Maurice Émile CHEVANCE-BERTIN, né CHEVANCE, alias « Barrioz », « Herbain », « Nef bis » et « Bertin », né le 6 mars 1910 à Nanteuil-le-Haudouin (Oise), mort le 17 juin 1996 à Paris (Ve arrondissement), Français, officier d’infanterie coloniale, cofondateur du mouvement Combat, responsable régional des Mouvements unis de Résistance, membre du Comité d’action militaire, organisateur des Forces françaises de l’intérieur, général de brigade à titre temporaire puis général honoraire, député de la Guinée française et Compagnon de la Libération par décret du 17 novembre 1945.
Jeunesse et formation
Maurice Chevance naît le 6 mars 1910 à Nanteuil-le-Haudouin, dans le département de l’Oise.
Les renseignements institutionnels disponibles ne permettent pas de reconstituer précisément son environnement familial ni l’ensemble de ses études.
Il s’oriente très jeune vers la carrière militaire.
Le 15 octobre 1929, il devance l’appel et s’engage volontairement dans l’armée française.
Il choisit l’infanterie coloniale.
Cette arme est alors largement présente dans les territoires placés sous administration française en Afrique.
Maurice Chevance reçoit une formation militaire qui lui permet d’accéder rapidement aux responsabilités d’officier.
Le 1er octobre 1930, il devient sous-lieutenant de réserve.
Il poursuit ensuite une carrière dans l’armée active.
Il est nommé sous-lieutenant d’active, puis lieutenant le 1er octobre 1933.
Ses affectations successives le conduisent en Algérie, en Tunisie et au Tchad.
Ces séjours lui permettent d’acquérir une expérience du commandement et de l’organisation militaire dans des territoires éloignés de la métropole.
Il développe également un intérêt durable pour les questions coloniales et les relations entre la France et ses territoires d’outre-mer.
Cet intérêt continuera à orienter sa carrière politique après la Seconde Guerre mondiale.
En septembre 1939, lorsque la guerre éclate, Maurice Chevance se trouve au Tchad.
Engagement militaire en 1939-1940
Septembre 1939 — Mobilisation
Maurice Chevance sert dans les troupes coloniales françaises.
Il possède alors le grade de lieutenant.
Rappelé pour participer à la campagne de France, il reçoit le commandement d’une compagnie de tirailleurs sénégalais du 8e régiment de tirailleurs sénégalais, le 8e RTS.
Cette unité appartient aux formations françaises mobilisées pour faire face à l’offensive allemande.
Les troupes coloniales participent directement aux combats de mai et juin 1940.
Elles subissent des pertes importantes pendant les opérations et les replis.
Maurice Chevance exerce ses fonctions d’officier dans ce contexte particulièrement difficile.
Mai-juin 1940 — Campagne de France
Le 10 mai 1940, l’Allemagne lance son offensive à l’ouest.
Les défenses françaises sont rapidement désorganisées.
Les unités doivent se replier devant la progression ennemie.
Maurice Chevance participe avec sa compagnie aux opérations de la campagne de France.
À la suite de l’armistice, il effectue une longue retraite qui le conduit jusqu’à Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales.
Il se trouve ainsi en zone non occupée.
Il refuse toutefois de considérer la défaite comme définitive.
Son expérience militaire et sa conviction que la guerre doit continuer le conduisent rapidement vers les premiers groupes clandestins.
Il est placé en congé d’armistice.
Cette situation lui permet de reprendre une activité civile tout en conservant des liens avec les milieux militaires.
Engagement dans la Résistance
Août 1940 — Rencontre avec Henri Frenay
Dès août 1940, Maurice Chevance est recruté par Henri FRENAY.
Ce dernier entreprend alors de constituer les premiers noyaux d’une organisation opposée à l’Occupation et à la politique d’armistice.
Marseille joue un rôle important dans cette entreprise.
La ville appartient à la zone non occupée et possède de nombreuses relations maritimes, commerciales et militaires.
Elle accueille également des militaires démobilisés, des réfugiés et des personnes cherchant à quitter la France.
Ces circonstances favorisent l’apparition de groupes de Résistance.
Maurice Chevance devient rapidement l’un des principaux collaborateurs de Frenay dans le Sud-Est.
Il participe à la constitution du Mouvement de libération nationale (MLN).
Ce premier MLN doit être distingué du mouvement portant le même nom constitué en 1944.
Il s’agit ici de l’organisation pionnière créée autour d’Henri Frenay et dont sortira Combat.
Septembre 1940 — Premières activités clandestines
Maurice Chevance participe activement au développement du mouvement.
Il agit avec son épouse Jeanine CHEVANCE.
Tous deux contribuent notamment à la diffusion du journal clandestin Les Petites Ailes.
Le journal constitue un instrument essentiel des premières organisations de Résistance.
Il permet de diffuser des informations, de dénoncer la propagande officielle et de maintenir l’idée d’une poursuite de la lutte.
La diffusion clandestine présente cependant des risques importants.
Les exemplaires doivent être reproduits, transportés et distribués à des personnes de confiance.
Maurice Chevance contribue à développer ces circuits dans la région marseillaise.
Il participe ensuite à la diffusion de Vérités, autre publication du mouvement.
La presse clandestine constitue alors l’un des principaux moyens de recrutement et d’organisation.
Une couverture professionnelle à Marseille
Maurice Chevance fonde à Marseille une agence militaire et coloniale.
Cette entreprise est destinée à prendre en charge les bagages de militaires et de civils transitant par le port.
Elle possède une activité professionnelle réelle.
Cependant, elle sert également de couverture à ses activités résistantes.
Elle permet à Chevance de maintenir des relations avec des militaires, des officiers coloniaux et des personnes susceptibles de rejoindre une organisation clandestine.
Elle facilite aussi certains déplacements.
