Julien CHAVOUTIER, né le 21 septembre 1906 à Arles (Bouches-du-Rhône, France), mort le 26 décembre 1980 à Arles (Bouches-du-Rhône, France) de nationalité française.
Né dans le quartier de la Roquette à Arles, au sein d’une famille d’ouvriers, Julien Chavoutier suit une scolarité qui le mène, grâce à une bourse, à l’École supérieure d’Aix-en-Provence. Il est admis en 1924 à l’École nationale des Arts et Métiers, dont il sort ingénieur en 1927.
En parallèle, il devient sous-lieutenant de réserve de marine en 1928 (puis lieutenant en 1932). Revenu à Arles, il fonde en 1930 une entreprise de travaux publics.
Engagement dans la Résistance
Mobilisé en 1939 comme lieutenant de réserve au 485e pionnier colonial des Ardennes, détaché en Moselle en 1940, il rentre à Arles après l’armistice et s’implique localement (notamment comme capitaine bénévole des sapeurs-pompiers).
Son entrée en Résistance est datée de décembre 1942. Il est recruté par le Colonel Berrurier par l’intermédiaire d’un ingénieur de Tarascon, et agit sous le pseudonyme de « Vincent ».
Appartenance à un réseau ou mouvement
Julien Chavoutier est présenté comme agent P1 d’un réseau appelé « Nana », dans lequel il s’insère à partir de décembre 1942. Il conserve, via ses contacts, des liens avec des circuits de renseignement en relation avec l’armée.
Missions et actions
En tant que chef d’entreprise affectée aux travaux de défense côtière allemande entre Port-Saint-Louis-du-Rhône et Port-de-Bouc, il met cette situation à profit pour mener des actions de sabotage et de renseignement.
Ses missions, telles qu’elles sont décrites dans une notice biographique issue d’un site institutionnel de référence sur la Résistance, consistent à ralentir et saboter la production (par des malfaçons intentionnelles), à repérer et transmettre des renseignements militaires (plans d’ouvrages, emplacements, effectifs, armement), et à fournir des plans de défense du secteur, incluant l’identification des postes de commandement et centraux téléphoniques.
À compter du 6 février 1944, il est nommé chef militaire des FFI et se trouve au premier plan lors de la libération d’Arles.
Il dirige les combats des 22, 23 et 24 août 1944, au cours desquels les FFI prennent des points stratégiques (mairie, sous-préfecture, Kommandantur) et organisent la défense de la ville face aux contre-attaques allemandes.
Dans ce contexte, il adresse un ultimatum visant à protéger les otages emmenés par les troupes allemandes lors de leur repli, épisode attesté par une exposition en ligne de référence sur la Résistance.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, évasion ou déportation concernant Julien Chavoutier n’a été retrouvée dans les bases consultées et exploitées pour cette fiche.
Camarades de combat
Les sources consultées situent Julien Chavoutier au cœur des instances résistantes arlésiennes de 1944, en lien avec Pierre Pouly (président du comité local de libération, MUR/Corps francs de la Libération) et Henri Morand (Front national), ce dernier étant explicitement associé à Chavoutier comme responsable militaire (Armée secrète) lors de la première réunion du comité local de libération d’Arles, puis pendant les combats de la Libération.
Retour à la vie civile
Après-guerre, Julien Chavoutier demeure une figure locale : il est indiqué comme chef du corps des sapeurs-pompiers d’Arles avec le grade de lieutenant jusqu’au 1er août 1949. Son ancrage professionnel d’entrepreneur de travaux publics à Arles est également rappelé.
Décorations
- Légion d’honneur.
- Médaille militaire,
- Croix de guerre
Aucune médaille de la résistance retrouvée à son nom sur le site de l’ordre de la libération.
Les éléments indispensables à une vérification complète (décrets, dates, mention éventuelle « à titre posthume ») n’ont pas été retrouvés dans les consultations effectuées dans les bases de décorations demandées (Léonore / Légifrance / Ordre de la Libération). En l’état, seule la mention de ces décorations peut être reprise, sans dater les attributions.
Lieux de mémoire
Une source institutionnelle indique que la caserne des sapeurs-pompiers d’Arles porte le nom de Julien Chavoutier.
Références bibliographiques
La Résistance à Arles, 1940-1944, Nicolas Koukas, Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse (mémoire de maîtrise), 1997. Ce travail universitaire, cité par une notice institutionnelle, éclaire l’organisation de la Résistance à Arles, les structures locales (réseaux, mouvements, FFI) et la chronologie fine des événements de 1940 à la Libération. Le lecteur peut s’attendre à y trouver un cadre factuel, des acteurs identifiés, et une contextualisation des combats d’août 1944.
Rues d’Arles qui êtes-vous ?, Annie Tuloup-Smith, Les Amis du Vieil Arles, 2001. Cet ouvrage, également cité par une notice institutionnelle, vise à documenter l’origine et la signification des odonymes arlésiens. Le lecteur peut y rechercher les notices liées aux noms de rues et, plus largement, la façon dont la ville a inscrit certaines mémoires dans son espace public.
