La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

CHEVALLIER Camille Louis Hippolyte alias Maurice, Louis Bayard,

Camille CHEVALIER, prénoms complémentaires Louis et Hippolyte signalés dans les références biographiques mais restant à contrôler sur l’acte de naissance, alias « Maurice » et « Louis Bayard », né le 9 janvier 1899 à Dijon (Côte-d’Or), fusillé le 18 août 1942 à Dijon, Français, mécanicien-garagiste à Chalon-sur-Saône, résistant et passeur de la ligne de démarcation, agent des réseaux de renseignements Ali-France et Gloria SMH, capitaine à titre posthume, Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 16 août 1944.

Jeunesse et formation

Camille Chevalier naît le 9 janvier 1899 à Dijon.

Sa famille est d’origine lorraine. Ses parents exercent une activité commerciale.

Les renseignements disponibles sur son enfance et sa formation scolaire sont limités.

Il apprend le métier de mécanicien automobile et devient garagiste.

Avant la Seconde Guerre mondiale, il est installé à Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire.

Il exploite un garage avec l’aide de son épouse, Jeanne.

Son activité professionnelle le met en contact avec une clientèle variée et lui permet de développer de nombreuses relations dans la région chalonnaise.

Ces contacts se révéleront particulièrement utiles pendant l’Occupation.

La documentation actuellement accessible ne permet pas de préciser la date de son mariage, l’identité complète de son épouse ni l’existence éventuelle d’enfants.

La biographie officielle indique qu’il avait été exempté du service militaire pour des raisons de santé après la Première Guerre mondiale.

Il n’est donc pas documenté comme ancien combattant de 1914-1918.

Cette situation distingue son parcours de celui des nombreux responsables résistants qui avaient acquis une expérience militaire pendant la Première Guerre mondiale.

Son engagement futur repose principalement sur ses convictions, ses relations locales et sa connaissance des conditions de circulation dans la région.

Engagement pendant la Seconde Guerre mondiale

Juin 1940 — La ligne de démarcation

Après l’armistice franco-allemand du 22 juin 1940, la France est divisée en plusieurs zones.

Chalon-sur-Saône se trouve dans une région traversée par la ligne de démarcation.

Cette frontière intérieure sépare la zone occupée par les Allemands de la zone dite libre, administrée par le gouvernement de Vichy.

Les déplacements entre les deux zones sont strictement réglementés.

Les personnes souhaitant franchir la ligne doivent disposer d’autorisations.

Les contrôles allemands rendent particulièrement difficiles les passages clandestins.

Cette situation provoque le développement de filières d’évasion et de passage.

De nombreux prisonniers de guerre français évadés cherchent à rejoindre la zone sud.

D’autres personnes tentent d’échapper aux arrestations ou de poursuivre leur lutte contre l’occupant.

Camille Chevalier décide très tôt de leur venir en aide.

1940 — Constitution d’un groupe de Résistance

Dès 1940, Camille Chevalier forme avec plusieurs amis un groupe clandestin.

Parmi eux figure André Jarrot, qui deviendra lui-même Compagnon de la Libération.

L’activité du groupe consiste d’abord à aider les militaires français évadés.

Camille Chevalier utilise son domicile et ses relations pour organiser leur hébergement.

Il leur fournit de la nourriture.

Il recherche ensuite les possibilités de leur faire franchir la ligne de démarcation.

Ces opérations reposent sur une organisation discrète.

Les évadés doivent être accueillis sans attirer l’attention des autorités.

Ils sont hébergés pendant le temps nécessaire à la préparation de leur passage.

Les déplacements nécessitent des itinéraires sûrs et des contacts de confiance.

Camille Chevalier bénéficie de plusieurs complicités locales.

Son épouse Jeanne participe activement à ces activités.

Le garage et le domicile du couple deviennent progressivement un point d’appui important pour les filières clandestines.

Abandon de son activité professionnelle

Camille Chevalier refuse de participer à certains travaux qu’il considère comme favorables à l’effort de guerre allemand.

Il refuse notamment d’installer des gazogènes sur les automobiles.

Ces équipements permettent de remplacer partiellement l’essence par un gaz combustible produit à partir de charbon de bois ou d’autres matières.

Dans le contexte des pénuries de carburant, ils favorisent le maintien en circulation de certains véhicules.