Le témoignage consacré à Jacques Corriol, publié sur le site MVR, évoque l’utilisation d’une camionnette de déménagement appartenant à une entreprise de transport créée par Chevance-Bertin.
Ce moyen aurait notamment été utilisé pour accompagner des aviateurs alliés dans leurs déplacements clandestins.
La participation personnelle de Chevance à chacun de ces transports n’est cependant pas établie par ce seul témoignage.
L’agence devient progressivement un véritable point d’appui de la Résistance marseillaise.
1941 — Développement du Mouvement de libération nationale
Pendant l’année 1941, le mouvement fondé autour d’Henri Frenay connaît un développement important.
Maurice Chevance participe à l’organisation de ses implantations régionales.
Il contribue au recrutement de nouveaux responsables.
Il développe également les relations entre Marseille, Lyon et les autres centres de la Résistance en zone sud.
La documentation historique publiée par Francis Agostini indique que Chevance entretient des contacts avec les services spéciaux de l’armée d’armistice.
Ces relations permettent notamment au mouvement de bénéficier d’informations et de certaines compétences militaires.
La liaison avec les anciens services de l’armée représente un enjeu important.
Les premiers résistants disposent de peu de moyens.
Ils doivent rechercher des personnes capables de fournir des renseignements, des documents et une assistance matérielle.
Maurice Chevance participe activement à cet effort d’organisation.
Juillet 1941 — Rencontre entre Henri Frenay et Jean Moulin
En juillet 1941, Maurice Chevance assiste à Marseille à la première rencontre entre Henri Frenay et Jean Moulin.
Cet épisode occupe une place importante dans l’histoire des relations entre les mouvements de Résistance intérieure et la France libre.
Jean Moulin cherche alors à établir des contacts avec les responsables clandestins.
Il poursuivra ensuite ses démarches pour obtenir l’unification de la Résistance sous l’autorité du général de Gaulle.
La présence de Maurice Chevance à cette rencontre confirme son appartenance au premier cercle des responsables de l’organisation de Frenay.
La documentation MVR situe cette rencontre au 15 juillet 1941, chez le docteur Recordier, rue de Rome à Marseille.
Cette localisation provient du travail historique de Francis Agostini et mérite d’être conservée avec son attribution documentaire.
Décembre 1941 — Création du mouvement Combat
Le Mouvement de libération nationale évolue progressivement vers le mouvement Combat.
Maurice Chevance participe à cette transformation.
Il devient membre du comité directeur de Combat dès sa constitution.
Il reçoit ensuite les fonctions de directeur général du mouvement pour la zone sud.
Combat devient l’une des principales organisations de Résistance de la France non occupée.
Ses activités se développent autour de plusieurs domaines complémentaires : propagande, renseignements, recrutement, action clandestine et préparation militaire.
Maurice Chevance participe directement à la coordination de ces activités.
Son rôle est particulièrement important dans le Sud-Est.
Il maintient les relations entre les groupes locaux et la direction du mouvement.
Son expérience d’officier lui permet d’aborder les questions d’organisation avec une méthode militaire.
Arrestation et emprisonnement en 1942
Janvier 1942 — Arrestation par la police de Vichy
En janvier 1942, Maurice Chevance est arrêté par la police française.
Il est incarcéré à Lyon.
Il est ensuite transféré à Clermont-Ferrand.
Pendant son emprisonnement, il rencontre notamment le philosophe Emmanuel MOUNIER.
L’arrestation illustre l’engagement du régime de Vichy dans la répression des premières organisations clandestines.
La zone sud n’est pas encore occupée par les troupes allemandes, mais les autorités françaises poursuivent les personnes soupçonnées d’activités résistantes.
Mars 1942 — Libération provisoire
En mars 1942, Maurice Chevance obtient une mise en liberté provisoire pour raisons de santé.
Cette décision est facilitée par l’intervention d’un médecin favorable à la Résistance.
Il profite de sa libération pour reprendre ses activités clandestines.
30 avril 1942 — Échec d’une nouvelle arrestation
Les autorités françaises cherchent à nouveau à l’arrêter.
Le 30 avril 1942, il parvient à leur échapper.
Il est ensuite condamné par contumace à dix années de prison et 120 000 francs d’amende.
Cette condamnation confirme qu’il est désormais identifié comme un opposant actif au régime.
Malgré les risques, il poursuit ses responsabilités au sein de Combat.
1942-1943 — Combat et les Mouvements unis de Résistance
Maurice Chevance utilise notamment le pseudonyme de « Bertin ».
Il participe à la mise en place d’un service de renseignements au sein de Combat.
Ce service contribue ensuite à l’organisation du renseignement des Mouvements unis de Résistance (MUR).
Les MUR résultent du regroupement des trois grands mouvements de zone sud :
Combat, dirigé par Henri Frenay.
Franc-Tireur, dirigé par Jean-Pierre Lévy.
Libération-Sud, dirigé par Emmanuel d’Astier de la Vigerie.
Leur rapprochement s’effectue sous l’impulsion de Jean Moulin.
L’unification doit permettre une meilleure coordination politique et militaire.
Maurice Chevance devient chef régional des MUR pour le Sud-Est.
Il exerce ainsi des responsabilités dépassant le cadre de Combat.
Sa position le place parmi les principaux dirigeants de la Résistance en Provence.
27 avril 1943 — Trahison de Jean Multon
Le 27 avril 1943 constitue l’un des épisodes les plus dramatiques de son parcours.
Jean MULTON, alias « Lunel », qui travaille dans son entourage clandestin, passe au service des Allemands.
Les renseignements transmis à la Gestapo provoquent une série d’arrestations dans la région marseillaise.
Plusieurs responsables de Combat sont directement menacés.
Les recherches historiques publiées par Francis Agostini évoquent notamment les arrestations qui frappent Benjamin Crémieux et d’autres membres de l’organisation.