Résister en pays d’Arles, 1944-2014 (70e anniversaire de la Libération), (ouvrage collectif), Actes Sud, 2014. Cité dans l’analyse d’un document attribué à Julien Chavoutier, ce volume s’inscrit dans une démarche mémorielle et historique à l’échelle du pays d’Arles. Le lecteur peut s’attendre à y trouver des contributions sur la Libération, des documents, et une mise en perspective des acteurs locaux et des lieux de combats.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne (Fondation de la Résistance / AERI)
Notice biographique détaillant la naissance, la formation d’ingénieur, l’entrée dans le réseau « Nana », le pseudonyme « Vincent », la nature des missions (sabotage et renseignement), la nomination comme chef militaire FFI (6 février 1944) et le rôle durant la libération d’Arles. https://museedelaresistanceenligne.org/media7272-Julien-Chavoutier
Musée de la Résistance en ligne (Fondation de la Résistance / AERI) – exposition « Arles » Page de contexte sur la libération d’Arles (22–24 août 1944), décrivant l’organisation de la commission militaire, les prises de points stratégiques, les contre-attaques allemandes et l’ultimatum relatif aux otages. https://www.museedelaresistanceenligne.org/expo.php?expo=95&sstheme=1295&stheme=404&theme=202
Centre de la Résistance et de la Déportation d’Arles (CRDA) Transcription d’un rappel historique attribué à Julien Chavoutier pour le 20e anniversaire de la Libération d’Arles (22 août 1964), offrant une narration locale (organisation de la défense, chronologie des combats, appels aux renforts). https://centre-resistance-deportation-arles.fr/discours-prononce-a-loccasion-des-ceremonies-de-la-liberation-darles/
Ville d’Arles (site municipal) Article commémoratif (80e anniversaire) rappelant le rôle de Julien Chavoutier comme chef de la résistance locale et reprenant l’épisode de l’ultimatum au sujet des otages, dans une mise en récit destinée au grand public. URL : https://arles.fr/actualites/80e-anniversaire-de-la-liberation-darles-une-journee-de-memoire-et-de-festivites/
Dossier d’homologation consulté : oui/non – cote SHD
Non. Aucune cote SHD de dossier d’homologation nominatif (type GR) n’a été identifiée de manière vérifiable dans les ressources officielles consultées en ligne au moment de la recherche.
Observations orthographiques sur le nom du résistant, sur les divergences de chiffrages, sur les conditions de sa mort, sur les recherches sur l’absence de décorations
L’orthographe « Julien Chavoutier » est constante dans les notices institutionnelles consultées.
La date et le lieu de décès (26 décembre 1980, Arles) proviennent d’agrégateurs d’actes issus du fichier des personnes décédées de l’INSEE ; cette information est cohérente avec la mention « 1906–1980 » relevée sur un site institutionnel patrimonial, mais n’a pas été recoupée ici par un acte d’état civil numérisé.
Les décorations (médaille militaire, croix de guerre, Légion d’honneur) sont rapportées par une notice institutionnelle ; toutefois, faute de décret/dossier retrouvé dans Léonore et Légifrance lors des vérifications en ligne, elles sont conservées sans date ni précision d’attribution.
Photo : une pièce d’époque est disponible dans les bases institutionnelles consultées (carte de CVR de Julien Chavoutier, liée au réseau « Nana » et à sa fonction FFI), conservée/reproduite avec mention de source CRDA.
Suivi de recherche – Sources consultées le 23 février 2026
- Musée de la Résistance en ligne (Fondation de la Résistance / AERI) : notice biographique exploitable et contextualisation des combats d’août 1944 ; mention des décorations sans éléments de décret.
- Maitron Résistance (Maitron en ligne / Fusillés 1940-1944) : aucune notice nominative trouvée pour Julien Chavoutier ; mentions indirectes dans des notices d’acteurs arlésiens (contexte).
- Fondation de la Résistance : consultation via le Musée de la Résistance en ligne (AERI), intégré aux sources obligatoires ; informations reprises ci-dessus.
- Mémoire Vive de la Résistance : aucune fiche nominative dédiée à Julien Chavoutier identifiée ; présence de mentions contextuelles (réseau « Nana », résistance locale arlésienne).
- Musée de la Résistance Nationale de Champigny-sur-Marne : absence confirmée (aucune page nominative trouvée lors de la recherche en ligne sur ce nom ; seulement cité comme lien dans une sitographie générale).
- Ordre de la Libération (Compagnons / Médaille de la Résistance) : absence confirmée lors des recherches en ligne sur le nom (aucun résultat nominatif).
- Base Léonore (Légion d’honneur) : absence confirmée lors des recherches en ligne sur le nom (aucun dossier nominatif identifié dans la consultation réalisée).
- Gallica (BnF) : aucune source nominative directement exploitable retrouvée dans le temps de recherche (résultats non probants).
- Mémoire des Hommes : absence confirmée lors des recherches en ligne sur le nom (aucune fiche nominative directement exploitable identifiée).
- Service Historique de la Défense (SHD) : aucune cote de dossier d’homologation nominatif vérifiable en ligne n’a été identifiée au moment de la recherche.
- Légifrance : aucune mention nominative trouvée permettant de dater une décoration.
- Centre de la Résistance et de la Déportation d’Arles (CRDA) : ressource locale donnant un récit commémoratif attribué à Julien Chavoutier (1964), utile pour la chronologie des combats.
- Ville d’Arles (site municipal) : rappel commémoratif moderne confirmant l’usage mémoriel local et l’épisode de l’ultimatum.
- Fichier des décès INSEE via agrégateurs d’actes (acte-deces.fr / libramemoria) : utilisé uniquement pour préciser la date et le lieu de décès, en l’absence d’acte d’état civil numérisé consulté ici.