Camille Chevalier estime que cette activité pourrait indirectement servir les intérêts de l’occupant.

Il renonce progressivement à son activité professionnelle.

Il se consacre à la Résistance.

Le couple vit alors de ses économies et des revenus que Jeanne Chevalier tire de son travail de couturière.

Ce choix représente un sacrifice financier important.

Il témoigne de la place prise par l’engagement clandestin dans la vie du couple.

Réseau Ali-France

1941 — Rencontre avec Joseph Dubar

En 1941, Camille Chevalier entre en relation avec Joseph Dubar, responsable du réseau de renseignements belge Ali-France.

Joseph Dubar utilise également le nom de Jean Ballois.

Le réseau Ali-France participe à la collecte et à la transmission de renseignements destinés aux services alliés.

Il s’appuie sur des agents et des correspondants installés notamment dans le nord de la France et dans les régions permettant les communications avec la zone sud.

Camille Chevalier rejoint cette organisation.

Il met ses moyens personnels à sa disposition.

Son domicile devient une boîte aux lettres clandestine.

Cette expression désigne un lieu dans lequel les agents peuvent déposer des messages ou des documents destinés à être récupérés par un autre membre du réseau.

Le rôle paraît modeste, mais il est essentiel.

Les communications clandestines constituent l’une des principales difficultés des réseaux de renseignements.

Les agents doivent faire parvenir leurs informations sans compromettre l’identité des correspondants.

L’utilisation de lieux de dépôt permet de limiter les rencontres directes.

Elle présente cependant un risque important pour les personnes qui les hébergent.

Une surveillance policière ou une dénonciation peuvent permettre de remonter jusqu’à l’ensemble des correspondants.

Camille Chevalier accepte ce risque.

Réseau Gloria SMH

Le domicile de Camille Chevalier sert également de relais au réseau britannique Gloria SMH.

Il participe à la circulation de courriers clandestins destinés à être acheminés vers la zone sud.

Cette activité établit un lien entre les filières locales de passage et les réseaux de renseignements travaillant pour les Alliés.

Il convient de distinguer les deux organisations.

Ali-France est un réseau de renseignements d’origine belge.

Gloria SMH est un réseau de renseignements militaires lié aux services britanniques.

La participation de Camille Chevalier à ces deux réseaux est expressément confirmée par l’Ordre de la Libération.

1941-1942 — Organisation des passages clandestins

L’activité de Camille Chevalier prend progressivement une ampleur considérable.

Il accueille des prisonniers français évadés.

Il facilite leurs déplacements.

Il organise leur passage vers la zone sud.

À partir du début de 1942, il étend son aide aux militaires alliés.

Il accueille notamment des Belges qui cherchent à rejoindre la Grande-Bretagne.

Ces opérations sont particulièrement dangereuses.

Les personnes aidées peuvent être surveillées ou recherchées.

Les contrôles de la ligne de démarcation exposent les passeurs à l’arrestation.

Les autorités allemandes cherchent également à infiltrer les organisations clandestines.

Camille Chevalier utilise plusieurs méthodes pour faciliter les déplacements.

Il dispose de contacts personnels.

Il prépare des itinéraires.

Il assure des hébergements temporaires.

Il participe également à la fabrication de faux documents.

Fabrication de faux papiers

Camille Chevalier parvient à se procurer des cachets administratifs de la mairie de Chalon-sur-Saône ainsi que de communes voisines.

Ces cachets lui permettent de produire de faux documents d’identité.

Les faux papiers constituent un élément essentiel des filières clandestines.

Ils permettent aux personnes recherchées de circuler sous une autre identité.

Ils facilitent également les déplacements des agents entre les différentes zones.

La fabrication de ces documents nécessite des modèles crédibles et des cachets susceptibles de résister aux contrôles.

Camille Chevalier met cette activité au service de ses réseaux.

L’Ordre de la Libération estime que plusieurs centaines de personnes ont bénéficié de son aide.

Une étude historique consacrée à la Résistance pionnière de Côte-d’Or mentionne, à propos de son procès, 200 à 300 évasions.

Ce second chiffre est plus précis, mais il doit être compris comme une estimation liée aux éléments retenus lors de la procédure judiciaire.