Maurice Chevance devient à son tour une cible.
La Gestapo cherche à le capturer.
Arrestation et évasion à Marseille
Le 27 avril 1943, Maurice Chevance est arrêté à son domicile marseillais.
Il parvient cependant à s’échapper.
La biographie officielle indique qu’il saute du premier étage de l’immeuble.
Cette chute provoque de graves blessures aux jambes.
Malgré ces blessures, il réussit à échapper aux agents allemands grâce à l’assistance d’un policier.
Cet épisode est particulièrement important pour Edouard ALEXANDER alors détenu à la Prison d’Aix en Provence pour être jugé en section spéciale. En effet CHEVANCE et JUVENAL avaient prévu de le faire évder, mais cette opération ne put avoir lieu du fait des blessures de CHEVANCE.
La Gestapo vient de mettre la main sur plusieurs responsables du mouvement.
La capture de Chevance aurait pu compromettre une partie supplémentaire de l’organisation clandestine.
Son évasion permet d’éviter cette conséquence immédiate.
Elle ne met cependant pas fin au danger.
Maurice Chevance est désormais activement recherché.
Printemps-été 1943 — Refuge dans les Basses-Alpes
Après son évasion, Maurice Chevance se réfugie dans les Basses-Alpes, actuelles Alpes-de-Haute-Provence.
Ses blessures limitent ses déplacements.
Il doit recevoir des soins et bénéficier d’hébergements clandestins.
Pendant plusieurs mois, il demeure caché.
La répression contre Combat se poursuit.
Les arrestations qui frappent les organisations clandestines pendant l’année 1943 désorganisent plusieurs secteurs.
Maurice Chevance suit à distance ces événements.
Il cherche à maintenir certaines relations et à préparer sa reprise d’activité.
Son séjour clandestin dans les Basses-Alpes constitue une période à approfondir par les archives départementales et les témoignages locaux.
Les localités exactes de ses hébergements successifs ne peuvent pas être établies avec suffisamment de certitude à partir de la seule biographie institutionnelle.
Octobre 1943 — Retour à des responsabilités nationales
En octobre 1943, Maurice Chevance rejoint Paris.
Henri Frenay se trouve alors à Alger.
La direction de Combat en métropole doit être maintenue malgré les arrestations.
Maurice Chevance participe à cette direction aux côtés de Claude BOURDET et de Pierre de BÉNOUVILLE.
Il se charge particulièrement de la branche militaire du mouvement.
Il devient également membre du comité directeur des MUR.
Il participe ensuite à la direction du nouveau Mouvement de libération nationale constitué à partir des organisations résistantes.
Ce second MLN doit être distingué de l’organisation fondée autour de Frenay en 1940.
Maurice Chevance intervient aussi dans le Comité antidéportation (CAD).
Ce comité cherche notamment à lutter contre les réquisitions de main-d’œuvre et les départs imposés vers l’Allemagne.
La lutte contre les mesures liées au Service du travail obligatoire constitue alors un enjeu majeur pour la Résistance.
Elle favorise également le développement des maquis, qui accueillent de nombreux réfractaires.
1944 — Action militaire des MUR
Au début de 1944, Maurice Chevance reçoit d’importantes responsabilités dans la préparation militaire de la Libération.
Il participe au Comité d’action militaire (COMIDAC) pour la zone sud.
Cet organisme contribue à la coordination de l’action armée de la Résistance.
Les organisations clandestines doivent préparer leurs interventions en fonction de l’évolution de la guerre.
La perspective d’un débarquement allié rend nécessaire une meilleure articulation entre les différents mouvements.
Maurice Chevance cherche particulièrement à favoriser l’intégration de l’Organisation de résistance de l’armée (ORA) dans les Forces françaises de l’intérieur.
L’ORA rassemble principalement des militaires issus de l’armée d’armistice.
Son rapprochement avec les autres organisations combattantes constitue un élément important de l’unification de la Résistance armée.
Chevance entretient des relations avec le général Revers, qui dirige l’ORA.
Son objectif est d’éviter la coexistence de commandements militaires concurrents au moment de la Libération.
Avril 1944 — Mission à Alger
En avril 1944, Maurice Chevance quitte clandestinement la France.
Il passe par l’Espagne et rejoint Alger.
Il rencontre le général de Gaulle.
Il lui expose ses conceptions concernant l’organisation et le commandement des FFI.
Cette mission intervient dans une période décisive.
Le Comité français de la Libération nationale prépare l’établissement d’une autorité française dans les territoires qui seront prochainement libérés.
Les relations entre le commandement allié, les mouvements clandestins et les FFI doivent être clarifiées.
Maurice Chevance participe à ces discussions en qualité de responsable expérimenté de la Résistance intérieure.
Août 1944 — Retour en France
Maurice Chevance revient en France au mois d’août 1944.
Il prend, avec Pierre de Bénouville, la direction du Bureau FFI du Commissariat à la Guerre.
Cette organisation doit contribuer à la coordination des forces issues de la Résistance.
Maurice Chevance reçoit le grade de général de brigade, correspondant aux responsabilités qui lui sont confiées.
Il convient de préciser la nature de ce grade.
Une référence administrative reproduite dans les éléments biographiques secondaires indique que le titre de général de brigade est accordé à certains responsables FFI pour la durée de leur mission, avant d’être transformé en titre de général honoraire.
Ce point doit être confirmé dans les documents militaires individuels avant de présenter Chevance comme général de brigade d’active de manière permanente.
Août-octobre 1944 — Commandement des FFI
Maurice Chevance participe à l’organisation provisoire du commandement FFI dans les régions du Sud-Ouest et du Centre.
Il contribue à l’envoi de quatre colonnes provenant de ces régions vers Autun et la Bourgogne.
Ces opérations s’inscrivent dans la poursuite des combats contre les forces allemandes en retraite.
