Paul COLLARD, né le 20 octobre 1898 à Sprimont (province de Liège, Belgique), mort en 1968 (date donnée par l’historiographie spécialisée ; une autre source d’archives signale 1970 à Liège — divergence signalée)
Issu de la bourgeoisie catholique verviétoise, Paul Collard suit une trajectoire d’industriel avant-guerre. Ancien volontaire de 1914-1918, il appartient à une génération d’hommes pour qui le patriotisme et la discipline structurent fortement les engagements publics et privés. Réfugié avec sa famille dans le Midi de la France en 1940-1941, il y noue de premiers contacts qui compteront pour la suite de son action clandestine.
Au contact des milieux belges et alliés actifs en zone non occupée, Paul Collard s’oriente vers le renseignement. De retour en Belgique, il met son expérience d’organisateur au service d’une structure appelée à prendre une ampleur nationale : le service Tégal réseau belge de renseignements.
À l’automne 1941, il rencontre Pierre Hauman, fondateur et premier chef opérationnel ; leurs parcours se croisent et se complètent. Après l’arrestation de Hauman fin septembre 1943, Collard reprend la direction de Tégal et en tient les rênes jusqu’à la Libération, avec le grade d’agent de renseignements et d’action (ARA).
Sous son impulsion, Tégal se structure et croît rapidement (plus de 300 agents et auxiliaires à l’apogée). Collard veille à la discipline des cellules et organise les liaisons vers la France non occupée puis vers Londres.
Après les coups portés au réseau en 1943, il reconstitue un dispositif actif et développe le secteur « Sud-Est » (régions de Dinant, Liège, Verviers) en coopération avec le réseau Mill et l’Armée secrète.
L’activité reprend avec intensité de l’été 1944 à la Libération (surveillance des mouvements de troupes, points d’observation, messages radio relayés via l’opérateur détaché par Mill).
Arrestation / évasion / déportation
Repéré par le contre-espionnage allemand, Paul Collard est arrêté en 1943 et interné environ trois mois. Il parvient à égarer les enquêteurs et est relâché en septembre 1943. Recherché à Bruxelles, il gagne le maquis dinantais où il relance les opérations du réseau jusqu’à la Libération.
Camarades de combat
Parmi ses proches collaborateurs figurent Pierre Hauman (fondateur), Franz Manderfeld (adjoint), Paul Debergh (adjoint), Ernest Demuyter (chef de secteur Bex 1920), l’abbé Jean Housiaux (co-animateur du secteur Sud-Est) et l’opérateur radio Albert Plaetsier, ainsi que des responsables de secteurs locaux rattachés à l’état-major.
Retour à la vie civile
À la Libération, l’administration du réseau est liquidée par la Sûreté de l’État ; Collard revient à la vie civile dans le monde industriel liégeois/verviétois. L’historiographie et les inventaires d’archives retiennent son rôle de chef de Tégal et conservent ses rapports d’activité.
Décorations
Aucune décoration française (Compagnon de la Libération, Médaille de la Résistance, Légion d’honneur) n’a été trouvée dans les bases officielles consultées. )
Lieux de mémoire
Aucun lieu public en France repéré au nom de Paul Collard. En Belgique, son nom apparaît dans les inventaires et fonds d’archives consacrés à Tégal (conservation publique, CEGESOMA/Archives de l’État).
Références bibliographiques
- C’était Tégal. Un réseau de renseignements en Belgique occupée (1940-1944), Emmanuel Debruyne, Labor, 2003. Monographie de référence sur l’histoire, l’organisation et les pratiques du service Tégal, fondée sur les archives du CEGESOMA et de la Sûreté. L’ouvrage restitue les parcours des chefs (Hauman, Collard), les secteurs, les liaisons et la répression.
- Services de renseignements et société. Le cas du réseau Tégal, 1940-1944, Emmanuel Debruyne, Cahiers d’Histoire du Temps Présent n°9, 2001. Étude sociologique et opérationnelle du réseau : recrutement, hiérarchies, territoires, relations avec Londres et réseaux alliés. Donne des repères biographiques précis sur Paul Collard et ses adjoints.
- Les réseaux belges et leurs finances (1940-1944), ouvrage collectif (OpenEdition Books). Analyse les circuits de financement des réseaux, dont Tégal ; contextualise les difficultés matérielles évoquées par Collard en 1943 et les conséquences d’arrestations sur les caisses clandestines.
Références internet
- Journal of Belgian History – « Services de renseignements et société. Le cas du réseau Tégal, 1940-1944 » Article en libre accès présentant l’histoire et la sociologie du service Tégal, avec notices biographiques (dont Collard) et chronologie opérationnelle. https://www.journalbelgianhistory.be/nl/system/files/article_pdf/chtp9_03_Debruyne.pdf
- Archives de l’État en Belgique / CEGESOMA – « AA 1669 Papiers Paul COLLARD » Inventaire du fonds Paul Collard : rapports d’activité 1943-1944, communications internes, messages radio via Mill, croquis et fiches d’observation. URL : https://agatha.arch.be/data/ead/BE-A0547_719306_804916/annexes/547_FICINV_AA1669.pdf
- OpenEdition Books – « Les réseaux belges et leurs finances, 1940-1944 »
Chapitre évoquant la prise de fonction de Collard, les tensions budgétaires de 1943 et l’impact des arrestations (Hauman). URL : https://books.openedition.org/irhis/2278 OpenEdition Books