Il ne constitue pas nécessairement un décompte exhaustif des personnes effectivement aidées.

Juillet 1942 — Infiltration allemande

11 juillet 1942 — Arrivée d’un faux évadé

Le 11 juillet 1942, un homme se présente au domicile de Camille Chevalier.

Il prétend être un prisonnier évadé.

Camille Chevalier l’accueille conformément à ses habitudes.

Il accepte de l’aider.

Il lui établit une fausse carte d’identité.

Il doit ensuite se rendre en zone libre afin de transporter du courrier clandestin.

Pendant son absence, Jeanne Chevalier observe le comportement de l’inconnu.

Elle constate que l’homme sort à plusieurs reprises en ville alors qu’il devrait rester dissimulé.

Cette attitude lui paraît suspecte.

Ses inquiétudes sont justifiées.

L’homme est un agent infiltré travaillant pour les services allemands.

Il cherche à identifier les personnes participant aux filières clandestines.

Cette opération d’infiltration va provoquer l’arrestation de Camille Chevalier et de plusieurs membres de son entourage résistant.

13 juillet 1942 — Arrestation

Camille Chevalier revient à Chalon-sur-Saône le 13 juillet 1942.

Dans la soirée, il dîne à son domicile avec plusieurs amis résistants.

Parmi les personnes présentes figure Simone Monier, responsable à Dijon de l’hébergement de prisonniers de guerre évadés.

Les agents allemands interviennent.

Ils procèdent à l’arrestation des personnes présentes.

L’opération résulte des renseignements fournis par l’agent infiltré.

Camille Chevalier est arrêté.

Son épouse Jeanne est également inquiétée.

Elle sera libérée le 5 août 1942.

L’arrestation du 13 juillet constitue l’aboutissement de l’opération policière commencée deux jours auparavant.

Elle montre la vulnérabilité des réseaux clandestins face à l’infiltration.

Les qualités humaines qui avaient permis à Camille Chevalier de venir en aide à de nombreux évadés sont exploitées par les services de répression.

L’homme qu’il avait accueilli sous une fausse identité provoque ainsi la destruction d’une partie de son organisation.

Emprisonnement et condamnation

25 juillet 1942 — Transfert à Dijon

Après son arrestation, Camille Chevalier est transféré à Dijon le 25 juillet 1942.

Il est incarcéré dans la prison de cette ville.

Les autorités allemandes engagent une procédure judiciaire.

Les faits retenus contre lui concernent notamment l’aide apportée aux évadés et sa participation à des activités clandestines.

Le dossier s’inscrit dans une série d’arrestations qui frappent plusieurs organisations résistantes de Côte-d’Or pendant l’été 1942.

6 août 1942 — Condamnation à mort

Le 6 août 1942, Camille Chevalier comparaît devant un tribunal militaire allemand.

Il est condamné à mort.

Simone Monier est également condamnée à la peine capitale.

Sa peine sera finalement commuée.

Elle sera internée en Allemagne et survivra à la guerre.

Camille Chevalier ne bénéficie pas de cette mesure.

La sentence prononcée contre lui est exécutée douze jours plus tard.

La documentation historique consacrée à la Résistance pionnière de Côte-d’Or confirme la date du jugement et son rôle dans les filières d’évasion.

Elle permet également de replacer son procès dans un ensemble d’affaires touchant les groupes clandestins de Dijon et de Chalon-sur-Saône.

18 août 1942 — Exécution à Dijon

Camille Chevalier est fusillé le 18 août 1942 à Dijon.

Des travaux historiques situent précisément son exécution au stand de tir de Montmuzard.

Il est âgé de quarante-trois ans.

Sa mort intervient un peu plus de deux années après la constitution de ses premières filières de Résistance.

Il laisse derrière lui son épouse Jeanne, qui avait participé à ses activités clandestines.

Son corps est d’abord inhumé à Dijon.

Il est ensuite transféré à Chalon-sur-Saône, au cimetière de l’Ouest.

Camille Chevalier est reconnu Mort pour la France.

Il est élevé au grade de capitaine à titre posthume.

La date et le lieu de son exécution sont confirmés par l’Ordre de la Libération et par les recherches historiques consacrées aux fusillés de Côte-d’Or.