Les unités issues de la Résistance doivent désormais agir en liaison avec les armées régulières alliées et françaises.
L’objectif est de transformer les formations clandestines en forces capables de tenir le terrain et de participer aux opérations militaires.
Maurice Chevance contribue également à l’établissement d’un commandement dans les secteurs de Royan, de la pointe de Grave et de La Rochelle.
Ces régions demeurent partiellement occupées par les forces allemandes après la libération des territoires voisins.
L’organisation de leur encerclement exige une coordination entre les unités FFI et les forces régulières.
En septembre 1944, Maurice Chevance accompagne le général de Gaulle lors d’une inspection dans le Sud-Ouest.
Il conserve des responsabilités militaires jusqu’en octobre 1944.
Appartenance à une unité, un réseau ou un mouvement
Infanterie coloniale — Engagement volontaire en octobre 1929 ; carrière d’officier en Afrique.
8e régiment de tirailleurs sénégalais — Commandement d’une compagnie pendant la campagne de France de 1940.
Mouvement de libération nationale, première organisation — Participation à sa création et à son développement à partir de 1940.
Combat — Cofondateur, membre du comité directeur et responsable général pour la zone sud.
Mouvements unis de Résistance — Chef régional dans le Sud-Est, puis responsable national de l’action militaire.
Comité antidéportation — Participation aux activités de lutte contre les départs forcés vers l’Allemagne.
Comité d’action militaire — Responsabilités dans la coordination de l’action militaire clandestine en 1944.
Forces françaises de l’intérieur — Organisation du commandement et participation aux opérations de la Libération.
Ces appartenances correspondent à différentes étapes de son parcours et à l’évolution des structures de la Résistance.
Missions et actions
L’engagement de Maurice Chevance-Bertin se caractérise moins par le commandement direct d’un maquis que par l’organisation politique, clandestine et militaire de la Résistance.
De 1940 à 1941, il contribue à développer les premiers groupes de Résistance dans la région marseillaise.
Il participe à la diffusion de la presse clandestine et à la constitution de Combat.
En 1942, malgré son arrestation et sa condamnation, il poursuit son action.
En 1943, il exerce des responsabilités importantes dans les MUR et survit à une tentative d’arrestation qui aurait pu entraîner sa déportation.
Après son passage dans la clandestinité complète, il rejoint Paris et participe à la direction nationale des mouvements.
En 1944, son activité concerne principalement la préparation de l’unification militaire de la Résistance.
Il travaille à rapprocher l’ORA des FFI.
Il participe aux discussions avec Alger.
Après la Libération, il contribue à l’organisation des unités FFI engagées dans la poursuite des combats.
Il ne serait pas rigoureux de lui attribuer personnellement l’ensemble des sabotages et opérations armées réalisés par les organisations placées sous son autorité.
Son rôle historique essentiel réside dans leur création, leur coordination et leur organisation.
Camarades de combat
Henri FRENAY — Fondateur de Combat. Il recrute Maurice Chevance dès août 1940 et lui confie d’importantes responsabilités dans le développement de l’organisation.
Jeanine CHEVANCE — Épouse de Maurice Chevance, engagée avec lui dans les premières activités clandestines et la diffusion de la presse résistante.
Bertie ALBRECHT — Responsable majeure de Combat et collaboratrice d’Henri Frenay. Elle appartient au même groupe fondateur de la Résistance en zone sud.
Jean MOULIN — Maurice Chevance assiste à sa première rencontre avec Henri Frenay à Marseille en juillet 1941.
Jacques BAUMEL — Responsable de Combat dans le Sud-Est. Il travaille dans l’environnement clandestin de Chevance, notamment pour les activités de recrutement et de propagande.
Claude BOURDET — Responsable de Combat et des MUR. Il participe avec Chevance à la direction du mouvement après le départ d’Henri Frenay pour Alger.
Pierre de BÉNOUVILLE — Responsable de Combat et Compagnon de la Libération. Il travaille avec Chevance à la direction du mouvement puis au Bureau FFI du Commissariat à la Guerre.
Henri AUBRY — Responsable de Combat, notamment impliqué dans l’organisation militaire clandestine.
Jean MULTON, alias « Lunel » — Ancien collaborateur de Combat passé au service de la Gestapo. Sa trahison contribue aux arrestations d’avril 1943 et à la tentative de capture de Chevance.
Général REVERS — Responsable de l’Organisation de résistance de l’armée, dont Chevance cherche à favoriser l’intégration dans les FFI.
Ces relations sont documentées par les biographies institutionnelles et les travaux historiques consacrés à Combat.
Arrestation, emprisonnement et déportation
Maurice Chevance connaît deux épisodes majeurs de répression.
Janvier 1942. Il est arrêté par la police de Vichy et incarcéré à Lyon puis Clermont-Ferrand.
Mars 1942. Il obtient une mise en liberté provisoire pour raisons de santé.
30 avril 1942. Il échappe à une nouvelle arrestation et fait ensuite l’objet d’une condamnation par contumace.
27 avril 1943. Il est arrêté par la Gestapo à Marseille, mais réussit à s’évader en sautant du premier étage de son domicile.
Il est gravement blessé aux jambes.
Il trouve refuge dans les Basses-Alpes et poursuit clandestinement son activité.
Aucune déportation de Maurice Chevance-Bertin n’est établie.
Il doit être distingué des nombreux responsables de Combat arrêtés puis déportés après les opérations allemandes de 1943.
Carrière après la Libération
1945 — Retour à la vie publique
Après la guerre, Maurice Chevance-Bertin poursuit son engagement dans la vie publique.
Il demeure particulièrement intéressé par les questions coloniales et les relations entre la métropole et les territoires d’outre-mer.
En 1945, il fonde l’hebdomadaire Climats, consacré notamment à ces questions.
Cette publication témoigne de sa volonté de participer aux débats concernant l’avenir des territoires placés sous souveraineté française.
