Pierre CHOISY, né 16 Aout 1910, mort en 1972, Français ; responsable de Combat et de l’Armée secrète dans le Gard, puis cadre de l’état-major de l’Armée secrète et adjoint au chef du réseau Brick. L’objet de recherche le présente comme ancien responsable de l’Armée secrète devenu adjoint au chef de Brick dans la région parisienne.
Jeunesse et formation
Pierre Choisy milite avant la guerre dans les Jeunesses socialistes, milieu dans lequel il rencontre Lucette Vigne. Ils se marient à Nîmes le 15 février 1940.
Mobilisé dans le 42e régiment d’infanterie coloniale, il repart au front après une permission et est fait prisonnier par les Allemands. Son épouse, informée de sa situation par un prisonnier évadé, parvient à franchir les lignes et contribue à son évasion de captivité.
Avant son passage complet dans la clandestinité, le couple vit au Grau-du-Roi. Lucette est institutrice et Pierre Choisy secrétaire général de mairie. Le régime de Vichy le révoque de cette fonction en raison de son appartenance à la franc-maçonnerie.
Engagement dans la Résistance
Après son retour de captivité, Pierre Choisy reprend contact avec ses anciens camarades socialistes et participe à l’implantation du mouvement Combat dans le Gard. Il contribue ensuite à l’organisation de l’Armée secrète dans le département.
Il entraîne plusieurs membres de son entourage dans la clandestinité, notamment son épouse Lucette, qui devient agent de liaison et secrétaire, ainsi que sa mère Andrée Choisy et plusieurs militants ou sympathisants du réseau local.
Après le départ d’Albert Thomas de Nîmes en mai 1943 et l’intérim du docteur Jean Bastide, Pierre Choisy prend la direction départementale de Combat. Il cumule alors les fonctions de chef départemental de Combat et de l’Armée secrète dans le Gard.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Son parcours résistant comporte plusieurs étapes solidement documentées : Combat, Armée secrète, état-major du 2e bureau de l’AS, puis réseau Brick.
Après avoir dû quitter Nîmes à l’automne 1943, il rejoint Lyon et devient l’adjoint du colonel Robert Aron, dit « Brunetière », à l’état-major du 2e bureau de l’Armée secrète. Il exerce ensuite des responsabilités dans Brick et est présenté par le Musée de la Résistance en ligne comme adjoint au chef du réseau Brick dans la région parisienne.
Une source mémorielle le qualifie également d’« ancien chef départemental de l’Armée secrète » et de liquidateur du réseau Brick du BCRA pour la zone Sud.
Missions et actions
À la tête de Combat et de l’AS dans le Gard, Pierre Choisy assure des fonctions d’organisation, de recrutement et de coordination. Son réseau familial et militant sert aux activités de liaison, de diffusion clandestine et de soutien aux résistants.
Son autorité est attestée par les témoignages qu’il délivre lui-même après la guerre. En octobre 1945, il certifie notamment l’activité résistante de Jean Pépin, engagé au service de l’identité et des faux papiers et arrêté par la Gestapo en mars 1944. Cette attestation est signée par Choisy en qualité d’ancien responsable de l’AS et liquidateur de Brick pour la zone Sud.
Il intervient aussi dans les dossiers de reconnaissance de plusieurs résistants gardois. Une étude fondée sur les archives mentionne par exemple une attestation de Pierre Choisy, « responsable départemental de l’armée secrète », certifiant les services de Marcel Encontre.
Arrestation / évasion / déportation
Le 22 octobre 1943, les services du NAP avertissent Pierre Choisy d’une arrestation imminente. Il quitte Nîmes et échappe au coup de filet mené par la Gestapo trois jours plus tard.
Le 25 octobre, la répression frappe durement son entourage. Lucette Choisy, enceinte, sa mère Andrée et plusieurs résistants ou proches du mouvement sont arrêtés. Pierre, déjà en fuite, n’est pas capturé.
Lucette s’évade de l’hôpital de la Conception à Marseille le 28 décembre 1943 grâce à une opération des Groupes francs. Pierre la retrouve ensuite et l’accompagne vers Lyon avant de reprendre ses responsabilités clandestines.
Aucune déportation de Pierre Choisy n’est documentée.