Appartenance à une unité, un réseau ou un mouvement

Groupe clandestin de Chalon-sur-Saône

Dès 1940, Camille Chevalier participe à la constitution d’un groupe chargé notamment de l’aide aux prisonniers de guerre évadés et du passage de la ligne de démarcation.

Réseau Ali-France

Il rejoint ce réseau belge de renseignements en 1941, par l’intermédiaire de Joseph Dubar.

Son domicile sert de boîte aux lettres et de relais clandestin.

Réseau Gloria SMH

Il participe à la transmission de courriers destinés à être acheminés vers la zone sud.

Forces françaises combattantes

Ses services de Résistance sont reconnus administrativement après la guerre.

Le dossier individuel du Service historique de la Défense porte la cote GR 16 P 127084.

Il convient de distinguer cette reconnaissance administrative de l’appartenance à une unité militaire régulière.

Missions et actions

L’activité de Camille Chevalier repose principalement sur trois catégories de missions.

Aide aux évadés. Il héberge et nourrit des prisonniers de guerre français, puis des militaires alliés, notamment belges, qui cherchent à rejoindre la zone sud ou la Grande-Bretagne.

Renseignements et liaisons. Il met son domicile à la disposition des réseaux Ali-France et Gloria SMH pour recevoir et transmettre des courriers clandestins.

Faux papiers. Il utilise des cachets administratifs pour établir des documents d’identité permettant de faciliter les déplacements des personnes recherchées.

Ces activités se complètent.

La même infrastructure clandestine permet d’accueillir des personnes, d’organiser leurs déplacements et d’assurer la transmission des renseignements.

Camille Chevalier se distingue par le caractère permanent de son engagement.

Il abandonne progressivement son activité professionnelle pour consacrer son temps et ses ressources personnelles à la Résistance.

Camarades de combat

Jeanne CHEVALIER — Épouse de Camille Chevalier. Elle participe directement à l’accueil des évadés et au fonctionnement de la filière. Arrêtée lors de l’opération du 13 juillet 1942, elle est libérée le 5 août.

André JARROT — Résistant de Saône-et-Loire, futur Compagnon de la Libération. Il participe avec Camille Chevalier à la constitution des premiers groupes clandestins de la région chalonnaise.

Joseph DUBAR, alias « Jean Ballois » — Responsable du réseau belge Ali-France. Il entre en relation avec Camille Chevalier en 1941 et utilise ses services pour les communications clandestines.

Simone MONIER, née HARRAND — Résistante de Dijon participant à l’hébergement des prisonniers de guerre évadés. Arrêtée le 13 juillet 1942, condamnée à mort le 6 août, elle voit sa peine commuée et survit à la guerre.

Ces relations sont directement documentées par la biographie de l’Ordre de la Libération et par les recherches sur les filières d’évasion de Côte-d’Or.

Retour à la vie civile et reconnaissance posthume

Camille Chevalier ne connaît pas la Libération.

Il est exécuté le 18 août 1942.

Son engagement est reconnu après sa mort.

Le 16 août 1944, deux jours avant le deuxième anniversaire de son exécution, il est nommé Compagnon de la Libération à titre posthume.

Le décret reconnaît ses services dans la Résistance et l’importance de son action.

Sa mémoire est également honorée par plusieurs décorations françaises et belges.

À Chalon-sur-Saône, une rue porte son nom.

Un établissement scolaire et plusieurs témoignages commémoratifs rappellent également son engagement.

La conservation de son souvenir demeure particulièrement importante pour l’histoire des passeurs de la ligne de démarcation.

Ces résistants ont souvent exercé des fonctions discrètes.

Ils n’appartenaient pas nécessairement à des formations combattantes.

Leur activité n’en était pas moins essentielle pour permettre à des militaires évadés et à des agents clandestins de poursuivre la lutte.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Décret de nomination et publication au Journal officiel restant à vérifier.

Compagnon de la Libération — À titre posthume — Décret du 16 août 1944 — Ampliation du 17 août 1944 — Dossier individuel 1 A 210 — Source : Ordre de la Libération. La référence précise de publication au Journal officiel n’a pas été établie dans les documents examinés.

Croix de guerre 1939-1945 avec palme — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération.

