement atteint au ventre.
Le capitaine Sammarcelli est lui-même blessé par deux balles.
Malgré ses propres blessures, il parvient à organiser l’évacuation de son camarade.
Corlu est transporté à l’hôpital franco-musulman de Bobigny.
Son état est extrêmement grave.
Il subit une intervention chirurgicale, mais ses blessures et son épuisement ne lui permettent pas de surmonter les suites de l’opération.
Décès — 30 août 1944
Jean-Marie Corlu meurt le 30 août 1944, trois jours après avoir été blessé à Dugny.
Il est âgé de 32 ans.
Il est inhumé à Saint-Donat-sur-l’Herbasse, sa commune natale.
Sa mort intervient quelques jours seulement après la libération de Paris, alors que les forces françaises poursuivent leur progression vers l’est.
Son parcours militaire s’achève ainsi après quatre années de guerre, depuis son ralliement volontaire à la France libre jusqu’aux combats pour la libération de la capitale.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 8 août 1912 | Naissance à Saint-Donat-sur-l’Herbasse. |
| 1er octobre 1931 | Entrée à Saint-Cyr, promotion du Tafilalet. |
| 1933 | Affectation au 24e Régiment de tirailleurs sénégalais. |
| Août 1934 | Départ pour l’Afrique occidentale française. |
| Octobre 1935 | Promotion au grade de lieutenant. |
| 1936 | Affectation au Groupe nomade d’Akjoujt, en Mauritanie. |
| 1937 | Retour en métropole ; affectation à Toulon. |
| 1939 | Commandement du Groupe méhariste d’Agadès. |
| 8 août 1940 | Départ clandestin du Niger pour rejoindre la France libre. |
| 6 septembre 1940 | Arrivée à Fort-Lamy. |
| 25 février 1941 | Combat de Koufra ; première blessure. |
| 1er mars 1941 | Promotion au grade de capitaine. |
| 14 juillet 1941 | Attribution de la croix de la Libération. |
| Juillet 1941 | Affectation au RTST. |
| Novembre 1941 | Commandement de la 12e compagnie du RTST. |
| Juin 1942 | Interruption de service pour maladie. |
| Février 1943 | Reprise du commandement de la 12e compagnie portée. |
| 27 février 1943 | Deuxième blessure lors d’une mission de liaison. |
| Mai 1943 | Retour à la division ; promotion au grade de chef de bataillon. |
| 1943-1944 | Service au Régiment de marche du Tchad. |
| 4 août 1944 | Débarquement en Normandie avec la 2e DB. |
| Août 1944 | Combats d’Alençon et d’Argentan. |
| 25 août 1944 | Entrée dans Paris avec le 1er bataillon du RMT. |
| 27 août 1944 | Grièvement blessé à Dugny. |
| 30 août 1944 | Décès à Bobigny. |
Unités militaires et organismes d’appartenance
24e Régiment de tirailleurs sénégalais — Première affectation après Saint-Cyr.
7e Régiment de tirailleurs sénégalais — Service en Afrique occidentale française.
Groupe nomade d’Akjoujt — Officier méhariste en Mauritanie.
8e Bataillon de tirailleurs sénégalais — Affectation à Toulon.
Groupe méhariste d’Agadès — Commandant de l’unité en 1939-1940.
Forces françaises libres — Ralliement en septembre 1940.
Groupe nomade du Tibesti — Missions sahariennes sous le commandement de Leclerc.
Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad — Commandant de la 12e compagnie.
Régiment de marche du Tchad — Officier d’état-major puis officier du 1er bataillon.
2e Division blindée — Campagnes de Normandie et de libération de Paris.
Camarades de combat
Philippe LECLERC DE HAUTECLOCQUE — Général, chef de la colonne Leclerc puis commandant de la 2e Division blindée ; confie à Jean-Marie Corlu plusieurs missions et dirige les opérations auxquelles il participe.
Louis DIO — Officier des Forces françaises libres, participant à l’opération de Koufra puis commandant du Régiment de marche du Tchad ; combat avec Corlu en février 1941 et l’appelle ultérieurement à son état-major.
Félix ÉBOUÉ — Gouverneur du Tchad, acteur déterminant du ralliement du territoire à la France libre en août 1940.
Charles DE GAULLE — Général, chef de la France libre ; Jean-Marie Corlu rejoint les forces placées sous son autorité en septembre 1940.
SAMMARCELLI — Capitaine du Régiment de marche du Tchad ; accompagne Jean-Marie Corlu lors de la reconnaissance de Dugny le 27 août 1944 et contribue à son évacuation malgré ses propres blessures. Prénom non confirmé dans les sources consultées.
PINHÈDE — Auteur d’un témoignage daté d’août 1946 concernant le parcours militaire de Jean-Marie Corlu, conservé dans son dossier individuel de l’Ordre de la Libération. Prénom, grade et nature exacte des relations avec Corlu à vérifier.
Lieux de mémoire
Saint-Donat-sur-l’Herbasse — Drôme — Commune natale de Jean-Marie Corlu et lieu de sa sépulture.