21 octobre 1945 — Élection à l’Assemblée constituante
Maurice Chevance-Bertin est élu député de la Guinée française à la première Assemblée nationale constituante.
Il appartient à l’Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR).
Son engagement politique s’inscrit dans le prolongement de son action clandestine.
La Libération a favorisé l’entrée dans la vie parlementaire de nombreux responsables de la Résistance.
Chevance appartient à cette génération.
Il participe aux débats politiques de l’après-guerre.
Son activité porte notamment sur les questions de défense, de politique générale et d’outre-mer.
Il représente ensuite la Guinée à l’Assemblée de l’Union française.
La Constitution de 1946 a institué cette assemblée dans le cadre de l’Union française.
Il poursuit ses activités politiques et journalistiques pendant plusieurs années.
1958 — Retour du général de Gaulle
En 1958, Maurice Chevance-Bertin soutient les conceptions constitutionnelles du général de Gaulle.
Il demeure attaché au souvenir de la France combattante et aux institutions issues de la Libération.
1990 — Publication de ses mémoires
En 1990, il publie Vingt mille heures d’angoisse, 1940-1945, aux éditions Robert Laffont.
Cet ouvrage constitue une source autobiographique importante pour l’histoire de Combat.
Il contient notamment des souvenirs relatifs aux dirigeants du mouvement, aux arrestations et aux conflits internes de la Résistance.
Chevance-Bertin y revient également sur les circonstances de l’affaire de Caluire.
Ses appréciations concernant les responsabilités individuelles, notamment celles de René Hardy, doivent être replacées dans les controverses historiographiques entourant l’arrestation de Jean Moulin.
Ses mémoires constituent un témoignage de première main, mais ne doivent pas être considérés comme une source suffisante pour trancher seuls les questions demeurées controversées.
17 juin 1996 — Décès
Maurice Chevance-Bertin meurt le 17 juin 1996, à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris.
Il est âgé de quatre-vingt-six ans.
Ses obsèques sont célébrées en l’église Saint-Louis-des-Invalides.
Il est inhumé dans sa commune natale de Nanteuil-le-Haudouin, dans l’Oise.
Le journal Le Monde publie un hommage le 20 juin 1996, rappelant son rôle dans la création et la direction de Combat.
Décorations
Commandeur de la Légion d’honneur — Grade confirmé par l’Ordre de la Libération. Décrets de nomination et de promotion, dates de publication au Journal officiel et éventuelle cote Léonore non vérifiés.
Compagnon de la Libération — Décret du 17 novembre 1945 — Attribution du vivant de l’intéressé — Dossier individuel 1 A 211 — Source : Ordre de la Libération. L’inventaire mentionne une ampliation datée du 17 novembre 1945. La date de publication au Journal officiel reste à établir.
Croix de guerre 1939-1945 — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Nombre et niveau des citations non établis dans la biographie officielle consultée.
Médaille de la Résistance française avec rosette — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Date du décret, publication au Journal officiel et cote individuelle non vérifiées. Ces éléments doivent être recherchés dans la base officielle avant publication définitive.
Il n’est pas justifié d’ajouter d’autres décorations en l’absence de références nominatives fiables.
Lieux de mémoire
Nanteuil-le-Haudouin, Oise — Lieu de naissance de Maurice Chevance-Bertin, le 6 mars 1910, et lieu de son inhumation.
Tchad — Territoire où il sert comme officier d’infanterie coloniale avant la Seconde Guerre mondiale.
Rivesaltes, Pyrénées-Orientales — Lieu où s’achève sa retraite militaire après la campagne de France.
Marseille, Bouches-du-Rhône — Principal centre de ses activités clandestines de 1940 à 1943 et lieu de son arrestation suivie de son évasion.
Rue de Rome, Marseille — Adresse liée aux premières rencontres du groupe d’Henri Frenay, selon les travaux de Francis Agostini.
Boulevard Dugommier, Marseille — Secteur des arrestations qui frappent Combat en avril 1943.
Lyon, Rhône — Ville où il est emprisonné en 1942 et centre important de la direction de Combat.
Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme — Ville de sa détention après son arrestation de janvier 1942.
Alpes-de-Haute-Provence — Territoire où il se réfugie après son évasion du 27 avril 1943.
Paris — Centre de ses responsabilités nationales dans Combat et les MUR à partir d’octobre 1943.
Alger — Ville où il rencontre le général de Gaulle lors de sa mission d’avril 1944.
Autun, Saône-et-Loire — Secteur vers lequel il contribue à diriger des formations FFI en 1944.
Royan, Charente-Maritime — Secteur où il participe à l’organisation du commandement des forces françaises après la Libération.
Pointe de Grave, Gironde — Autre secteur de responsabilité militaire dans le dispositif français de l’Atlantique.
La Rochelle, Charente-Maritime — Région où demeurent des forces allemandes après la libération des territoires environnants.
Val-de-Grâce, Paris — Lieu de son décès le 17 juin 1996.
Église Saint-Louis-des-Invalides, Paris — Lieu de ses obsèques.
Musée de l’Ordre de la Libération, Paris — Institution conservant son dossier individuel de Compagnon, cote 1 A 211.
Références bibliographiques
Vingt mille heures d’angoisse, 1940-1945, Maurice Chevance-Bertin, Robert Laffont, Paris, 1990, pagination complète non vérifiée. — Mémoires de l’intéressé consacrés principalement à son engagement dans Combat et aux événements de la Résistance. Source de première main à confronter aux archives et aux autres témoignages.
La Communauté française, principe d’une nouvelle politique, Maurice Chevance-Bertin, publication parisienne sans date précisée dans la biographie de l’Ordre de la Libération, pagination non vérifiée. — Texte consacré aux questions politiques et institutionnelles de l’outre-mer français.