Médaille de la Résistance française — À titre posthume — Décret du 5 juillet 1951, date indiquée par le Musée de la Résistance en ligne — Publication au Journal officiel et cote individuelle du dossier non directement vérifiées. Cette référence doit être privilégiée par rapport au décret du 11 mars 1947 mentionné dans la seconde notice MVR, qui présente une identité incompatible avec celle du Compagnon.

Croix du combattant volontaire de la Résistance — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération.

Médaille des internés et déportés — Intitulé figurant dans la liste de l’Ordre de la Libération. La nature administrative exacte de la distinction devra être vérifiée.

Médaille des services volontaires dans la France libre — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération.

Chevalier de l’ordre de Léopold — Belgique — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération.

Croix de guerre belge — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération.

Médaille de la Résistance belge — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération.

Médaille commémorative belge de la guerre 1940-1945 — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération.

Les principales décorations sont reprises dans la biographie officielle. Les références administratives individuelles demeurent à compléter pour plusieurs d’entre elles.

Lieux de mémoire

Dijon — Côte-d’Or. Ville natale de Camille Chevalier, le 9 janvier 1899.

Chalon-sur-Saône — Saône-et-Loire. Ville dans laquelle il exerce sa profession de garagiste et développe ses activités clandestines à partir de 1940.

Ligne de démarcation — Saône-et-Loire. Secteur des passages clandestins qu’il organise entre la zone occupée et la zone sud.

Prison de Dijon. Lieu de sa détention après son transfert du 25 juillet 1942.

Stand de tir de Montmuzard — Dijon. Lieu de son exécution le 18 août 1942.

Cimetière de l’Ouest — Chalon-sur-Saône. Lieu de sa sépulture après le transfert de son corps depuis Dijon.

Rue Camille-Chevalier — Chalon-sur-Saône. Voie publique rappelant son engagement dans la Résistance.

Plaque commémorative de Camille Chevalier — Chalon-sur-Saône. Hommage local documenté par le Musée de la Résistance en ligne.

Square du 18-Juin — Dijon. Stèles honorant les Compagnons de la Libération et les médaillés de la Résistance originaires de Côte-d’Or.

Musée de l’Ordre de la Libération — Paris. Institution conservant le dossier individuel 1 A 210.

Références bibliographiques

Pionniers de la résistance en zone occupée. Amable et Henriette Michel et leurs enfants, Françoise et Henri, de Dijon, Michèle Chevalier, étude historique, décembre 2019, document numérique de 42 pages dans la version consultable. — Recherche fondée sur des archives familiales et historiques, comprenant un tableau des résistants jugés à Dijon le 6 août 1942. Elle confirme l’identité de Camille Chevalier, son arrestation et son exécution à Montmuzard.

La Résistance en Saône-et-Loire. Occupation et Résistance, André Jeannet, JPM Éditions, 2003, pagination de la notice non vérifiée. — Étude consacrée à l’histoire départementale de la Résistance, aux filières de passage et aux organisations clandestines.

Les Services secrets du général de Gaulle. Le BCRA, 1940-1944, Sébastien Albertelli, Perrin, Paris, 2009, réédition 2018, pagination particulière non vérifiée. — Ouvrage permettant de replacer les réseaux de renseignements dans l’organisation de la France combattante.

1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, Paris, 2000, 822 p. — Ouvrage général de référence consacré aux Compagnons de la Libération.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, éditions de 2010 et 2023, pagination individuelle non vérifiée. — Répertoire biographique consacré aux titulaires de la croix de la Libération.

Mémorial des Compagnons de la Libération, ouvrage collectif, 1961, pagination de la notice non vérifiée. — Publication mémorielle dont un extrait est conservé dans le dossier de Camille Chevalier.

Dossiers des femmes et hommes Compagnon de la Libération, lettre C, Roxane Ritter, Ordre de la Libération, version du 24 septembre 2025, p. 31. — Inventaire archivistique identifiant le dossier individuel 1 A 210 et décrivant les pièces relatives à sa nomination et à sa mémoire.