Perpignan — Pyrénées-Orientales — Première affectation comme instructeur au 24e RTS.
Akjoujt — Mauritanie — Service dans les unités méharistes.
Agadès — Niger — Commandement du groupe méhariste et départ clandestin en août 1940.
Sokoto — Nigeria — Premier contact avec les autorités britanniques après sa traversée du désert.
Fort-Lamy — Tchad — Ralliement aux Forces françaises libres et service au RTST.
Koufra — Libye — Participation aux combats de février-mars 1941.
Ksar Rhilane — Tunisie — Secteur de sa deuxième blessure.
Alençon et Argentan — Orne — Combats de la campagne de Normandie.
Paris — Seine — Participation à la libération de la capitale.
Dugny — Seine, aujourd’hui Seine-Saint-Denis — Lieu de sa blessure mortelle.
Bobigny — Seine, aujourd’hui Seine-Saint-Denis — Lieu de son décès.
Décorations
Officier de la Légion d’honneur — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Date du décret et publication au Journal officiel non retrouvées lors des présentes recherches.
Compagnon de la Libération — Décret du 14 juillet 1941 ; attribution de son vivant, non posthume. Dossier individuel 1 A 236. Le dossier conserve le décret ainsi qu’un mémoire de proposition établi en 1945. Date de publication au Journal officiel non vérifiée. Source : Ordre de la Libération.
Croix de guerre 1939-1945 — Trois citations. L’une d’elles est obtenue à la suite des combats de Koufra. Dates et textes complets des citations non vérifiés. Source : Ordre de la Libération.
Médaille de la Résistance française avec rosette — Attribution à titre posthume par décret du 31 mars 1947. Publication au Journal officiel du 29 janvier 1948. Dossier de médaillé 1O15090. Source : base officielle des médaillés de la Résistance française, Ordre de la Libération.
Médaille coloniale avec agrafe Koufra — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Date d’attribution non retrouvée.
La liste des décorations est confirmée par l’Ordre de la Libération. L’attribution posthume de la Médaille de la Résistance avec rosette est établie par sa base nominative officielle.
Dossiers d’archives et d’homologation
Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 236
L’inventaire officiel des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre C, version du 24 septembre 2025, identifie le dossier personnel de Jean-Marie Corlu sous la cote 1 A 236.
Il comprend notamment le décret du 14 juillet 1941 portant attribution de la croix de la Libération et un mémoire de proposition établi en 1945.
Il contient également des documents de renseignements personnels, des correspondances échangées avec la chancellerie de l’Ordre de la Libération entre 1946 et 1973, ainsi que plusieurs pièces d’origine familiale.
Parmi ces dernières figurent une copie de la dernière lettre écrite par Jean-Marie Corlu en 1944 et trois lettres adressées à sa mère en 1944 et 1945.
Le dossier conserve également une copie du témoignage de Pinhède, daté d’août 1946, un état des services militaires, un curriculum vitae et plusieurs documents biographiques.
Ces pièces présentent un intérêt particulier pour la reconstitution de ses campagnes africaines et des circonstances de sa mort.
Service historique de la Défense — GR 16 P 142652
Le répertoire nominatif des dossiers administratifs de résistants conservés au Service historique de la Défense identifie Jean-Marie Corlu sous la cote GR 16 P 142652.
La fiche correspondante mentionne une homologation au titre des Forces françaises libres.
Elle contient toutefois une anomalie : l’année de naissance est indiquée comme étant 1922, alors que les sources institutionnelles et biographiques concordent sur l’année 1912.
L’identité de la personne concernée ne paraît pas douteuse, compte tenu de la concordance du nom, du lieu et du jour de naissance, ainsi que de la cote reprise dans l’inventaire de l’Ordre de la Libération.
Ordre de la Libération — Dossier de médaillé 1O15090
Le dossier 1O15090 concerne l’attribution posthume de la Médaille de la Résistance française avec rosette.
La base officielle confirme le décret du 31 mars 1947 et sa publication au Journal officiel du 29 janvier 1948.
Les trois références archivistiques sont identifiées, mais les dossiers originaux n’ont pas été intégralement dépouillés.
Références bibliographiques
Mémorial des Compagnons de la Libération 1940-1945, Chancellerie de l’Ordre de la Libération, 1961. Ouvrage collectif de référence consacré aux Compagnons de la Libération ; un extrait de la notice de Jean-Marie Corlu est conservé dans son dossier individuel.
1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe NOTIN, Perrin, Paris, 2000, 822 p. Ouvrage de référence sur les hommes et les femmes décorés de la croix de la Libération.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir TROUPLIN, Elytis, Bordeaux, édition augmentée de 2023, 1 600 p. Dictionnaire biographique consacré aux Compagnons de la Libération.
Les Compagnons de l’aube, Guillaume PIKETTY, Textuel, Paris, 2014, 442 p. Étude historique consacrée aux premiers engagements et aux trajectoires des Compagnons.
Le Serment de Koufra, ouvrage cité dans l’inventaire du dossier 1 A 236, extrait daté de 1970. Document signalé parmi les pièces conservées par l’Ordre de la Libération ; auteur, éditeur et pagination de l’extrait non vérifiés.