Le Mouvement de libération nationale et Combat, Francis Agostini, étude historique publiée par Mémoire Vive de la Résistance, date de rédaction non établie. — Présentation du développement de Combat dans le Sud-Est, des activités de Maurice Chevance à Marseille et des conséquences de la trahison de Jean Multon.
Essai sur les mouvements de Résistance dans les Bouches-du-Rhône, 1940-1944, Francis Agostini, Mémoire Vive de la Résistance, publication numérique du 19 février 2025. — Étude consacrée aux premières organisations clandestines marseillaises et au rôle de Frenay, Chevance et Jean Moulin.
Maurice Chevance-Bertin, Jacques Isnard, Le Monde, 20 juin 1996, pagination de l’édition imprimée non vérifiée. — Article nécrologique rappelant son rôle dans Combat et les principales étapes de sa carrière.
1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, Paris, 2000, 822 p. — Ouvrage général consacré aux Compagnons de la Libération.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, éditions de 2010 et 2023, pagination individuelle non vérifiée. — Répertoire biographique des titulaires de la croix de la Libération.
Mémorial des Compagnons de la Libération, ouvrage collectif, 1961, pagination individuelle non vérifiée. — Publication mémorielle consacrée aux Compagnons.
Dossiers des femmes et hommes Compagnon de la Libération, lettre C, Roxane Ritter, Ordre de la Libération, version du 24 septembre 2025, p. 31. — Inventaire archivistique identifiant le dossier 1 A 211.
Références internet
Ordre de la Libération — Maurice CHEVANCE-BERTIN — Biographie officielle, formation militaire, création de Combat, responsabilités dans les MUR, arrestations, évasion, organisation des FFI et carrière politique — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/maurice-chevance-bertin
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C — Répertoire de Roxane Ritter, version du 24 septembre 2025, identification du dossier individuel 1 A 211 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf
Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettre C — Identification de Maurice Émile Chevance-Bertin, né le 6 mars 1910 à Nanteuil-le-Haudouin, dossier GR 16 P 127658 — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf
Mémoire Vive de la Résistance — Le Mouvement de libération nationale et Combat — Étude de Francis Agostini sur la fondation et le développement de Combat, notamment à Marseille — https://mvr.asso.fr/le-mouvement-de-liberation-nationale-et-combat-par-francis-agostini/
Mémoire Vive de la Résistance — Essai sur les mouvements de Résistance dans les Bouches-du-Rhône, 1940-1944 — Étude de Francis Agostini sur les premiers réseaux et mouvements résistants marseillais — https://mvr.asso.fr/essai-sur-les-mouvements-de-resistance-dans-les-bouches-du-rhone-1940-1944-par-francis-agostini-president-departemental-de-lunion-federale-des-bouches-du-rhone/
Mémoire Vive de la Résistance — Allocution de Joseph Lebhar en hommage à Jacques Corriol — Témoignage évoquant les moyens de transport mis à disposition par l’entreprise créée par Chevance-Bertin — https://mvr.asso.fr/allocution-de-joseph-lebhar-a-loccasion-de-la-remise-de-la-croix-de-la-legion-dhonneur-a-monsieur-le-professeur-jacques-corriol/
Ordre de la Libération — Jacques BAUMEL — Biographie officielle précisant ses relations avec Chevance-Bertin dans l’organisation de Combat dans le Sud-Est — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jacques-baumel
Le Monde — Maurice Chevance-Bertin — Article nécrologique de Jacques Isnard publié le 20 juin 1996 — https://www.lemonde.fr/archives/article/1996/06/20/maurice-chevance-bertin_3725409_1819218.html
Dossier d’homologation
Service historique de la Défense — GR 16 P 127658
Le répertoire nominatif officiel comporte l’entrée suivante :
CHEVANCE BERTIN Maurice Émile — né le 6 mars 1910 à Nanteuil-le-Haudouin, Oise — GR 16 P 127658.
Le document comporte deux mentions d’homologation.
Leur emplacement exact dans les colonnes administratives doit être vérifié sur le tableau original avant de préciser les catégories de reconnaissance.
L’existence du dossier est certaine.
Son attribution au Compagnon de la Libération est également confirmée par l’inventaire nominatif de l’Ordre.
Les pièces individuelles n’ont pas été dépouillées.
Le dossier pourrait notamment permettre de préciser les périodes officiellement reconnues au titre de Combat, des MUR et des FFI, ainsi que les grades homologués.
Le répertoire comporte plusieurs autres personnes portant le patronyme Chevance.
Il convient notamment de ne pas confondre le Compagnon avec Maurice Fernand CHEVANCE, né le 17 septembre 1885 à Butteaux, dans l’Yonne, dont le dossier porte la cote GR 16 P 127653.
Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 211
L’inventaire officiel du 24 septembre 2025 identifie :
CHEVANCE-BERTIN Maurice — 1 A 211.
Il décrit les documents suivants.
Attribution de la croix de la Libération
Mémoire de proposition établi en 1945.
Ampliation du décret portant attribution de la croix de la Libération, datée du 17 novembre 1945.
Citation non datée.
Le mémoire de proposition présente un intérêt historique majeur pour préciser les motifs exacts de l’attribution.
Renseignements administratifs
Fiche de renseignements de la chancellerie de l’Ordre de la Libération, non datée.
Correspondances
Sept pièces de correspondance.
L’inventaire indique la période « 1955-2033 », qui comporte manifestement une erreur de transcription puisque la version du répertoire est datée de 2025.
Cette anomalie devra être corrigée après consultation des documents.
État civil
Carte nationale d’identité de Compagnon de la Libération datée du 1er septembre 1976.
Travaux historiques
Étude intitulée Toulouse, août-octobre 1944 : le moment Maurice Chevance-Bertin, publiée en 2020.
Extrait d’un ouvrage non identifié.