Références internet

Ordre de la Libération — Camille CHEVALIER — Biographie officielle retraçant son activité de garagiste et de passeur à Chalon-sur-Saône, son appartenance aux réseaux Ali-France et Gloria SMH, son arrestation et son exécution — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/camille-chevalier

Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C — Répertoire de Roxane Ritter, version du 24 septembre 2025, identification du dossier individuel 1 A 210 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf

Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettre C — Identification du dossier individuel de Résistance GR 16 P 127084 — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf

Musée de la Résistance en ligne — Pionniers de la résistance en zone occupée — Étude historique de Michèle Chevalier comprenant un tableau nominatif confirmant l’arrestation du 13 juillet 1942 et l’exécution du 18 août 1942 à Montmuzard — https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_bibliographique/12872.pdf

Musée de la Résistance en ligne — Stèles dédiées aux Compagnons de la Libération de Côte-d’Or — Présentation commémorative comprenant Camille Chevalier, son appartenance au réseau Ali-France et les références de ses décorations — https://www.museedelaresistanceenligne.org/media11830-St

Musée de la Résistance en ligne — Plaque en hommage à Camille Chevalier — Présentation du lieu de mémoire situé à Chalon-sur-Saône — https://museedelaresistanceenligne.org/media8251-Plaque-en-hommage-Camille-Chevalier-Chalon-sur-Sane-Sane-et-Loire

OpenEdition — 1942, l’année des arrestations massives — Étude consacrée à la répression des réseaux clandestins dans la région dijonnaise en 1942 — https://books.openedition.org/eud/2408

Dossier d’homologation

Service historique de la Défense — GR 16 P 127084

L’inventaire nominatif du SHD et les sources historiques permettent d’identifier :

CHEVALIER Camille — né le 9 janvier 1899 à Dijon — GR 16 P 127084.

Cette cote est également mentionnée dans une étude publiée sur le Musée de la Résistance en ligne.

Elle constitue la référence à retenir pour rechercher son dossier administratif de Résistance.

Le dossier original n’a pas été directement dépouillé.

Il n’est donc pas possible de détailler avec certitude l’ensemble des périodes de services reconnues, les dates d’homologation ou les décisions administratives relatives à son grade.

L’Ordre de la Libération indique cependant que Camille Chevalier a été élevé au grade de capitaine à titre posthume.

La nature et la date exactes de cette homologation devront être recherchées dans le dossier GR 16 P 127084.

La seconde notice MVR mentionne la cote GR 16 P 127912.

Cette référence ne doit pas être attribuée à Camille Chevalier, Compagnon de la Libération, sans vérification nominative indépendante.

Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 210

L’inventaire officiel du 24 septembre 2025 identifie :

CHEVALIER Camille — 1 A 210.

Il décrit les documents suivants.

Attribution de la croix de la Libération

Proposition pour l’attribution de la croix de la Libération, datée du 9 novembre 1943.

Ampliation du décret du 16 août 1944, datée du 17 août 1944.

Huit courriers couvrant la période 1943-1945.

Carte de Compagnon de la Libération datée du 6 décembre 1949.

Reçu du diplôme n° 687 de la croix de la Libération, daté du 17 mars 1966.

Rapport au général de Gaulle, non daté.

La proposition du 9 novembre 1943 présente un intérêt historique particulier.

Elle est établie plus d’un an après l’exécution de Camille Chevalier et précède de neuf mois le décret d’attribution.

Renseignements administratifs

Fiche de renseignements de la Société d’entraide des Compagnons de la Libération, datée du 18 juin 1948.

Fiche de renseignements de la chancellerie de l’Ordre de la Libération, datée du 3 février 1959.

Fiche annuaire non datée.

Questionnaire destiné aux Compagnons et à leurs familles, non daté.

Correspondances

Deux pièces échangées avec l’Ordre de la Libération entre 1948 et 1960.

Travaux historiques

Extrait du Mémorial des Compagnons de la Libération, publié en 1961.

Extrait du Dictionnaire des fusillés 1940-1944, publié en 2015.

Document intitulé Un réseau belge du Nord : Ali-France, non daté.

Ce dernier document présente un intérêt particulier pour l’étude des relations entre Camille Chevalier et Joseph Dubar.

Décès et sépulture

Descriptif des obsèques de Camille Chevalier, non daté.

Dix courriers relatifs à sa sépulture, couvrant la période 1995-2003.

Négatif photographique de sa tombe, daté d’août 1995.

Projet de fiche de sépulture, daté de 2003.

Fiche définitive de sépulture, datée de 2003.

Hommages et commémorations

Discours de Simone Weil lors d’un hommage du 4 septembre 1967.