Camarades de combat
Ses proches collaborateurs et camarades documentés comprennent son épouse Lucette Choisy, agent de liaison et secrétaire ; sa mère Andrée Choisy ; le docteur Jean Bastide ; Albert Thomas ; ainsi que de nombreux résistants de Combat et de l’AS dans le Gard.
Dans la phase suivante de son parcours, il travaille auprès du colonel Robert Aron, alias Brunetière, au 2e bureau de l’Armée secrète, avant d’exercer des responsabilités dans Brick.
Retour à la vie civile
Pierre Choisy retrouve Lucette à la Libération. Le couple s’installe à Marseille, où il travaille à la Préfecture, puis Pierre part à Douala, au Cameroun. Lucette l’y rejoint ultérieurement.
Le couple divorce à Douala le 12 mars 1953. Pierre Choisy meurt en 1972 ; le lieu et la date exacte de son décès n’ont pas été établis dans les sources directement consultées.
Il joue également après-guerre un rôle administratif important dans la liquidation et la reconnaissance des services de Brick, notamment en zone Sud.
Décorations
Médaille de la Résistance Française avec rosette par décret du 24 Avril 1946 JO 17 Mai 1946 Sourec ordre de la Libération Côte du dossier : 1O13493
Aucune autre décoration retrouvée lors des présentes recherches dans les bases consultées ; cela ne signifie pas cependant que Pierre Choisy n’ait reçu aucune distinction, mais seulement qu’aucune n’a pu être confirmée par les sources consultées.
Lieux de mémoire
La mémoire de Pierre Choisy est principalement attachée à l’histoire de Combat et de l’Armée secrète dans le Gard, ainsi qu’aux archives consacrées à l’évasion de Lucette Choisy et à la répression qui frappe leur groupe en octobre 1943. Le Musée de la Résistance en ligne et les Archives départementales du Gard conservent aujourd’hui des documents permettant de reconstituer ce contexte.
Références bibliographiques
Jean Garcin, Nous étions des terroristes, Avignon, Éditions A. Barthélémy, 1996. L’ouvrage documente notamment les Groupes francs et l’évasion de Lucette Choisy, épisode directement lié au parcours clandestin du couple.
Robert Mencherini, Résistance et Occupation (1940-1944), Midi Rouge, ombres et lumières, tome 3, Paris, Syllepse, 2011. Étude de référence pour replacer les réseaux de Combat, l’Armée secrète et la répression dans le Midi méditerranéen.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne — « Évasion de Lucette Choisy du quartier de la salle des consignés de l’hôpital de la Conception à Marseille ».
Dossier contenant une biographie substantielle de Pierre Choisy : captivité en 1940, évasion organisée avec l’aide de Lucette Choisy, activité professionnelle au Grau-du-Roi, révocation par Vichy, engagement dans Combat, direction départementale de Combat et de l’Armée secrète dans le Gard, fuite d’octobre 1943, passage à l’état-major de l’Armée secrète à Lyon, puis fonctions au sein du réseau Brick et parcours après-guerre.
Musée de la Résistance en ligne — Évasion de Lucette Choisy
Archives départementales du Gard — « Femmes en résistance ».
Présentation consacrée notamment à Lucette Vigne-Choisy. Elle confirme que Pierre Choisy, averti d’une arrestation imminente, prend la fuite le 22 octobre 1943 et replace l’engagement de Lucette et de son entourage dans l’organisation résistante gardoise.
Archives départementales du Gard — Femmes en résistance
AFMD Gard — notice « Jean Pépin ».
Documentation et témoignages relatifs aux résistants du Gard. La notice reproduit notamment un témoignage de Pierre Choisy d’octobre 1945 et l’identifie comme ancien chef départemental de l’Armée secrète et liquidateur du réseau Brick du BCRA pour la zone Sud.
AFMD Gard — notice « Choisy Andrée née Lafont ».
Source complémentaire sur l’environnement familial et résistant de Pierre Choisy. Elle confirme qu’après le départ d’Albert Thomas en mai 1943 et l’intérim du docteur Jean Bastide, Pierre Choisy reprend la direction du mouvement Combat dans le Gard ; elle documente également sa fuite du 22 octobre 1943.
AFMD Gard — Choisy Andrée née Lafont
Service historique de la Défense — inventaire de la sous-série GR 28 P 4, réseau Brick.