La présence de cette étude constitue une piste intéressante pour approfondir ses responsabilités dans le Sud-Ouest après la Libération.
Décès
L’inventaire mentionne une allocution de Jean Simon prononcée à l’occasion de ses obsèques.
La date indiquée dans le répertoire est 1995, alors que Maurice Chevance-Bertin est mort en juin 1996.
Cette incohérence devra être résolue par la consultation de la pièce originale.
Sépulture
Fiche de mise à jour de la liste des sépultures des Compagnons de la Libération.
L’ensemble du dossier est présenté comme couvrant la période 1940-2005.
Les indications précédentes proviennent de l’inventaire institutionnel. Les documents originaux n’ont pas été directement examinés.
Observations
Maurice Chevance-Bertin appartient au premier cercle des fondateurs de la Résistance organisée en zone sud.
Son parcours se distingue par la précocité de son engagement.
Dès août 1940, il collabore avec Henri Frenay à Marseille.
Il contribue à la diffusion des premiers journaux clandestins et à la structuration du mouvement qui devient Combat.
Son action s’inscrit dans une période où les organisations résistantes disposent de très peu de moyens.
Le développement de Combat repose alors sur des relations personnelles, des initiatives locales et la capacité de quelques responsables à coordonner des groupes dispersés.
Maurice Chevance utilise ses compétences militaires et ses relations professionnelles pour faciliter cette organisation.
À partir de 1942, il connaît directement la répression exercée par les autorités françaises puis allemandes.
Son arrestation, sa condamnation par contumace et son évasion de Marseille illustrent les dangers encourus par les premiers dirigeants clandestins.
Son activité ne s’interrompt cependant pas.
Après plusieurs mois de clandestinité dans les Basses-Alpes, il retrouve des responsabilités nationales à Paris.
Il participe à la direction de Combat et des MUR.
Son rôle devient principalement militaire à mesure que se rapproche la Libération.
Il cherche à favoriser l’unification des formations résistantes et leur intégration dans les FFI.
Après août 1944, il participe à leur organisation sur les fronts encore actifs.
Son parcours témoigne ainsi du passage progressif d’un mouvement clandestin de propagande et de recrutement à une organisation militaire participant aux opérations de libération du territoire.
Un point présente un intérêt particulier pour les recherches MVR : les relations entre Maurice Chevance-Bertin et Édouard ALEXANDER.
La notice MVR signale expressément plusieurs mentions de Chevance dans les mémoires d’Édouard Alexander.
Ces témoignages pourraient contribuer à préciser l’organisation de Combat dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes, notamment les responsabilités des différents dirigeants régionaux.
Toutefois, les passages exacts des mémoires n’ont pas été examinés pour cette rédaction.
Il serait donc prématuré d’attribuer à Chevance et à Alexander des opérations communes précises sans disposer de ces extraits.
Enfin, son dossier de Compagnon et son dossier SHD constituent deux sources complémentaires permettant d’approfondir son parcours.
Le mémoire de proposition de 1945 et les documents d’homologation pourraient notamment préciser les grades et les fonctions officiellement reconnus.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité de Maurice Émile Chevance-Bertin, sa naissance le 6 mars 1910 à Nanteuil-le-Haudouin, son décès le 17 juin 1996 à Paris, son engagement auprès d’Henri Frenay dès août 1940, son rôle dans la fondation de Combat, ses responsabilités dans les MUR, son arrestation du 27 avril 1943 et son évasion, ses fonctions auprès des FFI en 1944 et sa nomination comme Compagnon de la Libération par décret du 17 novembre 1945 sont établis par des sources institutionnelles concordantes. Les dossiers 1 A 211 et GR 16 P 127658 sont identifiés. Les principales réserves concernent la nature administrative précise de son grade de général, les références complètes de la Médaille de la Résistance avec rosette, le contenu des archives relatives à sa période de clandestinité dans les Basses-Alpes et certaines anomalies de transcription de l’inventaire du dossier de Compagnon.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 6 mars 1910 | Naissance à Nanteuil-le-Haudouin, Oise. |
| 15 octobre 1929 | Engagement volontaire dans l’infanterie coloniale. |
| 1er octobre 1930 | Nomination comme sous-lieutenant de réserve. |
| 1er octobre 1933 | Promotion au grade de lieutenant. |
| Années 1930 | Affectations en Algérie, en Tunisie et au Tchad. |
| Septembre 1939 | Se trouve au Tchad au moment de la déclaration de guerre. |
| Mai-juin 1940 | Commande une compagnie du 8e RTS pendant la campagne de France. |
| Juin 1940 | Repli vers Rivesaltes. |
| Août 1940 | Recruté par Henri Frenay à Marseille. |
| Septembre 1940 | Participe avec son épouse à la diffusion de Les Petites Ailes. |
| 1940-1941 | Création et développement de l’agence militaire et coloniale de Marseille. |
| 1941 | Participation au développement du Mouvement de libération nationale. |
| Juillet 1941 | Assiste à la première rencontre entre Henri Frenay et Jean Moulin à Marseille. |
| Décembre 1941 | Membre du comité directeur de Combat. |
| Janvier 1942 | Arrêté par la police de Vichy. |
| Janvier-mars 1942 | Emprisonnement à Lyon puis Clermont-Ferrand. |
| Mars 1942 | Mise en liberté provisoire pour raisons de santé. |
| 30 avril 1942 | Échappe à une nouvelle arrestation. |
| 1942 | Condamnation par contumace à dix ans de prison et 120 000 francs d’amende. |
| 1942-1943 | Développement du service de renseignements de Combat ; responsabilités dans les MUR. |