Discours du ministre Duvillard lors de la même cérémonie.

L’identité exacte de l’oratrice désignée sous le nom de Simone Weil doit être vérifiée dans le document original : il ne faut pas la confondre automatiquement avec la philosophe Simone Weil, morte en 1943, ni avec Simone Veil.

Presse

Cinq articles couvrant la période 1944-1973.

L’ensemble du dossier est décrit comme couvrant la période 1940-2015.

Ces informations proviennent de l’inventaire archivistique. Les documents originaux n’ont pas été directement consultés.

Observations

Camille Chevalier appartient aux premiers résistants qui, dès 1940, choisissent d’agir contre l’Occupation allemande sans attendre la constitution de grandes organisations clandestines.

Son engagement est d’abord individuel et local.

Il repose sur sa connaissance du terrain, ses relations professionnelles et sa volonté d’aider les prisonniers évadés.

Sa situation géographique joue un rôle essentiel.

Installé à Chalon-sur-Saône, dans une région traversée par la ligne de démarcation, il peut faciliter le passage de personnes entre la zone occupée et la zone sud.

Son garage et son domicile deviennent progressivement des lieux de Résistance.

La participation de son épouse Jeanne constitue un aspect important de cette activité.

Le couple accepte de mettre en danger sa sécurité et ses moyens d’existence.

Camille Chevalier abandonne même une partie de son activité professionnelle pour se consacrer aux filières clandestines.

Son engagement évolue ensuite vers les renseignements.

Il rejoint le réseau belge Ali-France et coopère avec Gloria SMH.

Il assure la circulation des courriers et facilite les déplacements de militaires alliés.

Cette activité contribue à maintenir les communications entre plusieurs organisations clandestines.

Le nombre de personnes aidées, évalué à plusieurs centaines, témoigne de l’importance de son action.

Son arrestation du 13 juillet 1942 illustre cependant la vulnérabilité des filières d’évasion face aux opérations d’infiltration des services allemands.

L’agent qui se présente à son domicile comme un prisonnier évadé utilise contre lui les méthodes habituelles de son organisation.

Camille Chevalier est condamné à mort le 6 août 1942 et fusillé douze jours plus tard.

Sa nomination comme Compagnon de la Libération, en août 1944, reconnaît posthumément son engagement.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité usuelle de Camille Chevalier, sa naissance le 9 janvier 1899 à Dijon, son activité de garagiste à Chalon-sur-Saône, son engagement dans les filières de passage dès 1940, son appartenance aux réseaux Ali-France et Gloria SMH, son arrestation du 13 juillet 1942, sa condamnation à mort du 6 août, son exécution du 18 août 1942 et sa nomination comme Compagnon de la Libération par décret du 16 août 1944 sont confirmés par des sources institutionnelles et historiques concordantes. Les dossiers 1 A 210 et GR 16 P 127084 sont identifiés. Les réserves concernent les prénoms complémentaires, certaines références administratives des décorations et les conditions exactes de reconnaissance du grade de capitaine. La seconde notice MVR comporte des informations contradictoires qui ne peuvent être retenues pour ce Compagnon.

Chronologie

DateÉvénement
9 janvier 1899Naissance à Dijon, Côte-d’Or.
Avant 1940Installation professionnelle comme mécanicien-garagiste à Chalon-sur-Saône.
Juin 1940Armistice et établissement de la ligne de démarcation.
1940Constitution d’un premier groupe clandestin avec plusieurs amis, dont André Jarrot.
1940-1941Aide aux prisonniers français évadés et organisation de passages vers la zone sud.
1941Rencontre Joseph Dubar et entrée dans le réseau Ali-France.
1941Son domicile devient un relais pour Ali-France et Gloria SMH.
Début 1942Extension de la filière aux militaires alliés, notamment belges.
1942Fabrication de faux papiers au moyen de cachets administratifs.
11 juillet 1942Accueil d’un faux évadé, agent infiltré des services allemands.
13 juillet 1942Arrestation à son domicile avec plusieurs résistants, dont Simone Monier.
25 juillet 1942Transfert à la prison de Dijon.
5 août 1942Libération de son épouse Jeanne.
6 août 1942Condamnation à mort par le tribunal militaire allemand de Dijon.
18 août 1942Exécution au stand de tir de Montmuzard, à Dijon.
Après août 1942Première inhumation à Dijon, puis transfert de la dépouille à Chalon-sur-Saône.
9 novembre 1943Proposition d’attribution de la croix de la Libération.
16 août 1944Décret de nomination comme Compagnon de la Libération à titre posthume.
17 août 1944Ampliation du décret.
5 juillet 1951Décret de la Médaille de la Résistance française, selon la documentation du Musée de la Résistance en ligne.
6 décembre 1949Carte de Compagnon de la Libération conservée au dossier 1 A 210.
17 mars 1966Reçu du diplôme n° 687 conservé au dossier.
4 septembre 1967Cérémonie commémorative documentée dans les archives de l’Ordre de la Libération.