Quelques proverbes maures sur le chameau, publication de 1937 dont un extrait est conservé dans le dossier de Jean-Marie Corlu. L’inventaire ne permet pas d’établir avec certitude l’auteur ni le lien précis de ce document avec le parcours personnel de Corlu.
Références internet
Ordre de la Libération — Jean-Marie Corlu — Notice biographique officielle présentant sa formation à Saint-Cyr, son ralliement à la France libre, les campagnes de Koufra et du Fezzan, ainsi que les circonstances de sa mort — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-marie-corlu
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers individuels des Compagnons, lettre C — Identification du dossier 1 A 236, description des correspondances familiales et des documents militaires conservés — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf
Ordre de la Libération — Base des médaillés de la Résistance française, lettre C — Confirmation de l’attribution posthume de la Médaille de la Résistance avec rosette, décret du 31 mars 1947, Journal officiel du 29 janvier 1948, dossier 1O15090 — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies/C?page=5
Service historique de la Défense, Musée de la Résistance en ligne — Répertoire nominatif GR 16 P, lettre C — Identification du dossier de résistant GR 16 P 142652 et mention de l’homologation au titre des Forces françaises libres — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf
Ordre de la Libération — Les Compagnons de la Libération — Base officielle des biographies et des parcours militaires des membres de l’Ordre — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/recherche-compagnons
Observations
Jean-Marie Corlu appartient à la première génération des officiers de la France libre ayant rejoint le général de Gaulle depuis les territoires africains.
Son engagement présente une particularité remarquable : en août 1940, il ne se trouve pas dans une situation lui permettant de rejoindre facilement les territoires ralliés.
Le Niger demeure sous l’autorité de Vichy.
Il doit donc prendre personnellement l’initiative de quitter son unité et d’entreprendre une longue traversée du désert pour rejoindre les Britanniques.
Cette décision volontaire, prise alors que l’issue de la guerre demeure profondément incertaine, constitue un élément essentiel de son parcours.
Son expérience des unités méharistes lui permet ensuite de jouer un rôle utile dans les premières opérations sahariennes du général Leclerc.
Il se distingue particulièrement à Koufra, où il est blessé en poursuivant le combat.
Après une seconde blessure en Tunisie, il continue de servir dans les forces combattantes.
Sa participation à la campagne de Normandie puis à la libération de Paris témoigne de la continuité de son engagement.
Sa mort, le 30 août 1944, trois jours après avoir été grièvement blessé, met fin à une carrière militaire particulièrement dense.
Tableau des divergences entre sources
| Sujet | Source | Information | Appréciation |
|---|---|---|---|
| Date de naissance | En-tête de la notice de l’Ordre de la Libération | 7 août 1912 | Divergence interne à la notice officielle. |
| Date de naissance | Corps de la biographie de l’Ordre de la Libération | 8 août 1912 | Date retenue. |
| Date de naissance | Base officielle des médaillés de la Résistance | 8 août 1912 | Confirmation institutionnelle. |
| Année de naissance | Répertoire SHD GR 16 P | 1922 | Erreur matérielle vraisemblable, compte tenu de la carrière militaire commencée avant 1933. |
| Attribution de la croix de la Libération | Ordre de la Libération | Décret du 14 juillet 1941 | Date confirmée par l’inventaire du dossier 1 A 236. |
| Mémoire de proposition | Inventaire de l’Ordre de la Libération | Document de 1945 | Pièce postérieure au décret, dont la nature administrative exacte nécessite vérification. |
| Attribution de la Médaille de la Résistance | Base officielle des médaillés | Décret du 31 mars 1947, Journal officiel du 29 janvier 1948 | Attribution posthume confirmée. |
Indice de fiabilité de la notice Niveau B — L’identité, les principales affectations, le ralliement à la France libre, la participation à l’opération de Koufra, les campagnes du Fezzan et de Normandie, les circonstances de la blessure mortelle et la date du décès sont établis par les sources institutionnelles consultées. Le dossier individuel de l’Ordre de la Libération, le dossier SHD et celui de la Médaille de la Résistance sont identifiés par leurs cotes. Le niveau B est retenu en raison des divergences relatives à la date de naissance, du caractère encore incomplet des vérifications sur certaines citations militaires et de l’absence de consultation intégrale des dossiers originaux.
Sources consultées
Ordre de la Libération — Jean-Marie Corlu — Notice biographique officielle — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-marie-corlu
Ordre de la Libération — Répertoire numérique des dossiers individuels, lettre C, version du 24 septembre 2025 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf
Ordre de la Libération — Base des médaillés de la Résistance française, lettre C — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies/C?page=5
Service historique de la Défense — Répertoire des dossiers de résistants GR 16 P, lettre C — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf
Les Guerres d’hier au jour le jour — 30 août 1944 : Jean-Marie Corlu, Compagnon de la Libération, meurt de ses blessures — https://lhistoireenrafale.lunion.fr/2025/08/30/30-aout-1944-jean-marie-corlu-compagnon-de-la-liberation-meurt-de-ses-blessures/