| 27 avril 1943 | Arrêté par la Gestapo à Marseille ; réussit à s’évader malgré de graves blessures. |
| Mai-septembre 1943 | Séjour clandestin dans les Basses-Alpes. |
| Octobre 1943 | Rejoint Paris et participe à la direction de Combat. |
| Fin 1943 | Travaille avec Claude Bourdet et Pierre de Bénouville. |
| Début 1944 | Chargé de l’action militaire des MUR. |
| 1944 | Membre du Comité d’action militaire pour la zone sud. |
| Avril 1944 | Mission à Alger, via l’Espagne ; rencontre le général de Gaulle. |
| Août 1944 | Retour en France ; direction du Bureau FFI du Commissariat à la Guerre avec Pierre de Bénouville. |
| Août 1944 | Reçoit le titre de général de brigade pour ses responsabilités dans les FFI. |
| Août-octobre 1944 | Organisation de commandements FFI dans le Sud-Ouest et le Centre. |
| Septembre 1944 | Accompagne le général de Gaulle dans son inspection du Sud-Ouest. |
| 1945 | Fondation de l’hebdomadaire Climats. |
| 21 octobre 1945 | Élection à la première Assemblée nationale constituante. |
| 17 novembre 1945 | Décret de nomination comme Compagnon de la Libération. |
| Après 1945 | Représente la Guinée à l’Assemblée de l’Union française. |
| 1958 | Soutient les conceptions constitutionnelles du général de Gaulle. |
| 1990 | Publication de Vingt mille heures d’angoisse, 1940-1945. |
| 17 juin 1996 | Décès au Val-de-Grâce, à Paris. |
| Juin 1996 | Obsèques à Saint-Louis-des-Invalides et inhumation à Nanteuil-le-Haudouin. |
Tableau des divergences et points de vérification
| Point examiné | Sources | Appréciation |
|---|---|---|
| Identité | Ordre de la Libération : Maurice Chevance-Bertin ; SHD : Maurice Émile Chevance-Bertin. | Deux prénoms confirmés par le répertoire militaire. |
| Naissance | Ordre de la Libération et SHD : 6 mars 1910, Nanteuil-le-Haudouin. | Concordance. |
| Nom d’usage | Sources : Maurice Chevance, puis Chevance-Bertin. | Bertin, initialement pseudonyme clandestin, est ensuite associé au patronyme. |
| Pseudonymes | Ordre de la Libération : Barrioz, Herbain, Nef bis, Bertin. | Identifications retenues. |
| Entrée dans la Résistance | Ordre de la Libération et études MVR : août 1940, auprès d’Henri Frenay. | Concordance. |
| Création de Combat | Ordre de la Libération : comité directeur à partir de décembre 1941. | Date retenue. |
| Arrestation de 1942 | Ordre de la Libération : janvier 1942. | Confirmée. |
| Arrestation de 1943 | Ordre de la Libération et Francis Agostini : 27 avril 1943, Marseille. | Concordance. |
| Responsabilités dans les MUR | Ordre de la Libération : chef régional dans le Sud-Est, puis fonctions nationales. | Chronologie retenue. |
| Grade de général | Ordre de la Libération : général de brigade en août 1944 ; document administratif secondaire : général à titre temporaire, puis honoraire. | Nature précise du grade à contrôler dans le dossier militaire. |
| Croix de la Libération | Ordre de la Libération : décret du 17 novembre 1945 ; inventaire : ampliation du même jour. | Date confirmée. |
| Médaille de la Résistance | Ordre de la Libération : médaille avec rosette. | Attribution confirmée ; décret, JO et cote non vérifiés. |
| Décès | Ordre de la Libération et Le Monde : 17 juin 1996, Paris. | Concordance. |
| Dossier de Compagnon | Ordre de la Libération : 1 A 211. | Cote confirmée. |
| Dossier SHD | Répertoire GR 16 P : 127658. | Cote et identité confirmées. |
| Correspondances du dossier 1 A 211 | Inventaire : période « 1955-2033 ». | Erreur de transcription manifeste. |
| Allocution funèbre | Inventaire : allocution de Jean Simon datée de 1995 ; décès en 1996. | Date de l’inventaire à vérifier. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Maurice CHEVANCE-BERTIN — Biographie officielle présentant son engagement militaire, la fondation de Combat, ses responsabilités dans les MUR, son évasion de Marseille et son action dans les FFI — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/maurice-chevance-bertin ; Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C, version du 24 septembre 2025, dossier individuel 1 A 211 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf ; Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettre C, Maurice Émile CHEVANCE-BERTIN, dossier GR 16 P 127658 — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf ; Mémoire Vive de la Résistance — Le Mouvement de libération nationale et Combat, étude de Francis Agostini — https://mvr.asso.fr/le-mouvement-de-liberation-nationale-et-combat-par-francis-agostini/ ; Mémoire Vive de la Résistance — Essai sur les mouvements de Résistance dans les Bouches-du-Rhône, étude de Francis Agostini — https://mvr.asso.fr/essai-sur-les-mouvements-de-resistance-dans-les-bouches-du-rhone-1940-1944-par-francis-agostini-president-departemental-de-lunion-federale-des-bouches-du-rhone/ ; Mémoire Vive de la Résistance — Allocution de Joseph Lebhar concernant Jacques Corriol, mention des transports clandestins liés à l’entreprise de Chevance-Bertin — https://mvr.asso.fr/allocution-de-joseph-lebhar-a-loccasion-de-la-remise-de-la-croix-de-la-legion-dhonneur-a-monsieur-le-professeur-jacques-corriol/ ; Ordre de la Libération — Jacques BAUMEL, renseignements sur la direction régionale de Combat — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jacques-baumel ; Le Monde — Maurice Chevance-Bertin, article nécrologique de Jacques Isnard du 20 juin 1996 — https://www.lemonde.fr/archives/article/1996/06/20/maurice-chevance-bertin_3725409_1819218.html ; Mémoire Vive de la Résistance — Maurice CHEVANCE, notice individuelle existante, examinée pour l’appréciation critique préalable — https://mvr.asso.fr/chevance-2/