Tableau des divergences entre sources

Point examinéSourcesAppréciation
PrénomsOrdre de la Libération : Camille ; MVR : Camille Louis ; référence Maitron citée par MVR : Camille Louis Hippolyte.Prénoms supplémentaires à vérifier dans l’acte de naissance.
NaissanceOrdre de la Libération et étude historique : 9 janvier 1899, Dijon ; seconde notice MVR : 10 janvier 1892, Paris.9 janvier 1899 à Dijon retenu.
ProfessionOrdre de la Libération et étude historique : garagiste à Chalon-sur-Saône.Concordance.
RéseauxOrdre de la Libération : Ali-France et Gloria SMH.Double appartenance retenue.
ArrestationOrdre de la Libération et étude historique : 13 juillet 1942.Concordance.
JugementOrdre de la Libération et étude historique : 6 août 1942.Concordance.
Date de l’exécutionOrdre de la Libération : 18 août 1942 ; seconde notice MVR : 11 août 1942.18 août 1942 retenu.
Lieu de l’exécutionOrdre de la Libération : Dijon ; étude historique : Montmuzard ; seconde notice MVR : Paris.Montmuzard, Dijon retenu.
Croix de la LibérationDécret du 16 août 1944 ; ampliation du 17 août 1944.Concordance administrative.
Médaille de la Résistance françaiseMusée de la Résistance en ligne : décret du 5 juillet 1951 ; seconde notice MVR : décret du 11 mars 1947.5 juillet 1951 retenu provisoirement, sous réserve de vérification du décret officiel.
Dossier SHDOrdre de la Libération et Musée de la Résistance en ligne : GR 16 P 127084 ; seconde notice MVR : GR 16 P 127912.GR 16 P 127084 retenu pour le Compagnon.
Dossier de CompagnonOrdre de la Libération : 1 A 210.Cote confirmée.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Camille CHEVALIER — Biographie officielle présentant son engagement dans les filières d’évasion de Chalon-sur-Saône, ses activités dans les réseaux Ali-France et Gloria SMH, son arrestation et son exécution — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/camille-chevalier ; Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C, version du 24 septembre 2025, dossier individuel 1 A 210 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf ; Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettre C, dossier Camille Chevalier GR 16 P 127084 — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf ; Musée de la Résistance en ligne — Pionniers de la résistance en zone occupée, étude historique de Michèle Chevalier, décembre 2019, tableau des résistants condamnés à Dijon le 6 août 1942 — https://museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_bibliographique/12872.pdf ; Musée de la Résistance en ligne — Stèles dédiées aux Compagnons de la Libération de Côte-d’Or, notice commémorative de Camille Chevalier — https://www.museedelaresistanceenligne.org/media11830-St ; Musée de la Résistance en ligne — Plaque en hommage à Camille Chevalier à Chalon-sur-Saône — https://museedelaresistanceenligne.org/media8251-Plaque-en-hommage-Camille-Chevalier-Chalon-sur-Sane-Sane-et-Loire ; OpenEdition — 1942, l’année des arrestations massives, étude sur les réseaux clandestins et la répression en Côte-d’Or — https://books.openedition.org/eud/2408 ; Mémoire Vive de la Résistance — Camille Chevalier, première notice existante, examinée pour l’appréciation critique — https://mvr.asso.fr/chevalier/ ; Mémoire Vive de la Résistance — Camille Chevalier, seconde notice présentant des divergences d’identité et d’état civil, examinée exclusivement pour l’appréciation critique — https://mvr.asso.fr/chevalier-2/

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