L’inventaire officiel du SHD identifie un dossier individuel de Pierre Choisy, GR 28 P 4 1/8, pour 1945, avec renvoi au dossier administratif de résistant GR 16 P 129133. Il identifie également le dossier de Lucette Vigné épouse Choisy sous GR 28 P 4 1/7, avec renvoi à GR 16 P 594084.
Service historique de la Défense — Inventaire GR 28 P 4 des dossiers des agents des réseaux
Dossier d’homologation consulté
Dossier individuel identifié au Service historique de la Défense : GR 16 P 129133, Pierre Choisy. Un instrument de recherche du SHD le rattache à un ensemble de dossiers individuels constitué en 1945.
Le contenu intégral du dossier GR 16 P 129133 n’a pas été directement dépouillé pièce par pièce au cours des présentes recherches.
Observations
L’identification de Pierre Choisy ne doit pas être confondue avec celle de son épouse Lucette Choisy née Vigne, qui possède sa propre notice individuelle MVR. La documentation institutionnelle sur Lucette fournit cependant des éléments biographiques substantiels et cohérents concernant son mari.
Une source secondaire décrit Pierre Choisy comme responsable d’un réseau britannique « Buckmaster » dans le Sud de la France. Cette qualification n’a pas été retenue comme appartenance principale dans la présente notice, car les sources archivistiques et institutionnelles les plus précises documentent surtout Combat, l’Armée secrète et Brick.
Indice de fiabilité de la notice
Niveau A. Le parcours est documenté par le Musée de la Résistance en ligne, des fonds d’archives départementales, des documents issus de dossiers de résistants et une cote individuelle du SHD. Les données civiles antérieures à la guerre restent toutefois lacunaires.
Chronologie
| Date | Événement |
| Avant 1940 | Militant aux Jeunesses socialistes |
| 15 février 1940 | Mariage avec Lucette Vigne à Nîmes |
| 1940 | Mobilisation au 42e régiment d’infanterie coloniale ; fait prisonnier |
| Après sa captivité | Évasion et retour dans le Gard |
| 1941-1943 | Participation à la constitution de Combat puis de l’Armée secrète dans le Gard |
| Mai 1943 | Prend ensuite la direction départementale de Combat et de l’AS |
| 22 octobre 1943 | Averti d’une arrestation imminente ; prend la fuite |
| 25 octobre 1943 | Arrestation de nombreux membres de son entourage |
| Fin 1943 | Rejoint Lyon ; adjoint de Robert Aron au 2e bureau de l’AS |
| 1943-1944 | Devient adjoint au chef de Brick dans la région parisienne |
| 1945 | Participe à la liquidation et à l’attestation des services résistants |
| Après 1944 | Travaille à la Préfecture à Marseille puis part à Douala |
| 12 mars 1953 | Divorce avec Lucette à Douala |
| 1972 | Décès |
Sources consultées
Sources consultées
Musée de la Résistance en ligne. Dossier documentaire sur l’évasion de Lucette Choisy et contexte biographique de Pierre Choisy : captivité, activité professionnelle, engagement dans Combat et l’Armée secrète, fuite d’octobre 1943, passage par l’état-major à Lyon, réseau Brick et parcours après-guerre.
Archives départementales du Gard — « Femmes en résistance ». Notice consacrée notamment à Lucette Vigne-Choisy et au rôle de Pierre Choisy dans la Résistance gardoise ; elle documente notamment la fuite de Pierre Choisy en octobre 1943 et le contexte de l’engagement résistant du couple.
Service historique de la Défense — inventaire des dossiers des agents des réseaux, sous-série GR 28 P 4. L’instrument de recherche mentionne le dossier individuel de Pierre Choisy, GR 28 P 4 1/8, et renvoie à son dossier administratif de résistant conservé sous la cote GR 16 P 129133.
AFMD Gard — « Jean Pépin ». Notice historique comprenant notamment un témoignage de Pierre Choisy et l’identifiant comme ancien chef départemental de l’Armée secrète et liquidateur du réseau Brick du BCRA pour la zone Sud.
AFMD Gard — « Choisy Andrée née Lafont ». Notice historique complémentaire sur l’environnement résistant de Pierre Choisy, la direction de Combat dans le Gard et les circonstances de sa fuite du 22 octobre 1943.